Les nihilismes de Villiers-le-Bel
L’État et ses ennemis : tous coupables
Publié le 05 août 2010 à 6:30 dans Société

La condamnation des accusés de Villiers-le-Bel à des peines de trois ans, neuf ans, douze ans et quinze ans de prison, en l’absence de toute certitude quant à leur culpabilité, est une décision injuste et scandaleuse. Les méthodes de l’enquête et le procès de Villiers-le-Bel sont un déshonneur pour la France. Il est inconcevable de condamner à des peines de prison aussi lourdes des hommes dont aucun élément tangible ne permet d’établir avec certitude la culpabilité, sur la simple foi de témoignages anonymes et rémunérés. La justice française vient d’accomplir un pas de plus vers le nihilisme en s’inscrivant dans le registre de la vengeance et du sacrifice de boucs émissaires.
[...]
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Inédit
Article inédit
publié dans
Causeur n° 25Juillet/Août 2010

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L'auteur
Bruno Maillé est un paria timide.
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Lemanruss dit
Monsieur Maillé,
vous semblez oublier que ce qui compte dans un jugement, c’est l’intime conviction des juges et/ou des jurés. Il n’y a pas de preuve absolue. Les juges ou les jurés doivent être convaincus de la culpabilité ou de l’innocence d’un prévenu. En revanche il est vrai que le doute doit bénéficier à l’accusé. Mais les jurés doutaient-ils ?
Cela pause deux questions : celle de la justice populaire, les jurés n’étant pas nécessairement suffisamment formés pour avoir des convictions fiable et celle du recrutement des juges, parce que ce n’est pas parce qu’on a réussi le concours d’entrée à l’ENM qu’on est capable d’émettre un jugement juste.
fatback dit
schneider,
C’est une contrainte liée à la capacité des bases de données qui stockent les posts.
schneider dit
Et je demande la démission immédiate et sans conditions de celui qui a un jour eu l’idée de limiter les commentaires à 1000 signes sur Causeur. Le fascisme éditorial ne passera pas!
schneider dit
J’avais énormément apprécié la lecture de cet article, un de ceux que j’avais le plus apprécié depuis que je suis abonné à Causeur.
Chaque mot est extrêmement juste.
Je ne serais cependant pas intervenu si je n’avais pas lu l’intervention de fatback, qui mélange allègrement tout.
La lutte des classes n’est pas un projet politique socialiste porté par la haine. Tout simplement parce qu’elle n’est pas un projet politique mais un constat par l’intermédiaire d’une grille d’analyse (il n’y a jamais de constat pur).
Cette grille d’analyse part de l’analyse de processus économiques. Dans les entreprises est produit une valeur ajoutée. Quelle doti être sa répartition entre producteurs et apporteurs de capitaux?
Nous cultivons ensemble des carottes, fatback (je vais faire didactique). Vous apportez la terre et les outils et j’apporte ma force de travail. Nous récoltons100 carottes. Combien doivent vous revenir, combien doivent me revenir? Il n’y a pas de’ réponse morale à cette question. La seule réponse va faire l’objet d’une lutte politique.
Les apporteurs de capitaux ont utilisé l’arme politique (loi Le Chapelier par exemple)) et à l’occasion militaire. De là, la lutte des classes existaient avant que le premier ouvrier ait eu l’idée de fonder un syndicat. Il y était juste désarmé.
Ce n’est donc pas en soi un projet politique mais un processus économique. Et rien à voir avec “pour les 5 de Villiers le Bel” qui est l’énième production d’un gauchisme infantile.
hathorique dit
@ maurau,
inquiétant programme politique : “la destruction de tout est une affaire individuelle, un recours face à la mélancolie. ”
Les nihilistes avait comme projet la reconstruction après avoir fait table rase du passé mais en fait a abouti au terrorisme radical, celui là même qui nous menace
Il vaudrait mieux suivre les conseils avisés de Baudelaire et Verlaine , qui noyaient leur mélancolie dans l’absinthe : cette fée verte et qui nous ont offert leurs plus belles poésies.
Moi aussi j’aime Dostoïevski, surtout ” l’Idiot”
“Combien de fois n’avons-nous pas espérer le déluge?
Quant à l’attente du déluge merci de ne conjuguer cette espérance qu’au singulier qui vous appartient
fatback dit
Bruno Maillé,
“Je ne crois pas du tout, enfin, que la haine soit le seul affect politique authentique, ni que la politique doive être pensée exclusivement dans le registre de la haine.”
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C’est un des fondements des pensées de type socialiste. C’est la lutte des classes. Dans “Pour les cinq de Villiers-le-Bel”, les auteurs dénoncent une société policière vraisemblablement instrumentalisée par les classes dominantes pour asservir le peuple. Ils justifient ainsi la lutte – armée au besoin – contre la police et donc l’état et donc la démocratie.
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Ce n’est pas du nihilisme mais une vision socialiste du monde et des rapports humains.
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Ce n’est ni nouveau, ni étonnant.
maurau dit
Très bon article. L’espoir que donne, dans des circonstances noires, la destruction de tout est une affaire individuelle, un recours face à la mélancolie. Combien de fois n’avons-nous pas espérer le déluge? Quand cette attente devient le recours d’un groupe c’est le signe que la société est prête, de son côté, à user des moyens les plus injustifiés pour se défendre. Lire ou relire “Les Démons” (“les Possédés”) de Dostoïevski.