Alors que la campagne (palpitante) bat encore son plein dans l’hexagone, les Français de l’étranger viennent de voter pour la première fois aux élections législatives. Rappelons que grâce à la réforme constitutionnelle de 2008 votée par l’UMP, quelques radicaux de gauche et Jack Lang, onze circonscriptions maillent désormais le globe terrestre. On les disait acquises à l’UMP mais, élection de Hollande aidant, il semblerait que le PS puisse s’y tailler la part du lion, le découpage dentelé par Alain Marleix ne lui étant pas si défavorable. Il fallait les voir la semaine dernière sur La Chaîne Parlementaire, ces braves candidats partant la fleur au fusil dans des circonscriptions à taille d’empires, qui tractant de Londres au Groenland, qui accumulant les réunions tupperware de Tunis à Abidjan… Bon, assez persiflé ! Que nous disent les premiers résultats à l’étranger qui, faut-il le rappeler, ne reflètent pas vraiment la réalité électorale « métropolitaine », auquel cas Nicolas Sarkozy serait toujours président et Stéphane Hessel réfugié politique à Gaza.

Autant vous prévenir tout de suite, le premier tour nous a réservé quelques surprises, avec un taux de participation de… 20%. Primo, le PS arrive en tête dans 6 des 11 circonscriptions : la 1ère (Canada, Etats-Unis), la 3ème (Scandinavie, Royaume-Uni, Irlande et pays baltes), la 4ème (Benelux), la 7ème (Europe centrale, orientale et Balkans), la 8ème (Italie, Grèce, Turquie, Chypre, Israël) et la 9ème (Afrique du nord et de l’ouest). Secundo, loin du score riquiqui d’Eva Joly à la présidentielle, Europe Ecologie –Les Verts fait la course en tête en Amérique latine et dans les Caraïbes (2ème circonscription). Au vu des très gros scores réalisés par François Hollande dans les Caraïbes, on peut y voir la preuve rétrospective d’un « vote utile » PS au premier tour de la présidentielle : le tout était de chasser Sarkozy, désormais on peut se faire plaisir en votant pour de fieffés sans-frontiéristes à vague teinte écolo.

Les Français de l’étranger revoteront comme leurs concitoyens le 17 juin, lors d’un second tour unique.
D’ici là, ils auront peut-être compris l’intérêt de dépenser des millions d’euros en frais de campagne, de transport (bonjour le bilan carbone…) pour élire des représentants à la proximité toute relative. Gageons que si la gauche détient demain les 3/5 du Congrès, elle ne se hasardera pas à abroger ces élections qu’elle moquait hier. Bref, le changement, c’est maintenant, mais on ne sait pas encore où.

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