Les « working class heroes » sont fatigués
L’interminable descente aux enfers du prolo brit
Publié le 25 mai 2011 à 8:00 dans Monde
Mots-clés : Angleterre, prolos, working class

Trainspotting, image : kinopoisk.ru
Dans l’inconscient collectif, le prolétaire anglais occupe une place à part. On peut disserter à l’infini sur l’acte de naissance du prolétariat moderne : Marx et Engels sont morts à Londres, et nulle part la « culture ouvriériste » et la solidarité communautaire n’ont été autant exaltées, érigées en art de vivre majeur, que sur les bords de la Tamise.
La working class y était pluvieuse, nerveuse et teigneuse, fière de sa sale gueule, de ses cernes, de ses chicots, de son accent à couper au couteau cranté, de ses rots bien mousseux et de sa bière chaude qui tâchait un peu et s’évacuait beaucoup. Ses gosses avaient le front buté et des voix de rogomme, ils inventaient le football, sport prolétaire par excellence, mais aussi le pub et la pop. Elle avait une poésie bien à elle, où la chaleur d’un mug de thé se conjuguait à l’amertume d’une pinte de bitter, l’esthétique du jeu de jambes de Best et la ferveur des stades à la douceur amniotique d’un canal déserté.
[...]
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Inédit
Article inédit
publié dans
Causeur n° 35Mai 2011

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L'auteur
Agnes Wickfield est correspondante permanente à Londres.
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48skardanelli dit
@Nadia
Bleu, lourd et épais, je ne réalise que maintenant pourquoi ce lien entre ce texte et certains de Jérôme Leroy…
nadia comaneci dit
Texte bleu pour me faire rougir Skardanelli.
Mais Jérôme est un écrivain, un vrai, reconnaissable entre tous. Sa grâce du chaos traversée de fulgurances d’anticipation poétique n’a pas d’égale aujourd’hui.
Angel dit
Encore une fois bravo Agnes (Nadia Comaneci). Je lis toujours avec plaisir vos articles meme quand tres rarement je ne suis pas de votre avis. Ce qui n est pas le cas pour celui ci.
nadia comaneci dit
Et moi j’ai depuis longremps grand plaisir à vous lire Angel, trop rare sur Causeur.
laborie dit
La vraie révolution est en marche, elle est brune et amère comme la Stout. Tous les indicateurs le confirment en Europe
nadia comaneci dit
Sauf au UK, Laborie. S’il doit n’en rester qu’un…
pirate dit
les anglais ce sont toujours montré farouchement anti “vrai révolution”, pour reprendre la délicieuse expression de l’autre, mais quand je lis aujourd’hui certaine réaction primairement nationaliste chez l’anglais moyen, je commence à avoir des doutes, entre l’Europe, les coups de boutoir des radicaux islamistes, et la misère qui se propage naturellement dans toute l’île comme un rêve thatchérien, je crains que la “vraie révolution” prenne aussi là bas.
pirate dit
bah comme ça vous allez pouvoir rentrer en Europe, vous vous y sentirez enfin à la maison.
nadia comaneci dit
Pour le moment les Brits résistent. Le BNP ne prend pas ou peu. La solution Cameron n’est pas vraiment ma came, elle est socialement meurtrière, mais la City a parié sur lui et les Anglais sont légitimistes. Ils ont voté Tories il y a un an, ils lui donnent les moyens de gouverner. Pour le moment. Anyway, l’électorat labour populaire s’est autodétruit sous Thatcher et Blair.
Alpin dit
@Nadia comaneci et@Saul,
Bien le bonsoir.
L'Ours dit
Oui Pirate, mais je parle de mouvements plus large.
En tous cas vos rappels historique skins sont trsè intéressants car je ne les aurais pas daté si tôt. C’est sans-doute pourquoi les précisions de Saul avec un recadrage hexagonal m’ont plus “parlé”!
pirate dit
Ah mais si vous voulez élargir, avant les skins vous aviez donc les Teddy Boys, eux même souvent membre du service d’ordre de Mosley, le néo fasciste souteu financièrement par Mussolini et proche d’Hitler, mit en taule pendant la seconde guerre mondiale, et pitoyable petit chefaillon d’une extrême droite anglaise alors superfétatoire, tellement qu’il ne futpas condamné pour avoir soutenu les facistes européen. Aujourd’hui ce monsieur nourri les poissons du lac dOrsay.
ReCH77 dit
Je la trouve un peu réductrice l’étiquette collée sur les Teds. Selon vous, teds=néo-fascistes… (?!?) La culture pop/populaire britannique de la seconde moitié du XXe siècle est bien plus complexe que les réductions d’une vision continentale, francophone surtout, toujours un peu courte sur le sujet. Un exemple a dérouté et irrite encore les donneurs de leçons rock en France souvent incapables de saisir ses lyrics: Morrissey qui a su jouer avec des éléments empruntés à ces “sous-cultures” prolétariennes (faute de mieux) a été soupçonné des pires accointances. Il échappe aux classifications et dés lors devient suspect. Comme je le dis, c’est un peu court. Son patriotisme artistique ne me gêne pas. Il est fier de ses origines et de sa culture. C’est sans doute cette posture fière qui exaspère nos adeptes de la “world culture” dont ils espèrent une dissolution des particularismes nationaux. Le nivellement mondial des bisounours est un nouvel internationalisme redouté par ceux qui comme moi reconnaissent les cultures du monde mais refusent la mondialisation de la culture.
Saul dit
très bon billet Agnès.
vous avez une façon de nous raconter l’Angleterre très plaisante et interessante.
en ce qui concerne le débat Alpin/Pirate, désolé, mais pour avoir dans ma jeunesse cotoyé aussi ces mouvements (mais sans y appartenir, je précise…), c’est plutôt Pirate qui est dans le vrai :
les skinheads sont les descendants des Mods, enfin plutôt le résultat d’un mix entre Mods (t’as oublié les Kink’s Pirate, c’était leur groupe emblématique) et Rude boy à la fin des années 60, et dont le gout musical était le ska.
les ennemis des Mods étaient bien les Rockers, les fameux blousons noirs.
les skinheads étaient à la base antiracistes, et prolos, ce n’est que dans les années 80 que la scission entre redskins et skinheads s’est définitivement faite :
en France le mouvement a commencé début des 80′S et était lui aussi anti raciste, François Hadji Lazaro, celui des Garçons Bouchers (puis de Pigalle) témoignait que l’on retrouvait parmi eux “des feujs, des noirs et des arabes”.
ce n’est que par la suite que le mouvement français skinhead s’est radicalisé vers l’extrème droite à cause des “petits bourges du 16ème, et ceux là [il] les emmerde !” (geste du majeur tendu accompagnant ses dires…c’était dans un “les enfants du rock” au milieu des 80′S)
pirate dit
ouais enfin Batskin alias Serge Ayoub, chef autoproclamé de la mouvance skin extrême droite est né à Bagnolet, même s’il a fait ses études à St Sulpice (voir sa fiche Wiki) et a fini par s’installer dans le 15ème, encore il y a peu, lieu d’affrontement entre ses copains et les panthers (noir radicaux)… mais bon ce clown agressif prétend également avoir été mercenaire, évite le sujet sur le coup de couteau qu’il s’est prit dans les années 80 et qui a parait-il révélé à certain ses origines basanées (j’avais un pote à l’époque, skin lui-même que ça avait fait bien marrer d’ailleurs) bref pipot, peau de balle et tradition. Et Lazaro a raison, tous les skin ou néo skin que je connaissais sortait de Neuilly ou du 16 et se la pétait working class heroes… un comble. Comme quoi les petits gauchistes ne sont pas les seuls à faire des complexe sur leurs origines.
pirate dit
D’ailleurs un des lieux de prédilections des Mods était le Marquee où débutèrent… les Rolling Stone.
L'Ours dit
Les skins Pirate?
C’est à dire 2 pelés 3 tondus (vraiment tondus). Il y avait des skins comme il y avait des ave krishna, avec un mobile différent bien sûr. Là on parle d’un mouvement populaire, pas des franges extrémistes qu’il y aura toujours, aussi bien les sempiternelles que les éphémères.
Du reste, cela fait maintenant une bonne vingtaine d’années que les islamistes ont commencé leurs manifestations virulentes à Londres, et je trouve que la Anglais ont été très long à réagir. Ils ne doivent donc pas être si racistes que ça!
pirate dit
l’Ours le radicalisme des skins version raciste est né fin 70 début 80, et les ratonnades paki et jamaïcains ont commencé là (voir pour les Jamaïcain les eternels émeutes pendant le carnaval). La radicalisation islamistes d’une frange de la population pakistanaise (à ce propos pour un bonhead un pakistanais ça peut-être un sikh, un indien hindouiste, n’importe qui venant de “là-bas”) a commencé au milieu des années 90…
Alpin dit
@L’Ours,
Bien le bonsoir,
Les manifestations islamistes violentes ont commencé en GB en
1988 et non “au milieu des années 90″ ,ce qui est parfaitement faux.Et pour cause elles ont eu pour déclencheur et catalyseur l’affaire des versets sataniques de S Rushdie.Ce qui fait comme vous dites une vingtaine d’année.
“Mi-septembre 1988, le magazine de langue anglaise India Weekly publie quelques « bonnes feuilles » du roman accompagnées d’une interview de l’auteur. Un député musulman du Parlement de Delhi, Sayed Shahbuddin, intervient alors auprès du ministère des Finances indien, responsable en matière d’importation, et obtient en quelques jours l’interdiction de l’ouvrage car « susceptible de provoquer des heurts entre communautés religieuses ».
Alors que des lectures publiques de certains passages du roman avaient lieu en début octobre 1988 à Londres sur Broad Street, alors sans aucune réaction, la nouvelle de cette interdiction d’importation en Inde, attire l’attention des groupements islamistes et des pays islamiques, tels l’Iran et le Pakistan, sur cette œuvre, vite considérée comme une « machine de guerre littéraire contre l’Islam ».
Les premières campagnes de réactions publiques contre Salman Rushdie débutent en Grande-Bretagne en décembre 1988. Le 2 décembre, à Bolton, une banlieue de Manchester, près de 7 000 manifestants réclament l’interdiction de ce livre « pervers » et « blasphématoire envers l’Islam et envers la personne du Prophète » et brûlent un exemplaire du livre. Le 14 janvier 1989 à Bradford, dans une ville industrielle du nord de l’Angleterre -où vivent plus de quarante mille musulmans- a lieu une nouvelle manifestation et un nouvel autodafé devant la presse. Deux semaines plus tard près de dix mille personnes manifestent à Londres contre le groupe Viking-Penguin, éditeur du livre.
Le 12 février 1989, à Islamabad, capitale du Pakistan, une foule en colère d’une dizaine de milliers de personnes tente de prendre d’assaut et d’incendier le Centre culturel américain, pour faire pression sur le groupe Viking-Penguin dont la filiale américaine s’apprête à publier le livre sur le territoire américain le 22 février. Lors de cette attaque, cinq personnes sont tuées et une centaine d’autres sont blessées. Un des gardiens du centre culturel est lynché. Dans les jours qui suivent, d’autres émeutes ont lieu dans plusieurs villes pakistanaises et au Cachemire, province indienne à majorité musulmane, mais aussi à Djakarta et à Karachi, aux cris de « Dieu est grand » et de « À mort Rushdie ».
Comme le montre clairement cette extrait de la note WiKi bien faite à ce propos,les événements violents ont commencé en GB,à la suite d’une interdiction en Inde et de la récupération par
l’Iran de l’affaire.Ceci sur un modèle très proche,semblable à celui
des caricatures danoises de 2006.
Alpin dit
@L’ours,
Et par exemple ,cet extrait d’un article de l’Express tentant de synthétiser la situation quelques années après:
“Ils sont près de 2 millions de fidèles, originaires pour la plupart du Pakistan, de l’Inde, du Bangladesh et de Sri Lanka. Comme Mirza Welayat Hussain, ils sont venus chercher – et ont souvent trouvé – une prospérité et une tranquillité qu’ils ne pouvaient imaginer chez eux. Mais les controverses déclenchées par la publication des «Versets sataniques» ont fait émerger des antinomies entre deux cultures étrangères l’une à l’autre. Elles ont également exacerbé les malentendus et les handicaps propres à la communauté musulmane elle-même. «Le virus Rushdie a infecté tout le monde, observe le Pakistanais Abbas, directeur d’une firme d’import-export. Avant, personne ne s’occupait de moi. Maintenant, chacun veut comprendre pourquoi nous le condamnons.» Mais il ne s’agit pas seulement de cette incompréhension de la part d’une société démocratique à l’égard d’une décision absolument intolérante. «Exagérée par certains pays de l’islam, exploitée d’un côté comme de l’autre de la barrière qui sépare les Asiatiques des Occidentaux, l’affaire a porté à son paroxysme la peur du musulman», explique le Dr Zaki Badawi, du Muslim College d’Ealing Common, près de Londres. Dès lors, la communauté s’est «ghettoïsée». Et l’incompréhension, voire l’hostilité envers les musulmans suscitées par la fatwa de Khomeini ont éclairé le reste: c’est parce qu’ils sont les alliés du blasphémateur que les Occidentaux rejettent les fidèles d’Allah. Bradford – où 60% des enfants musulmans quittent l’école sans diplôme, où 70% de la population carcérale est «asiatique», où 30% des fidèles du Coran sont au chômage – est ainsi devenu l’un des principaux fiefs de l’islamisme britannique. Parlant encore un anglais approximatif après vingt ans de présence en Grande-Bretagne, Khan, originaire du Bangladesh, y vit, dans un trois-pièces délabré, avec ses vieux parents, sa femme, une soeur, un frère et sept enfants en âge de scolarité. «Quand je suis arrivé avec une centaine de compatriotes, raconte-t-il, on nous a accueillis chaleureusement et donné du travail dans différentes usines. Tout a très bien marché. Puis il y a eu ce Sheytan [Satan] et son satané livre plein d’injures contre notre Prophète. Depuis, tout va très mal.»
Discours simpliste, mais mobilisateur en ces temps de crise. Pour les autorités comme pour les experts, les traditions culturelles et les dogmes religieux sont «évidemment» responsables. Tandis que chez le commerçant hindou, jalousé, à la religion méprisée par les musulmans, toute la famille, y compris les femmes, participe à la vie économique, les fidèles de l’islam interdisent le travail, et donc l’intégration, aux femmes. «En outre, s’interroge un professeur originaire de Sri Lanka, comment voulez-vous qu’un enfant parle et écrive correctement l’anglais quand personne ne le parle chez lui? Mais faut-il, par exemple, forcer les familles à envoyer leurs filles dans des écoles mixtes, alors que la religion l’interdit?»
Pour les musulmans britanniques, la réponse n’est pas évidente. Aux deux pôles de la communauté, intégrationnistes comme séparatistes sont d’accord pour rejeter les imams importés du sous-continent ou des pays du Moyen-Orient. «Nos jeunes, nés et éduqués ici, se méfient de ces religieux issus de régimes pour la plupart impopulaires et non démocratiques, dit Yaaghoub Zaki, directeur adjoint du Muslim Institute [fondamentaliste]. Des régimes qui, par ailleurs, ont peur de la démocratisation des sociétés musulmanes enclavées en Occident.» Une idée, cependant, progresse, au gré de la radicalisation liée à l’affaire Rushdie et à la crise économique de la minorité musulmane: la création d’un «mellat», c’est-à-dire d’une communauté – pour ne pas dire une nation – autonome, possédant, à l’intérieur de la Grande-Bretagne, ses propres structures sociales, éducatives et culturelles.”
Alpin dit
Source de l’article:
http://www.lexpress.fr/informations/un-satan-made-in-england_605314.html
D.F. dit
Très beau texte, indeed. On se croirait dans du Morrissey (Steven Patrick).
L'Ours dit
Pardonnez moi,
car si je me joins au concert de louanges sur la beauté du texte, j’ai des réserves sur le fond.
Notamment à partir de:
“La violence sociale et physique est omniprésente, mais elle n’a pas encore sa sinistre coloration d’extrême droite. Cela va changer. Dans les années 2000, l’ennemi n’est plus Maggie l’antisociale, mais l’épicier pakistanais”
Il y a là un, pardon des raccourcis saisissants.
Je vais donc en faire un aussi. Qui les premiers ont manifesté bruyamment et publiquement la haine de l’autre???
pirate dit
La réponse ? Les skins l’Ours. Ca a commencé avec les jamaïcains par réponse intramouvement à l’affection que leur portait les skin de la première heure. Et puis ça a débordé sur les paki, et ce bien avant toute radicalisation islamiste. Et en fait tout ce qui était en couleur et avait du travail.
pirate dit
Petite précision toutefois Agnès, le mouvement Skin est plus ancien que Thatcher, année 60 en réalité. Il nait du mouvement mods qui écoutaient de la soul et des son comme le ska, puis à commencé à se politiser dans une vision, ne déplaise, toujours nationaliste, même si ce nationalisme là était plus une fierté britt qu’une question raciste, et en effet les Skins de départ filaient le parfait amour avec les jamaïcain et la musique qui allait avec, d’où les codes de laçage (jaune=non raciste, pacifique, rouge=redskin, de gauche donc et extrémiste, blanc=raciste national front) et ça a duré en réalité jusqu’à Thatcher, c’est là que les skins ont commencé à dérivé, d’autant qu’ils s’inscrivaient dans la droite opposition au mouvement Punk, lui mort pendant et avec Thatcher. D’un côté les stinky toys et les sex pistols, de l’autre antipasti. Les uns, le mouvement d’origine, refusant aux autres l’appellation de skinhead, qu’ils qualifieront de bone head, les autres traitant les non raciste de redskin. Que chacun d’ailleurs revendiquent fièrement. Aujourd’hui c’est croix de St George et la marque de vêtement Lonsdale, et paki-bashing, mais ça dure en fait depuis les années 80 et ça n’a fait que s’empirer. Mais hors de ceux là, vous avez tous les hoodies aujourd’hui qui règlent leur compte à coup de machette, et leur violence est sans comparaison aucune avec les combats à Brighton entre bad boy (rockabilly) rude boy (jamaïcain surtout et prolo blanc) et mods. Thatcher a assassiné la classe ouvrière anglaise, Blair l’a popérisé dans des sous emplois, et aujourd’hui le rouleau compresseur libéral leur explique que si hier no free lunch, aujourd’hui no lunch at all if you don’t deserve it.
pirate dit
donc combat entre bad boys et teddy boys vs mods… désolé.
nadia comaneci dit
Merci pour les précisions, tu en sais plus que moi.
“Thatcher a assassiné la classe ouvrière anglaise, Blair l’a popérisé dans des sous emplois, et aujourd’hui le rouleau compresseur libéral leur explique que si hier no free lunch, aujourd’hui no lunch at all if you don’t deserve it.”
Parfaitement résumé.
nadia comaneci dit
Hélas, Harold nous a quitté en 95 et le Labour n’est pas très en forme. en ce moment. Gordon se verrait bien à la tête du FMI, mais Cameron reste hermétique aux “avantages” de l’ouverture…
Bonjour Alpin, vous avez mille fois raison, entre deux “drougs” et “trois malako”, L’Orange mécanique est un grand film cockney.
Skardanelli, pleasure !
pirate dit
pas malakos, “molokos” agnes, pas oublier que le sabir inventé par burgess est un mélange de russe et d’anglais.
nadia comaneci dit
Daragoï moï, en russe on écrit moloko, on prononce malako !
J’adore le sabir de Burgess, les diévotchki et les drougs…
Tony Truand dit
Harold Wilson, reviens! :-)
skardanelli dit
Hello Alpin
Alpin dit
“Orange mécanique”:
http://www.imdb.fr/title/tt0066921/mediaindex
Alpin dit
@skardanelli,
Bonjour.
Alpin dit
@Agnès Wickfield,
Bien le bonjour gente dame,
Ravi de retrouver vos belles qualités d’expression:
“Viennent les années 1970 et 1980 : le prolo anglais ne reconnaît plus rien, ni ses vieux clubs ni ses fils promis au chômage de longue durée, shootés aux jeux électroniques et autres niaiseries générationnelles, dégaine de dernier de la classe au fond à gauche. Déprimant dans son job de grouillot −quand il en a un − entre frustration, ennui, bandes, bastons en discothèque, école-impasse et méfiance vis-à-vis de tous les pouvoirs, il résiste mal au kärcher thatchérien qui laisse crever de faim les Irlandais dans leurs prisons, réduit à la misère des centaines de milliers de nouveaux chômeurs et expédie les survivants se faire trouer la peau sur un archipel de cailloux glacés âprement disputé à l’Argentine.
De nouveaux rebelles prolos au crâne tondu apparaissent, des skinheads un peu à la ramasse mais pas bien méchants et encore moins racistes. ”
Mais ici ,elles semblent bien avoir un contre emploi,car les “skins”
et leurs “Doc Martens”n’ont pas attendu les années 70 pour apparaître ,et cecid’abord en cognant sur les “Mods” (ces tenants des Beatles,voir Beatles eux mêmes) ces très anglais descendants de Brummel le père des dandys de toutes les époques,avant que de rapidement s’intéresser aux cibles classiques des extrêmes droites ,ce pour quoi ils en sont devenus un des principaux modèles pour les plus jeunes de cette affiliation.
“Orange mécanique” (1974) en exprime bien le nihilisme sous la patte géniale de S Kubrick ce grand visionnaire ultra-lucide.
pirate dit
Non alpin, vous n’êtes pas omniscient, désolé de vous décevoir, les skin ne se sont jamais emplatré avec les mods, parce que les mods, qui n’ont rien à voir avec les beatles, même pas de loin, sont les descendant des skins, et leur goût musicaux ne se situe pas du côté de Little Richard (un des musicos préféré des Beatles) mais de Otis Reeding, du ska (the special, madness etc) qui est lui même issu de l’évolution musicale en jamaïque, pré reggae.
A propos des mods, j’ai fait une petite erreur sur leurs ennemis, il ne s’agissait pas des rude boy mais des Teddy Boys, ouvertement racistes, et souvent homme de main de cet enfoiré de traitre de Mosley. Teddy boys qui ont donné leur nom à un blouson bi colore. Les mods affectionnait les vespas à multi rétro, l’herbe, et les bonnes bagarres. Strictement rien à voir avec les gentils beatles, d’autant que les beatles sont né eau début des années 60 et le mouvement a suivi dans la foulée, les Mods étaient là dès les années 50 et un Mods n’aurait jamais porté les cheveux longs.
pirate dit
Une autre précision Alpin, Orange Mécanique est sortit sur les écrans non pas en 74 mais en 71, quand au livre de Burgess, qui se sert d’un drame personnel pour illustrer son propos (l’agression dans la maison c’est la sienne qu’il raconte, et sa femme ne s’en n’est jamais remit) a été publié en 62. En revanche il a notablement influencé les bone head et chanter singing in the rain ou brittania rules en faisant du paki-bashing est un must
pirate dit
Autre précision, le groupe anglais favoris des Mods, en dehors de the Animals est les Who, et pas le moins du monde les Beatles (dont l’influence va en réalité tué le mouvement avec la vague psychédélique). Les Who qui leur rendront hommage en la personne de Roger Daltrey qui jouera dans le film Quadrophenia (1979) titre inspiré d’un concept album des Who. Il retrace exactement le destin de ce mouvement, dont les mémorables bagarres à Brighton, contre les rockers (Teddy et bad boys donc)
Alpin dit
@pirate,
Merci d’avoir révisé vos fiches,mais vous cherchez à trop prouver
-1974 est la date de sortie en France,point.
-une partie du mouvement skin est issu des “mods” par scission,et l’antériorité des premiers ne réfute pas l’existence de leurs bagarres courantes à partir de la fin des années 60.
Quand aux beatles,reportez vous aux pochettes de leur premiers disques ils n’ont pas les cheveux longs de la mode hippie,mais mi-longs style un peu médiéval ,une des coupes “mods” en cours alors.De plus ces mêmes beatles venaient aussi des mêmes milieux populaires que les autres.Vous êtes influencé par l’imagerie pop et publicitaire tardive qu’on en a donné,destiné à leur futur public étudiant, middle class puis bobo construit par leurs agents successifs.
Pour ce qui de l’omniscience,vous avez l’air de postuler assez ardemment à cette faculté encore à inventer pour qui que ce soit. Ceci dis avec sérénité et bonhomie.
pirate dit
Alpin je sais que ça vous vexe que l’on vous cloue le bec, mais d’une part vous ergotez dans le but de ne pas être déculotté une nouvelle fois, d’autre part j’ai d’autant moins besoin de regarder mes fiches que j’ai été assez proche du mouvement skin dans ses deux acceptations. Vous me parlez de la sortie en France pour essayer de biaiser en touche, mais à nouveau c’est une façon de noyer le poisson comme votre histoire de coupe de cheveux. Le bouquin de Burgess est sortit en 62, à savoir au moment où ce mouvement se radicalisait, illustré en 71 par Kubrick, pile au moment où le mouvement hippy était entrain de mourir (il est mort en réalité en 69 à Altamont, pendant un concert des Rolling Stone) et que la violence s’invitait partout. En 74 en France, il n’y avait ni skin (le mouvement radical est apparu surtout au début des années 80 en France) ni punk (77-78). Je ne suis pas influencé par je ne sais quel de vos fantasme à mon sujet, je sais très bien d’où viennent les Beatles, comme les Stones, milieu prolo, et ils ne font ni musicalement, ni politiquement pas parti de la mouvance ou skin, ou mods. Leurs influences musicales sont les Little Richard, Gene Vincent et Elvis, alors que l’influence musicale des Mods, en dehors des groupes anglais sus nommé, sont la soul et le dub jamaïcain, et plus tard avec sa résurgence ska, le reggae. Le nom de Beatles est une référence à l’Equipée Sauvage, autre modèle en l’occurence des ennemis des mods à l’époque. Pour la tenue vestimentaire, si les cravates fines et les vestes noires que portent les beatles à leur début à Hambourg, elle fait également partie de la panoplie classe des rocker, à la différence toujours notable des mods, puis des skin, qui préfèrent les parkas militaires et les doc marten’s. Pour votre bonhommie vous repasserez également vous n’êtes par votre réponse guère crédible. Quand l’omniscience, vu la façon dont vous la ramenez sur absolument tout les sujets avec multi référence, et tentative de vous faire passer pour l’universitaire du coin avec chaire en tout, je vous laisse ce loisir, il vous va comme un gant. Malheureusement pour vous ici on parle sous-culture, et c’est en effet plus à ma portée. Remarquez que je vous ouvre avec cette dernière phrase de quoi vous lancer dans la bonne vanne “bonhomme et sereine”, je suis charitable.
pirate dit
Et puis pour en revenir à votre énormité du début, les mods n’affrontèrent jamais les skins, puisque c’est l’évolution d’un mouvement, mais les teddy boys, puis les reggae skinhead (1er appelation) se foutèrent sur la gueule avec ce qu’ils surnommèrent les bonehead, donc les fafs. Historiquement les skins sont apparu à la fin des années 60 par réaction au mouvement hippy, d’abord hard mods, puis skin avec la fréquentation des rude boys, généralement jamaïcain. On est donc très loin de vos approximations.
Alpin dit
@Pirate,
“Les skinheads sont issus de la vague modernist. Il faut donc rappeler brièvement qui sont les mods.
Dans un premier temps il s’agit de jeunes Londoniens de la classe moyenne, souvent de familles juives ou d’origine grecques à l’avant-garde de la mode qui s’habillaient de façon à la fois luxueuse et décontractée, aiment les costumes de coupe italienne, se passionnent pour le modern jazz et tout ce qui est moderne d’une façon générale, d’où leur nom. Vers 1963-1964, cet underground élitiste devient un phénomène de masse : de nombreux adolescents et jeunes adultes deviennent mods. La musique mod apparaît : le mod beat, adaptation locale du rythm’n'blues puis de la soul des artistes afro-américains. Les artistes les plus célèbres sont les Kinks, les Who et les Small Faces. Un des hymnes Mod les plus célèbres est « My Generation » des Who, le paradoxe est que ce dernier groupe n’est pas considéré comme Mod, la fascination des Mods va en effet prioritairement vers la musique Afro-Américaine. Les précurseurs de ce genre musical sont issus du Nord de l’Angleterre, surtout de la région de Manchester où s’était développé le Merseybeat entre 1960 et 1963, adaptation anglaise de la musique noire américaine. De cette école sont issus les célèbres Beatles, même si les mods rejettent souvent le « Fab 4 », jugé trop commercial et consensuel. Les Rolling Stones non plus ne sont pas spécifiquement mods, même s’ils sont plus proches du phénomène.
Les faits divers, probablement exagérés rendent les mods célèbres. Les batailles rangées entre mods et rockers (autre mouvement de jeunesse, axé sur les motos, les blousons de cuir et le rock’n'roll) font les gros titres des tabloïds (presse à scandale populaire),ce qui était un confidentiel courant underground devient alors un vrai phénomène de masse. L’image des bandes de mods en scooter et de rockers à moto se donnant rendez-vous à Brighton pour de mémorables bastons devient une image de marque et attire de nombreux jeunes sans l’élitisme très recherché des précurseurs.Cette nouvelle vague de mods méprisent les rockers, les jugeant arriérés et passéistes. Les rockers trouvent les mods maniérés et dégénérés. Ces considérations ne sont qu’un prétexte à la bagarre. le mouvement Mod n’échappe pas à la culture des gangs et au hooliganisme d’autant plus que la coupe du monde de 1966 organisé en Angleterre voit ces jeunes, bénéficiant du pouvoir d’achat des 30 glorieuses, aller en bande dans les stades seuls sans leurs parents comme c’était le cas auparavant.
Vers 1965 la scène modernist se scinde entre les peacoks mods (ou smooth mods), qui aiment le luxe et se laissent pousser les cheveux, et les heavy mods, issus de milieux plus modestes et qui portent les cheveux plus courts, c’est particulièrement le cas dans les ville du nord des “Black Countries” et de l’Ecosse. Après 1967 beaucoup de mods se rapproche du courantFlower Power et le psychédélisme.Ils s’écartent encore plus du style mod originel. Les heavy mods, ou hard mods, préservent un style qui se veut authentiquement modernist et en même temps ouvrier. Ils portent le costume cintré et le chapeau pork-pie pour danser, mais des vêtements de sport ou de travail pour traîner dans la rue (polo Fred Perry, chaussures Doc Martens noires ou rouges). Ils prennent le contre-pied de la mode branchée de l’époque (telle la vague psychédélique ou le mouvement hippie) et affichent fièrement leurs origines ouvrières (working class). Ces hard mods se crispent sur l’identité modernist de la période 1963-1965 : musique noire américaine (r’n'b, Soul), luxe italien (Dolce Vita), style urbain et moderne, scooters Vespa ou Lambretta.Entre 1967 et 1969 cette sous tendance est encore Mod à part entière et ne se définit pas encore comme une tribu distincte.
Comme ils vivent dans les mêmes banlieues et quartiers ouvriers, les hard mods fréquentent les rude boys, ou rudies, jeunes immigrés antillais, surtout jamaïcains, dont le look est proche et avec qui ils partagent le goût pour la musique noire américaine (soul, rythm’n'blues) et jamaïcaine (ska puis un nouveau courant lerocksteady). Vers 1968, ces hard mods et ces rudies se confondent pour devenir les skinheads, en septembre 1969 des grands titres de “Fleet Street ” (la grande rue londonienne où sont regroupés les principaux quotidiens du pays) baptise ces jeunes de plus en plus nombreux de “Skinheads” .
Certains prétendent que les premiers skinheads se sont tondus les cheveux pour se distinguer des hippies rien n’est moins faux puisque l’évolution des Mods vers les Skinheads est antérieure à la naissance des hippies britanniques. On raconte encore qu’il s’agit d’un moyen pour échapper à la police montée lors des émeutes ou des bagarres. ”
Approximez vous même un peu moins,cela vous rendra un peu plus crédible .
Alpin dit
Source de la notice:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Skinhead
pirate dit
Alpin vous êtes décidément un petit garçon, mais vous avez fait beaucoup d’effort pour rien. Votre nécessité absolu à avoir le dernier mot est rigolote, mais je n’ai pas lu votre interminable prose, la fiche wiki par contre si, donc passez la main petit garçon vous avez un plus gros zizi que moi, c’est bien, clap, clap.
Alpin dit
@pirate,
Parlez donc ,seulement de ce que vous croyez connaître ,vous même (en toute méconnaissance de soi) ,et restez en là bien encalminé avec vos obsessions infantiles de poupon gâté tout à votre monomanie phallique .
C’est une bonne auto-description.Allez donc japper ailleurs,on vous y donnera du sucre. -;)
Tonton Marko dit
Très beau texte, indeed.
juste un truc, le mineur, ancêtre de Kate était son arrière-arrière-grand-père et il vivait à Hetton-le-Hole qui est au nord-est de l’Angleterre. Les gallois c’est du coté de William qu’on les trouve.
skardanelli dit
Jérôme Leroy vous n’êtes pas seul ! Très beau texte Madame !
isa dit
votre texte est…magnifique.