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Le luxe, c’est pas du luxe !

Ni puritanisme prolétarien, ni vulgarité bourgeoise !

Publié le 04 février 2013 à 15:00 dans Société

Mots-clés : , , ,

luxe riches culture

Il semble qu’on perde de vue, aujourd’hui, une certaine idée du luxe, sous l’influence néfaste de deux puritanismes. Pour faire sommaire, il existe des puritains de gauche pour lesquels la Beauté même a toujours été vaguement suspecte ; et des puritains de droite qui prétendent que le luxe récompense le mérite personnel, mais n’obéit pas à une vocation supérieure. Les seconds devraient se voir interdire de posséder quoi que ce soit, et les premiers être déclarés ennemis du genre humain. Ces deux visions restreintes ne sont au fond qu’un même blasphème contre l’indispensable éclat de la pompe et de la pourpre.

La laideur des architectures communistes nous l’a suffisamment démontré : il semble que, pour les utopistes égalitaires, toute forme de Beauté soit une insulte au prolétariat et, au nom d’une morale étriquée, ceux-là se sont mis à craindre l’expression de tout luxe comme les chrétiens doloristes suspectaient Satan derrière chaque bonheur humain. La haute culture elle-même, dite « bourgeoise » par de nombreux marxistes, n’apparaissait plus ainsi comme une voie d’élévation personnelle, mais comme une frivolité coupable, un marqueur de caste, un moyen d’oppression parmi d’autres. Finalement, ces idéologies défendent, au nom d’une égalité abstraite, les moyens concrets de la survie animale, autrement dit la possibilité, pour une espèce, de se perpétuer intégralement au sein de blockhaus uniformes. Au prix de la dignité de l’homme, car la dignité de l’homme est un poème au sujet du crépuscule, ou les plumes chatoyantes hérissées sur le crâne d’un guerrier cherokee. Et aussi, sans doute, l’aptitude à verser son sang pour des principes supérieurs.

[...]

*Photo : twm1340.

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  • 6 Février 2013 à 23h29

    ailebrune dit

    Merci pour cet article, dont je partage, pour l’essentiel, le point de vue. 
    Vassili (ci-dessous) parle de “cuistrerie” (à propos de l’article). Mais ce mot s’applique justement à merveille à ce que souligne cet article: “Les nouvelles classes dominantes, puisqu’elles s’estiment seules créatrices de leurs fortunes, croient souvent que celle-ci est la preuve de leur valeur et, par conséquent, leur autorise tout.” 
    La définition du luxe est mouvante: quand je rentre d’une méharée dans le désert, un simple robinet me paraît d’un luxe inouï, et je le goûte comme tel. Est luxe ce qui est rare est cher? Difficile à concevoir ? Difficile à posséder? Difficile à posséder longtemps? A goûter longtemps? Comme le bonheur, c’est une ligne de fuite… 

  • 4 Février 2013 à 19h00

    Vassili Tchouïkov dit

    Mon Dieu, que de contresens ! Confondre beauté et luxe, confondre richesse et luxe. Le tout saupoudré de pas mal de cuistrerie pour faire genre. Le luxe, est d’abord et avant tout de l’ordre du signifiant, de l’ostentation. Depuis l’avènement de la bourgeoisie au XIXe siècle, l’émotion, peut désormais rejoindre et se combiner avec l’ostentation. Le bourgeois est utilitaire, il doit notifier sa réussite, mais aussi ressentir. Enfin, ils ne sont pas tous comme ça. Retournons lire Lipowetsky, c’est plus intéressant.
     

    • 5 Février 2013 à 10h32

      ohlala dit

      Pour certains, le Luxe est avant tout un savoir faire unique!

      le luxe est le gout du travail bien fait, on peut aimer les belles choses et avoir peu, ma devise : peu mais bien et beau!

  • 4 Février 2013 à 15h56

    néonéo dit

    Pas mal.
    Mais, pour paraphraser Sa Majesté Salman Rushdie, qu’est-ce que le puritanisme sinon la peur maladive qu’en dépit de tout, quelqu’un parvienne à être heureux quelque part?
    N.B: ça sonne mieux en anglais, mais j’ai plus beaucoup de points sur mon permis de pidgin d’après Bibi…    :)