Louis de Bonald, l’antimoderne oublié | Causeur

Louis de Bonald, l’antimoderne oublié

Le retour du Vicomte

Publié le 09 juillet 2016 / Culture

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Louis de Bonald. Wikipedia.

Louis de Bonald ! Voici un nom qu’on n’a plus l’habitude de lire, à part dans les manuels d’histoire des idées où les auteurs lui consacrent quelques lignes, à la rubrique des contre-révolutionnaires. Le plus souvent, on associe Bonald à son contemporain Joseph de Maistre, l’autre héraut francophone de la critique des Lumières et de la Révolution. Hélas, aussi bien Maistre a la réputation d’écrire merveilleusement, aussi bien Bonald a celle d’écrire laborieusement, sans éclat ni génie. C’est pourquoi l’un continue d’être lu et figure toujours dans les librairies (Pierre Glaudes a réuni ses principaux textes dans un volume de la collection « Bouquins », en 2007), tandis que l’autre n’intéresse plus que les spécialistes et n’a quasiment pas été réédité.

Une douloureuse réputation littéraire

De fait, qui serait assez courageux pour se plonger aujourd’hui dans des volumes engageants comme Essai analytique sur les lois naturelles de l’ordre social (1800), Théorie du pouvoir politique et religieux (1796) ou Démonstration philosophique du principe constitutif de la société (1830), tous longs de plusieurs centaines de pages ?

Et pourtant, ces textes austères sont la source majeure de la pensée traditionaliste du XIXe siècle. « Ce n’est pas Joseph de Maistre, ni, encore moins, Châteaubriand ou Lamennais, qui ont été les vrais inspirateurs de la pensée antidémocratique du siècle dernier, mais bien Louis de Bonald », dit Koyré dans ses Etudes d’histoire de la pensée philosophique. Taine, Comte, La Tour du Pin, Maurras, tout ce pan de la culture politique vient en ligne droite du Vicomte de Millau, dont la douloureuse réputation littéraire a fait oublier l’importance. Bien conscients de sa place majeure dans l’histoire, les savants continuent de lui consacrer des recherches, en France comme en Europe, ainsi qu’en témoigne le Bonald de l’historien piémontais Giorgio Barberis. Clair, bien conçu, ce livre est peut-être la meilleure introduction disponible à la pensée de Bonald. Barberis y montre bien comment le rejet bonaldien de la Révolution, loin d’être une réaction éruptive de barbon d’Ancien Régime, est la conséquence d’un système intellectuel solide où s’articulent une métaphysique, une anthropologie, une théologie, une conception de l’histoire.

De Bonald à Rivarol

Evidemment, vu de 2016, la pensée politique de Bonald – un ordre instauré d’en haut, appuyé sur la religion, organiciste et antilibéral – a quelque chose d’extraterrestre. Mais justement : c’est cette distance avec nous qui lui donne son actualité, le point de vue le plus éloigné de nos façons de penser étant le meilleur pour bien les comprendre. Sur ce plan, cette belle traduction (où on ne déplore que deux ou trois fautes de syntaxe – « la théorie dont il avait fait allusion », « une conception à laquelle s’ensuit »...) n’a pas qu’une utilité historique ou documentaire, elle permet aussi de mettre en perspective des notions comme le progrès, l’individualisme, le pouvoir, la légitimité, etc. Quant au procès fait à Bonald sur son style, les nombreux extraits cités par l’auteur indiquent qu’il est peut-être abusif et que le vieux Vicomte, pour n’avoir pas la plume facile, n’en était pas moins capable parfois de bonnes formules.

Je profite de cet article pour dire aussi un mot d’un contemporain de Bonald (à un an près), Antoine de Rivarol : Maxence Caron réédite en effet ses Œuvres complètes dans un épais volume de la collection « Bouquins » où, par souci sans doute de le rendre plus digeste et plus attrayant, il l’associe aux aphorismes de Chamfort et à ceux Vauvenargues (je dis « réédite », il faudrait dire « édite » : la plupart des tentatives précédentes d’éditer Rivarol ont apparemment comporté des lacunes). D’une certaine façon, au plan du style, Rivarol est l’anti-Bonald : ce dernier compose des traités pesants, laborieux, répétitifs, alors que Rivarol virevolte et sautille sans jamais finir un livre, disséminant ses réflexions dans des textes courts, légers, ironiques. Bonald est besogneux et grave, Rivarol, facile et drôle ; cette différence des tempéraments se retrouve au plan des idées politiques. Tous deux critiquent en effet la Révolution, mais pas de la même manière ; à l’idéologie révolutionnaire, Bonald oppose l’idéologie théocratique – système contre système ; Rivarol, lui, y oppose un rejet de l’idéologie, une méfiance à la Burke pour les délires abstraits. Chantal Delsol explique tout cela dans une préface lumineuse de 40 pages, qui justifie à elle seule l’acquisition de ce superbe volume.

Louis de Bonald, ordre et pouvoir entre subversion et providence, Giorgio Barberis, traduit de l’italien par André Questiaux, Desclée de Brouwer, 2016.
L’art de l’insolence, Rivarol, Chamfort, Vauvenargues, Robert Laffont, « Bouquins », 2016.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 12 Juillet 2016 à 5h19

      Livio del Quenale dit

      Peut-être, mais la révolution, (qui nous a couté si cher),nous a sorti d’une féodalité pour nous plonger dans une autre. Les privilèges changeant de poches.
      -
      Quand aux lumières leurs pensées ont souvent été dévoyées, souvent aussi en en ne retenant que la lettre et non l’esprit.
      Pour exemple, mais il y en a tellement d’autres : “l’égalité” mue en uniformité, “la liberté” (même celle d’entreprendre) en légiférant à tour de bras, réduisant l’espace libre comme peau de chagrin.
      Une “fraternité” qui développe l’individualisme pour ponctionner les plus petits.
      Les plus petits désorganisés par un état qui s’occupe de tout et le cultive tout en s’accusant lui-même d’état providence, sous entendu la faute au peuple .
      L’état qui “bien-sur” doit assumer ses prérogatives jalousement gardées toujours plus nombreuses. De qui se moque-t-on ?
      -
      Quant aux belles idées humanistes, elles ont été tellement poussée à l’extrême par des gens qui ont tellement peur d’être accusés de ce dont eux même ils accusent les autres, que ces idées sont dénaturées, contre productives, voire dangereuses en inventant de nouvelles tares, “anti ” ou “phobe ” qq chose.
      En dévoyant les droits de l’homme (venus plus tard) le droit d’asile destinés aux seul politiquement persécutés. Le droit de circuler des bien et personnes en le transformant en foutoir.
      -
      Qqn. a dit : trop à l’Est, c’est l’Ouest.

      • 12 Juillet 2016 à 15h45

        IMHO dit

        Au Grévin! Au Grévin ! Au Grévin !

    • 11 Juillet 2016 à 22h57

      walkyrie dit

      Juger le passé à l’aune du présent, c’est faire des anachronismes.

    • 9 Juillet 2016 à 23h31

      Warboi dit

      Recherche réac historique, anti-lumière, religieux, anti-libéral si possible, désespérément. S’adresser à Causeur, fera suivre.

      • 10 Juillet 2016 à 8h15

        Diogène le cycliste dit

        Si c’est si réac, une chose que je ne comprends pas, pourquoi le lisez-vous?

        • 10 Juillet 2016 à 11h59

          Warboi dit

          Faut-il ne lire que ce avec quoi on est d’accord ? Cela dit, Bonald, non, je ne le lirai pas, il y a des limites. Pourquoi pas de Maistre !

        • 10 Juillet 2016 à 15h55

          Diogène le cycliste dit

          @Warboi
          “Faut-il ne lire que ce avec quoi on est d’accord ?”
          Évidemment non, je suis d’accord avec vous, sinon on deviendrait des lobotomisé d’un hémisphère.

    • 9 Juillet 2016 à 20h10

      IMHO dit

      ” le point de vue le plus éloigné de nos façons de penser étant le meilleur pour bien les comprendre ” me parait contestable.
      C’est peut-être vrai quand les ” façons de penser ” sont suivis de
      ” à des faits et situations comparables” . La pensée a un contenu.
      Et il faut aussi que les façons de penser soient liées par un
      antagonisme ou une complémentarité ou qu’elles soient les termes d’une alternative .
      Sans ces points communs, la compréhension se réduit à des considérations sur l’éternel humain: nous pouvons comprendre la pensée chinoise mais elle ne nous apprend rien sur la notre sauf des différences irréductibles et immémoriales .

      • 10 Juillet 2016 à 21h17

        saintex dit

        Non c’est trop condensé ! Tu connais ton chemin et tu supposes que nous aussi. Développe.

        • 11 Juillet 2016 à 3h21

          IMHO dit

          Parfaitement exact, mille excuses.
          Dans l’évolution des idées et des moeurs, on ne peut comparer, pour comprendre ce qui est, ce qui était où ce qui s’est passé, que ce qui est lié par un enchaînement de causes et d’effets, qui va du passé au présent et qu’on remonte: une comparaison historique est toujours peu une uchronie, elle refait le présent ou le passé.
          Or plus on s’éloigne dans le passé plus le nombre de liens de cause à effet qui sont rompus augmentent, et plus le nombre de causes et d’effets augmentent,et au bout de deux siècles, on ne maîtrise déjà plus les tenants et les aboutissants,
          comme dans une généalogie: qui au-delà des arrières-grands-parents est capable de sentir en soi quelque-chose de commun avec chacun de ses ancêtres, a moins bien sur qu’ils aient été tous nobles ou tous juifs ou tous bougnats et que vous l’êtes encore un peu ou du moins veuillez l’être ?
          On oublie toujours quelque-chose du passé dans le jugement qu’on en fait, par exemple que la propriété au temps de Bonald n’était pas renouvelable si on la perdait, si une famille s’appauvrissait, tous ses membres devenaient pauvres et le restaient.
          Donc relire le présent à la lumière du passé est hasardeux mais se mettre à la place des gens du passé et se demander ce qu’on aurait fait à leur place est fructueux .

        • 11 Juillet 2016 à 10h31

          Parseval dit

          Je suis bien d’accord (si je comprends correctement) : le Zeitgast (l’esprit du temps) meurt avec son époque. Plus cette époque est éloignée ou différente de la nôtre, moins on peut connaître son esprit et moins il reste de bribes de son esprit. Toutes les pensées qu’un auteur exprime sont prises dans la trame — jamais complètement explicite — des pensées communes, évidentes, de la connotation des mots, … de l’époque ; donc une partie du sens des ces pensées meure avec leur époque.
          Et même si on peut reconstituer une partie de cet esprit (avec un biais de classe, p. ex. les paysans de l’ancien régime ont laissé peu de mémoires), encore faut-il pouvoir l’éprouver (de la paléopathie ?) : qui peut se mettre à la place d’un tailleur de pierre du xiie siècle ou d’une femme de chambre du second empire ?
          Au bout du compte, en effet, à part les invariants humains on ne peut guère constater plus que l’éloignement qui nous sépare des époques passées. Mais c’est très intéressant.

        • 11 Juillet 2016 à 14h45

          saintex dit

          Là je comprends mieux, et je comprends comme Parsi. Je partage cette vision et j’y suis sensible. Comment peut-on au théatre juger de la condamnation de Louis ou Marie Antoinette ? Comment peut-on prétendre juger Papon quand on a trente ans ?
          Mais en la circonstance, je crois que le propos de l’auteur est autre. Il s’agit d’une analyse de l’évolution d’une société. Les trois mots sont essentiels.
          Pour juger une analyse, il semble effectivement préférable d’être détaché. Quant à l’évolution d’une société, il est évident qu’elle ne peut s’apprécier qu’à l’échance de certains de ses termes. Or, comme dit l’auteur, “il y a un côté extra-terrestre” qui indique bien que cette société est échue, et qu’il peut-être intéressant de se demander comment et pourquoi.

        • 11 Juillet 2016 à 18h10

          Pierre Jolibert dit

          Serais-je donc en désaccord complet avec vous tous ?

        • 11 Juillet 2016 à 18h16

          Parseval dit

          Je ne sais pas, c’est encore plus condensé que du IMHO…

        • 11 Juillet 2016 à 18h52

          Pierre Jolibert dit

          je vais essayer de revaporiser, mais je suis accaparé par d’autres choses, et comme il faudrait en profiter pour citer du Bonald, j’ai besoin de concentration, peut-être demain
          Juste cette phrase :
          “la vérité n’est autre chose que la science des êtres et de leurs rapports, et (…) les êtres sont tous compromis sous les expressions générales de cause et d’effets
          Et pour Bonald le rationaliste, qui ajoute les moyens, les ministères, le médiateur, pour lier cause de tout et tous les effets, pas de doute, on peut rendre raison de tout.
          IMHO n’est pas d’accord avec ça bien sûr, cf son 20 h 10, car il dit qu’il n’y a partout que lacunes et hiatus, mais cela n’enlève rien à sa confiance inébranlable dans le lien de cause à effet très éclairant quand on l’a : cf le début de son 3 h 21 (comparer et comprendre = récolter le lien de cause à effet)
          Le désaccord entre Bonald et IMHO est secondaire par rapport à leur accord dans leur foi dans la causalité (et dans notre capacité à la saisir, comme si on maîtrisait toujours tous les tenants et aboutissants dans le présent).
          Je suis en désaccord en ce que je pense que comprendre, et surtout comparer, en histoire, met en oeuvre autre chose que la raison.

        • 11 Juillet 2016 à 19h41

          Villaterne dit

          relire le présent à la lumière du passé est hasardeux
          Sans doute. L’évolution des sociétés brouille la vue. Cela fait de nous des observateurs et non des juges.
          Néanmoins, en dehors des invariants humains dont parle Parseval, il y a des liens contextuels qui existent bien. Tout est dans l’adaptabilité, la transposition. Un exercice que notre société moderne maîtrise mal.
          mais se mettre à la place des gens du passé et se demander ce qu’on aurait fait à leur place est fructueux.
          Je ne le crois pas car cela me paraît impossible. Par contre le faire pour les actes de nos contemporains me paraît indispensable !
          Mais peut-être ai-je mal compris le sujet !

        • 12 Juillet 2016 à 14h41

          Pierre Jolibert dit

          Vous êtes on ne peut mieux dans le sujet, Villaterne.
          Traité par Bonald :
          “La vérité relative doit être dite avec prudence et circonspection, parce qu’elle est incertaine par cela seul qu’elle n’est pas absolue ; raison pour laquelle il faut être d’une extrême réserve pour prononcer sur les individus et les faits particuliers. Mais pour la vérité en général, ou sur le général, il est toujours temps de la révéler, et c’est toujours le temps qui la révèle, veritas filia temporis.”
          Ce passage me sied en ce qu’il distingue comme deux ordres de la vérité. Après quoi je reconnais évidemment aussi que le jugement (car nous jugeons bel et bien, et sommes jugés, même le spectateur le plus à l’abri, qu’on le veuille ou non) du particulier relatif est difficile, que ce soit dans la présent ou le passé, car la vue est brouillée partout de la même façon. Mais à trop faire le prudent en la matière, on risque de laisser l’emporter les audacieux. Et je ne suis plus du tout la fin du passage, où la suprématie de l’ordre de la vérité générale glisse dans le domaine même du particulier relatif, grâce aux révélations du temps (l’histoire jugera, etc.).
          [Comme la courte citation plus haut, c’est extrait de la Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison, titre bien à même de montrer que Bonald est dans ce Zeitgeist comme un poisson dans l’eau : l’adversaire de Rousseau combat avec des thèmes délibérément symétriques, au moins en partie, si l’on en juge (car je n’ai fait que sonder çà et là à l’estime, pas de lecture intégrale pour en dégager l’absolu des tenants et aboutissants du texte…) par le tout début d’une autre oeuvre (en ligne), et avec une ambition tout aussi symétrique :
          http://classiques.uqac.ca/classiques/de_bonald_louis/theorie_pouvoir_pol/theorie_pouvoir_pol.pdf
          but : établir une religion naturelle, un fondement dont on dévierait, avec une perspective double aussi bien réac que progressiste, un volet éducatif

        • 12 Juillet 2016 à 16h15

          IMHO dit

          J’ai lu le livre de Bonald que vous avez mis en lien.
          Joseph de Maistre au moins tient compte des faits,
          d’une partie des faits, mais Bonald les invente au fur et à mesure qu’il les lui faut pour démontrer ses thèses.Il n’est pas étonnant qu’il ait tout de suite passé pour une ganache.
          Et sa progéniture doctrinale est incertaine, si l’on veut bien se souvenir que Renan, Comte, Taine, Barrès et Maurras, la lignée des antilibéraux français, étaient tous quatre irréligieux alors que Dieu est l’alpha et oméga de tout dans la pensée de Bonald.
          La Tour du Pin était certes un fervent catholique mais aussi du menu fretin dans ses idées

        • 13 Juillet 2016 à 0h08

          Pierre Jolibert dit

          Des faits inventés au fur et à mesure ?
          Vous voulez dire ça ?
          “On chercha à distraire leur attention, et à faire oublier à l’homme naturel l’oppression exercée sur l’homme politique ; on multiplia les distributions et les spectacles,
          panem et circenses. Le peuple se crut riche, parce qu’on lui distribua du blé ; heureux, parce qu’on lui donna des spectacles ; libre, parce qu’il eut des esclaves. J’attribuerai volontiers à cette raison l’introduction de l’esclavage dans les républiques
          anciennes ; et s’il n’eut pas ce motif, il eut du moins cet effet.”
          J’aime bien la toute fin : oui bon je sais vous allez me dire que l’esclavage est antérieur à l’expression latine que je cite, mais bon peu importe, une cause finale est une cause, peu importe que l’intention réelle n’ait pas été là, c’était dans les desseins de la Cause totale, etc.
          Plus haut il y a quelque chose du genre : oui bon je ne dis pas que toutes les républiques sont athées et que toutes les monarchies ont un monothéisme bien comme il faut, mais il n’empêche que… ah oui j’ai retrouvé (fin du 1-5) : “je dis seulement qu’à considérer en général, et comme l’on doit considérer les vérités sociales, tous les temps et toutes les sociétés, l’observateur peut apercevoir les rapports frappants et les progrès simultanés de certaines opinions politiques et de certaines opinions religieuses.” = ce que j’ai constaté une fois en particulier, ça m’obsède, et j’ai décidé d’en faire un système général, en mettant ce particulier singulier au pluriel, alors arrêtez de m’emmerder avec les autres cas particuliers.

      • 10 Juillet 2016 à 22h04

        Villaterne dit

        Je ne suis pas très en forme et c’est dommage car je sens qu’il y là matière a bien s’amuser !