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Lettre à Christian Estrosi

L’Union pour un Mouvement Populaire méprise le référendum populaire

Publié le 02 novembre 2011 à 14:30 dans Politique

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Monsieur le Ministre,

Hier matin, réagissant à l’annonce de l’organisation d’un référendum en Grèce, berceau de la Démocratie, vous avez fustigé cette décision « totalement irresponsable » du Premier Ministre grec, Georges Papandreou. A vrai dire, je m’attendais à entendre de tels reproches à l’encontre d’Athènes. Et d’ailleurs, vous n’êtes pas le seul à tirer à boulets rouges sur ces mauvais coucheurs héllènes. Ce qui m’étonne, en revanche, c’est que cela vienne de vous.

Il y a près de vingt ans, François Mitterrand décidait lui aussi, le lendemain de la victoire du Non au Danemark, de consulter le peuple français à l’occasion de la ratification du Traité de Maastricht créant une union monétaire en Europe. Derrière Philippe Séguin et Charles Pasqua, duquel vous fûtes proche, vous vous engageâtes dans la campagne pour le Non. Vous souvenez-vous de l’affiche que nous collâmes alors sur tous les murs de France dans la chaleur de l’été ? Il claquait, ce slogan, inspiré de Paul Eluard : « Liberté, je chéris ton NON ». Cette bataille, nous la perdîmes ensemble. Et nous le fîmes avec d’autant plus d’élégance que nous ne fûmes pas épargnés pendant la campagne. Tel président de la Commission Européenne nous intima de « changer d’attitude ou de quitter la politique » ; tel autre, directeur d’un grand journal du soir, nous menaça, au cas où le oui ne l’emporterait pas, « de la pire catastrophe depuis l’accession au pouvoir du chancelier Hitler » ; tel chroniqueur et éditorialiste en place depuis vingt ans, et toujours de service le matin sur RTL, expliqua que le référendum était dangereux en ce sens qu’il donne, sur des sujets aussi complexes, la même voix aux non-diplômés -le monsieur est poli, il ne prononce pas le mot « cons »- qu’aux classes éclairées. Ainsi, vous retrouver aujourd’hui sur la même ligne ne laisse pas de décevoir.

Consulter le Peuple, donner l’occasion au Peuple français de se prononcer sur son destin, c’était ainsi déjà irresponsable. Le refaire, en 2005, l’était donc tout autant. C’est l’avis de Nicolas Sarkozy qui goûte moins le recours à la démocratie directe que Charles Pasqua et Philippe Séguin hier, Charles de Gaulle avant-hier. Il est vrai que l’actuel président conserve un mauvais souvenir de ce genre de consultation. En 2003, il organisa un référendum sur l’évolution institutionnelle de la Corse. Alors que son projet était soutenu par l’UMP, le PS et les séparatistes, il vécut un cuisant échec. Ainsi, passer sur l’avis de ce foutu suffrage universel est devenu une ardente obligation : le traité de Lisbonne qui reprend 95 % de la substance d’un texte refusé par la majorité du Peuple français, ainsi que l’a reconnu l’auteur dudit texte, l’ancien président Giscard d’Estaing, fut donc approuvé par les parlementaires réunis en congrès, avec votre bénédiction. Et vous continuez pourtant à vous auto-proclamer gaulliste et, pis, gaulliste social, alors que le respect des décisions référendaires constituait l’alpha et l’oméga de toute la pratique institutionnelle du Général de Gaulle.

On a ainsi passé outre les résultats du Peuple -ou on l’a fait revoter jusqu’à ce qu’il finisse, lassé, par répondre oui, comme en Irlande- et il était bien entendu qu’il éviter le recours à ce dangereux suffrage universel. Populiste, le référendum, pleure de rage ce matin le constitutionnaliste Dominique Reynié. Que cela vienne de lui, on le comprend. Il s’enorgueillit de faire partie des « sachants ». Mais de vous, Christian Estrosi ? Vous vous plaignez assez des sarcasmes dont vous êtes victime à propos de votre manque de diplômes, du mépris qui vous frappe lorsqu’on vous surnomme le « motodidacte ». La démocratie, le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, suppose que notre voix à tous, pèse du même poids, que nous soyons polytechnicien ou technicien de surface. Le suffrage universel, indissociable de la démocratie, suppose que le plus humble d’entre nous puisse accéder aux plus hautes fonctions. Ce miracle de la Démocratie a notamment permis à un homme, ne sortant d’aucune grande école puisqu’il avait quitté le lycée pour s’adonner à sa passion motocycliste, de devenir Ministre de l’Industrie de son pays ou de diriger la cinquième ville de France.

C’est ce miracle, Christian Estrosi, que vous refusez lorsque vous qualifiez d’irresponsable le recours aux suffrages du peuple grec, tournant ainsi le dos non seulement au militant que vous avez été, mais à l’homme que vous êtes.

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  • 4 November 2011 à 12h29

    Fiorino dit

    Le ministre des Finances, Evangelos Venizelos, annonce que la Grèce abandonne officiellement l’organisation d’un référendum sur le plan de l’Union Européenne.
    Au revoir DD à la prochaîne présidentielle pas celle de 2012

    • 4 November 2011 à 12h31

      isa dit

      :))

    • 4 November 2011 à 12h38

      RRF-Peypinois dit

      La farce continue !
      Ils peuvent : les spectateurs que nous sommes, de ce mauvais spectacle, avons payé notre billet pour y assister au prix fort…
      et nos dirigeants en redemandent avec notre argent !
      Cours Forest, cours !

      • 4 November 2011 à 12h51

        Fiorino dit

        Il me semble que les banques françaises et allemandes contrairement aux italiennes possedent bcp de dette grecque donc oui c’est notre argent (pas le mien car j’ai très peu en banque) qui va partir en fumée si on suit la logique NDA-NPA

  • 3 November 2011 à 14h47

    vt35 dit

    Monsieur Desgouilles, vous avez déjà donné à la Grèce entre 500 et 1000€, il me semble. Monsieur Papandreou vient de négocier une rallonge. Après quoi il nous dit “au fait, j’avais oublié de vous dire que je vous rembourserai si un référendum populaire m’y autorise”… C’est vraiment merveilleux un “référendum populaire”, cela mérite prosternation…
    Le plus probable maintenant est que la Grèce va sortir de l’UE, que nous allons vers une récession sévère, qui diminuera les rentrées fiscales au moment où il faut réduire puis éliminer le déficit, et que ça va mal se passer en France. On pourra toujours faire un référendum populaire, quand il y aura la queue pour les soupes du même nom.

  • 2 November 2011 à 16h19

    RRF-Peypinois dit

    Personnellement, comme je suis contre le soutien – à quel prix ! – apporté à la Grèce, je trouve tout cela…savoureux…
    J’ai même envie de dire : bien fait pour vous, ceux qui ont donné des leçons de morale et de solidarité européenne à la Terre entière, voici que la monnaie de vos pièces vous est rendue…
    Dites : merci voyons !

  • 2 November 2011 à 16h04

    Marie dit

    @GC
    “Personnellement, et comme beaucoup d’autres de toutes sensibilités confondues, je partage l’opinion indignée d’Estrosi . Ce qu’a annoncé Papandreou, c’est un peu se foutre de la gueule des autres pays européens, qui se sont péniblement et douloureusement accordés à des concessions inouïes pour sauver la Grèce, non ? ”
    Si un peu beaucoup!

  • 2 November 2011 à 16h02

    skardanelli dit

    Je ne sais pas si ils sont mauvais coucheurs les Hélllènes, en tout cas ce sont de sacrès baiseurs qui sont tout de même en train de nous empapadréouter de plusieurs milliards d’euros. Vous appréciez peut-être, moi moins, chacun ses goûts…

    • 2 November 2011 à 22h33

      rico211 dit

      Pourquoi vous avez pretez aux greques vou? Moi je suis d’accord avec l’article, pas de leçons a donner

  • 2 November 2011 à 15h56

    Guillaume Ceyrac dit

    Sauf que dans le cas présent, le Sieur Desgouilles feint d’ignorer que l’Europe, au travers de l’action de l’Allemagne et de la France, y va tout de même “un peu” de sa poche.
    Que Papandreou consulte son peuple, soit, et très rares sont ceux qui le lui reprochent, pas même notre président. On imagine seulement qu’il aurait pu faire cette annonce avant ces multiples réunions franco-allemandes de crise qui affolent les marchés et déstabilisent l’économie mondiale.
    Personnellement, et comme beaucoup d’autres de toutes sensibilités confondues, je partage l’opinion indignée d’Estrosi . Ce qu’a annoncé Papandreou, c’est un peu se foutre de la gueule des autres pays européens, qui se sont péniblement et douloureusement accordés à des concessions inouïes pour sauver la Grèce, non ? 

  • 2 November 2011 à 15h04

    Philippe Erbs dit

    Qu’attendre d’un ministre qui a fait annuler par son cabinet les réservations sur d’un vol régulier et fait louer à la place pour ce déplacement un Falcon 900 à 138 000 euros sur le compte de la République auprès de la société Dassault car les horaires du vol d’Air France ne lui permettaient pas d’assister à un cocktail organisé à l’Élysée par le président de la République ? Qu’il s’intéresse à la voix du peuple ? Voyons…

  • 2 November 2011 à 14h43

    Fiorino dit

    C’est aussi les italiens de Nice qui ont le droit de vote aux élections municipales qui l’ont porté au pouvoir, c’est le seul qui a fait campagne chez les italiens, quand aux grecs c’est vrai que c’est très sérieux faire perdre du temps comme ça pour après d’un coup annoncer un référendum, il aurait pu le dire tout de suite non?