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Les mauvais choix afghans du président

Il n’y a pas de motion de synthèse sur le champ de bataille

Publié le 07 juin 2012 à 9:00 dans Monde

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Il y a deux semaines, François Hollande se rendait en Afghanistan. En tant que chef des armées, le président de la République a tout à fait le droit, sinon le devoir, de se rendre sur le terrain des opérations auprès de nos troupes, sans être accusé de faire campagne pour un parti. Mais en pleine campagne législative, ce déplacement reste lié à l’une de ses promesses de candidat : le retrait de toutes les troupes françaises d’Afghanistan. Cet engagement est l’un de ceux qui devaient marquer la rupture avec le sarkozysme, critiqué pour son atlantisme et son supposé alignement sur la politique étrangère américaine. Or, dans ce domaine on ne peut plus régalien, François Hollande s’est, une fois de plus, fait le chantre de l’ambiguïté. Ainsi aux troupes françaises déployées en Afghanistan et aux électeurs français, le Président-qui-n’est-pas-le-chef-de-la-majorité a annoncé qu’avant la fin de l’année, les « forces combattantes » auront quitté le sol afghan. Afin d’éviter un reniement trop rapide et flagrant de sa promesse électorale, François Hollande a mis en avant un nouveau concept, celui de retrait des « forces combattantes ». La logique du discours de Hollande est simple. Peu importe la formulation exacte de ses déclarations pendant la campagne, ce que les électeurs ont entendu est clair : plus aucun français ne sera envoyé en Afghanistan pour rentrer chez lui dans un cercueil. Puis tout d’un coup, on parle de « combattants » ! Ainsi, les militaires qui se battent contre les Talibans rentreront dans leurs casernes mais tous les accompagnateurs et instructeurs qui aident les forces et le gouvernement afghans, en uniforme ou en civil, continueront leur mission.

Que c’est beau « l’aide au développement » ! Le seul petit bémol à cette idylle est le fait que depuis quelques mois – depuis que la fin de la guerre et la victoire des Talibans ne font plus mystère – ce sont justement ces instructeurs et autres consultants1 qui sont pris pour cible par des Afghans soucieux de se construire un « alibi » anti-occidental en vue de l’après retraite américaine.
Les deux attaques contre les forces françaises des 29 décembre 2011 et 20 janvier 2012 ont coûté la vie à sept de nos soldats et ont été perpétrées par des membres de l’Armée nationale afghane, auxquels la France avait ouvert les portes de ses camps pour les former. Dans les deux cas, les soldats n’étaient pas en posture combattante. Contrairement à un passé récent, le danger vient donc aujourd’hui des hommes que l’on accompagne, que l’on encadre et que l’on forme pacifiquement.

Sans doute celui qui faisait croire qu’il allait imposer un nouveau rapport de force à Angela Merkel et annoncer à ses alliés un changement dans l’engagement militaire français en Afghanistan a découvert l’écart entre l’omnipotence de la parole et les contraintes du réel. N’empêche, ses derniers gestes diplomatiques démontrent que seul compte le message adressé à sa base électorale. Elle qui voit dans l’action extérieure de la France autant de missions inutiles que de pertes superflues.

Ce tour de passe-passe qui confine à la politique-spectacle, si vivement critiquée au cours de la présidence précédente, est symptomatique du double langage de Hollande. Sa méthode consiste à envoyer des messages ambigus de façon à ne jamais dire la vérité sans pour autant mentir formellement. Tiraillé entre une opinion publique hostile au conflit afghan et les engagements de la France vis-à-vis de ses alliés, Hollande a choisi une des « synthèses » dont il a le secret depuis ses années à Solferino. En n’ayant jamais montré qu’un visage lisse, sans clarifier aucune de ses positions, il ne peut être pris en défaut que par ceux qui ne lui ont pas accordé leur confiance. C’est une arme politique redoutable que ce style présidentiel… jusqu’au moment où, à force d’essayer de contenter les uns et les autres, Hollande finira par décevoir tout le monde.

  1. Notamment en matière d’enseignement militaire, de gouvernance et de police.
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  • 10 Juin 2012 à 14h55

    Marie dit

    Et voici que Hollande sonne la retraite et intime l’ordre à l’armée de se taire! J’ai honte pour mon pays!

  • 7 Juin 2012 à 16h35

    Marie dit

    Que voulez vous les français ont choisi un technocrate qui pense encore que La France brille au firmament du monde. Ce qui est inquiétant c’est que son équipe de campagne n’ait pas été fichu de discuter de ce genre d’affaires avec les militaires et autres qui sont sur le terrain. Un Védrine aurait su lui expliquer mais c’est vrai que de s’entourer des copains de promos c’est plus sympa!
    les déçus , il va y en avoir ça commence déjà et après les législatives ça va devenir périlleux.
    Quant aux français qui s’imaginent que la guerre se fait en dentelle …

    • 9 Juin 2012 à 6h38

      pirate dit

      bah juste avant elle avait choisi un morceau de verre qui se faisait passer pour un diamant, et avant encore le roi des cossards, alors tant qu’à continuer avec les loosers…

  • 7 Juin 2012 à 9h26

    isa dit

    Tout est à l’avenant chez Hollande: quelqu’un a-t’il compris que le non-cumul des mandats ne concernait que les ministres?

    En tout cas pas le maire de la ville dans laquelle je travaille, pourtant socialiste, qui était déjà en train de convoquer ses troupes municipales pour choisir son successeur car il est aussi sénateur!

    Le roi de l’esquive, ce type!