Les larmes de Durutti

Votation ethniciste en Catalogne. Bruxelles adore

Publié le 14 décembre 2009 à 15:59 dans Monde

Antonio Gaudi, Parc Güell, à Barcelone.

Antonio Gaudi, Parc Güell, à Barcelone.

Le capitalisme et son cheval de Troie, l’Europe de Bruxelles, détestent les Etats-nations pour trois raisons.

D’abord, ils représentent la force révolutionnaire du passé contre une amnésie technocratique et, quand il arrive à une nation de se souvenir qu’elle a été belle, il lui revient de jolies couleurs. Elle n’a plus forcément envie de se soumettre aux diktats les plus orwelliens sur la part du déficit dans le PIB, elle regarde avec nostalgie la face nationale des pièce d’euro et se dit tout de même que le profil de Dante, celui de Pessoa ou la silhouette de Marianne indiquent le souvenir d’un monde où il était possible d’avoir un destin et de raconter ce destin. Du coup, elle se met à voter non à un référendum et il faut tricher comme dans les républiques bananières d’avant Chavez pour faire passer les différents traités. On peut attendre longtemps, à notre avis, le récit fondateur qui mettra en vers Delors, Barroso, Van Rompuy ou Jean-Claude Trichet. Les Rabelais et les Shakespeare de l’avenir ne vont pas avoir grand chose à raconter sur l’orthodoxie de la banque centrale de Francfort, sur les séances plénières du Parlement de Strasbourg ou sur les discours d’un commissaire à la Concurrence. Ou alors – il faut toujours faire confiance à la littérature –, il y aura bien un nouveau Kafka avec un sourire désespéré ou un Swift pince sans rire qui cingleront les ridicules gris de cette engeance bureaucratique. Mais dans quelle langue le feront-ils, dans quel sabir monocolore, dans quel volapuk fade ou, au contraire, dans quel ruthène obscur, dans quel gagaouze improbable, au nom de la diversité linguistique qui vous permet d’être compris de votre village mais pas de celui d’à côté ?

Ensuite, autre pêché impardonnable, les Etats-Nations sont le lieu de solidarités non-marchandes issues d’histoires glorieuses qui vont des Diggers anglais sous Cromwell aux paysans sans terre de Don Sturzo en Italie, des Canuts de Lyon contre Louis-Philippe aux grandes grèves de 1936 sous le Front populaire. Les assauts répétés de tous les gouvernements européistes depuis Giscard contre le “modèle social français” ont provoqué, en 1995 comme en 2003, d’étonnants hivers et d’étonnants printemps d’un peuple qui s’est souvenu qu’il avait quand même tenté la première expérience socialiste réussie, la Commune, avant que, déjà, la bourgeoisie, préférant toujours sa classe à sa nation, ne brisât le rêve avec Monsieur Thiers travaillant sous l’œil attentif des soldats prussiens.

Mais enfin et surtout, les Etats-Nations représentent, sur le plan géopolitique, une masse critique qui permettrait de résister à la dictature molle de la Commission européenne, voire de dire ciao bella à l’Union pour retrouver le vent du grand large.

Alors, évidemment, à Bruxelles, on a les yeux de Chimène pour tous les micronationalismes durs fondés sur des bases ethniques et sur l’égoïsme économique. On n’a pas été capable de trouver un accord sur un salaire minimum européen, mais on a présenté comme impératif une charte européenne sur les langues régionales. La France, dans un sursaut de lucidité jacobine, a refusé de la ratifier – ce qui nous donne un sursis avant que les bobos bretons n’ouvrent la boite du Pandore régionaliste avec leurs écoles diwan et que les poètes du Félibre maurassien se retrouvent au programme des sixièmes d’Occitanie.

L’explosion de la Yougoslavie, puis la constitution piranésienne de la Bosnie-Herzégovine, avait été le laboratoire de cette politique de fragmentation dans les années 1990. Il ne faut pas oublier que tout avait commencé en 1991 par la sécession de la Slovénie, ethniquement homogène et économiquement viable toute seule mais pas assez grande pour former un de ces “poids lourds” qui peuvent toujours avoir des retours de fierté. On sait également les envies padaniennes d’Umberto Bossi, qui aimerait bien se séparer du Mezzogiorno, peuplé de fainéants, de mafieux et de camoristes divers. Et ne parlons pas de la Belgique qui donne l’impression de vivre son dernier quart d’heure toutes les semaines, malgré son art du compromis. L’idée d’un divorce, à peine amiable, entre les Flamands, qui sont beaux, blonds, industrieux, jeunes et ont le sens des affaires, et les Wallons, qui sont bruns, alcooliques, socialistes et boivent leur minimex dans des estaminets près d’usines désaffectées, aurait déjà été concrétisée si, par malheur pour l’UE, la capitale de la Belgique n’était aussi la sienne, ce qui la foutrait mal en cas de partition à la Tchèque.

Les derniers en date à succomber à cette balkanisation programmée semblent être les Catalans. Ils ont déjà compétence sur l’enseignement (on n’enseigne plus le castillan dans les écoles primaires de Barcelone), la police, la fiscalité. Cela ne leur suffit pas, ils n’ont plus envie de rester avec l’Andalousie, qui recommence à être pleine d’Arabes saisonniers et d’agriculteurs illettrés. Les nationalistes ont donc organisé un referendum ce dimanche qui n’aura aucune valeur légale mais dont la question, assurée d’un oui franc et massif, est claire : “Etes-vous favorable à ce que la Catalogne soit un Etat souverain, social et démocratique, intégré dans l’Union européenne ?” Ils sont 700 000, les Catalans : ça nous fera encore un micro Etat après Malte, les Pays Baltes ou Chypre.

Il semblerait, aux dernières nouvelles, que la participation ait été faible. Peut-être se sont-ils souvenus que Barcelone fut la capitale de l’anarcho-syndicalisme pendant la guerre d’Espagne et que le célèbre Durruti, anarchiste, combattant et martyr, organisa la résistance de la ville contre les franquistes et avait pour habitude de dire : “Nous allons recevoir le monde en héritage. La bourgeoisie peut bien faire sauter et démolir son monde à elle avant de quitter la scène de l’Histoire. Nous portons un monde nouveau dans nos cœurs.”

A lire aussi

La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés

179

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous :

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?

Pas encore abonné ? Pour commenter cet article :

  • 20 December 2009 à 10h49

    xly dit

    Il y a quelques années les séparatistes corses avaient convoqué la Presse nationale pour exprimer leurs revendications au cours d’une conférence, en langue corse bien évidemment, avec traduction simultanée en Français. Un journaliste du Figaro y assistait. La conférence teminée, les journalistes furent invités à sortir de la salle. Celui du Figaro s’arrangea pour y rester. Dès que la porte fut refermée, les séparatistes reprirent immédiatement leurs discussions animées …mais en Français.

    Je ne sais pas si la bonne réponse à la défense d ‘une langue minoritaire c’est l’indépendance si on prend en compte les pressions médiatiques et économiques qui pèsent par ailleurs. Par exemple, en Finlande, toutes les séries télé américaines sont en VO sous-titré. Moyennant quoi les Finlandais lisent l’anglais très bien, très vite…et le parlent.

  • 20 December 2009 à 10h28

    Pepsat dit

    Commentaires à lire de bas en haut pour (essayer de) suivre le fil, limités à 1000 signes, fermés après six jours. C’est pas un salon de réflexion ici, c’est Twitter !

  • 19 December 2009 à 23h58

    Saul dit

    entièrement d’ accord avec vous Xly.
    ça commence par des revendications “culturelles”; linguistiques etc, car légalement ils ne peuvent en faire des ethniques, et puis ça rebuterait la population, mais une fois affranchis de ces obligations légales ( par l’ indépendance obtenue par ex ) ou ayant une assise populaire bien ancrée, alors leur vraie nature se révèle

  • 19 December 2009 à 23h01

    xly dit

    @ Saul

    Je me méfie beaucoup de l’angélisme des ethno-régionalistes qui demain raseront tous gratis (“après la sécession la vie sera plus belle, plus rose, plus harmonieuse, plus fraternelle…). Mon oeil, ça finit toujours et partout avec de l’exclusion, du racisme, de la xénophobie, de la réglemenation bureaucratique, de multiples tracasseries visant les allogènes..et à la fin par “le cercueil ou la valise” (slogan peint sur le mur de “l’Université” d’été des nationalistes corses) : la Flandre belge , le Kosovo, les municipalités basques contrôlées par les autonomistes etc

  • 19 December 2009 à 20h03

    Saul dit

    mais n’ est ce pas déja un peu le scénario à la Flamande justement concernant la Catalogne ? je crois que l’ enseignement est légalement et obligatoirement fait en catalan dans les écoles de la Généralité ( pas sur quand meme, je m’ avance un peu, c’ est peut etre juste en projet…)
    ce que voudraient d’ ailleurs nos propres régionalistes : déja des écoles exclusivement en basque ou occitan…il ne serait pas étonnant qu’ ils revendiquent à l’ avenir l’ interdiction des écoles enseignant en français dans leur zone géographique.

  • 19 December 2009 à 16h22

    xly dit

    @pepe

    Vos informations sont très intéressantes et confirment ce que je subodorais à partir de ma fréquentation “théorique” de l’ethno-régionalisme

    Pourriez-vous nous donner quelques informations sur la situation linguistique de la Catalogne ?

    En exagérant à peine on peut dire que pour le citoyen d’une Région devenue Nation le changement de statut économique et financier sera relativement transparent et indifférent (en raison de la globalisaton , de l’Europe, de l’uniformisations des modes de vie et d’information), contrairement au statut linguistique ( voir l’exemple des belges francophones plongés brutalement dans une province néderlandophone.)

  • 19 December 2009 à 14h34

    Pepe dit

    Je pense que les commentaires de Thierry s’adressent à l’auteur de l’article. C’est la responsabilité de ce dernier.
    En ce qui me concerne, je ne sais pas si Bruxelles a un rôle dans l’évolution des pays de l’Est.

    Deux constats, toutefois :
    - On nous serine que les peuples de l’Est étaient impatients de rejoindre l’Union Européenne. Or, aux élections européennes, il s’abstiennent plus encore qu’à l’Ouest, ce qui n’est pas peu dire.
    - Le rôle d’une personne dans certaines évolutions à l’Est est un secret de Polichinelle (l’intéressé ne s’en cache pas, d’ailleurs). Il s’agit du spéculateur “de gauche” (proche du parti démocrate américain) Georges Soros. Il ne se cache pas d’avoir mis des moyens financiers considérables dans les récentes révolutions en Géorgie et en Ukraine. On sait que les résultats de ces révolutions ne sont pas à la hauteur des espérances des habitants.

  • 19 December 2009 à 2h00

    thierry dit

    Prétendre que l’évolution dans les pays de l’est a été dictée par Bruxelles est un mensonge éhonté et une preuve de profond mépris pour leurs habitants, qui sont rabaissés au rang de marionnettes manipulés par de diaboliques responsables européens.

  • 19 December 2009 à 1h50

    thierry dit

    Heureusement que l’Europe est là pour avertir les gouvernements du gâchis de l’endettement excessif : actuellement plus de 10% des dépenses de l’État est constitué des intérêts de la dette, qui engraissent les banquiers. Ceux qui encouragent l’endettement ont de l’argent à faire à faire travailler et se réjouissent des 20000 euros que doit chaque citoyen.
    Ceux qui critiquent l’euro regrettent les profits juteux de la spéculation sur le change, surtout quand une petite monnaie n’avait pas la taille suffisante pour échapper aux jeux des grandes fortunes et devait tous les deux ans maximum subir une attaque en règle, avec augmentation des taux d’intérêts pour tous ; il faudrait avoir l’honnêteté de le rappeler.
    Enfin ceux qui se considèrent citoyens de la planète ne peuvent qu’encourager une unité politique au niveau européen, et dénoncer le nationalisme hypocrite de ceux qui prétendent que leur culture risque de s’y dissoudre.

  • 18 December 2009 à 22h06

    Ludovic lefebvre dit

    Analyse déjà ancienne et très pertinente d’Alain Soral. Non seulement, vous avez copié son style et sa prose de A à Z Leroy; mais en plus, vous recyclez ses anciens travaux.

    Je déteste le plagiat.

  • 18 December 2009 à 17h42

    Pepe dit

    Quelques précisions.
    Il y a, certes, un particularisme catalan historique.
    Mais, si les habitants de Catalogne étaient si attachés à leur autonomie (Generalitat), ils se mobiliseraient plus aux élections au parlement régional.

    Or, en novembre 2006, il y avait une participation de 56,77%., C’est vraiment faible.

    Notons qu’aux élections aux Cortes nationales (mars 2008), la participation, dans toute l’Espagne, était de 73,85%. Et, pour ces mêmes élections, en Catalogne, la participation était de 70,3%.

  • 18 December 2009 à 17h22

    Pepe dit

    D’accord pour dire qu’un certain capitalisme (financier, mondialisé, néo-libéral, …) déteste les états-nations. Et l’Europe de Bruxelles est un instrument formidable dans cette optique.

    Le fait que le PCF ait souvent tourné le dos à la défense de la nation qui était dans ses idées depuis 1934 n’infirme pas cela.

    Malheureusement, dans le cas de la Catalogne, c’est la gauche qui est largement responsable du quasi-abandon de la langue nationale (l’espagnol) dans l’enseignement.

    Cette ineptie a été votée par :
    ICV-EU (communistes et verts) : 12
    PSOE (socialistes) : 37
    ERC (esquerra : gauche style radicaux, devenue indépendantiste) : 21
    CIU (centre et droite autonomiste) : 48.

    Ont voté contre :
    PP (droite espagnole) :15
    Ciudadanos ( = citoyens : issus de la gauche, mais agacés par la “fuite en avant” ultra-autonomiste) : 3

  • 18 December 2009 à 17h04

    Pepe dit

    Je suis d’origine espagnole, de parents anti-franquistes, venus en France en 1939. Ils étaient communistes et moi aussi pendant des années (mais, en 2009, j’ai voté pour Debout la République). La moitié de ma famille est catalane.

    Mais, j’apprécie peu ce qui se passe actuellement en Catalogne. Et qui va dans le sens de “l’Europe des régions” chère aux Verts.

    L’enseignement de l’espagnol (la langue nationale, tout de même) est aujourd’hui tellement réduit que certaines classes bénéficient de plus d’heures d’anglais (langue étrangère). C’est inadmissible.

    Voilà où conduit un PSOE (socialistes) politicien qui, dans le Pays Basque s’allie avec le PP (droite) pour évincer le PNV (vieux parti autonomiste basque démocrate-chrétien), alors qu’en Catalogne, il s’allie avec l’Esquerra Républicana (vieux parti devenu indépendantiste).

    Donc, pour avoir le pouvoir localement, le PSOE s’allie :
    - Avec les anti-autonomistes dans le Pays Basque.
    - Avec les indépendantistes en Catalogne.

  • 18 December 2009 à 16h47

    Alpin dit

    @Makhno,

    Pas sur que ce Spartacus ukrainien ai gouté vos développements,
    mais surtout en quoi êtes vous si sur de réellement attaquer les nationalismes?

    Les staliniens ont traité et conçu la classe comme une “nation” ,excluant
    les non prolétaires de l’humanité tolérable,ce qu’acceptaient en fait ,fort
    bien les anarchistes collectivistes,quand à tout ceux(celles) qui ont recyclé
    ce type de structure mentales ,de modèles idéologiques dans les idéologies post-modernes ,on peut dire qu’ils(elles) ont reconduit leur
    INTOLERANCE sur d’autres cibles,hommes, occidentaux ,non minoritaires
    de tout poil.

    On est assez facilement le nationaliste, le jacobin(e) de quelqu’un
    d’autre.

  • 18 December 2009 à 15h50

    xly dit

    Eh, Eric le Parisien, je vous informe que l’un de mes ancêtres directs a été tué par les Jacobins il y a 215 ans.

    Je lis dans le fil canadien indiqué plus haut que 20% seulement du peuple catalan est favorable à l’indépendance. Ce qui soulève le pb de la différence entre “autonomie” et “indépendance”.

    Dans les deux cas, un aspect essentiel du problème c’est que les droits des castillophones soient parfaitement préservés, ce dont je doute, averti par bon nombre d’autres expériences d’ethno-régionalisme.

  • 18 December 2009 à 15h08

    Saul dit

    Lisa,
    non, pas du tout Historien, mais feru d’ Histoire..
    et pas spécialiste de l’ Histoire d’ Espagne ( beaucoup d’ imprecisions et sans doute des inexactitudes dans ce que j’ ai écrit quand meme ) mais j’ ai lu pas mal sur ce sujet comme sur bien d’ autres. ( dommage qu’ il y ait la règle d’ Emile, j’ aurais été intarissable sur les Pays Bas espagnols et les conséquences encore contemporaines, la Belgique par ex, ou la prépondérance espagnole en europe due à l’ union Trastamare-Habsbourg ou sur les vice royautés des Indes occidentales, etc …)

  • 18 December 2009 à 14h51

    Lisa dit

    @Saul,
    Je soupconne que vous êtes historien, et spécialiste de la péninsule hiberique ?

  • 18 December 2009 à 14h48

    Saul dit

    oui enfin gauche/droite sont des notions plus que fluctuantes selon les circonstances, ce n’ est pas parce que telle organisation se dit de gauche qu’ il faut la croire sur parole ( et franchement l’ idéologie de la “gauche nationaliste” basque est quand meme assez raciste )
    l’ exemple le plus frappant en la matière est le fascisme italien, cette espèce de fourre tout idéologique qui se réclamait aussi du socialisme.
    Mussolini disait de l’ Italie fasciste qu’ elle était ” la patrie du vrai socialisme “…

  • 18 December 2009 à 13h17

    xly dit

    @ericparis11
    “Je sais, c’est dur à comprendre pour un français jacobin”.

    De beaucoup s’en faut !!
    Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que je suis un “français jacobin”, ce qui j’imagine n’est pas un compliment sous votre plume ?.

    La langue et la culture d’une région peuvent aujourd’ui très bien s’exprimer sans une “indépendance nationale”, et sans doute mieux. Et par ailleurs les délégations de pouvoir aux Régions d’Espagne, sont importantes et sont inscrites dans une tradition nationale.

    Je veux bien admettre que vos “régionalistes” catalans ne sont pas ethno-racistes, mais je demande à voir, et ils seraient une exception. En tout cas ce n’est pas le sentiment des Castillans qui vivent en Catalogne. Vous savez sans doute que les commerçants à Barcelone ont l’obligation d’afficher en catalan, sous peine d’amende. Les Catalans se chargent de les dénoncer.