Les djihadistes se retournent contre le peuple qui les a élevés | Causeur

Les djihadistes se retournent contre le peuple qui les a élevés

Entretien avec la réalisatrice Cheyenne Carron

Auteur

Olivier Prévôt
anime le site et la revue L'Esprit de Narvik et le blog Les Carnets de Betty Poul sur Causeur.

Publié le 22 novembre 2016 / Culture

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À l’occasion de la sortie de son nouveau film, "La chute des hommes", Cheyenne-Marie Carron s’exprime dans nos colonnes. Un entretien exclusif pour Causeur.

cheyenne carron chute hommes

Olivier Prévôt. Quand on regarde votre filmographie, on est frappé par votre courage. De L’apôtre qui évoque la conversion d’un musulman au catholicisme, à Patries qui aborde le thème du retour au pays des enfants d’immigrés, et maintenant La chute des hommes qui raconte l’enlèvement d’une jeune française par des djihadistes, vous n’hésitez pas à aborder des sujets difficiles, avec un regard, des références qui peuvent faire polémique.

Cheyenne-Marie Carron. Si polémique il y a, elle ne vient pas de moi. Je n’aime pas la dimension forcément racoleuse de la provocation, du chiffon rouge que l’on agite. Je dirais plutôt qu’il s’agit de sujets de mon temps. Je suis une femme française. J’ai quarante ans. Tous ces sujets – complexes je vous l’accorde – me concernent. Nous concernent. Je m’efforce de les traiter avec honnêteté, vérité, humanité. Je suis un metteur en scène catholique, je regarde le monde avec un regard de chrétienne. J’estime qu’il n’y a pas de sujets réservés ou, au contraire, interdits aux chrétiens. Le monde nous est ouvert.

Vous abordez vos thèmes et vos histoires avec beaucoup de franchise et un véritable point de vue. En même temps, on sent chez vous une empathie pour tous les personnages.

Je ne pourrais pas réaliser un film avec une autre approche. Dès qu’on creuse un sujet, on ne peut qu’entendre l’autre, ses motivations, y compris dans le cas de ces djihadistes qui s’engagent dans des voies si sombres, des voies de combats, de destruction. Dans La chute des hommes, il y a trois points de vue : celui de Lucie, petite chrétienne qui part très naïvement au Moyen-Orient et qui se retrouve prise en otage ; celui de Younes, chauffeur de taxi très pauvre qui se fait complice des djihadistes et tentera d’effacer sa faute ; celui d’Abou, un Français de souche, converti à l’islam radical.

C’est cela, pour vous le cinéma : pouvoir se mettre dans la peau de tous ?

À l’écoute de tous, oui, mais en tant que catholique. C’est mon héritage. Vous savez, je suis une enfant de la DDASS, j’ai été accueillie par une famille chrétienne… Je tiens d’autant plus à mon héritage chrétien. J’essaie de développer une approche aimante de l’autre.

Lisez la suite de l’article sur le blog d’Olivier Prévôt.

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    • 26 Novembre 2016 à 12h39

      AGF dit

      Complément très utile pour se convaincre que “lislamcepaça” et surtout “padamalgam”.
      Et encore ceux-là de Besancenot à Jupé sont “compatibles” avec la République …ouais…et vive la taqqiya.

      http://islamineurope.unblog.fr/2011/11/09/lislamiste-boubaker-el-hadj-amor-de-luoif-sera-aux-commandes-de-la-future-grande-mosquee-de-poitiers/

    • 23 Novembre 2016 à 21h33

      Pyrrhon dit

      Je ne connaissais pas cette réalisatrice. Campagnard et privé de cinéma, je n’ai jamais vu une de ses réalisations. Je vais essayer d’en avoir plus.

    • 23 Novembre 2016 à 19h42

      Patrick Mandon dit

      Cette jeune femme est une exception, une brillante, émouvante, percutante exception. Elle se définit elle-même comme catholique (et non pas seulement chrétienne), tout en reconnaissant sa part « Païenne », ce qui est une excellent manière de préserver sa force première, sa curiosité, presque sa naïveté nécessaire. Le paganisme est un humanisme.
      J’espère vivement que l’avenir « culturel » de la France, aujourd’hui sérieusement menacé par la succession de trois ministres absolument incapables et privés de la moindre vision, lui permettra de travailler dans de meilleures conditions. Au reste, avant d’occuper le poste, Mme Azoulay était directrice générale du Centre national du cinématographe (CNC) : connaît-elle seulement un film de Cheyenne ?

      • 24 Novembre 2016 à 12h11

        Angel dit

        Je partage totalement ce que vous ecrivez
        Mlle Cheyenne Carron est une veritable artiste et possede une personalite eblouissante. Elle a le courage de ses idees sans pour autant les imposer aux autres.

    • 23 Novembre 2016 à 14h37

      rolberg dit

      Bon, je m’affiche aussi. Je suis athée chrétien, je ne crois pas au dieu des chrétiens. « Le monde nous est ouvert » déclare-t-il, parlant des chrétiens. Oui, ça a commencé avec le monde romain, si ouvert qu’il a été dominé par les chrétiens. 

      • 23 Novembre 2016 à 14h48

        Saint-Romain dit

        Dominé après 300 ans de persécutions … Ah les sales chrétiens qui n’ont pas voulu mourir tranquillement et en silence !
        Léon Bloy rappelait que les chrétiens sont “le sel de la terre et non le sucre” : désolé si ça pique un peu de temps en temps.

        • 23 Novembre 2016 à 19h47

          Cozis dit

          N’exagérez pas des persécutions dont s’est emparée la propagande prosélyte chrétienne… beaucoup ont été exagérées ou inventées ! Histoire de dissimuler les exactions un brin vandales des missionnaires en terre païenne…
          Quand Charlemagne a massacré les Danois qui refusaient la conversion, provoquant la colère et les représailles des Vikings pour deux siècles, il s’agissait bien d’une persécution, non ?
          Là le sel piquait pas mal…
          Et quand tous les lieux sacrés des anciennes religions ont été démolis ? Quand tous les manuscrits mayas ont été brûlés sauf 7, nous privant de toute trace de cette civilisation ?
          A ce compte-là, accordez donc aussi le statut d’actuels martyrs aux djihadistes, il n’y a pas une énorme différence… même si je reconnais qu’ils sont encore plus barbares et violents… mais c’est juste une question de degré…

        • 23 Novembre 2016 à 20h00

          Lector dit

          sacré Léon ! Il a bu la tasse, or avec du sel il y avait probablement de quoi avoir la nausée. Un drôle de mystique Bloy, lorsqu’il attendait en compagnie d’Ernest Hello ni plus ni moins que le retour du Christ sur Terre. Ils ont été bien déçus et ne devinrent point ses ministres comme ils l’avaient espéré.

    • 23 Novembre 2016 à 13h53

      Angel dit

      La realisatrice Cheyenne Carn est sensible, douee, intelligente.
      Une cineaste plus qu’emouvante.
      Une veritable artiste.
      Mais une artiste boycotee volontairement.
      C’est dommage

    • 23 Novembre 2016 à 12h24

      marcopes dit

      les mercenaires ne respectent que l’argent et le pouvoir

    • 23 Novembre 2016 à 12h04

      silco dit

      Autrement dit, de la confiture donnée aux cochons

    • 22 Novembre 2016 à 19h52

      Laurence dit

      Non seulement Cheyenne Carron n’est pas subventionnée, mais en plus ses films sont souvent déprogrammés, probablement pour ne pas peiner nos amis les bêtes du prophète.
      C’est une cinéaste assurément intéressante, d’une autre trempe que l’autre branchouillartiste de cour subventionnée de la semaine dernière dont toute l’étendue du talent consiste à résonner avec le contemporain rêvé des happy few. Comme une pauvre cloche qui sonne faux.
      Malgré toutes les difficultés, je souhaite longue route à Cheyenne-Marie.

      • 23 Novembre 2016 à 2h20

        disco dit

        Et elle est très belle aussi^^

    • 22 Novembre 2016 à 19h10

      Aristote dit

      Pas une seule aide du CNC…

      Mais il est vrai que sans scène de cul, aucune chance den avoir. 

      • 23 Novembre 2016 à 9h00

        lisa dit

        Et catho en plus, c’est sale.