Suivre Causeur :     

Inscrivez-vous à la Newsletter

Recevez chaque lundi la synthèse de l'actualité de toute la semaine



X

Ophélie, méfie-toi de tes amies

Féministes contre DSK : les infortunes de la fausse vertu

Publié le 28 mai 2011 à 11:12 dans Société

Mots-clés : , , , ,

AFP/Bertrand Langlois

« Nous ne savons évidemment pas ce qui s’est passé dans la suite 2806 du Sofitel de Manhattan ». Telle est probablement l’une des phrases les plus écrites et les plus lues dans la presse depuis le dimanche 14 mai 2011. D’abord mise à toutes les sauces par les amis et défenseurs de Dominique Strauss-Kahn désireux de marquer ainsi leur attachement à la présomption d’innocence, elle est désormais abondamment recyclée par des « féministes » qui n’hésitent pas à témoigner ainsi de leur appétence pour la présomption de culpabilité.

Selon un certain nombre d’entre elles, l’affaire DSK aurait en effet donné lieu à une orgie de propos inqualifiables prononcés par des phallocrates impénitents, nostalgiques du droit de cuissage et de la barbarie d’ancien régime. Un nouvel avatar de la « France moisie » se révèlerait à nous, sous les traits d’une « France sexiste », dont le caractère éminemment réactionnaire serait d’ailleurs révélé par un antiaméricanisme d’un nouveau genre consistant en une critique implacable des méthodes de la justice et de la presse étasuniennes. Comble du paradoxe, le chef de file de ce néo-patriarcat américanophobe serait Bernard-Henri Lévy, ayant du même coup révélé son vrai visage, celui d’un abominable macho, et retrouvé le sens d’un mot suspect : la « nation ». Ne décrivait-il pas DSK comme l’homme ayant essayé de « mettre en œuvre des règles plus favorables aux nations prolétaires » ?

Bernard-Henri Lévy, donc. Mais pour qu’il y ait « déferlement » de paroles misogynes, encore faut-il lui adjoindre quelques soutiens. Sont donc cités en boucle le « meurtre médiatique » de Robert Badinter, le fameux « il n’y a pas mort d’homme » de Jack Lang, et l’inénarrable « troussage de domestique » de Jean-François Kahn. Voilà pour le déferlement. Et peu importe que l’un d’entre eux se soit auto-condamné durement puis excusé : coupable un jour, coupable toujours.

Les « féministes » françaises viennent donc de s’éveiller avec horreur dans un monde atrocement inégalitaire où les femmes vivent murées dans un silence de plomb: « en France, la présumée victime n’aurait pas osé porter plainte », nous explique-t-on très assuré. A l’inverse, les hommes, notamment les caciques de l’élite politico-médiatique, pourraient se permettre tous les écarts de langage sans être jamais inquiétés. Ainsi l’humanité se diviserait-elle en deux camps irréductibles : les femmes, toujours victimes, les hommes, souvent suspects.

Il est possible que les phrases malheureuses énumérées ci-dessus soient en effet teintées d’un vieux fond d’empathie masculine. Il est possible aussi qu’elles soient le reflet d’une solidarité de gens bien nés, dont témoigneraient quelques puissants au détriment d’une femme de ménage. Cette seconde explication est sans doute bien plus intéressante, mais aussi moins souvent évoquée. On a tellement pris l’habitude de raisonner en termes de conflits intercommunautaires que l’on oublie systématiquement la rémanence de la lutte des classes. Ainsi, à Christophe Guilluy qui déplorait « les individus ne sont plus prioritairement définis par leur position sociale mais d’abord par une origine ethnoculturelle »1, on pourrait répondre que dans le cas présent « les individus ne sont plus prioritairement considérés en fonction de leur classe sociale, mais de leur appartenance sexuelle ».

Mille autres explications peuvent encore venir contredire la thèse du sexisme exclusif et généralisé. Le déni amical, ainsi exprimé dans Le Monde par Jean-François Kahn : « une amitié de quarante ans avec Anne Sinclair agissait en moi comme un refus d’admettre l’intolérable violence d’un viol ». Le déni « patriotique » de ces Français si nombreux à croire encore au complot tant leur paraît insupportable l’idée que l’homme qu’ils envisageaient de se donner comme président ait pu commettre l’irréparable. Le déni, enfin, qui nous rend si intolérable l’idée d’appartenir, avec l’auteur présumé d’un crime, à une commune humanité. Car si celui-ci a pu trébucher de la sorte, alors, demain, pourquoi pas nous ? Et de quelles horreurs devons nous craindre, à notre tour, d’être capables ?

Ces bribes éparses d’explications ne plaident guère, en tout cas, pour l’hypothèse du sexisme, de l’indifférence pour la délinquance sexuelle, et de la nostalgie d’un « absolutisme suranné considérant le viol comme un droit régalien »2. Au contraire, c’est l’effroi qu’inspire ce crime plus que tout autre qui conduit à refuser d’admettre qu’ait pu le commettre l’un de nos amis, ou l’un de nos leaders.

Cet effroi, assez généralement partagé par les hommes et par les femmes de ce pays, des féministes autoproclamées ont voulu se l’approprier, bien vite rejointes par quelques communautaristes grimés en antiracistes, flairant l’aubaine que constitue la négritude de la présumée victime. Un comité de soutien à Nafissatou Diallo a ainsi vu le jour sous la houlette de l’historien Claude Ribbe, obsessionnel de l’esclavage et pourfendeur tendance « afrocentriste » du crime de Napoléon3. Dans un invraisemblable communiqué, ce comité dénonce tout à la fois « le racisme, le sexisme, et l’islamophobie ». Pas moins. Ainsi, en lieu et place de ce que l’on a parfois appelé la « concurrence victimaire », voici venu le temps du « mille feuille victimaire », où toutes les minorités et autres stigmatisés du monde viennent proposer leur indignation particulière et chercher matière à régler leurs comptes.

Au final, on voit bien quels sont les ressorts de l’élan de solidarité féministe dont a soudain fait l’objet la présumée victime quelques jours après qu’on s’est lassé de parler du présumé bourreau. Alors qu’elle a choisi l’absolue discrétion, de bonnes âmes brandissent son nom sur des pancartes. Alors qu’on prétend vouloir rompre le silence qui l’entoure, on ne parle jamais d’elle, mais ce qu’elle représente, elle qui est à la fois femme, pauvre et noire. Et voici qu’elle disparaît à nouveau des écrans radars, troquant malgré elle son statut d’individu contre celui de symbole.

Hier, on affichait les images d’un Dominique Strauss-Kahn menotté entre deux US-cops, blême, détruit. Il n’était plus un homme, et même plus un coupable. Il était un trophée. Aujourd’hui, on chante sur tous les tons le nom « d’Ophélia », qui n’est même pas le sien. Elle n’est plus une femme, et même plus une victime. Elle est un prétexte.

Texte publié dans L’arène nue.

  1. Christophe Guilluy, Fractures françaises, François Bourin Editeur, 2010
  2. Cécile Alduy, Pour en finir avec le sexisme, Le Monde du 27 mai
  3. Le crime de Napoléon est un ouvrage très contesté de Claude Ribbe reprochant à Napoléon d’avoir rétabli l’esclavage en utilisant une législation comparée aux lois de Nuremberg. Selon Ribbe, Napoléon aurait également favorisé des gazages d’afrodescendants sur des bases ethniques
Article en accès libre. Pour lire tous nos articles, abonnez-vous !
Participez au développement de Causeur, faites un don !

voir les commentaires / réagir         envoyer
 

A lire aussi

La rédaction de commentaires nécessite d'être inscrit

25

Déjà inscrit, connectez-vous

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
 
  • 19 Juin 2011 à 14h53

    girafe dit

    Donc Ophélie méfie toi aussi de tes amis

  • 30 Mai 2011 à 14h33

    Alpin dit

    “En trois temps, l’intitulé du forum envoie valser toute prudence. Tout d’abord, on pose qu’une certaine tolérance aux inconduites sexuelles des hommes de pouvoir pourrait bien être un trait spécifique de la société française. Le cas DSK devient une sorte de paradigme des virtualités dangereuses inscrites dans l’identité historique de tout un peuple, sur laquelle on invite à s’interroger.

    Ensuite, au moment où un Français célèbre est inculpé, on propose de tourner le regard… vers les Françaises. Comme si ce transfert, du particulier au général et d’un sexe à l’autre, n’avait pas besoin de la moindre justification. Et comme s’il n’avait rien à voir avec le fait que parmi toutes les Françaises il en est une qu’au même moment certains se délectent à dépeindre comme singulièrement “tolérante”. Derrière DSK, cherchez Anne Sinclair.

    Pour clore le tout, on ouvre les colonnes d’un grand journal à un procès jusqu’alors resté limité à un secteur du monde académique : celui des notions de “singularité française” et de féminisme “à la française”, procès que poursuivent, depuis deux décennies, certains courants des études de genre (gender studies). Il vise le féminisme universaliste qui fut longtemps dominant en France, et reste un adversaire pour le différentialisme anglo-saxon.

    La nouveauté est que l’on puisse se saisir de l’affaire DSK pour tenter de disqualifier moralement une certaine approche de la question des sexes en sciences sociales, son refus du schéma dominants-dominées, son souci d’inscrire les statuts respectifs des hommes et des femmes dans la complexité du tissu social, son ambition aussi d’inscrire les relations sexuées au sein d’une vaste histoire des processus démocratiques, sans confondre enjeux de moeurs et enjeux de droit. Par-delà Anne Sinclair, apercevez Mona Ozouf.”

    Irène Théry ,”Le Monde” 30/05/2011

    Source:

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/28/un-feminisme-a-la-francaise_1528802_3232.html

  • 30 Mai 2011 à 9h52

    isa dit

    @quadpater:
    Comme je fais partie des mères, je crois encore que le combat féministe est presque uniquement nécessaire dans ces contrées lointaines.
    J’ai, à mon époque, mené le combat de l’avortement que je jugeais extrêment urgent pour les femmes, le droit à la contraception, et voilà.
    Mais c’est là qu’elles devraient lutter ces féministes actuelles, pour que toutes les femmes du monde accèdent aux mêmes droits.
    Elles vont nous répondre que c’est culturel, cultuel, oui, et avec cet amour qu’elles ont pour tout ce qui touche à l’islam et qu’elles ne remettent jamais en cause! Je ne vois guère l’Hautaine se bouger les fesses pour trouver scandaleux le port du voile par toutes ces femmes qui montrent ainsi une soumission à un Dieu improbable et aux hommes!

    Ca m’exaspère quand on a la chance , en tant que femme, de vivre ici et maintenant que l’on se permette de mener un combat aussi débile pour trois phrases dites sous le coup de l’émotion et de l’amitié!

  • 29 Mai 2011 à 21h28

    quadpater dit

    Bonsoir…

    Isa, non car les féministes d’aujourd’hui ont, par rapport à la génération d’il y a 30 ans, ceci de rigolo qu’elles ne savent pas si elle doivent considérer un noir misogyne comme un pauvre noir ou un sale miso. Leurs mères, que j’admirais énormément, ne se trompaient pas de combat, elles. Elles choisissaient l’option 2 sans hésiter.

  • 29 Mai 2011 à 20h37

    isa dit

    Et le fait que l’on clame sur toutes les ondes qu’elle est “fichue” en tant que femme parce qu’en guinée, gnagnagna, quand on a été “souillée” par un homme, c’est comme si on était morte, ça choque pas davantage nos féministes de comptoir?

  • 29 Mai 2011 à 19h24

    Alpin dit

    @agatha,

    Merci pour vos félicitations indirectes .
    Oui elle est comme je vous l’ai partiellement décrite.

  • 29 Mai 2011 à 17h52

    agatha dit

    Si je ne me trompe pas, Alpin, ma 1ère intervention s’adressait à Coralie Delaume. Excusez-moi, vous aviez le droit de réagir, mais vous n’étiez pas spécialement concerné. Alors, ne parlez pas de ma condescendance. A l’égard de qui?
    Mais restons- en là : votre dernier message me convient plutôt. Vous parlez d’abus de pouvoir à certaines époques, dans certains milieux, c’est que vous reconnaissez le problème, même si vous faites semblant de chipoter “je vous rejoindrai partiellement”.
    Par ailleurs, et en ce jour, félicitations à votre maman. Si elle est comme vous dites, elle m’épate!

  • 29 Mai 2011 à 17h40

    RotilBis dit

    Hors sujet, j’avoue…

    Un Karajan qui a oublié le train ou l’avion qui l’attend:

    http://spicilege.eklablog.com/brahms-symphonie-n-2-2eme-mouvement-karajan-a3833082

    Enjoy ! 

  • 29 Mai 2011 à 17h02

    Alpin dit

    @agatha,

    Pour tâcher d’être le plus juste,ou le moins inadéquat possible,cette affaire complexe relève de plusieurs registres d’évaluation non réductibles les uns aux autres,même si entremêlés.L’un d’eux et là je vous rejoindrait partiellement relève
    de la tendance à l’abus de pouvoir et de la forme courante qu’elle a prise à une certaine époque dans certains milieux ,à l’encontre fréquemment de femmes en position hiérarchiques inférieures. Et aussi de la forme d’arrogance machiste que certains y mettent encore.
    Analyser cela avec recul serait plus compliqué qu’un classement à partie double.

  • 29 Mai 2011 à 16h44

    Alpin dit

    @agatha,

    Et vous ,ne me donniez vous pas un léger mais assez net exemple de” domination” féminine,préalablement?

    “Y a-t’il eu un soupçon de maladresse? C’est possible, pour certains hommes délicats” ,écriviez vous d’abord,puis:”Je trouve que vous me parlez de manière un peu agressive, et condescendante :”, il semble que bien qu’en matière de condescendance,si condescendance il y a vous avez ouvert le bal.Vous m’aviez demandé pourquoi je considérais certaines femmes comme des “bourelles” en puissance,je vous y répondu preuves à l’appui et en ce qui concerne ce sujet, il ne s’agit pas de malveillance mais bien de violence et quelques fois même de barbarie.Pour ce qui de l’agressivité nous sommes à égalité et vous avez engagé la partie sur ce mode pour une part.

    Si vous considérez implicitement (c’est ce que je soulignais) que
    vos positions ne sont pas contestables,il y a bien un problème .
    Ensuite,vous ne m’avez pas lu,ce qui est un pur constat,car les données ou exemples dont je vous ai fait part ont valeur de contre exemples et non de cas à part (50/100 des grands patrimoines aux USA ce ne sont pas des exceptions,et les grandes fortunes sont là bas aussi le plus souvent transmises).

    Quant aux à priori idéologiques ,vous allez trop vite en besogne
    en affirmant n’en faire pas preuve,vous contentant de votre ressenti.Pour tout le monde c’est un effort et un apprentissage à
    faire dans son fort intérieur pour se distancier des a-priori largement idéologiques que nous donnent la famille,les pairs et l’époque en général.Les doxa sont très prenantes.

    Et ne me faite pas le coup de l’émotionnel contre le rationnel,car
    pour faire court, pas de” ratio”sans “affectio” et même “libido”.Il ne s’agit pas d’un jeu dans lequel le féminin régnerait sur le ressenti et l’émotion, et le masculin serait étroitement contenu dans un rationnel bien étriqué.Nous sommes en Europe et en 2011 et pour mon compte un des êtres les plus brillamment rationnel que je connaisse est ma mère qui ne se fie guère à son ressenti pour juger des choses.

    Enfin,si vous persistez à m’attribuer un aveuglement à l’égard du
    mépris de classe porté par les éléphant(e)s à l’encontre de cette
    jeune femme,votre choix serait arbitraire et a-priori.Je n’ai pas besoin de catégories, de fait ,manichéennes pour rejeter l’indifférence à l’arbitraire de puissants sans principe et sans respects des autres,notamment s’ils sont humbles et éventuellement noir(e)s.

  • 29 Mai 2011 à 15h56

    agatha dit

    Alpin, est-ce que vous seriez en train de me donner un exemple de domination masculine? Je trouve que vous me parlez de manière un peu agressive, et condescendante : “grande inquisitrice”, “cela n’ira pas très loin”. Et vous étalez toutes vos références, très sérieuses, je n’en doute pas. C’est pour m’intimider?
    Je n’ai pas d’a priori idéologique, je n’en ai pas besoin, j’ai simplement un ressenti. Dans l’affaire DSK, vous êtes bien le seul à ne pas avoir remarqué, dans les réactions des premiers jours, que la plaignante était néantisée. Ce n’est pas normal.
    Et les femmes que vous me citez en exemples sont des héritières, chanceuses de circonstances. Merci au législateur de ne pas déshériter les filles!
    Cela dit, il m’arrive aussi d’observer les femmes et de constater qu’elles peuvent être des profiteuses et des garces. Evidemment, cela désarme les hommes peu préparés à la chose.

  • 29 Mai 2011 à 13h40

    Alpin dit

    @Coralie Delaume,

    Merci pour votre texte si pertinent.

  • 29 Mai 2011 à 12h14

    Alpin dit

    @agatha,

    Désolé,mais C Hautaine,n’a fait que réitérer son manichéisme habituel,s’engouffrant dans le vide ouvert par la tartufferie des éléphant(e)s du PS et autres peoples dans leur tropisme oligarchique .

    Son discours confus sur “la présomption de victime” traduisait cela ,tendant à enfermer le problème dans un dualisme bien rodé
    Bien /Mal,Femmes/Mâles(les hommes n’étant que des “animaux”,bien sur),ou les derniers bien entassés et agrégés n’ont jamais que le pire des rôles, celui d’oppresseurs et de bourreaux.A quand l’acceptation de son symétrique génialement et publiquement mis à jour par Philippe Muray,celui de “Bourrelle”?!En toute égalité (et non” égalitisme “) ,bien sur.

    Il s’agissait bien de prétexte.

    • 29 Mai 2011 à 14h19

      agatha dit

      Donc, si je vous comprends bien, Alpin, la séquence “défense de DSK par ses amis” ne marquait qu’une chose : l’esprit de caste, la préservation de l’oligarchie.
      Avouez qu’il est parfois difficile de faire le départ entre la position sociale et la domination sexiste : ça se recoupe parfois très bien, comme ici. Mais dans d’autres contextes, la domination sexiste est évidemment prépondérante.
      Je persiste à croire qu’il peut y avoir beaucoup de légèreté, d’indifférence, de mépris dans la manière de considérer les femmes, et qu’il était très avisé de la part de C Autain de faire entendre son discours, même s’il n’est pas nouveau. Y a-t’il eu un soupçon de maladresse? C’est possible, pour certains hommes délicats. L’expression “présomption de victime” sonne mal, mais elle souligne le détournement habituel : on escamote la victime féminine méprisée par essence.
      Je comprends que vous ne soyez pas sensible au discours féministe. Mais dites-nous maintenant pourquoi vous considérez certaines femmes comme des bourrelles en puissance?

      • 29 Mai 2011 à 15h30

        Alpin dit

        @”agatha,

        “Avouez qu’il est parfois difficile de faire le départ entre la position sociale et la domination sexiste “,non je n’avoue rien ,et j’espère que vous ne vous laissez pas aller à la position de grande inquisitrice.Mais surtout si vous tenez à débattre de ce problème ,tenant pour acquis vos prémisses et seulement discutables les positions que vous attribuez à autrui,cela n’ira pas très loin.
        En quoi la notion de domination apporte-t-elle quelque chose de plus que celle d’inégalité?Et surtout ressort-elle de l’à priori idéologique ou d’un concept?!
        Le sexisme est-il à sens unique?Est-ce autre chose qu’un fourretout idéologique,une auberge espagnole?
        Enfin en quoi et à quel titre “comprenez “vous que je sois “insensible” au discours féministe,en admettant qu’on doive l’être
        au même titre que vous.

        “on escamote la victime féminine méprisée par essence.”

        En quoi a-t-on escamoter la victime ?Sa position préétablie dans des positions reconnues à l’avance a été immédiatement mise en avant ,dans le système victimaire multi-objectifs prédominant depuis des années,tel que des analystes comme C Eliacheff (féministe par ailleurs),D Soulez-Larivière et tant d’autres le soulignent depuis longtemps.

        Le texte de Coralie Delaume le met parfaitement en exergue avec beaucoup d’humanité et un véritable sens de la justice.

        Pour ce qui est des “bourelles” ,il suffit d’ouvrir les yeux pour le savoir,et si vous voulez des détails plus académiques je vous renvoie à l’ouvrage récent de Christophe Regina:
        “La violence des femmes”
        “histoire d’un tabou social” éd Max Milo:2011

        “La violence des femmes apparaît comme un tabou social et historique.La femme brutale est forcément très minoritaire,très masculine,un peu sorcière,cruelle ou atteinte pathologiquement.Elle sort du rôle maternel,soumis ou victimiste que la société assigne à la femme depuis des générations.”

        Ainsi commence la 4° de couverture de cet ouvrage ,fort éclairant et lucide.Et maintenant ,dites nous pourquoi semblez-vous considérer les hommes,seuls, comme des bourreaux en puissance,seul(e)s entre tou(te)s?!?

        L’Assemblée nationale: 16/100 de femmes,mais 1/100 de députés issus des catégorie employé(e)s+ouvrier(e)s qui représente 54/100 des actif(ve)s,soit le taux le plus bas depuis des décennies.Qu’est ce qui prime ici?Le critère de sexe ou celui du social?Et ce type d’observation peut être largement étendu à d’autres cas.

        Aux USA de l’ordre de la moitié des grandes fortunes sont le fait des femmes comme le transcrivait une étude rapportée il y a déjà
        un certains nombres d’années par “Fortune”.La firme “mars” par exemple est possédée et contrôlée par des héritières.Wallmart dirigée par une femme ,membre de la famille qui contrôle l’entreprise.Quant au 1/3 monde ,c’est le tiers-monde justement et pas le notre (avec ses variations importantes cependant).

        Vous tenez apparemment que les femmes soient reconnues comme individus (je préférerais comme personnes) ,moi aussi et les hommes de mêmes ,sans que nous soyons a-priori encastrés,
        (ou plutôt encastés

      • 29 Mai 2011 à 15h35

        Alpin dit

        Encastés) dans le camp du “Bien” ou du” Mâl(e),par une ou des idéologies,renvoyé chacun ou chacune à son sexe (et non à son genre) comme on l’est encore en Inde à sa caste.

        “Sum cuicum tributere” (Il faut rendre à chacun ce qui est le sien”)disait-on

      • 29 Mai 2011 à 15h45

        Alpin dit

        @agatha,

        Si vous tenez à avoir un exemple de femme passé “de la puissance à l’acte ” en voici un des plus spectaculaires:

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Ilse_Koch

      • 29 Mai 2011 à 19h28

        Alpin dit

        Une autre “bourrelle”:

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Irma_Grese

      • 29 Mai 2011 à 19h30

        Alpin dit

    • 29 Mai 2011 à 15h46

      Alpin dit

      Erratum dyslexique:

      “…passée…”

  • 29 Mai 2011 à 11h58

    agatha dit

    Madame Delaume, je ne suis pas entièrement d’accord avec vous, même si j’ai souvent des reproches à adresser aux féministes militantes.
    Je regrette souvent que ce ne soit pas des femmes très sympathiques et de bonne foi, je subodore des ressentiments encombrants comme substrat de leur engagement. Autrement dit, parfois oui, leur lutte me semble, comme vous dites, un “prétexte”.
    Mais dans l’affaire présente, j’ai plutôt apprécié les explications saines, pédagogiques en sorte, de femmes comme Clémentine Autain. Il était pertinent, utile de réagir comme elle l’a fait.
    Dans ce cas précis, on a eu la conjonction de tous les mépris, et ce n’est pas fini : pas sûr que le préjudice de la femme de chambre soit finalement reconnu (à supposer qu’il soit réel).
    Il n’y avait pas à témoigner d’une empathie particulière pour une femme qu’on ne connaît pas. Point n’était besoin d’exhiber sa compassion, mais à travers cette femme, il fallait respecter les principes.
    Apparemment, les amis de DSK n’ont pas ce genre de réflexe culturel.

  • 28 Mai 2011 à 18h46

    Lady dit

    Il est surtout intolérable mais aussi très salutaire d’entendre ces ténors de gauche révéler leur vrai visage…Je trouve que ces “barbues” peuvent bien profiter de l’affaire DSK pour rappeler qu’une femme n’est pas un objet même si elle peut jouer avec le feu, jouer les Mata Hari: Si c’est Non, c’est non pour l’intrusion, qu’elle soit pute, femme de ménage, journaliste, assistante ou madame de….

  • 28 Mai 2011 à 17h16

    Mangouste1 dit

    Vu les noms qui fleurissent dans cet article, l’affaire pourrait aussi donner un petit coup de fouet à l’antisémitisme… qui n’en demandait pas tant, ceci dit.

  • 28 Mai 2011 à 14h16

    say yes dit

    Chère Coralie Delaume, vous avez l’air tout étonnée. Pourquoi ne pas aller poser trois question à Alain Touraine? Je suis sûr qu’il saurait nous éclairer sur cette “épineux” phénomène.

  • 28 Mai 2011 à 11h28

    Pierre Jolibert dit

    “On a tellement pris l’habitude de raisonner en termes de conflits intercommunautaires que l’on oublie systématiquement la rémanence de la lutte des classes.”
    Et quand les deux se mélangent, c’est encore plus délicieux.
    On voyait un soir à la Gazette France 2 un reportage sur la famille de la victime, dans le Fouta Djalon. La grand-mère était belle et très impressionnante, et il régnait dans cette maisonnée l’atmosphère inimitable qui entoure le haut rang. Je suis sûr que les ignobles sbires des cabinets new-yorkais qui vont enquêter sur le milieu de cette femme pour l’accabler, vont récolter en priorité tous les discours antipeulites ou antifulbites qui sont peut-être monnaie courante parmi les groupes non-Peuls de la région, contre leur morgue, leur quant-à-soi ou je ne sais trop quoi. Mais je n’y connais rien. Y a-t-il ici un connaisseur de cette limite Sahel-Golfe de Guinée, qui est décidément au coeur de bien des choses ?