Lyon, capitale de la Macronie | Causeur

Lyon, capitale de la Macronie

Gérard Collomb ou le vieux Macron

Auteur

Luc Rosenzweig

Luc Rosenzweig
Journaliste.

Publié le 13 mars 2017 / Politique

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Le "miracle Macron" doit beaucoup à Gérard Collomb qui a franchi le Rubicon avant même l'annonce de sa candidature. Le maire de Lyon rêve tout haut de faire triompher en France le centrisme moderniste qu'il a toujours pratiqué dans sa ville.

Emmanuel Macron aux côtés de Gérard Collomb, maire de Lyon, à un rassemblement du mouvement En Marche !, Paris, 5 novembre 2016.

Si, d’aventure, Emmanuel Macron devait se retrouver président de la République française à l’issue de la mêlée électorale à rebondissements à laquelle nous assistons, c’est à Lyon qu’il devrait, en toute gratitude, venir célébrer son historique victoire.

La métropole rhodanienne, considérée (à tort !) comme peu encline à se mêler d’influer de manière décisive sur le destin de la nation et préférant des édiles besogneux et discrets aux ténors de la « grande » politique parisienne pour la gérer et la représenter dans la capitale, s’est en effet engagée comme jamais dans son histoire en faveur d’un candidat venu d’ailleurs.

Le laboratoire du vieux Macron

Une aventure politique singulière, celle d’un jeune homme se lançant à l’assaut du sommet sans parti, sans expérience des luttes d’appareils, en méprisant souverainement le « cursus honorum » classique décrit jadis lapidairement par Valéry Giscard d’Estaing (député à 30 ans, ministre à 40, président de la République à 50), aurait-elle pu se frayer un chemin vers le succès sans qu’un homme, le sénateur maire Gérard Collomb, et une ville, Lyon, se soient rangés derrière lui, avec une ferveur peu coutumière du lieu et des gens qui l’habitent ? Il est permis d’en douter.

A lire aussi >> Quand le banquier Macron jouait à cache-cache avec Le Monde

Même si la victoire finale est encore loin d’être acquise pour Emmanuel Macron, cette conquête politique de la capitale des Gaules est l’assurance, pour lui, de ne pas tomber dans le néant qui menace ceux qui, comme François Bayrou, échouent de justesse au pied de la dernière marche… Si cela devait être le cas, Lyon la prospère, l’internationale, entrée avec succès dans la mondialisation heureuse et la révolution numérique, pourrait l’accueillir comme un des siens, pour se préparer au combat suivant. Gérard Collomb, 69 ans, s’est trouvé un héritier spirituel à sa convenance après avoir pris soin, tout au long de sa carrière, de savonner la planche de tous ceux de ses « amis » politiques qui étaient susceptibles de contester sa prééminence.

Lyon a été un laboratoire du macronisme avant même que le dénommé Macron songe à entrer par la grande porte dans l’arène politique. L’alliance historique de la social-démocratie avec le monde de l’entreprise, l’appel aux compétences issues de la société civile pour gérer la cité, l’assèchement, à son profit, du marais centriste pour confiner la droite locale dans son ghetto sociologique sont les marqueurs de l’exercice du pouvoir municipal et métropolitain exercé par Gérard Collomb depuis son accès à l’Hôtel de Ville et à la tête du Grand Lyon en 2008.

Lorsque, en 2011, la candidature de Dominique Strauss-Kahn se fracasse dans une chambre d’hôtel de Manhattan, Collomb se sent délié de toute allégeance envers un socialisme solférinien incarné par François Hollande, qui l’a

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    publié dans le Magazine Causeur n° 103 - Mars 2017

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    • 14 Mars 2017 à 12h41

      fox23 dit

      Il serait bon que Luc Rosenzweig nous explique un peu ce non sens nommé centrisme !

      Le centre politique n’existe pas hormis pour des commentateurs voulant enfumer le débat. La meilleure preuve de cette incohérence est dans le fait qu’il a fallu faire le distinguo entre le centre droit et le centre gauche !
      Autant dire, pour clarifier vraiment que les uns sont à gauche de la droite, les autres à la droite de la gauche, ce qui revient à ce qu’on sait, il y a une droite et une gauche, point barre.

    • 14 Mars 2017 à 9h24

      Sarrazin dit

      J’ai lu l’article qui cite les observations du “Cercle Necker” sur les points les plus controversés du “programme Macron (?), et je trouve leurs remarques très pertinentes. Mais j’aimerais assez savoir qui signe sous cette appellation de “Cercle Necker” ?

      • 14 Mars 2017 à 11h15

        IMHO dit

        Ce cercle de “hauts fonctionnaire”, qui d’après le Figaro a “passé au crible” le programme d’E. Macron et d’après Valeurs Actuelles l’a “pulvérisé” reste par ailleurs très discret : aucun écho sur Google à part ces articles ou d’autres qui le reprennent…ça sent les “fake news” à plein nez, à moins qu’il s’agisse de “brillants” hauts fonctionnaires retraités comme Asselineau (HEC-ENA) ou de Lesquen (X-ENA)..

    • 14 Mars 2017 à 5h50

      Bataille de France dit

      Analyse du Plan Macron par le Cercle Necker, groupe de hauts fonctionnaires. LE Figaro aussi en donne un compte rendu. Je vous donne le lien pour celui-ci.
      http://www.valeursactuelles.com/politique/des-hauts-fonctionnaires-pulverisent-le-programme-de-macron-72912

      Un homme averti en vaut deux.