Les vacances de Monsieur Guaino
Les Inrocks, Canard Enchaîné du pauvre
Publié le 02 mars 2011 à 7:00 dans Médias
Mots-clés : Henri Guaino, Tripoli

On pourrait appeler ça du journalisme d’inquisition. Mais heureusement, c’est une inquisition au petit pied dont le ridicule limite la capacité de nuisance. Il y a quelques années, pour être un grand journaliste, il fallait sortir des « affaires ». C’était souvent pénible et dégoûtant, mais il arrivait que les malheureux cloués au pilori médiatique eussent réellement commis des indélicatesses et confondu pour de bon les caisses de l’Etat avec celles de leur parti, voire avec leurs propres poches. Rivalisant pour épingler les plus puissants à leur tableau de chasse, les investigateurs prenaient des mines de conspirateurs pour aller déjeuner avec des juges ou des flics, mais au détour de leurs croisades pour le Bien, ils ont aussi révélé de vraies affaires d’Etat devenues impossible à camoufler sous le manteau de la raison du même nom.
Le nouveau feuilleton que nous offre le journalisme satirique, subversif et résistant donne la mesure de la décadence du métier. Désormais, pour faire trembler les tyrans qui nous oppriment, plus besoin de se casser la tête à remonter le cours de sombres transactions financières, ni même d’avoir la chance de se trouver à proximité quand ils lâchent une blague de fin de banquet. Non, il suffit de leur poser la question qui tue : « tu vas nous le dire, où t’as passé tes vacances ! ».
D’accord, ne mélangeons pas tout : l’escapade tunisienne de Madame Alliot-Marie était bel et bien une faute politique. Fillon en Egypte, c’était déjà beaucoup de bruit pour rien. Mais avec les vacances de monsieur Guaino, les Inrocks sombrent dans le grotesque, avec, en prime, une pointe de vraie dégueulasserie.
Je précise, pour ceux qui l’ignorent, qu’Henri Guaino est un ami. Enfin, un peu moins depuis que j’ai découvert qu’il a refilé ce scoop à la concurrence. Imaginez : la plume du président a passé ses vacances de Noël à Tripoli où il était reçu par son ami François Gouyette, ambassadeur de France en Lybie ! Il faudra d’ailleurs songer à dresser la liste des diplomates qui ont séjourné dans des pays non-démocratiques. Ennemis des peuples !
Donc, un journaliste frétillant appelle Guaino et, tel un flic qui braquerait sa lampe sur le visage d’un dur à cuire, le somme d’avouer. Au passage, il enregistre la conversation en loucedé : sans doute pense-t-il que ça lui donne le chic-espion. En tout cas, chapeau la déontologie ! Les propos de Guaino sont reproduits in extenso sur le site. Pour ceux qui n’auraient pas compris que les Inrocks jouent dans la cour des grands, le papier est annoncé à grands coups de trompette sous le titre affriolant « Le réveillon lybien d’Henri Guaino ». Du vrai SAS. « Et de trois ! », claironne le chapeau. Après MAM et Fillon, j’en tiens un autre chef ! Guaino chez Gouyette, ça, c’est du lourd !
Connaissant son caractère placide, je trouve surprenant et même un peu désolant que le « Conseiller spécial », tout en ironisant, ait répondu au journaliste au lieu de l’envoyer au diable. Peut-être s’est-il dit, dans un accès de sagesse, qu’il avait mieux à faire que nourrir une polémique idiote. Admettons qu’il a bien fait, même si j’attends avec impatience le jour où un politique osera remettre à sa place un de ces flics habillés en journaliste.
Si j’avais du temps à perdre, j’écrirais un livre sur les vacances des journalistes. Dites-donc, vous, vous n’étiez pas à Cuba, l’été dernier ? Ou au Vietnam ? Et votre week-end à Saint Petersbourg, vous n’avez pas honte, avec toutes les turpitudes de Poutine ? Pas bien propre tout ça. Sinon, pour ramener mes confrères à la raison, j’ai une petite idée : les obliger, chaque fois qu’un ministre ou un élu revient de vacances, à se farcir le récit détaillé avec séance de diapos.
Reste, tout de même, une petite raison de croire dans le journalisme de mon pays : la mayonnaise n’a pas vraiment pris. Certes, cette information de haute importance a donné lieu à deux dépêches avant d’être ânonnée par quelques confrères en mal de sensations. Mais je crois qu’il n’y aura pas d’affaire Guaino. Dommage pour les Inrocks qui voulaient se la jouer « Wahington Post façon Watergate » et n’ont réussi qu’à être le Canard Enchaîné du pauvre.
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L'auteur
Elisabeth Lévy est journaliste et essayiste.
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zelast dit
Elisabeth Levy,la Simone Veil d’internet ?
BLANCHE dit
dans la mesure ou on trouve rarement plus couillue, oui.
isa dit
Je viens d’écouter cet homme de bien qu’est Guaino face à cette idiote de Racailla, il a réussi (contrairement à Zemmour) à ne pas pùeter un câble.
Il a reconnu que, face à tant de mauvaise fois et d’agressivité, c’était bien parce qu’il ne représentait pas que lui-même qu’il a pu se retenir.
Elle nous a commis un “livre”.
chocolat au lait dit
ha merde
j’ai passé mes vacances en italie
pas chez berlu , mais en italie quand même !
c’est grave ?
hathorique dit
@ – Guenièvre
“aucun des ténors du Parti socialiste n’a mené de bataille sérieuse”
vous faites référence là à des temps antédiluviens, la préhistoire
Ils ne veulent pas aller à la bataille n’ayant aucun argument, ni surtout ce qui est pire aucun projet politique à part “sus à Sarkosy”
ils pratiquent l’invective en forme d’argumentation, surtout Benoit Hamon qui en arriverait à imputer à Sarkosy la défaite de Waterloo, ce même Hamon qui a dit en parlant de Dominique Strauss-Kahn.
“Il est loin de la France, il ne respire pas les molécules de l’atmosphère que nous respirons”
ce que bien sur a été mentionné dans peu de médias ceux là même qui ont pourtant fait haro sur Jacob pour ses propos d’une aussi grande sottise.
la seule bataille sérieuse qui préoccupe les cadors socialistes c’est leur costume trois pièces , Moscovici (encore lui )ayant affirmé, “je suis le plus élégant des socialistes”
au P.S ce n’est plus “la lutte des classes, mais la lutte des places ”
cette phrase n’est hélas pas de moi mais j’aurais aimé.
Guenièvre dit
Bonsoir Hathorique !
Vous avez raison ! L’Internationale Socialiste a à peu près été aussi longue à se rendre compte que le vent avait tourné que le gouvernement français.
Le parti de Ben Ali (le Rassemblement constitutionnel démocratique) comme celui de Moubarak (le Parti national démocratique) étaient membres de l’internationale socialiste (le RCD a été exclu seulement le 17 janvier 2011 ; quant au PND il était encore membre de l’Internationale socialiste jusqu’au 31 janvier 2011…). et le FPI ( parti de Laurent Gbagbo ) y est toujours…
Que l’on sache, aucun des ténors du Parti socialiste n’a mené de bataille sérieuse pour dénoncer publiquement cette collusion entre l’Internationale socialiste et de vieilles dictatures post-coloniales.
hathorique dit
@ – Air dit :
4 mars 2011 à 18:07
» , et si elle gagne nous aurions alors une « tricheuse », à la tête du pays, »
C’est pas elle qui a triché…. Ce serait ces militants. Vous voyez..”
Non je vois mal comment accepter d’être élue secrétaire du P.S en sachant qu’il y a eu tricherie avec comme seule justification “c’est pas moi qui ai triché c’est eux” c’est lâche, irresponsable pusillanime et déconsidère celle qui a accepté ces trichailleries
vous me copierez 100 fois le mot “éthique” ou si vous avez le temps je vous conseille Baruch Spinoza “L’Éthique” mais c’est un peu long.
Marie dit
@Air
Je rectifie elle était directrice adjointe… je peux vous dire que les anciens cadres de Péchiney n’ont pas perdus la mémoire sur ce sujet et non plus sur sa façon de gérer le personnel!
Voilà à quoi sert notre mémoire !
Aventin dit
Hato
Moscovici ! Qu’on prenne ce type au sérieux nous dit ce qu’il en est du personnel politique du jour ; quand on pense à ceux qui ont été membres de ce parti (PS), et qu’on réalise ensuite que le porte parole en est aujourd’hui Benoit Hamon, un gars qui doit probablement passer son temps libre à jouer sur la PS III (PlayStation), on se dit que cela explique bien des choses… du rien… ils sont là les enfants de Blum et Jaurès… Mon dieu… ils se retournent tous dans leur tombe ces pauvres illustres anciens… vous m’direz, si on avait dit à de Gaulle qu’un type comme Estrosi serait un jour Ministre de la République française dans un gouvernement de droite, y se serait peut-être fait turc le vieux.
Marie dit
@Air
Histoire de vous rafraichir la mémoire Martine Aubry a été dans le CA de Péchiney il a quelques années. Péchiney était alors un fleuron de l’industrie française, fleuron qu’elle a vendu aux canadiens
“http://www.lefigaro.fr/societes/2009/03/12/04015-20090312ARTFIG00482-et-si-pechiney-devenait-chinois8230-.php
“L’opération échoue car la Commission européenne impose des conditions. Elle demande notamment qu’Alcan vende sa participation dans une usine allemande. Ce que le groupe canadien refuse. « Les réticences de certains membres de l’état-major français de Pechiney ont contribué à l’échec de la tractation », raconte au Figaro un proche du dossier. En fait, une partie de la direction française de Pechiney n’a pas voulu courir le risque que son influence au sein du nouveau groupe soit réduite” il s’agit entre autres de MA
Marie dit
@Air
“Vous devriez les enlever vos lunettes parce que le boui boui du Ps ne regarde que ces adhérents et sympathisants dont je ne fais pas partie. ”
Ha bon mais en PACA il est question d’argent publique! Teins da’illeurs Martine Aubry comme DSK soutiennent le PS Paca, c’est bien ce que je dis indignation à profil variable!