Suivre Causeur :     

Les Verts, bonjour les dégâts !

Le Parti de l’irréversible

Publié le 21 décembre 2011 à 14:26 dans Politique

Mots-clés : , , ,

Photo: Karim Amar.

C’est une chose entendue : les Verts sont « sympas ». Ils dénoncent toutes les cochonneries qu’on veut nous faire manger ou respirer à notre insu et luttent contre toutes les horreurs que le grand capital international fait subir à la planète. Ils font « de la politique autrement » et jurent qu’un « autre monde est possible ». Des gens aussi dévoués au bonheur de l’humanité ne sauraient mentir. Ce capital de sympathie soigneusement entretenu depuis trente ans, les écolos savent admirablement l’utiliser pour faire avancer leurs idées, au besoin en émettant des jugements définitifs truffés d’omissions, de contre-vérités voire de mensonges. C’est de bonne guerre, me direz-vous, les autres en font autant. Les Verts se comportent donc comme les autres partis et Cécile Duflot ou Jean-Vincent Placé n’ont rien à apprendre de l’art de la stratégie en politique. Ni de celui de la tambouille. La nouvelle génération de dirigeants d’EELV, c’est du moderne. Ils veulent le pouvoir et font tout ce qu’il faut pour l’obtenir.

Leur accord avec le PS en est une parfaite illustration. Les Verts avaient juré qu’ils ne renonceraient jamais à la sortie du nucléaire et à l’arrêt du chantier de Flamanville. Résultat : ils ont renoncé aux deux dans ce texte baroque. Eva Joly, assez naïve sur le coup, s’est pris le changement de vent en pleine figure. Nigaude, elle n’a pas compris assez vite que l’important, c’était l’accord électoral. Et c’est là que se situe la première info intéressante. Les écolos ont, en apparence, vendu leurs convictions pour un − beau − paquet de circonscriptions gagnables. Avec, en prime à la signature, un parachute doré pour la PDG du parti, investie dans le quartier de la boboïtude parisienne, où même un âne avec une pancarte socialiste se ferait élire, dixit un cadre parisien du PS (ânophobe sans doute.)

Le fait que les socialistes soient capables de signer d’une main légère un document dans lequel ils échangent des centrales nucléaires contre des sièges de député n’est en revanche pas une surprise. Dans le passé, le PS en a signé d’autres, des textes de cette eau. Ce qui ne l’a pas empêché de s’assoir confortablement dessus le moment venu. Espérons qu’Hollande aura la sagesse de faire de même cette fois encore.
Que des idéologues intransigeants soient ouverts à la négociation est plutôt une bonne nouvelle. Les gens convaincus de savoir mieux que tout le monde ce qui est bon pour l’humanité me fichent la trouille. On a connu dans l’histoire des précédents fâcheux.

[...]

 

Acheter ce numéro  /  Souscrire à l’offre Découverte (ce n° + les 2 suivants)  /  S’abonner à Causeur

 

envoyer par email autre réseau social

La lecture de cet article est réservée aux abonnés

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
 

Nos offres

A lire aussi

La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés

63

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
 
  • 22 December 2011 à 14h43

    borgoloff dit

    En réalité, chacun des deux grands candidats rêve d’avoir Marine Le Pen en face de lui au second tour. C’est l’élection assurée avec risque zéro, car on ne concèderait rien à celle qui aurait pourtant obtenu cette place au second tour.
    En revanche, nous subissons déjà, et nous subirons encore davantage les élucubrations des verts malfaisants.

    • 22 December 2011 à 14h53

      kravi dit

      “En réalité, chacun des deux grands candidats rêve d’avoir Marine Le Pen en face de lui au second tour”
      Voici pourquoi il serait futé de voter Bayrou en masse…
      À vos lance-pierres…

    • 22 December 2011 à 14h58

      Patrick dit

      verts malfaisants

      Je connaissais plutôt les vers luisants !
      Les verres missels, ;-)
      Les vertueux, mais aussi les verts tueurs,
      Les vermoulus, ou plutôt les vers mollah…

      • 22 December 2011 à 15h42

        borgoloff dit

        Je suis de plus en plus vertophobe.
        Irrécupérable.

      • 22 December 2011 à 16h32

        laborie dit

        Pour les fêtes…

        Les vers… mouths

  • 22 December 2011 à 14h42

    morsang dit

    je viens de lire attentivement cette excellente analyse du phénomène “vert” qui comme feu le “phénomène communiste ” aveugle de nombreux naifs.
    Il reste que face à toutes les officines abérrantes qu’embarque sans scrupules le parti socialiste (talibans verts,communistes staliniens,…) ‘la bête” jean marie” ayant disparue les droites devront un jour se réunifier.Sauf à rester suivant le mot fameux” les plus bêtes du monde”

  • 22 December 2011 à 14h22

    morsang dit

    Hé mais attention,on va faire les 32 heures .Tous à Marrakech du jeudi midi au lundi matin.
    Et M. COChet du haut de ses dix mille euros mensuels d’élu nous assure que lui,il fait déja vingt huit heures.
    Que l’on s’aperçoive seulement aujourd’hui que les soi disant écolos sont en réalité des gauchos qui veulent aller à la soupe est trés étonnant cela se voyait depuis le débuCe b’est pas le cas semble-t-il de Mme Joly mais elle aura des surprise et puis “robespierre et saint just” ont été guillottiné depuis longtempps

  • 22 December 2011 à 11h03

    Jipai dit

    Si on parlait un peu de l’éolien !
    Quand les verts nous parlent “développement durable” et d’”énergies renouvelables”, on reste dans la théorie et l’idéologie, car les éoliennes que l’on voit se pointer de plus en plus nombreuses ne sont pas initiées par eux; mais c’est seulement leur discours qui les facilitent. La décision incombe à des élus et collectivités locales démarchées par le lobby et c’est l’intérêt économique qui emporte la décision, avec l’aide si nécessaire de l’argument écologique. Elles sont les usines qu’ils n’auront jamais, qui permettront, qui d’avoir sa salle polyvalente, qui sont rond-point, amorce d’une zone d’activités; j’admets qu’il peut y avoir parfois des projets plus sérieux; bref ce sont les “fameuses “mannes financières” de nos élus. Il serait intéressant d’étudier ce qui a prévalu pour le choix d’implantation des centrales nucléaires et quel a été le rôle des élus à l’époque. Le choix d’implantation de la centrale qui m’est la plus proche était le fait d’un cacique socialiste.

  • 22 December 2011 à 7h22

    JMS dit

    Oui, oh, les Verts…
    Ils continueront le double langage avec Hollande, on n’est pas dans l’idéologie mais dans le poker menteur dont les mises sont des postes de députés, sénateurs, conseiller de Paris etc.  

  • 22 December 2011 à 6h10

    Alpin dit

    Bonjour skardanelli.

  • 22 December 2011 à 2h03

    skardanelli dit

    Thalcave, après des heures à traquer le bug, vous lire est une vraie récompense. Vous seriez plus à votre place à écrire des billets qu’à les commenter.

  • 21 December 2011 à 23h29

    Thalcave dit

    Le succès des Verts est continument croissant depuis le choc pétrolier de 1974. A cette date, la CFDT avait publié chez “Points”, un livre intitulé “Les dégâts du progrès”.
    Cette nouvelle idéologie anti-progressiste (mot qu’on n’emploie plus de nos jours) a été récupérée après l’élimination des naïfs (René Dumont et Antoine Wächter en 1974) ou opportunistes (Brice Lalonde) par l’extrême gauche qui avait besoin de se blanchir après les excès de la Bande à Baader, la Fraction Armée Rouge, Action directe, les Brigades Rouges, le GRAPO et leurs inspirateurs tels Toni Negri (recueilli en France par la doctrine Mitterrand et enseignant à Normale Sup entre autres). Lipietz a été le prototype du trotskiste recyclé chez les Verts, illustrant la célèbre phrase de Jouhandeau en mai 1968, « Rentrez chez vous, dans dix ans, vous serez tous notaires ».
    Pourquoi cette fulgurante réussite? Le choc pétrolier de 1974 a fait basculer la France d’une société de l’espoir à une société de la peur. Cela ne s’est pas fait en un jour. Il nous a fallu vingt ans à partir de 1974, pour douter puis pour prendre peur de plus en plus depuis le jour où Mitterrand a déclaré avec le fatalisme des vieux monarques “Contre le chômage, on a tout essayé”.
    L’apparition des Golden boys et des nouveaux pauvres, Bertrand Arnault et François Pinault propulsés par les socialistes, Coluche et l’Abbé Pierre propulsés par l’échec du socialisme, la fuite des classes moyennes vers le fonctionnariat ou son équivalent (600 000 élus en France dont les deux tiers, socialistes et maintenant Verts) a approfondie la fracture de la société qui a vu avec l’effondrement des régimes communistes, un mode que l’on croyait éternel disparaitre en quelques mois, l’explosion des Balkans faisant réapparaitre un monde fossilisé depuis 1914, Saddam Hussein considéré comme un rempart contre l’intégrisme iranien lançant une OPA sur le pétrole du Koweit. A peine l’ennemi soviétique avait il disparu que surgissait un nouvel ennemi, alliage de pétrole et d’islam, source d’incrédulité mais pourtant capable de l’attentat du 11 septembre et de la capture des révolutions pour la liberté.
    La France est maintenant malade de ses peurs. La peur du revival fasciste à la présidentielle de 2002 a mis ses nerfs à vif. C’est propice à l’irrationalité qui fait le lit des Verts et multiplient leurs succès.
    C’est un tournant historique qui me fait penser à la fin des Sioux lorsqu’un illuminé Jack Wilson, un chef religieux amérindien connu sous le nom de Wovoka, déclare que, pendant l’éclipse totale du soleil du 1er janvier 1889, il a reçu la révélation qu’il est le Messie de son peuple. Le mouvement spirituel qu’il crée devient connu sous le nom de « Danse des esprits » (Ghost Dance). Il prédit la disparition des hommes blancs, ses disciples, nombreux, estiment que des vêtements spéciaux, les « chemises des esprits » (ghost shirts) les protégeront des balles.
    Nous sommes sans doute sur le chemin de notre propre décrépitude, sur le chemin de Wounded Knee. Aucun propos raisonné n’y peut rien. Cela fait des années qu’on nous alerte sur ces dérives (Luc Ferry, Le nouvel ordre écologique, vers 1992). La dictature verdâtre est aussi inéluctable que l’ont été Mussolini, Franco, Salazar, Horthy, Antonescu, Piłsudski ,Staline et Hitler dans les tourments de la guerre de 1914 et de la crise de 1929.

    • 22 December 2011 à 4h39

      Naif dit

      commentaire intéressant, mais deux remarques pas anodines finalement, lorsque vous parler du nouvel ennemi nazislamiste, pas si récent que cela en faite, il n’est pas qualifié comme tel par la classe dirigeante qui préfère le voir dans le revival fasciste de 2002 afin de mieux nous imposer son fascisme vert, bien réel celui là. 

  • 21 December 2011 à 22h17

    Thalcave dit

    Pour les pilotes d’Air France, leur formation est assurée par les plus anciens. C’est un système endogame. La progression de carrière est linéaire. La rémunération des pilotes est fonction du poids de l’avion piloté et de sa vitesse. Les co-pilotes vont progresser de l’avion le plus petit au plus gros avant de passer commandant de bord au bas de l’échelle sur l’avion le plus petit et de gravir à nouveau tous les échelons.
    Le système de qualification à chaque changement de machine est assuré par les pilotes eux mêmes syndiqués à cet effet.
    Il n’y a jamais de recalés. Tout le monde progresse de la même façon de manière uniforme. C’est du corporatisme à l’état pur.
    Les accidents surviennent sur des machines apportant une nouvelle technologie. La réaction des pilotes est d’incriminer le constructeur. C’est gênant surtout s’il s’agit d’un constructeur français qui n’aime pas servir de bouc émissaire. Dans certains cas, les pilotes obtiennent d’être associés (accident du Mont Ste Odile en janvier 1992) au bureau des accidents de la direction de l’aviation civile qui n’a rien à leur refuser car les fonctionnaires de cette administration finissent par pantoufler chez Air France.
    C’est typique des petits arrangements à la française qui incluent également la presse : 20% des sièges transportés sont des gratuits commerciaux dont la presse est un des clients les plus notables.
    Pourquoi la compétitivité des entreprises françaises qui pratiquent le corporatisme a-t-elle été amputée au point de faire passer les exportations françaises de 6% du marché mondial à 2% aujourd’hui?
    Je vous laisse deviner.
    Cela fait partie des

    • 22 December 2011 à 14h16

      laborie dit

      …..j’ose poursuivre votre pensée……

      caractéristiques humaines et non seulement françaises refusant avec les nerfs à vifs d’imaginer que la recherche de la Vérité est une atteint individuelle d’abord puis du Groupe ensuite.

      Les “en point”:

    • 22 December 2011 à 14h21

      laborie dit

      …..j’ose poursuivre votre pensée……

      caractéristiques humaines et non seulement françaises avec les nerfs à vifs redoutant de la Vérité une atteinte individuelle d’abord puis du Groupe ensuite.

      Les “en pointe”:

      -Syndicat de la Magistrature
      -Syndicats en général
      -Administrations, Police Justice etc..
      -Grandes entreprises dont le CAC 40
      etc…

      Explications: crainte de perdre sa respectabilité donc rognage des avantages et des promos…cqfd

  • 21 December 2011 à 22h05

    Impat1 dit

    Alpheratz51…-:)

  • 21 December 2011 à 21h33

    Alpheratz51 dit

    21 December 2011
     à 19h11 eclair dit :” On en dépense jamais d’argent en l’air en récupérant une boite noire.”

     C’est sûr qu’on a jamais récupéré  une boîte noire en plein vol ….
    :O) 

  • 21 December 2011 à 20h15

    bea33 dit

    Ça fait du bien de lire un article comme celui là, mais en même temps ça fout la trouille.

    • 21 December 2011 à 22h14

      Bibi dit

      “surtout si vous n’êtes pas d’accord” mais je suis d’accord que le poids des dégâts de la peste blonde est bien plus lourd que le présente l’article.
      Ce n’est pas le seul point effrayant abordé. La choléra verte a trop en commun avec la peste brune, même teintée en blond.
       

  • 21 December 2011 à 20h00

    Impat1 dit

    …”autour d’un Médoc”…
    In vino veritas.