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Les élections législatives les rendent tous fous…

De Hollande à Sarkozy, c’est le souk !

Publié le 14 décembre 2011 à 17:30 dans Politique

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Jérome Bosch

L’idée géniale de Lionel Jospin, consistant à remplacer le septennat présidentiel par un quinquennat et à faire coïncider dans une même séquence l’élection du président de la République et celle des députés est en train de donner toute sa mesure. Elle sème un souk pas possible dans la vie politique française (et je suis poli). Le chantage à la candidature pratiqué sur les deux principaux postulants par des personnalités ne visant qu’à placer un maximum de leurs affidés sur les bancs de l’Assemblée nationale et les petits flingages entre amis alimentent le quotidien de cette pré-campagne. En 2007, ce phénomène était déjà apparu, mais il avait été limité par le spectre du 21 avril 2002 et l’ardente obligation du « vote utile ».

Aujourd’hui, en dépit de l’existence réelle d’un danger de nouveau 21 avril, à l’envers ou à l’endroit, incarné par Marine Le Pen, les candidatures de François Hollande et Nicolas Sarkozy sont pourries par les pressions des « alliés », et le jeu des ambitions personnelles à l’intérieur de leurs partis respectifs.
Au PS, le cafouillage de l’accord programmatique et électoral avec EELV n’a pas encore produit tous ses effets délétères : il fournit en munitions la droite qui présente François Hollande comme enchaîné par les dogmatiques écolos. Il a mis en rage les « barons » du parti qui l’avaient fait roi lors des primaires, notamment Gérard Collomb qui n’a pas avalé de se voir imposer le Vert Philippe Meirieu dans une circonscription destinée à l’un de ses proches. Les candidatures dissidentes de sortants socialistes sacrifiés, notamment à Paris, seront difficilement évitables. Arnaud Montebourg « balance » ceux de ses petits camarades qui ont un peu trop mis, selon lui, les doigts dans le pot de confiture. Jack Lang menace de lui coller une paire de baffes. Malek Boutih tire à vue sur Julien Dray, ne manquant pas de rappeler au passage les ennuis qu’avait attirés à ce dernier sa passion horlogère.

L’astuce consistant, pour François Hollande, à laisser Martine Aubry se dépatouiller dans ce marécage en « prenant de la hauteur » ne saurait perdurer pendant les six mois qui nous séparent de la présidentielle. S’il laisse le parti se livrer à des règlements de comptes internes sanglants, il court tout droit à la « ségolénisation » : il doit donc montrer qu’il est le patron tout en évitant de se tacher en nettoyant les écuries d’Augias…

Comme il n’a pas, à la différence de Sarkozy, la bonne excuse de tenir la barre du bateau France par temps de tempête, l’exercice est loin d’être évident. Mais personne n’a jamais prétendu que le métier de candidat – a fortiori en étant favori – à l’élection présidentielle était un job à la portée du premier venu, y compris lorsqu’il se réclame de la normalité.

A droite, le tableau n’est pas plus reluisant : la discorde parisienne au sein de l’UMP, déjà ravageuse lors des sénatoriales, à toutes les chances se reproduire pour les législatives. Le cas Dati alimente les coups de vice dans la mêlée UMP : Copé plante une fourchette dans les yeux de Fillon, qui incite Xavier Bertrand à placer une méchante savate dans les gencives du secrétaire général de l’UMP.

Pendant ce temps-là Morin et Boutin font semblant de se croire candidats pour négocier le plus de circonscriptions possibles pour leur boutique. Ce qui se passe à Paris n’est pas un cas isolé. Dans de nombreux départements, dont celui où je demeure, les rivalités internes à droite produisent des effets comparables : on suscite, par exemple, des candidatures sauvages pour gêner celui qui veut devenir calife à la place du calife, et réciproquement. Les législatives, comme les Dieux de la Grèce, rendent fous ceux qu’elles veulent perdre.

Sauf ceux qui l’étaient déjà avant, et qui le seront encore demain, comme un certain Galouzeau dit de Villepin, espèce de Don Quichotte qui n’aurait pas encore trouvé son Cervantès.

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  • 15 December 2011 à 11h33

    Marie dit

    @Sophie
    “Ouaips! La démocratie rend fou! C’est pour ça qu’en URSS, ils avaient des asiles psychiatriques très ciblés!” :))
    @LR
    Je pense aussi, bien que d’accord sur votre article, que les médias sont l’outil qui renforce terriblement cette dérive! Il me semble que entendre les journaleux parler le jour m^me d’une élection de la suivante pousse à cette course à l’échalote .

  • 15 December 2011 à 11h13

    hathorique dit

    bonjour à tous
    @ Rackam,  mais quels sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes,
     serpent : Instrument à vent, en bois recouvert de cuir, au tuyau ondulé dans sa forme primitive, utilisé couramment jusqu’au XIXe s. dans la musique d’église et la musique militaire et aujourd’hui à peu près délaissé.
    Un article intéressant sur la démocratie dont je vois mal quel système politique pourrait la remplacer, même si tout système politique est à parfaire car il y a eu dans la nôtre une confiscation par les élites, ne serait ce qu’à voir le nombre de députés issus de la classe ouvrière qui n’existe presque plus, de la classe moyenne qui s’évapore ou encore de femmes issues de la parité trop souvent placées en position d’inéligibilité, mais uniquement sur les listes électorales bien sur :-)
    Nos représentants élus ne sont pas des thaumaturges qui guérissent des écrouelles et les électeurs ont eux aussi leur part de responsabilité à écouter le chant des sirènes qui promettent l’inaccessible.
    Le problème c’est que ces élus, une fois élus, sont inamovibles et ont installé un système immunitaire que l’on pourrait parfois qualifier d’acharnement thérapeutique. 
    Même si vous avez raison de vitupérer avec talent, contre ce système , quel autre ???
     http://www.laviedesidees.fr/La-democratie-representative-est.html

    comme je n’ai rien trouvé chez Confucius, je vous livre Barrès :

    “Un gouvernement sans représentation populaire n’est plus possible et c’est une chimère de vouloir faire table rase du passé, de vouloir retourner à l’absolutisme” (Barrès, Cahiers, t.1, 1897,

    De toutes façons comme l’Apocalypse nous guette pour le 21 décembre prochain,  
    peut être trouverons nous les réponses dans ce foudroiement universel.  

  • 15 December 2011 à 10h24

    laborie dit

    Perdez pas votre temps à ruminer sur la démocratie, lisez-donc plutôt “Ô Dingo Ô Châteaux” de Tardi…

    http://www.francetv.fr/culturebox/sites/culturebox/files/styles/image_article/public/images/photos/2011/11/o-dingos-o-chateaux.jpg

  • 15 December 2011 à 7h18

    rackam dit

    isa,
     à 6h41 du matin, de toutes façons, on ne trouve pas grand chose.
    Ses dents, ses charentaises, son babyliss, l’interrupteur de la cuisine, le frigo… alors la démocratie… rien que de se souvenir de l’endroit où on l’avait rangée la veille… 

    • 15 December 2011 à 8h26

      isa dit

      Je suis impec à 6h41, c’est tard le soir que j’ai du mal.
      Toujours été mon rythme;

  • 15 December 2011 à 6h37

    JMS dit

    Attention, la Droite n’a pas encore mise sa valeur ajoutée sauf à Paris où Rachida dati commence à faire très fort… On n’a encore rien vu !!!

  • 15 December 2011 à 0h47

    Sophie dit

    Parce qu’ils en rêvaient, eux, de la démocratie, les dingos dissidents!

  • 15 December 2011 à 0h31

    Sophie dit

    Ouaips! La démocratie rend fou! C’est pour ça qu’en URSS, ils avaient des asiles psychiatriques très ciblés!

  • 14 December 2011 à 21h26

    rackam dit

    C’est la démocratie qui rend fou. Cette course aux places, camouflée sous un intérêt soudain pour le bien public. La main sur le coeur pour les promesses, dans les fouilles des autres pour les honorer. Et ce sentiment de supériorité que donne le suffrage, sans aller y voir de trop près: les combines, les votes contre, les renvois d’ascenseur, les bulletins dans les chaussettes, les fraudes socialistes, les électeurs des cimetières, … Plus d’attentes dans les files, plus un sou dépensé pour les cafés, les restos, les faux frais, les vrais cadeaux. La vie de palace, les huissiers, les cabinets, les maroquins, les attachées parlementaires, les vivats, les trains gratuits, la retraite à vie, dès le premier échec, les gardes du corps, les corps soumis, les maîtresses à la capitale, les épouses au comice, les cumuls, les ballottages favorables, les cocardes, banquets républicains, les écharpes, les courtisans, les “mon cher ami”, les “s’il vous plaît”, les “merci”, les “vous en êtes un autre”…
    Et puis, toujours, le souci de passer à la postérité, en édifiant, aux frais des autres une bibliothèque à l’ère du numérique, un opéra pour nantis avec l’argent des pauvres, un musée des arts premiers avec le RMI des derniers, …
    Pantins d’un suffrage sans effort d’intelligence.
    Illusion d’un pouvoir corrupteur.
    Folie des grandeurs, étalage de petitesses. 

    • 14 December 2011 à 21h51

      Florence dit

      Quelle verve Rackam !
      Je ne suis pas loin de partager votre avis …

    • 14 December 2011 à 21h58

      saintex dit

      Ben ça, chuis bien d’accord P’tit Père.
      Vive la monarchie, une messe et j’ai Paris.
      Et si demain je crie, vive le roi, j’ai Rome…. viré ? Bon d’accord.

    • 14 December 2011 à 23h57

      expat dit

      Yes Rackam. 

    • 15 December 2011 à 5h35

      clappique dit

      Excellent!

    • 15 December 2011 à 6h41

      isa dit

      Le problème, c’est que l’on n’a pas encore trouvé meilleur système.

    • 15 December 2011 à 10h29

      laborie dit

      On oublie les cigares?

      http://placedelarepublique.fr/?p=136

      Club des parlementaires
      Fumer moins, mais fumer mieux

      “Club des parlementairesC’est André Santini (UDF, Hauts-de-Seine) qui créa ce club en 1989, avec ses deux complices Pierre-André Wiltzer et Pascal Clément. Renaud Guillot-Corail, élu parisien, grand chancelier, assure l’intendance. Un club ouvert à tous les groupes politiques, mais « où on n’entre que par délation », précise malicieusement son « président à vie », surnommé «Bokassa» le maire d’Issy-les-Moulineaux.
      L’objectif du club – « Fumer moins, mais fumer mieux » – se mêle au sentiment partagé que le cigare relève aujourd’hui d’un art de vivre.
      « Notre unique ambition est de promouvoir le plaisir du cigare » Le club est une véritable institution. «C’est l’un des seuls lieux vraiment transcourants, confie le truculent député maire d’Issy-les-Moulineaux. Victime de son succès, le club n’échappe toutefois pas au phénomène de mode. «Pour certains députés, c’est une manière d’exister».

  • 14 December 2011 à 18h28

    hathorique dit

    c’est un véritable souk ces discussions de marchand de tapis, à continuer ainsi les partis politiques risquent de provoquer avec l’aide vigilante des verts, un tsunami politique avec Le Pen au second tour, car elle est la seule hélas mille fois hélas, la seule dont le discours est audible même si je le qualifierais plutôt de simpliste.     

    D’ailleurs on est en droit de se demander, si Martine Aubry, qui voue à Hollande une rancune rance de boutiquière avaricieuse, elle qui a triché de façon éhontée pour se faire élire au doigt mouillé première secrétaire du P.S, ne se satisferait pas d’une défaite du Hollandais Volant en état d’apesanteur azuréenne,  ce qui lui permettrait de conserver les clés de la conciergerie de Solférino et de  distribuer des baronnies “des fiefs” comme le disent trop souvent les journalistes ou mieux encore  d’être le premier ministre d’une nouvelle cohabitation.
           
    Les socialistes se comportent comme si ils avaient occulté la Présidentielle pour se concentrer sur les législatives auquel cas, nous repartions pour une nouvelle néfaste co habitation.

     Quant au Don Chipotte hidalgo chimérique qui voudrait rallier les Français à sa chevelure empanachée, il risque fort de ne pas avoir les 500 signatures ou de chuter sur de vilaines affaires de son ère post chiraquienne. 
    Je redoute que le le grand vainqueur des élections qui s’annoncent ne soit  le parti des abstentionnistes.   

    • 14 December 2011 à 18h34

      saintex dit

      Sauf votre respect, céleste et noblement bovine déesse, je tiens à prendre la défense des marchands de tapis dont je suis syndicaliste représentant.

      • 14 December 2011 à 20h27

        hathorique dit

        mille pardons pour cette entrave syndicale. 

        Toute entière sur ma proie concentrée,  je me suis étalée sans honte et sans remords,  car je ne vous savais pas moelleusement tapi tel un satrape sybarite au milieu de mille fleurs des onduleux tapis, venus des paradis de Perse,  pays des jolies chèvres à poil laineux :=)

      • 14 December 2011 à 21h54

        saintex dit

        Ca alors ! Tout ça sur mes tapis… c’est trop d’honneur.
        D’autant que la buse même pas refoulée que je suis ne retiendra de la chèvre que la légion à poils laineux.

  • 14 December 2011 à 18h19

    schneider dit

    Oui, enfin le mode de scrutin a le dos large. Sa dénonciation masque un aspect essentiel du problème: un candidat assuré de faire 30% au premier tour serait inaccessible au moindre chantage.

    Il est bien évident que quand on fait un projet qui a une base sociologique de 20-25% (j’entends par là la part des français dont les intérêts sont servis par ledit projet), et qu’on risque de compter quelques pertes, c’est à ce moment-là qu’on se met à compter le moindre demi-point.

    Il y a alors deux choix: repenser le projet ou critiquer le mode de scrutin. Vous avez préféré critiquer le mode de scrutin. C’est un choix politique qui est tout sauf neutre.

  • 14 December 2011 à 17h41

    Florence dit

    Excellent, comme d’habitude !