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Luc Ferry ou la fatwa du lynx

Muray condamné par l’Église de kantologie

Publié le 13 mars 2011 à 14:30 dans Culture

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Semblable à un archange vengeur fièrement campé aux commandes de l’étincelant hélicoptère de la raison, Luc Ferry vient de survoler bruyamment la pensée de Philippe Muray. Muray vu du ciel, le voyage valait le détour ! Tout est vu de si haut que plus rien n’est reconnaissable. Grâce à son époustouflant numéro de voltige aérienne, paru dans Le Figaro du 17 février sous le titre « Philippe Muray ou la myopie extralucide », Luc Ferry nous fait découvrir un Muray nouveau, généreusement débarrassé de tous les traits de sa physionomie concrète et familière. Seule contrariété : notre pilote de chasse a malencontreusement oublié à terre ses lunettes et ses jumelles.

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  • 9 April 2011 à 11h09

    Fakh dit

    On est pas obligé de se prosterner devant l’oeuvre de Philippe Muray, en effet. J’aurais préféré de sa part une approche plus structurelle. Il se limite trop souvent l’utilisation de la raillerie. Il n’en demeure pas moins que son sens de la formule en fait l’un de nos meilleurs pamphlétaires.

    L’argument utilisé par Luc Ferry à propos de la “haine de la démocratie” présumée de Philippe Muray est assez surprenant de la part de quelqu’un qui a eu à subir, en tant que ministre, le caractère anti-démocratique des kermesses politiques.

    A ce propos, on pourra lire, dans “L’empire du moindre mal” de Jean-Claude Michéa, le passage consacré à Jacques Rancière, pages 119 à 127 (ed. Climats).

  • 13 March 2011 à 23h44

    Talkingheads dit

    Causeur, “surtout si vous n’êtes pas d’accord, sauf avec Muray devrait-on ajouter tant il semble être le pape de ce salon. Une sorte de Pater familias à qui l’on doit respect et honneur, en témoigne la vingtaine d’articles écrits à son sujet, tous élogieux, sauf un écrit par…..Finkielkraut qui adore Muray de manière générale mais qui a osé le critiquer pour un article.
    Je ne nie pas la qualité des écrits de Muray, qui m’enchantent souvent, mais je me demande vraiment si on peut encore le critiquer sans voir débouler tous les membres de causeur qui sont évidemment les seuls à comprendre Muray et à voir son génie.
    Il me semble ainsi normal qu’on puisse pointer la faiblesse de certains des textes de Muray ou les apories auxquelles se heurte sa “pensée”.
    Dans le numéro consacré à Muray, EL prétendait qu’elle n’avait pas trouvé de meilleur opposant à Muray que Finkie, ce qui est quand même du foutage du gueule. Pourquoi ne pas avoir ouvert vos colonnes à de vrais contradicteurs? Il me semble que un article de Bégaudeau sur Muray aurait été beaucoup plus stimulant parce qu’il représente justement tout ce que Muray détestait.
    Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

    • 19 March 2011 à 14h44

      Ignatius dit

      Je suis (pardon) totalement d’accord avec ce commentaire. Murray est le Hessel de Causeur. “Est-il permis de critiquer Murray ?” (que je goûte aussi). Un des derniers n° de Causeur était farci d’articles et de références à Hessel (que je goûte peu), tous “d’accord” pour critiquer, jusqu’au gargarisme.  Par ailleurs, il faut se rendre à l’évidence, le fait que les commentaires soient réservés aux abonnés a malheureusement mis tout le monde “d’accord”, trop pour moi. Causeur file un mauvais coton.

    • 19 March 2011 à 16h37

      Ignatius dit

      PS : Sans parler du point Godwin qui rend cet article totalement grotesque.

  • 13 March 2011 à 20h57

    Patrick dit

    “Il existe trois divinités vraies : l’Homme, la Démocratie et le Libéralisme. Celui qui ne se prosterne pas devant elles signifie par là-même qu’il les hait.”
    Euh… Et quel est le sort réservé à ceux qui refusent de se prosterner ? Celui de la fournaise chauffée à blanc comme pour les compagnons du prophète Daniel ?

  • 13 March 2011 à 20h52

    jacoblatortue dit

    J’ai peur de n’avoir pas bien saisi, Bruno, à quel moment Ferry traiterait Muray de “nazi”.
    Sauf à supposer que vous assimiliez vous-même nécessairement “haine de la démocratie” (et certes les mots de Ferry sont malheureux) et nazisme, ce à quoi je me refuse évidemment tant j’apprécie vos articles par ailleurs.
    Ce flou qui parcourt votre article est d’autant plus regrettable que vous déplorez, vous-même, que Luc Ferry ne prenne pas la peine de citer le texte de Muray à l’appui de sa démonstration. Une nouvelle histoire de poutre et de paille, hélas.

  • 13 March 2011 à 18h41

    sausage dit

    Si ça ne vous dérange pas, je vais me constituer prisonnier pour passer la nuit en cellule avec Muray et Arendt.

    Cet article pointe remarquablement l’incapacité pour le personnage Ferry d’analyser froidement l’énigmatique Muray (pour ma part pas si énigmatique que ça). Tout est dans la posture. Effectivement, pour quelqu’un qui répond de la raison, on eut pu espérer mieux. La thèse de Ferry, ce qui va jouer le rôle de prisme de sa pensée, sa grille de lecture, tout ça va être conditionné par un élément essentiel: nous vivons une véritable révolution de l’amour et ces temps – certes polémiques et difficiles – font néanmoins partie d’une certaine idée d’évolution positive de la civilisation.
    A partir de cet élément, Ferry a trouvé son créneau et vend des livres. Il y en a même qui disent qu’il aurait été ministre.
    La limite de l’homme moderne dans la compréhension de la pensée de Muray se résume pourtant très simplement: Muray est un homme. Un vrai.
    Muray n’est pas un génie ni un philosophe hors pair mais c’est un homme. On ne peut pas comprendre Muray si on a pas intégré cela.

  • 13 March 2011 à 17h57

    Alpheratz51 dit

    Un parfait du subjectif .

  • 13 March 2011 à 15h46

    Impat1 dit

    ….”ne procède ici, pourtant, que par insinuations, glissements furtifs et chapeaux à fond truqué.”…
    Reconnaissons qu’il y a là exemple à ne pas suivre…

  • 13 March 2011 à 15h45

    robespierre dit

    Muray en nazi camouflé. Ferry fréquente le même bar-tabac que Galiano ? Ils sont fous, complètement frappadingues !