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Libé : Nicolas Demorand exige du protectionnisme pour son canard boiteux

Le laissez-faire libéral, ce n’est bon que pour les prolos ?

Publié le 29 octobre 2012 à 18:00 dans Économie Médias

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Nicolas Demorand protectionnisme Libération

Entre le fou-rire et la colère, c’est ainsi que nous laisse l’éditorial de Nicolas Demorand paru ce samedi dans Libération. Intitulé “Régulation”, la prose du directeur de Libé, journal dont la santé se fait de plus en plus chancelante, dénonce “la fascination pour le numérique, les miracles qu’il permet, la réalité qu’il façonne, masque la brutalité du capitalisme qui lui a permis de se déployer ; l’inéquité des échanges qu’il suscite; la fragilisation de certains piliers de la démocratie qu’il accélère, du marché régressant à l’âge des monopoles aux journaux incapables, quels que soient leurs investissements, de financer durablement la production d’informations de qualité [...]“.

Le rire nous saisit lorsqu’il en appelle à une “souveraineté numérique” et qu’il fustige “les quolibets libertaires”. Voilà donc le journal de la rue Bellanger utilisant la même sémantique qu’un Nicolas Dupont-Aignan, un Henri Guaino ou même une Marine Le Pen. Alors qu’elle n’a eu de cesse de dénoncer ceux qui utilisaient ces termes moisis et partait même à la chasse contre ceux qui, à gauche, devenaient “plus dangereux que le Front National”, en usant de certains termes, la direction de Libé doit être en proie à une terrible inquiétude pour se faire, le temps d’un samedi matin, apôtre du souverainisme et contempteur des libertaires.

Demorand en appelle carrément au protectionnisme pour sauvegarder le secteur qui le nourrit. Mais, et c’est précisément ceci qui nous met en colère, il le réclame sans écrire le mot, utilisant ce cache-sexe sémantique que constitue le mot “régulation”. Lorsqu’il rappelle “l’exception culturelle” obtenue par les Etats européens dans le cadre des négociations du GATT, à l’époque où Edouard Balladur occupait Matignon; lorsqu’il milite pour la mise en place de la “taxe Google”, il en appelle évidemment au protectionnisme, même déguisé. Ce protectionnisme que son journal combat de toutes ses forces lorsque d’autres le souhaitent pour l’industrie, pour défendre les ouvriers, ces beaufs qui ont la trouille de la mondialisation sans frontières. Demander des mesures protectionnistes pour défendre l’industrie nationale, cela demeure nationaliste, frileux et ouvre la porte à la xénophobie. Supplier l’Etat de les mettre en place pour sauver les copains du ciné, et plus encore pour sa propre gamelle, c’est responsable !

On comprend pourquoi plus aucun ouvrier ne lit aujourd’hui Libération sans pleurer de rire et de colère mêlés. Et on demande solennellement au gouvernement que s’il devait -on peut rêver- finir par écouter Arnaud Montebourg et instaurer des barrières au libre-échange, la presse quotidienne qui conchie le protectionnisme industriel soit la dernière à en bénéficier. Libé mais aussi Le Figaro, qui n’est en reste en matière de mondialisation heureuse, doivent enfin être responsabilisés. Après tout, un journaliste indien ou philippin pourrait très bien faire le même travail que Nicolas Demorand pour beaucoup moins cher. Et sans doute mieux, à lire l’édito de ce dernier.

*Photo : Matthieu Riegler.

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  • 5 Novembre 2012 à 12h37

    Fursy dit

    LIBERATION a longtemps été le journal du PS mais comme lui il s’est enfermé dans un lectorat (et un électorat !) composé de fonctionnaires moyens. Ce n’est plus un journal populaire de gauche, c’est un quotidien qui défend les avantages des fonctionnaires, si possible parisiens. Ca limite considérablement le nombre d’exemplaires vendables !

  • 5 Novembre 2012 à 11h30

    Pi R 2 dit

    Voir la disparition de Libé ne va pas troubler grand monde. Ce journal a fait l’erreur de mettre un prétentieux à sa tête qui l’a amené à croire qu’il pouvait diriger les âmes et les consciences. La majorité des Français n’ont rien à en faire des avis péremptoires et du politiquement correct spécifique à Libé.
    En se coupant de ses lecteurs Libé est sans ressource, n’est-ce pas le sort de toutes entreprises qui veut imposer à ses clients ce qu’ils ne veulent pas! Ainsi va la vie quand on n’a pas compris que la qualité était d’abord satisfaire le besoin de son client! Libé va mourir laissant la place pour un autre titre un peu plus respectueux de ses clients… Vive le futur!

  • 5 Novembre 2012 à 11h07

    eagle dit

    que Libé soit en mauvaise santé c’est la conséquence du sciage de la branche sur laquelle ces messieurs étaient assis. Ils ont tellement démolli Sarkozy qu’ils ont supprimé leur fonds de commerce. Alors de là à se renier sur leurs propres idéaux, il y a un pas vitre franchi.

  • 4 Novembre 2012 à 8h51

    armadaguedon dit

    Un soldat dans un zoo sauve une fillette attaquée par un lion en donnant , à ce dernier , un grand coup de poing sur le museau.Un journaliste de Libé passant par là interpelle le courageux soldat.En conversant avec lui il s’aperçoit qu’il est au FN. Le lendemain dans Libé ” Un soldat faciste agresse un africain et lui dérobe son déjeuner”

  • 3 Novembre 2012 à 19h36

    eagle dit

    moins Libé aura de lecteurs et mieux se sera. C’est une Presse non seulement de parti pris mais surtout peu objective.

  • 3 Novembre 2012 à 9h21

    ugolinotw dit

    Les carcans et garrots imposés, depuis des années et même des décennies à l’opinion par le parti dévot, ce à grands coups d’intimidations sentencieuses et péremptoires, voire de procès en justice, se craquèlent et l’on est en droit de se demander combien de temps ils tiendront encore à telle échelle… Cela se voit, cela se sent de partout. Le sol étant ainsi appelé à se dérober à vitesse croissante sous leurs pas, les Nicolas Demorand et consort réagissent par une manière de mouvement physique compensatoire en accélérant eux-mêmes dans leurs grandes dénonciations anti-fascisto-n’importe-nawouakienne, tant ils paraissent ne pas savoir faire grand chose d’autre, à part bien sûr réclamer des subventions aux gros beauf de contribuables.

    Il en est qui vont certes sauter en marche : ceux qui auront conservé le sens de la mesure et du ridicule d’abord, mais aussi les plus honnêtes, et aussi les plus lucides, cette dernière catégorie comprenant ceux qui, ayant à coeur de toujours être du côté du manche, sauront mesurer l’évolution des vrais rapports de force, intérêts bien compris à la clé.

    Les autres roulent déjà des yeux effarés de droite et de gauche en voyant se déliter sous leurs pieds des positions qu’il croyaient acquises. Leurs terres sont désertées; le lectorat se tire, décidant, car trop c’est trop, d’aller cultiver et se cultiver ailleurs. Les Hilotes osent se réveiller citoyens ! Et sans son bon stock d’ouailles, la caste politico-médiatique pourra difficilement continuer à justifier les prébendes dont elle entend bien continuer à jouir. Eh oui, par delà le discours, c’est aussi de pognon et de privilèges dont on cause ici.

    Alors pour tous ces gens-là, croyant encore pouvoir tenir le haut du pavé mais prisonniers du discours qu’ils se sont construit, cela va être une sorte de grande fuite en avant dans le discours dénonciatoire, vers une sorte de Sigmaringen hors-sol, la référence historique n’étant pas franchement déplacée tant ces grands contempteur de “la France moisie” ( moisissure = respect de nos lois, de la laïcité, de nos moeurs, de la liberté d’expression, de siècles et de siècles de culture française, etc.) se font eux-mêmes complaisamment les échansons de cette écoeurante extrême-droite islamiste qui rogne quasi quotidiennement nos espaces de libertés à coups de prêches, de mosquées pas neutres pour une piastre, de rappels à l’ordre se voulant culpabilisant ou d’intimidations crues…

    Nous allons vivre des temps intéressants à bien des égards.

  • 31 Octobre 2012 à 13h01

    Eugène Lampiste dit

    “Plus aucun ouvrier ne lit aujourd’hui Libération sans pleurer de rire et de colère mêlés.” 

    Personnellement, je ne connais aucun ouvrier (ou prolétaire, ou petit employé) qui lise Libération.