Les profs, ces zéros…
La pétition contre les notes, sommet de la barbarie douce
Publié le 31 décembre 2010 à 6:01 dans Société
Mots-clés : École

photo : krossbow
Cette fois-ci, c’est certain : le monde marche sur la tête. La récente pétition demandant la suppression des notes à l’école primaire et au collège achève le processus de décomposition pédagogiste d’une institution en phase terminale. Elle est à l’initiative de l’AFEV (Association de la fondation étudiante pour la ville), une association que les professeurs de zone difficile connaissent bien, composée d’étudiants bénévoles toujours prêts à aider les élèves dans les permanences de quartier.
[...]
-
Inédit
Article inédit
publié dans
Causeur n° 30Décembre 2010

-
L'auteur
Jérôme Leroy est écrivain et journaliste. Dernière parution, Le Bloc (Gallimard)
-
Plus











La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés
19Benjamin dit
Catarichka,
Je ne suis pas pétris de “certitudes renforcées par les médias”. Je précise parler pour les moyennes (et a fortiori pour les grandes) entreprises (celle dont je parle fait 10.000 personnes). Et les “audits” et autres procédures d’évaluations ne sont pas forcément inhumaines – j’y ai participé et ça n’avait rien de tel. Certains sont demandeurs en entreprise et ça permet également les redressements de guidons (et non de personnels). Je signalais juste que l’on était évalué sans cesse, quoique l’on fasse.
Dans l’artisanat ou la petite entreprise, les résultats de l’entreprise suffisent parfois à tirer les conclusions. Pas nécessairement dans les plus grandes entités aux organisations complexes.
laborie dit
Glisser de la dénonciation justifiée des aspects les plus négatifs du pédagogisme (refus d’évaluer les performances) vers leur soi-disant pendant du capitalisme financiarisé est d’une haute valeur analytique. Ce cher Leroy est en route avec Méluche pour les Présidentielles de 2012.
Bas les masques……et Bonne Année à tous.
Loulou dit
C’est assez souvent que je ne suis pas d’accord avec vous JL, mais là c’est un 20 / 20 que je me permets de vous décerner.
L’année commence très fort !
promazine dit
Bon sang !!! Nous voici le premier janvier et j’approuve à 100% un article de J Leroy !!! Mais comment je commence l’année moi ?
Blague à part, je constate que monsieur Leroy trouve désagréable de se faire injustement traiter comme un salaud : je le rassure on s’habitue très bien, parole de “fachonaziislamophobe”.
« Mais quand le réel fait son retour en force, c’est là que la vraie violence arrive » Oh que j’aime cette phrase !
isa dit
Pour unr fois que je suis d’accord avec <leroy, je tiens à le signaler;
bonne année et pensez que les élèves adorent être notés;
j'avais essayé le système Pennac avec mes propres enfants, arrêtant de lire au beau milieu de l'intrigue, ils me disaient juste "bonne nuit, m'man".
catarichka dit
@Benjamin
Votre expérience ne permet pas de faire de généralités. C’est vraiment une maladie française, entretenue en grande partie par les medias, de décrire l’entreprise comme une jungle inhumaine. Je suis lassée de contrer le discours ambiant, je vous laisse donc à vos certitudes.
@Rackam
Une bonne année à vous aussi, aux abonnés, à tous les causeurs
Guenièvre dit
Cent pour cent d’accord avec tout ce que vous dites , hélas, on n’a pas fini de marcher sur la tête dans l’enseignement.
Un résumé d’une conférence de J.P.Le Goff sur le livre dont vous parlez pour ceux qui seraient intéressés :
http://cdrcosne.free.fr/legocf.htm
Gérard Scheer dit
C’est tellement vrai. Et tellement désespérant. Bonne année quand bien même…
redrackam dit
Leroy n’est pas un mandarin.
Sophie épluche des mandarines.
Et l’ours sera coco demain
Quand les poules auront des canines.
Catarichka dit des choses justes
Sur mon clavier je le pianote.
Pas besoin de sculpter le buste
De qui veut supprimer les notes.
La bonne année
Aux abonnés.
Sophie dit
“(…) pourquoi il se fend, dans Comme un roman, d’une « déclaration des droits imprescriptibles du lecteur » qui peut sembler amusante quand on a soi-même une bibliothèque conséquente et une culture assurée, mais qui est d’une démagogie dévastatrice pour des enfants dont les seuls livres qu’ils voient sont ceux du CDI du collège ou de l’école primaire.”
Bien d’accord! Beaucoup n’ont pour seuls livres que les manuels scolaires. En Belgique, ceux-ci ont été interdits en primaire car ils imposaient une dépense importante que ne pouvaient consentir les parents défavorisés. Résultat, les enfants de ces familles défavorisées n’ont plus de livre du tout et tout le monde est tenu d’étudier dans des photocopies que l’on retrouve en accordéon au fond du cartable, entre une interro ratée et une mandarine fossilisée!
brindamour dit
Tout le monde adore les notes. Les travailleurs qui rentrent à la maison et pour se détendre allument la télé pour regarder des programmes de jeux avec notation et élimination. Les supporteurs de foot ou rugby qui suivent de près le
score et le classement de leurs équipes. Mes élèves en CM2 préfèrent des notes sur 20 à ce que je propose parfois: des appréciations avec des lettres. Et ils s’empressent ensuite de faire entre eux le classement par ordre croissant ou décroissant que je ne fais pas. Enfin tout le monde, et s’ils aiment cela autant leur en donner.
Addis dit
qu’on évalue
Addis dit
“une association que les professeurs de zone difficile connaissent bien, composée d’étudiants bénévoles toujours prêts à aider les élèves dans les permanences de quartier. Comme ça, ça paraît sympathique, humain, citoyen..”
J’adore ce passage, surtout la dernière phrase.
Par contre je ne comprends pas le parallèle avec le monde du travail. Vous dites que les élèves pour lesquels on casse le thermomètre de l’évaluation dans un bel élan ” sympathique, humain, citoyen” sont dans la même galère que les salariés qu’on évaluent en permanence dans la béatitude du tutoiement universel ?
Bonne année 2011 à Causeur et aux Causeurs !
fatback dit
C’est en effet assez effarant cette mode qui consiste à vouloir casser les instruments de mesure pour éviter qu’ils ne mesurent des résultats qui nous déplaisent. Le biais que dénonce JL chez ces gens de l’AFEV c’est – je crois – de penser qu’une note est une sanction, un jugement de valeur de l’individu. Mais une note ça n’est pas ça : une note c’est une mesure de l’acquisition des connaissances. Si elle est bonne, les connaissances sont acquises. Si elle est mauvaise, il faut retravailler. En tant que parent d’élève, c’est sur ces mêmes notes que je suis les progrès et les éventuelles lacunes de mes enfants. Pas pour les gronder, juste pour m’assurer qu’ils ont appris ce qu’ils sont supposé savoir.
.
Cela dit, j’applique exactement le même raisonnement pour les résultats des enquêtes Pisa ;)
.
Je passe sur la description du monde de l’entreprise (rappelons juste que les entreprises où l’on se suicide le plus en France sont l’EN et la PN… où la recherche de profits n’est à ma connaissance pas vraiment une priorité).
Benjamin dit
catarichka (8:15)
Il n’y a pas que le personnel et l’entretien individuel! Pour avoir travaillé dans la Qualité d’une moyenne industrie, les audits vont bon train dans tous les recoins de l’entreprise. On évalue le travail des individus, le fonctionnement des équipes, des services, des directions, des sites, etc.
A la fin, de jolis rapports d’audits ou “reviews” sont publiés avec des notes, des critiques (le moins souvent possible ad hominem pour éviter trop de “frictions” mais on trouve toujours de qui on parle), des déclarations de non conformités (majeures, mineures), etc. On est passé au crible dans le monde du travail, parfois à l’excès.
La notation à l’école est le meilleur moyen de suivre un élève (et non l’école comme pour l’entreprise) sur la réalité de son apprentissage, de son travail afin de lui garantir le meilleur avenir possible. Les notes permettent même de voir l’épanouissement des élèves dans tel ou tel domaine… Retirer les notes c’est créer un système de non-apprentissage, et seuls ceux qui auront cours à la maison s’en sortiront.
Lejeun dit
N’ayez crainte Jérôme, même à la glorieuse CGT, on nous demande d’évaluer nos formateurs à l’aide d’une belle petite cible.
Je ne l’ai pas fait le premier jour, puis…
Jérôme Leroy dit
Bonne année à vous l’Ours. Bon, je tiens à votre dispostion un formulaire d’adhésion que j’arriverai à vous faire signer après un saucisson chaud, un tablier de sapeur; une cervelle de canut et quelques pots de coteau du lyonnais. Parce que ça aussi, c’est de la transmission:)
catarichka dit
” Partout des « men in black » débarquent dans des bureaux, s’enferment avec leurs ordinateurs portables, reçoivent inviduellement agents, cadres, employés, ouvriers”
Ce n’est pas tout à fait cela, c’est le législateur qui a imposé au chef d’entreprise de procéder à une évaluation de son personnel tous les deux ans. D’ailleurs, les salariés sont en général plutôt demandeurs quant à leur entretien
L'Ours dit
Jérôme Leroy,
attention, vous filez un mauvais coton en ce dernier jour 2010.
Vous semblez d’accord avec Finkielkraut sur Pennac, vous persistez dans votre dénonciation du pédagogisme à la Meirieu, vous prenez le risque de vous faire traiter de réac en faisant passer les moralistes voulant réduire les notes à zéro pour des niais… si vous continuez, en 2011 je prends ma carte au parti!
PS
rappelons que les notes sont attribuées à un travail, pas à un élève. Cet amalgame pervertit le raisonnement des bienfaiteurs du chaos.
Bon réveillon!