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Les Juifs existent-ils ?

Shlomo Sand voulait lancer la polémique. Il ouvre un grand débat

Publié le 09 octobre 2008 à 7:37 dans Culture

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Mauvaise nouvelle pour les juifs : ils n’existent pas. Mais il n’empêche : en tant que juifs, ils doivent quitter le Moyen-Orient ou bien accepter de se fondre dans un Etat palestinien à majorité musulmane. Telle est la thèse et telle est la conclusion de l’essai de l’israélien Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé.

Commençons par la démonstration. La revendication ethnique des juifs sur la terre des Hébreux ne tient pas, soutient Sand, pour la bonne et simple raison que les Israéliens n’ont de liens généalogiques que fort ténus avec leurs ancêtres bibliques. L’universitaire n’apporte, à dire vrai, que peu d’éléments nouveaux : que la majorité des Ashkénazes soit issue du monde slave et du royaume kazhar, et que pour l’essentiel les Sépharades soient des Berbères, des Latins, et des Grecs convertis, voilà qui est dorénavant admis. Il consacre néanmoins de longs développements à nous narrer l’histoire de ces conversions sur trois continents, depuis l’époque où deux souches du judaïsme, la rabbinique et la paulinienne, rivalisaient en Méditerranée. L’une, défaite, privée de son Temple-Etat, renoncera au prosélytisme ; l’autre, ayant fait la conquête de l’empire romain et opéré une mue théologique radicale, refondera sa cité sainte – et entrera, majestueuse, dans l’Histoire sous le nom de catholicisme.

Dans l’”invention du peuple juif”, la période déterminante, poursuit Sand, sera celle des nationalismes européens du XIXe siècle. Redoutant – et combien à raison ! – que leurs coreligionnaires soient éradiqués d’une Europe rêvant d’Etats racialement et religieusement uniformes, une partie de l’intelligentsia juive imaginera un projet similaire. Il fallait pour cela une terre, et sur cette terre, une légitimité. Ce sera Israël, bien sûr, renommée Palestine par les Romains. Restait la question de la légitimité… Les Hébreux ayant été expulsés après la destruction du royaume d’Israël en 70 de notre ère, leur Exil devait prendre fin avec le retour en Terre promise. CQFD.

Le problème, selon Shlomo Sand, est que l’Exil est un mythe : si de très nombreux juifs émigrèrent de leur contrée dévastée, si davantage encore furent livrés à l’esclavage (leur descendants priant aujourd’hui dans des églises siciliennes ou criant “Allah Akbar !” dans les rues du Caire), la majorité resta sur place, privée de souveraineté. Les millions de juifs revenus en Israël depuis le début du XXe siècle, et plus encore après la fondation de l’Etat en 1948, seraient donc, à en croire l’auteur, les enfants non de l’Exil mais de sa conséquence : la conversion de nouvelles populations. Et sur place, ils trouvèrent face à eux des musulmans en grande partie d’origine juive1.

Si la conclusion de Sand ne nous intéresse guère2, son récit de la genèse du sionisme comme fiction ethnique (“un peuple-race en errance”) est stimulant. Quiconque s’est promené dans les rues de Tel-Aviv ne peut croire une seconde à l’unicité raciale des juifs : il y a un type danois, un type mongol, mais pas de type juif. Têtes blondes et têtes crépues, yeux bleus et noirs, peaux de lait et de pruneaux : tout cohabite en Israël3. Et c’est sans doute là que commence le débat le plus important : si être juif, ainsi que le dit à chaque page la Bible, ainsi que l’a montré pendant des siècles l’histoire, si être juif n’est pas une histoire de gènes, alors deux conclusions s’imposent à lecture de cet essai.

La première conclusion, c’est que les juifs doivent s’affranchir d’un rabbinat dont la conception du judaïsme les conduira à l’extinction démographique plus sûrement qu’Adolf Hitler4. Que les juifs reconstruisent leur Temple et se donnent un grand prêtre, puisqu’ils eurent jadis eux aussi un pape ; qu’ils laissent les libéraux, les réformateurs, et toutes les variantes du judaïsme universel, accueillir ceux qui veulent embrasser la foi d’Abraham ; qu’ils renoncent enfin à la seule (et relativement récente) matrilinéarité (“Est juif qui est né de mère juive”), et qu’ils le fassent soit à la lumière de l’Histoire (qui enseigne que les conversions féminines donnèrent le ton depuis l’empire romain) ou de la Bible (où des tribus entières sont subitement rattachées au peuple de Dieu). Dans cette perspective, la victoire des idées de Sand ne serait pas un désastre pour les juifs, bien plutôt une renaissance sans équivalent depuis les temps prophétiques.

Mais il y a, dans le droit fil de cette première conclusion, une seconde, toute aussi invincible et toute aussi réjouissante : il est impératif que l’Etat d’Israël retire au rabbinat orthodoxe ses pouvoirs délirants – que ces curés de campagne orientaux ne disent plus qui a le droit d’être juif, qui a le droit de se marier, de divorcer, etc., sinon au sein de leur seule obédience. Israël en sortira plus forte, démocratie enfin accomplie, accordant une place plus logique à ses minorités non juives (musulmans, chrétiens, asiatiques). N’est-ce pas, somme toute, ce à quoi aspire déjà une majorité d’Israéliens, qui s’exprime par le cinéma, la littérature et les manifestations monstres ? Shlomo Sand croyait que son essai, d’abord publié en Israël, provoquerait la colère. C’est un best seller. On l’invite partout, on l’interroge, on le discute. C’est ainsi : les juifs n’existent peut-être pas, mais ils prennent leur avenir au sérieux.


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  1. Hypothèse qui rendrait la question des territoires de Judée et de Samarie encore plus insoluble, s’ils s’avéraient peuplés de juifs qui s’ignorent ? Le Moyen-Orient n’est plus à cela près.
  2. Ce que Sand reproche aux sionistes, tout bien pesé, c’est d’être arrivés “un peu tard” en regard des colonialismes turc (Anatolie), arabe (Maghreb) ou anglais (Amérique), lesquels ont été entérinés par l’Histoire. De même fait-il abstraction complète de ce qu’a été et demeure le “régime sioniste”, comparaison faite avec ses voisins arabes ou ses prédécesseurs européens et musulmans. Causeur reviendra sur ce point crucial.
  3. Illustration grandiose de cette schizophrénie : Les Dix Commandements, film que m’impose régulièrement mon premier-né. Les protagonistes hébreux y sont tous des Anglo-saxons bon teint (à commencer par Moïse, qu’incarne Charlton Heston) à l’exception de Ramsès (Pharaon campé par Yul Brynner, circoncis en son huitième jour) et du peuple d’Israël sortant d’Egypte (tous les figurants, ou presque, sont des musulmans).
  4. Lequel Hitler, me faisait remarquer mon ami new-yorkais Ernest Drucker, avait une conception nettement plus “libérale” du judaïsme : un seul grand-parent rendait éligible pour le grand voyage vers les chambres à gaz. On estime ainsi que des centaines de milliers d’êtres humains ont été exterminés dans les camps en tant que juifs, alors qu’ils n’auraient pas été reconnus comme juifs par l’administration cléricale actuelle.
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  • 22 October 2008 à 22h53

    Bibi dit

    @allegra

    Très intéressante, cette entrée de votre blog. La discussion est aussi instructive.

  • 22 October 2008 à 18h21

    eliemamann dit

    Merci de vos encouragements.

  • 22 October 2008 à 16h09

    allegra dit

    Un thèse qui contient probablement des éléments de vérité, mais qui demande à être vérifiée et infirmée, d’autant plus que l’historien en question n’est pas un spécialiste de l’antiquité, mais historien de la France et de l’Europe, et qu’on peut surtout soupçonner d’avoir orienté ses recherches dans la droite ligne de son credo antisioniste, sur base d’un postulat plutôt que de l’examen de tous les faits.
    Dans un entretien avec Mermet, lequel buvait du petit lait évidemment, (« là-bas si j’y suis » à France Inter), Sand avoue d’une manière assez candide qu’il a « organisé le savoir»

    Les historiens ont sans doute encore des recherches à faire sur l’histoire des Juifs, sans que la réponse « le peuple juif n’existe pas » ne soit fixée d’avance avec un objectif idéologique.

    Voir ma note sur mon blog
    http://lavissauveaconditiondeclairer.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/09/28/le-peuple-dont-tout-le-monde-parle-mais-qui-n-existe-pas.html

  • 22 October 2008 à 16h00

    Rotil dit

    @ Agathon,

    D’abord, mes félicitations pour votre pseudonyme. Je crois me rappeler, en raclant mes fonds de mémoire, qu’agathon est le neutre de Agathè qui, en grec ancien, signifie beauté. Votre pseudonyme signifierait donc “le beau”, et je souscris à votre aspiration esthétique.

    Cela étant dit, je ne suis pas toujours d’accord avec vos idées – c’est une litote.

    Ce qui ne m’empêche pas de constater chez vous une certaine culture – et pouvez intervertir “certaine” et “culture” si vous préférez.

    Alors, je m’étonne de ce que vous écrivez:

    “Et certains continue de croire aux mythes, de façon toujours aussi “loquace”.
    Hold-up sur les mythes et les légendes.”

    Quand donc accepterez-vous – acceptera-t-on – cette évidence, que les faits sont moins importants que la perception qu’on en a ?

    De la même façon que, chez un individu, ce qui compte n’est pas l’histoire factuelle et réelle de sa famille, mais plutôt son “roman familial”.

    Dès lors que l’on admet ce fait, on peut avancer vers ce que vous dites vouloir, à savoir la paix au P.O.

    Parce qu’alors cela devrait inciter toutes les parties au conflit à prendre en compte ce que l’autre croit être vrai, en mettant de côté, dans un premier temps, la recherche de ce qui EST vrai. Cette recherche est, pour l’instant (je crois), parfaitement vaine, pour ne pas dire impossible.

    Bien à vous !

  • 22 October 2008 à 15h46

    Rotil dit

    @ éliemamann,

    Bonjour !

    Je comprends et partage votre peur. C’est principalement cette peur qui fait que je défends et défendrai toujours Israel, même à 3500 kms.

    Mais je ne partage pas tout à fait votre analyse lorsque vous écrivez :”peur de la bombe atomique, peur que l’onu fasse une intervention internationale et nous jette dehors et la ca sera vraiment la fin la fin…

    Peur de la bombe atomique, ça, oui. Mais on doit en avoir peur partout, que l’on soit juif ou pas. Cet engin est dangereux.

    En revanche, je ne crois pas que l’ONU soit en mesure de faire plus que des rodomontades à l’endroit d’Israel.

    L’ONU, ce n’est pas à vous que je l’apprendrais, adopte régulièrement des positions anti-israeliennes, simplement parce qu’il n’y a qu’un état juif et une floppée d’états musulmans.

    Mais une action militaire?

    Aïe! Israel a, je crois assez de moyen de dissuasion.

    S’il y a ici de meilleurs stratèges, je suis avide de leurs commentaires. Mais je pense que, mis au pied du mur, Israel réagirait TRES violemment.

    A mon sens, légitimement.

    Acceptez mes anonymes amitiés et bon courage !

  • 22 October 2008 à 1h18

    Bibi dit

    C’est normal de sentir la peur, et non pas à cause d’un charlatan comme Sand, mais quand son existence se voit physiquement menacée. Et en même temps, il y a d’autres sentiments, tout aussi intenses, qui préservent la vie. Qui défendent la vie. La vie en dignité, la vie en liberté, la vie en souveraineté. La vie en responsabilité vis à vis du patrimoine de ses ancêtres que l’on transmet à ses descendants.

    La vie à laquelle on est attaché, la vie à laquelle on ne veut pas renoncer, qu’on a peur de perdre, la vie qu’on célèbre en faisant la part du grain de l’ivraie.

    La vie que l’on vit chaque jour en œuvrant pour accomplir une tâche supplémentaire, en franchissant un pas de plus, dans l’espoir d’un avenir meilleur, tant pour soi et les siens que pour l’Humanité.

  • 22 October 2008 à 0h08

    Ludovic-Lefebvre dit

    J’aimerais vous dire : n’ayez plus peur, mais comment faire autrement ?

    Vous n’êtes plus seuls, des gens ont compris, vous aiment. Ils ne sont hélas pas forcément les mieux placés et ont peu la parole.

    Les Sand et les gens qui les soutiennent y compris dans ce salon n’auront pas le dernier mot, leur idéologie est clairement une Shoa qui ne dit pas son nom. Car une fois encore, c’est la disparition qui est proposée. Les juifs ne sont pas arabes ou européens ou pas sans être juifs, ils sont juifs et doivent le rester. Leur histoire n’est pas plus montée sur les mythes que les autres. Ces mythes nous sont cruciaux. Une identité est importante pour l’équilibre d’un être et doit être préservée.

    Ce sont des thèses d’une violence sans nom et je me suis dit comme vous qu’elles seraient bien vite récupérées pour plus de violences, de négations encore. Et ça commence déjà. Etrange que la pierre noire, Mahomet s’envolant de Jérusalem sur son âne ne soient qualifiés de mythes, qu’on ne demande pas leur destruction, que ce soit les juifs qui aient à devenir arabes, pas les arabes qui aient à devenir africains par exemple (ce dont ils se serviraient pour faire de l’entrisme soit dit en passant) !

    Je crois que les années qui vont suivre vont être noires et qu’il faille s’y préparer en France comme en Israël.

  • 21 October 2008 à 22h35

    eliemamann dit

    Interessant cet article ainsi donc je “n’existe pas” .
    L’essai de mister Sand n’est pas nouveau il y en a eu avant la shoa beaucoup….
    Je ne me fait pas de soucis une decouverte archeologique ou genetique comme d’habitude demontera cette theorie.
    Il va sans dire que si Mr sand publie un tel livre c’est qu’il sais que il va se faire pas mal de fric et que son pamphlet trasitera chez les anti-juifs avant de finir dans les poubelles de l’histoire.

    Non ce que je crais plus c’est la betise humaine.
    Ma femme et moi avons quitté paris car vivre notre judaisme devenait difficile.
    Mais egalement l’antisemitime monte en france on pretend que non dans les media mais allez m’expliquer ca quand ma boite au lettre dans le 19eme est cassé et mon nom arraché tout les jours.
    Quand les religieux ecopent de tentatives de meutres….
    Quand on prefere garder le secret comme disait ma mere : “tu est juif c’est pour toi pas la peine de le dire au autres”.
    J’en sus arrivé a la conclusion suivante:
    Il est totalement vainc de combattre l’antisemiste il n’est pas rationnel, il est viceral.

    Alors que reste il a faire ?
    Partir en Israel? Ce que j’ai fait. Certainement pour les juifs c’est mieux ici.

    Neamoins j’ai peur , peur de la guerre encore, peur de la bombe atomique, peur que l’onu fasse une intervention internationale et nous jette dehors et la ca sera vraiment la fin la fin…

    On me repondra : ‘oui y a peut etre de l anti semitisme mais y a une bonne raison’.
    Certes. Mais il y a toujours une bonne raison c’est ca le pire.

    Alors que reste il ? Prier a part ca je ne sais pas quoi faire.
    Apres tout si l’humanité veut nous detruire selement car nous existons a 10 millions contres 7 milliards que pouvous nous faire….

  • 19 October 2008 à 22h24

    Agathon dit

    Je crois que Sand n’a pas encore été compris.
    Et certains continue de croire aux mythes, de façon toujours aussi “loquace”.
    Hold-up sur les mythes et les légendes.

  • 18 October 2008 à 22h48

    Bibi dit

    Pas de panique. Il y a eu des anti- ou post-sionistes de tous temps. Sur le chemin du retour vers la liberté et la terre des ancêtres, Moïse et Aaron ont dû faire face à quelques dissidences, comme ce clan qui voulait rentrer en Egypte et ceux qui ont fabriqué le veau d’or, par ex.

    Par ailleurs, Jésus et ses compagnons étaient-ils juifs? Souvenez-vous, le second temple fut bâti après le retour de Babylone de descendants des hébreux que Nabuchodonosor a exilé…

  • 17 October 2008 à 21h50

    popi soudure dit

    LE POST SIONISME A FAIT UN dégât certain dans la psyché israélienne ….. IL DISTILLE GOUTTE A GOUTTE SON IDEOLOGIE NEFASTE DANS TOUT LES COURANTS DE PENSEES EN ISRAEL § D AILLEURS HAAREZT EN AIT DEVENU SON PORTE DRAPEAU ET SERT DE CREUSET A TOUTES SES IDEES § Les palestiniens et tout les anti sionistes y puissent arguments et contres arguments pour taper sur israel !……..

  • 17 October 2008 à 20h09

    L’OURS dit

    Averell,
    vous êtes disert mais très intéressant!

    Concernant le père Arouet et son dico philosophique, j’ai toujours pensé qu’il n’avait lu que l’ancien testament sans connaître le Talmud! Dans ce cas, j’aurais sans-doute écrit la même chose que lui.

  • 17 October 2008 à 11h49

    Averell dit

    Les Juifs ont entre autres particularités celle de se remettre en question – mais voilà qu’il commence avec une généralité m’objectera-t-on ! –, d’interroger les tréfonds de l’être juif. C’est un exercice vivifiant qu’ils pratiquent plus volontiers que beaucoup d’autres pour des raisons que je n’exposerai pas ici par crainte d’être entraîné dans du hors-sujet, une tendance à laquelle j’ai le plus grand mal à ne pas me laisser aller.
    Le titre : “Quand et comment le peuple juif a-t-il été inventé ?” est des plus accrocheurs. Mais sous un certain sensationnalisme que nous dit cet essai qui n’ait été dit et redit ? Je ne suis pas qualifié par manque de documentation pour infirmer les dires de Shlomo Sand, je me permets toutefois de lui signaler qu’il n’a que trop tendance à distordre certains faits pour mieux appuyer ses dénonciations. Par exemple, je m’étonne lorsqu’il affirme dans une interview (mise en ligne par geostrategie.com) que parmi les Berbères qui envahirent l’Espagne en 711 il y avait de nombreux convertis au judaïsme. C’est la première fois que je rencontre une telle information qu’il dit tenir de plusieurs sources chrétiennes. J’aimerais en avoir les références, et je suppose qu’elles sont sérieuses. J’ignorais par ailleurs jusqu’au nom de cette reine berbère convertie au judaïsme, Dahia al-Kahina, qui, au VIIème siècle, après avoir unifié des tribus berbères des Aurès, s’opposa aux envahisseurs musulmans. Je vais sans tarder m’efforcer d’en savoir plus sur cette femme. Je ferai toutefois remarquer à Shlomo Sand qu’à supposer qu’il y ait effectivement eu de nombreux Berbères convertis au judaïsme parmi ces envahisseurs, la source profonde de la grande communauté juive d’Espagne ne se limite pas à eux. D’importantes communautés juives étaient implantées dans la péninsule ibérique, alors sous domination wisigothe, et elles accueillirent plutôt bien ces envahisseurs qui, espéraient-elles, les traiteraient mieux. D’où venaient donc ces communautés et quand étaient-elles arrivées dans la péninsule ? Y étaient-elles présentes avant les Romains, ainsi que le supposent certains historiens ? Je ne sais. Je ne cherche pas à convaincre, à vouloir prouver que les Juifs descendent bien des tribus d’Israël, je m’efforce de traduire ma perplexité devant certaines conclusions de Shlomo Sand ; n’irait-il pas un peu vite en besogne ? C’est un homme stimulant, d’un beau tempérament qui ne peut laisser indifférent, et qui force à l’étude et à la réflexion, ce qui suffit à me le rendre sympathique. Je ne puis toutefois taire qu’il semble manquer de rigueur, et qu’en conséquence certaines de ses conclusions ne peuvent être prises au sérieux. Et permettez-moi d’insister, elles ne me dérangent que dans la mesure où elles manquent de rigueur.
    Que les Juifs n’aient que peu de liens (voire aucun lien) avec les tribus d’Israël importe peu. Et est-il si répréhensible de rêver ses origines ? Les Grecs qui forment une branche de ma généalogie m’y ont habitué. En lisant le livre de Patrick Leigh Fermor, “Mani”, carnet d’un voyage à la fin des années 1950, dans cette pointe du Péloponnèse, j’ai retrouvé cette même croyance aux légendes sur les origines qui animait ma famille. A partir d’une riche mythologie et d’une histoire particulièrement ancienne et dense on se voit pris dans les puissants courants des légendes. Les Grecs ! Ils sont nourris de légendes. Si l’on s’en remet au Dieu Génétique qui constitue à présent notre firmament, firmament où brille le triangle sacré dans lequel s’inscrivent ces trois lettres : ADN, les Grecs sont pour une bonne part des Slaves – mais surtout ne leur dites pas, ils sont très susceptibles au sujet de leurs origines. Et ne souriez pas s’il m’arrive de voir G-C-A-T autrement que comme des bases azotées complémentaires, de voir quatre Grâces : Guanine, Cytosine, Adénine et Thymine, quatre Grâces qui sont de mes ancêtres comme elles le sont des vôtres, et qui que vous soyez. Mon aïeule, née à Skyros, dans les Sporades, portait le nom d’une des trois Grâces, Euphrosyne. Et qui que nous soyons nous les portons en nous, Euphrosyne, Thalie et la plus jeune, Aglaé (connue aussi sous le nom de Pasithée), l’épouse d’Héphaïstos. Nous les portons en nous non moins sûrement que les bases azotées complémentaires.
    Je ne suis pour ma part aucunement gêné que des Juifs déclarent descendre des tribus d’Israël, ce qui les entraîne dans une fabuleuse histoire et suscite dans le meilleur des cas une fécondité particulière. Faut-il couper court à leur élan et demander une étude génétique ? Que le lecteur ne se méprenne pas ; je suis avec intérêt les avancées de la génétique et, en particulier, le grand projet “Genographic” lancé conjointement par National Geographic Society, IBM et Waitt Family Foundation. Mais un peuple ne peut se contenter de jouer aux quatre coins (G-C-A-T). Eugene O’Neill (que Jorge Luis Borges fait figurer dans “Biblioteca personal”) l’a dit mieux que personne : le plus bel instrument dont dispose l’homme pour innover c’est la tradition, un instrument immensément riche en propositions, en perspectives. Et que le peuple juif soit khazar ou berbère ne change rien ; il est lesté d’une immense histoire (avec ses légendes inévitables et nécessaires) qui alimente une fécondité particulière. La génétique n’est pas tout. Et elle-même suscitera de nouvelles légendes. Ces mots de Georges Haldas, écrivain suisse d’expression française, et de père grec, peuvent rendre sensible une attitude qui s’emploie à calmer certaines arrogances sans pour autant refuser l’évolution des disciplines, bien au contraire : “On sait qu’aujourd’hui l’histoire dite “scientifique” avec ses multiples disciplines a succédé à l’histoire considérée comme un genre littéraire, non sans avoir perdu en route un certain sens de la vie. Dominée par la “rigueur objective” et une naïve conscience de son sérieux, elle s’imagine plus proche de la vérité que sa devancière”.
    Shlomo Sand pousse de côté tout ce qui risquerait de ne pas aller dans le sens de sa thèse, d’en perturber une trajectoire un peu trop rectiligne à mon goût. Le peuple juif n’est en rien une invention ! De même que l’existence d’Israël n’est pas une indécence ! Mais si vous la considérez comme telle je vous propose non pas de fondre le pays dans un grand Etat palestinien à majorité musulmane mais de reconstituer l’Empire ottoman. Après tout la Palestine fut ottomane ! Qui dit mieux ? Les enchères sont ouvertes !
    Que l’on ne nous serve pas le Dieu Génétique à tout propos ! N’aurait-on rien compris ? La Torah me semble en la circonstance autrement plus importante que tout ce que nous révèlera l’Idole Microscope. Les Juifs ne sont pas une race mais ils sont un peuple. Cet tension vers la terre d’Israël, la Palestine alors, n’est pas seulement une conséquence mécanique de la poussée des nationalismes européens, contrairement à ce qu’affirme Shlomo Sand qui, une fois encore, fait fi avec un art consommé de tout ce qui pourrait infléchir sa thèse et entamer ses conclusions. Le XIXème siècle (il restera le siècle des Etats-nations, ces meurtriers rejetons de la Révolution française) aura certes inquiété les Juifs, à juste raison et, en conséquence, il aura été déterminant dans cette volonté de fonder un Etat où vivre. Il ne faudrait toutefois pas forcer la note, ce que Shlomo Sand n’est que trop porté à faire (avec lui la démonstration ne doit en aucun cas contrarier la conclusion), le rêve d’un retour en Palestine, aux pays des ancêtres spirituels (et peu importe qu’ils soient génétiques ; il fut des époques où la spiritualité était reine), est bien antérieur au XIXème siècle.
    Ce que nous rapporte Schlomo Sand n’est en rien original ; et je ne cherche aucunement par cette considération à pousser de côté les mérites de l’auteur. Mais enfin, le peuple juif (le peuple et non la race, l’esprit et non les gènes) existe bien et quel que soit ses ancêtres, probablement très variés. Je me moque en la circonstance de la génétique et de l’ADN, de toutes les conclusions qui sortent et sortiront des laboratoires. Le peuple juif a renversé l’idolâtrie dont le Veau d’or reste le symbole, alors épargnons-nous les idoles et ne nous prosternons pas à tout propos devant le Microscope !
    Shlomo Sand caracole donc sur des conclusions au lieu de s’en tenir à la modestie des hypothèses. Sa belle vigueur cache un manque de rigueur. Et il s’acharne sur de faux problèmes. Il y a aujourd’hui parmi les Juifs probablement beaucoup plus de descendants de convertis que de descendants des tribus d’Israël, de même qu’il y a tout aussi probablement parmi les chrétiens et les musulmans beaucoup de descendants de Juifs diversement juifs. Je réside en Espagne depuis une quinzaine d’années et ils ne sont pas rares les Espagnols qui reconnaissent qu’ils pourraient avoir des origines juives. Plus de cent mille Juifs d’Espagne se convertirent et se fondirent dans la population. Les origines juives fascinent quelque peu l’Espagne et elles interrogent des personnages majeurs de son histoire : Cristóbal Colón, Miguel de Cervantes Saavedra et, dans une moindre mesure, un moindre personnage, Francisco Franco Bamahonde, un personnage qui n’a pas ma sympathie (une litote) mais auquel de nombreux Juifs doivent plus ou moins directement la vie. L’analyse des mobiles du Caudillo n’entre pas dans le cadre pourtant flexible (un peu trop me dira-t-on) de cette lettre. En Espagne le souvenir des Juifs est dans tout le pays, y compris dans ses parties les plus reculées. De Gerona à Hervás en Estremadura. Les origines juives sont partout en Espagne, et elles sont nombreuses dans l’Eglise ; pensons à Teresa de Ávila et à Luis de León. Salomon ha-Levi est un célèbre converso. Il fut grand-rabbin de Burgos avant de devenir évêque de cette même ville sous le nom de Pablo de Santa María. Et je profite de cette lettre pour signaler qu’il n’a jamais été établi que le premier Grand Inquisiteur Tomás de Torquemada ait eu des origines juives. Mais on devine l’intérêt que certains ont à faire du personnage un descendant de conversos voire un Juif converti.
    Une fois encore je me suis égaré. Et j’en reviens à pieds joints dans le texte qui nous occupe. Qu’Israël ne puisse s’expliquer sans la montée des nationalismes européens est indéniable, mais il ne faudrait pas oublier pour autant que cette tension vers la terre des ancêtres (et je vous demande cher Shlomo Sand d’envisager ce mot dans le sens d’une filiation spirituelle et intellectuelle) est présente chez bien des Juifs depuis bien des siècles. Il ne faudrait pas se contenter de coupasser en fonction de conclusions préétablies.
    Je n’ai pas à m’en prendre au souhait de Shlomo Sand. Que les Juifs s’affranchissent du rabbinat n’est en rien condamnable, et de nombreux Juifs tant d’Israël que de la diaspora le souhaitent. Mais reconnaissons en passant qu’une religion qui ne pratique pas le prosélytisme (c’est le cas du judaïsme rabbinique) est pour le moins reposante. Je suis heureux que le judaïsme n’ait pas été et ne soit pas que paulinien. L’Islam recrute, la chrétienté recrute, moins frénétiquement qu’auparavant il est vrai, bien que le protestantisme dans certaines de ses composantes semble avoir pris le relai du catholicisme. Et je ne cherche en rien à amoindrir la chrétienté, sa composante majoritaire, catholique, en soulignant qu’elle doit un grand nombre de ses adeptes à la colonisation, pour une bonne part espagnole et portugaise.
    J’aimerais savoir si Shlomo Sand est sérieux et s’il accepterait de vivre dans un Etat palestinien à majorité musulmane. J’aimerais savoir s’il ne flirte pas avec une certaine idée en se répétant qu’elle ne se réalisera pas. Mais tout d’abord : Vive la diversité ! Il y a je ne sais combien d’Etats musulmans (on sait ce qu’ils valent) et un seul Etat juif. A force de traiter Israël de sioniste (synonyme d’impérialisme dans bien des têtes vides) on finit par oublier que la superficie de ce pays est à peine supérieure à celle de la Slovénie (en incluant les territoires occupés), soit deux fois le département de la Gironde.
    Il faut lire Shlomo Sand, le bonhomme est stimulant malgré tout. On peut poursuivre les exercices d’assouplissement en sa compagnie, des exercices salutaires auxquels les Juifs s’adonnent avec un entrain particulier et qui permettent d’investir une question sous des angles variés sans jamais cesser de la tournebouler. Je suis heureux que son essai soit un bestseller, ce qui prouve la bonne santé d’Israël, ce qui prouve s’il en était encore besoin que les Juifs ne manquent pas de souplesse et qu’Israël est une authentique démocratie. Pensons à ce qu’endure le prix Nobel de Littérature Orhan Pamuk pour “insulte délibérée à l’identité turque”. Je le redis, les Juifs sont moins sujets aux crampes mentales que d’autres, des crampes assez insidieuses puisque celui qui en souffre n’en souffre pas mais fait souffrir son entourage.
    Un dernier point à l’attention de Shlomo Sand qui semble avoir des idées très arrêtées sur l’origine des Juifs. On a parlé depuis les temps les plus anciens de la Crète comme pays d’origine des Juifs, un sentiment encore très partagé du temps de Tacite. Qu’en pense-t-il ? Que pense-t-il par ailleurs de cette parenté qui a été évoquée entre Sparte, les Lacédémoniens donc, et les Juifs ? Voltaire s’en moque et parle d’une fanfaronnade. Mais le père Arouet est parfois très bête, surtout lorsqu’il parle des Juifs.

  • 15 October 2008 à 4h33

    Three piglets dit

    En Israël, il y a Sand, en France nous avons Dray pour nous expliquer la même chose.
    C’est drôle ces gens qui se sentent obligés de nier des communautés pour justifier une idéologie particulière.

  • 15 October 2008 à 1h29

    Bibi dit

    @ benjamin et Nina

    Nuance: 80-90% des israéliens sont au courant des délires publiés, que ce soit dans Haaretz ou ailleurs, par la “classe bavarde” (ou chattering class, comme désignent nos voisins outre-manche ce que certains appellent dans nos contrées – à tort plus qu’à raison – les cercles germanopratins).

    Mais, à la différence de ces vaux de mutins de panurge, la majorité des israéliens traite ces déblatérations pour ce qu’elles sont.

    Comme quoi le sens des proportions – et des disproportions – n’est pas toujours là où on veut nous faire croire qu’il se trouve.

  • 15 October 2008 à 0h58

    Bibi dit

    @ demonastir

    Il n’y a que dans certaines bonnes écoles où l’on apprend à élaborer des thèses irréfutables. Autrefois ça s’appelait dogme.
    Le cas de Galilée en est exemplaire.
    Le contribuable, bon ou mal gré (on s’en fout) finance, dans la France du XXIème, l’Eglise des Hautes Etudes en Sciences Sociales dont le message d’Amour et de Paix, pourvu le maintien de l’inégalité des classes, est universel.

  • 14 October 2008 à 22h40

    demonastir dit

    Irréfutable, la thèse de Sand et un peu vaine puisque sur l’essentiel il ne nous apprend pas grand chose. Il s’essouffle à démontrer que les mythes sionistes sont des mythes. La belle affaire ! Toutes les nations sont construites sur de somptueux bobards, ça ne les gêne pas pour exister. Le peuple juif est comme les autres. C’est un gros menteur mais il existe. Une nation toute nouvelle, s’énerve Sand, elle a été créée vers 1850 peut être 1880. Pas d’accord, elle a été inventée beaucoup plus tard dans les années 60 du vingtième siècle, hier. Jusque, là des millions de juifs diasporiens niaient encore leur appartenance. De nos jours, 99,99 s’y reconnaîssent. Les sionistes ont gagné sur toute la ligne. Sand est une sorte de Comanche qui voudrait parler au nom de l’Amérique de Microsoft. C’est rigolo, c’est pittoresque, faudrait l’empailler.

  • 14 October 2008 à 19h58

    Nina dit

    Vous avez entièrement raison Benjamin.
    Seulement ce sont ces intellectuels que l’on porte aux nues en France !
    Quant aux pages “rebond” du Haaretz, elles sont consternantes et profondément antisémites.
    De mémoire, une femme dont je ne me souviens plus du nom avait écrit un “je m’excuse d’être juive et d’être raciste envers les arabes” etc…qui a mis le feu aux poudres en France et surtout en banlieue.
    Les pages rebond du Haaretz font souvent le lit de l’antisémitisme !

  • 14 October 2008 à 18h07

    benjamin dit

    Attention a ne pas commettre l’erreur d’accorder aux intellectuels en Israel l’importance qu’ils ont en France. Parce que ce n’est pas le cas. Leur discours ne depasse pas une minuscule “elite” et n’interesse presque personne. Les pages “Opinions” des journaux sont parmi les moins lues. Les emissions de tele ou sont invites les “intellectuels” ont des audiences quasi-nulles.

    Ainsi, 80 ou 90% des Israeliens n’ont jamais entendu parle de Shlomo Sand et encore moins de son livre. Son livre est un best-seller uniquement pour le service de marketing de sa maison d’edition. Il a du apparaitre une fois ou deux dans la liste des 20 essais les plus vendus de la semaine. Soit peut-etre en tout et pour tout quelques milliers de ventes.

    On remarquera aussi que les intellectuels israeliens qu’on invite en France sont generalement encore plus marginaux. Un Warchawsky, par exemple, est totalement inconnu hors de l’ultra-gauche radicale. Ou pour reprendre le cas de l’emission citee plus bas, hormis Avraham Burg, connu parce que politicien et considere comme un clown triste depuis quelques annees, les autres legerement connus (Avirama Golan est une journaliste) ou totalement inconnus (Noam Ohana, un jeune francais qui a ecrit un livre autobiographique par sorti en Israel).

    Bref, ne pas surestimer l’importance de ces gens.

  • 14 October 2008 à 12h31

    Bibi dit

    @ludovic Lefebvre

    De temps en temps (c-à-d tous les 2-3 millénaires), certains juifs s’octroient le luxe de se fonder un état relevant de leur propre souveraineté. C’est surtout parce qu’ils ont quelques trucs auxquels il tiennent tout particulièrement, mais qui sont un peu difficiles à faire accepter à la plupart des autorités d’ici et d’ailleurs.

    Un de ces trucs, devenu leur fétiche obsessionnel-compulsif (le Schtick Michiggas, dirait Moyshe Kapoyer ci-dessous, ou acharnement comme vous le dîtes) est d’être plus voltairien qu’Arouet. Alors même que « je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous ayez le droit de le dire » n’est qu’attribué à notre champion des Lumières, en Israël c’est une mantra, un axiome, une condition sine qua non de l’existence, de l’accomplissement de sa condition d’être libre et souverain. Pas question donc de commencer d’entamer le début d’un avant-propos de l’intro d’une reflexion visant à toucher le principe (en fait, il faisait partie des 10 commandements écrits par la propre main de Dieu mais Moïse a brisé ces tables là, et la copie qu’il réalisa par la suite n’est pas conforme).

    J’ai une autre hypothèse que la vôtre sur les motivations de Sand mais c’est sans intérêt (comme d’ailleurs ses ouvrages). Toujours est-il que son entrée dans la tour d’ivoire israélienne a été rendue possible grâce au diplôme qui lui a été décerné par notre prestigieuse EHESS. Difficile de trouver mieux pour former l’esprit critique (de tout sauf de ses propres profondeurs insondables qui donnent une vague idée de l’infini).

    Mais si le cas Sand vous choque, que direz-vous de celui d’un Amir Makhoul qui publie des tribunes pas très sionophiles mais fortes en travestissement, à côté duquel Adnan Hajj, ex-fauxtographe chez Reuters, fait figure d’apprenti, dans le quotidien Maariv (lequel ne publie qu’en hébreu)?

    Paradoxe? A ma connaissance, ni Libé ni l’Huma ni même le Diplo, ces grands bastions connus pour leur parti-pris pro-sioniste et sharoniens de la première heure, dont l’ouverture d’esprit n’a d’égal que l’envergure des ailes de l’A-380, n’ont encore osé ouvrir leur colonnes aux perles de ce gars.