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Lloyd Barnes

Un Jamaïcain à New York

Publié le 13 octobre 2009 à 13:31 dans Culture

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Wackie's Records

Wackie's Records.

Le 6 août 1962, la Jamaïque dit “Good Bye !” à Londres et proclame son indépendance. L’ancienne colonie britannique vit des journées de fièvre et d’exaltation. En pleine guerre froide, l’enjeu est d’importance : pro-Cubains et pro-Américains se disputent le pouvoir sur l’île. A Trenchtown, quartier sud de Kingston, le People’s National Party et le Jamaica Labour Party s’affrontent par gangs interposés.

Trenchtown, c’est le quartier où Lloyd Barnes a grandi. Il y fréquente assidûment les sound systems, d’imposantes discothèques mobiles où les disc-jockeys cherchent à se distinguer de leurs concurrents en proposant de nouveaux morceaux.

En 1967, alors qu’il a tout juste 18 ans, Lloyd Barnes décide de quitter l’île et d’émigrer aux Etats-Unis : depuis l’indépendance, la Grande-Bretagne a limité ses quotas d’immigrants jamaïcains. Lloyd Barnes débarque dans le Bronx, à New York. Le jour, il court les chantiers de construction pour gagner sa croûte. Le soir, il court les sound systems du Queens et de Brooklyn, avant de monter le sien. Il n’est pas dépaysé : ici aussi, les gangs font la loi. Certains soirs, les balles sifflent au-dessus du mur de haut-parleurs. La guerre des gangs, spécialité de Trenchtown, a rattrapé les Jamaïcains de New York.

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