Les « indignés » de la Bastille
Une manif de Gribouille
Publié le 30 mai 2011 à 9:00 dans Société
Mots-clés : Indignés, Stéphane Hessel

photo : fabrice6827
« La Révolution n’est pas un dîner de gala » chantait le groupe punk Ludwig von 88. Hier à la Bastille, ils étaient pourtant quelques centaines à avoir joyeusement bravé le beau temps pour crier leur révolte dans un grand élan festif. Essentiellement composée de jeunes étudiants, diplômés en situation précaire ou punkachiens marginaux, la cohorte interlope massée devant l’Opéra Bastille s’enrichissait de quelques aînés aux tempes grisonnantes. Sous le parrainage de Stéphane Hessel, ces « indignés » se réclamaient des révolutions arabes pour mieux singer les protestataires de la Puerta del Sol. « C’est la France qui a inventé la révolution et ce sont les peuples arabes et les Espagnols qui la font. Alors allons prendre la Bastille ! » expliquaient-ils pour se donner du courage. Après tout, peut-être faut-il se réjouir que le chauvinisme soit devenu un produit d’exportation, comme si l’idée même de nation se délocalisait, suivant nos usines en Tunisie !
Sans parti ni patrie
On ne sait pas très bien ce que les manifestants parisiens entendaient démontrer mais cela n’importait guère. Dans les tracts distribués aux passants, les organisateurs anonymes de ce happening de l’indignation se défendaient de toute affiliation partisane ou syndicale, leurs revendications se limitant à quelques lieux communs socialement bienséants: « Le monde est soumis à des politiques de rigueur imposées par le marché et les organismes internationaux (FMI, Banque Mondiale, etc.). Ceux-ci engendrent chômage de masse et précarité de l’existence. » Sans oublier une allusion à l’anniversaire du 29 mai 2005, date du référendum sur le Traité Constitutionnel européen. Ces lieux communs n’ont rien de choquant et même, méritent d’être rappelés de temps à autre. Pour autant, en l’absence de toute ébauche de perspective, on ne voit pas en quoi ils seraient mobilisateurs.
« Democracia real ya ! » (« Pour la démocratie réelle »), pouvait-on lire sur les banderoles. L’indignation sauce Hessel ne saurait tolérer la moindre trace de patriotisme. Inutile de préciser qu’on n’aura pas vu flotter un seul drapeau français – sans doute aurait-ce été considéré comme une provocation fasciste. Seuls quelques oriflammes espagnols, autorisés pour circonstances exceptionnelles, ou palestiniens, toujours bienvenus quelle que soit la cause, ont été déployés. Le messie Hessel peut se réjouir : les indignés restent désespérément apolitiques, apatrides et transnationaux, tous fervents défenseurs des droits de l’homme déraciné. Internet est leur seule nation, les réseaux sociaux leur seul monde commun.
Une contestation Canal plus
Cette bouillie idéologique a du mal à dépasser le stade de l’imprécation la plus attendue : dans la situation terrible où se trouve l’Espagne on voit mal qui refuserait de s’en prendre aux méchants marchés financiers et à la vilaine Commission de Bruxelles. En vrais rebelles, ces jeunes conspuent TF1 et « son idéologie frontiste » et parlent le langage de Canal +. Leur France angélique baigne dans l’irénisme blafard de la sociologie subventionnée des frères Fassin. Dans leurs esprits, toute critique de l’insécurité se mue en dérapage populiste haineux. Ils tirent à vue sur le paysan déclassé qui vote Le Pen mais trouvent des circonstances atténuantes aux « cailleras » victime d’un racisme omniprésent. Mais avec votre coupe de cheveux, votre teint pâle et vos expressions hors d’âge, vous ne pouvez même pas le voir !
Une seule solution, l’indignation : contre Sarkozy, le patronat, les expulsions de clandestins, TF1, le Front National. Les gouvernants peuvent dormir tranquilles : cette masse ahurie conjuguant apolitisme et dénonciation marxiste de la « démocratie formelle » est bien incapable de réfléchir à la mondialisation ou aux rapports de classes1. Entre le festif et le sérieux, les indignés hésitaient cruellement. Utopie festive ou praxis révolutionnaire ? Les deux mon commandant, au diable la cohérence bourgeoise !
La chute finale
On verra si la poignée de journalistes qui avaient renoncé à leur repos dominical pour couvrir « l’événement » auront été séduits par ce lyrisme de bazar. C’est qu’en fait d’événement, on a pu observer un attroupement de jeunes fumant un joint une bière à la main et chantant un refrain à la gloire de Che Guevara, un atelier « dessine-moi ton monde » où des gamins, indifférents à la gesticulation carnavalesque, peignaient arbres et fleurs, sans oublier les irrésistibles cahiers de doléances, dont les initiateurs se voyaient déferler dans les rues de Paris, en héroïques héritiers des sans-culottes de 1789 et des Communards.
On ne pouvait s’empêcher de penser à la remarque de Marx sur l’Histoire qui, après la tragédie, revient sous forme de farce. Alors que les morts égyptiens, tunisiens, yéménites et syriens jonchent les sentiers de la liberté arabe, les indignés de la Bastille rejouaient hier le remake burlesque de leur sacrifice. Ces candides de la révolution post-adolescente donnent envie de voter à droite. Ça leur fera les pieds.
- Quelques mouvements agrégés à la manif tentèrent de se frayer un chemin politique parmi ce concert de bons sentiments : le Mouvement Politique d’Education Populaire (MPEP) plaidait en vain pour la sortie de l’euro tandis que Génération Précaire faisait son beurre associatif ↩










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Sophie dit
Assez d’accord avec Sausage. Que des gens veuillent prendre le soleil collectivement, peu me chaut.
Mais si pour ce faire, ils doivent se draper dans des toges d’indignation à 3 euros avec la bonne conscience de celui qui a culpabilisé son prochain, ça me gène aux entournures.
Ca me rappelle les béguines.
Marcel Meyer dit
Bien sûr. Mais tout de même, vous écrivez : « ”Le monde est soumis à des politiques de rigueur imposées par le marché et les organismes internationaux (FMI, Banque Mondiale, etc.). Ceux-ci engendrent chômage de masse et précarité de l’existence.” (…) Ces lieux communs n’ont rien de choquant et même, méritent d’être rappelés de temps à autre. »
Ah oui, ils méritent d’être rappelés, vraiment ? “Le monde” ? Y compris la Chine, la Russie, l’Inde ou l’Arabie Saoudite mettons ? Et ce sont le marché et les organismes internationaux qui ont créé le surendettement de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal et des autres paniers percés, dont nous sommes ? Et les milliards que nous n’avons pas, que nous leur donnons et dont nous aurions nous-même un urgent besoin pour tenter d’équilibrer nos comptes, ils ne méritent pas d’être rappelés ? Et quand vous écrivez « Ceux-ci engendrent chômage de masse et précarité de l’existence », où l’on imagine, mais peut-être a-t-on tort, que “ceux-ci”, malgré le masculin, se rapportent aux politiques d’austérité imposées par les méchants en échanges des dits milliards, c’est encore une vérité bonne à être rappelée ? Peut-être pensez-vous vous aussi que nos dettes publiques devraient être effacées, comme celles d’un quelconque pays sous-développé ? Mais alors, qui va payer les créances ? On les efface et tant pis pour les banques et les millions de porteurs de bons des trésors ? C’est sans doute comme ça que ça va se terminer, par l’intermédiaire ou non d’une hyperinflation. Mais gare ! C’est alors qu’on la verra, l’austérité, la vraie, la douloureuse. On parie ?
vingtras dit
L’orage de la nuit aura dû nettoyer la place de la Bastille. Il n’y aura donc aucune tête coupée au bout des piques. De tout ceci ressort (à boudin) que la France de 2011 aura donné au monde entier deux mots d’ordre révolutionnaires : “Dégage!” et “Indignez vous!” On attend la traduction en espagnol de “Casse-toi, pôv’ con!”… les CRS catalans l’ont appliqué à Barcelone, on va voir les castillans quand la droite sera revenue au pouvoir. Beau travail, Hessel!
PS. Entendu hier matin sur France Cul : “Basta la movida qui commence le jeudi soir… Reprenez vos études les enfants.” Le temps où les jeunes espagnols quittaient l’université pour gagner 3 fois mieux leur vie dans le BTP semble terminé. En français (et en européan) ça se dit : “gros jean comme devant”.
skardanelli dit
@Saul
Un jour je trouve une petite brochure sur la table du salon. Je lis le titre et je demande à ma fille qui l’avait visiblement apporté là : “tu as trouvé une pub pour le bouquin de Hessel ?” Et elle me répond : “non ! C’est le livre ! “. Abasourdi ! Tout ce foin pour ça ? Et aprés l’avoir lu, j’étais plus consterné encore.
skardanelli dit
À sa décharge, ses quatre-vingt treize années. Ça n’excuse pas ceux qui s’en réclament.
Saul dit
une pub pour le bouquin de Hessel…excellent :-D
je viens de lire quelques extraits en ligne….
bon y’a des trucs interessants, mais ça a l’air d’enfoncer des portes ouvertes avec quand même un parti pris et un coup de projo sur le conflit proche oriental (ça déja….)
sur le système économique par exemple (là vous vous doutez que j’approuve à fond ;-), ça parait assez naïf mais en fait c’est plutot du bon sens…
par contre en ce qui concerne le conflit israelopalestinien (commencent vraiment tous à nous casser les burnes avec ça…),là je suis assez refroidi…qu’il exprime son point de vue sur Plomb durci, à la limite pourquoi pas (mais y’a d’autres conflits aussi, c’est pas ce qui manque…), mais pas de quoi porter plainte pour antisémitisme, c’est totalement stupide…sur le terrorisme, il est plus que limite (“j’excuse pas mais on peut comprendre bla bla”), et s’enfonce dans une éspèce de gloubi boulga gnangnanesque (“faut pas exasperer, faut esperer”" ouaiiis si tous les gars du monde ….), bref une sorte de prechi precha habituel et incantatoire sur la non violence (mais où l’on sent qu’ “on peut comprendre”….)
pour finir, son point de vue comme quoi nous serions à un seuil, un point d’inversion, est assez intéressant et même assez pertinent, il y a en effet comme un abandon de la volonté de faire un monde meilleur de la part des états, dirigeants, finances etc
ça n’a pas l’air de casser 3 briques quand même, mais bon je peux dépenser 3 euros et quelques minutes.
skardanelli dit
Et le : “leur constante préoccupation du bien-être de leurs enfants…” en parlant des Gazaoui : shayada
skardanelli dit
@Saul
Los indignados s’appellent ainsi car il a fallu ce temps pour traduire les misérables vingt-huit pages, et que le machin vient juste de sortir en Espagne. Et oui, malheureusement, Hessel a fait des émules de l’autre côté des Pyrénées.
Saul dit
mais ici il ne semble pas faire l’unanimité…
http://aquitainedecroissance.org/2011/05/30/indigne-es-attention/
Saul dit
y’a que 28 pages dans ce bouquin ?
bon s’il est pas trop cher, j’irai l’acheter et lire pour voir ce que ça donne (ou sur le net, doit bien y avoir une version gratos..)
Pierre Jolibert dit
Il y a, comme Saul (qui, lui, reste cohérent d’une semaine à l’autre), un point qui m’étonne : le décalage entre cet article et celui d’il y a huit jours sur l’Espagne : est-ce un test pour voir si on suit ?
skardanelli dit
Il faut tout de même avoir quelque chose derrière la tête pour se revendiquer ‘indigné’, ce quelque chose c’est le misérable opuscule d’Hessel, de ce point de vue je trouve, contrairement à beaucoup, que ce billet fait sens. Se réclamer de Hessel, c’est se réclamer de la gauche canal plus, hamassophile et geignarde. C’est porter l’imbécilité en bandoulière.
isa dit
Je dirais plutôt strictement rien dans la tête.
J’ai des élèves qui n’ont lu que ce livre dans leur vie, passqu’il est p’tit.
Saul dit
Skarda, par rapport à Hessel, effectivement, mais ces indignés là se réclament ils vraiment de lui ?
je veux dire par là, est il vraiment à la base de ce mouvement (qui vient d’Espagne quand même…) où s’agit il seulement d’une convergence entre Hessel et ces indignés là ?
leroidec dit
Excellent reportage, lucide, incisif.
say yes dit
Sausage, vos commentaire sont de moins en moins longs. Reprenez-vous, un peu plus de sauce, please!
sausage dit
merde!!
say yes dit
https://framapad.org/ep/pad/view/pJQ4n8Ikpa/S8iOvGTJKY
Trouver, c’est pas dur. Mais comprendre comment ça marche…
say yes dit
merde!!
sausage dit
Saul,
Je n’ai pas le même regard que vous. Il ne me viendrait pas une seconde à l’idée d’aller me documenter et me renseigner sur cette manif. Je les connais, je les ai assez vues déambuler à Bastille ou ailleurs pour reconnaître ce que décrit l’article, avec une certaine justesse.
L’objet? La cause? Peu me chaut! Comme dit Pirate, tout est bon pour une tit’ merguez et un ti’ chichon devant les CRS. Et encore, ça je m’en fous. Que les gens veuillent prendre le soleil, ça me va très bien.
L’idée du texte est tout simplement de jeter un regard différent sur ces manifs que celui plein de noblesse dont s’arrogent automatiquement ceux qui en font partie, à la sauce hesselienne, à base de droit de l’homme et d’indignation.
En gros, prenez un mixeur, vous y mettez la fin de l’histoire et l’homo festivus de Muray,rajoutez une bonne pincée d’honnêteté et vous appuyez sur le bouton. Ca pourrait tout à fait être la recette de cet article.
Saul dit
(désolé, n’habitant pas Paris, un p’tit peu obligé de se renseigner un minimum…car s’il faut juste se baser sur ce qu’en dit ce billet, je crains qu’on ait une idée largement faussée…)
quand vous dites “je les ai assez vu déanbuler à Bastille ou ailleurs”, vous parlez de manière générale non ? pas de cette manif en particulier ?
car le coté chichon et apéro aux beau jours, ça n’a pas l’air d’être ça : ils l’ont carrément interdit…
peu vous chaut la cause etc, certes certes, mais là justement ça me parait bien plus interessant que la defense des acquis sociaux etc
j’ai aussi l’habitude de ces manifs telles que décrit dans ce billet pour y avoir participé, bien que les cotés décrits me gonflent comme c’est pas permis moi aussi…pour tout vous dire, pendant les manifs sous Raffarin contre la réforme des retraites (2003 si je me souviens bien), j’étais le seul con à manifester avec un drapeau français (et la devise républicaine écrite sur mon t-shirt…j’ai évité le coté devise vichyste dans le dos qui répondait à la devise républicaine du devant, me doutant que les manifestants ne fassent pas preuve d’humour…), en tête de manif et tout ! (une copine était déguisée en Marianne…au passage, salut Gwenn)
succès garanti vous pouvez me croire !!!
tout les photographes s’en donnaient à coeur joie, tandis que je sentais les regards de suspicion derrière moi….
bref tout ça pour vous dire que ça m’a l’air bien différent ce coup ci, non pas que je crois que ça puisse déboucher sur quelque chose, mais le type d’action, “l’esprit” semble radicalement être plus profond que ça, disons le, plus “vrai”, plus sincère..
aussi ce très mauvais billet semble beaucoup plus relever de la paresse intellectuelle, et de l’instruction à charge sans vérif poussée.
alors oui ok, ça singe la “vraie” révolution bla bla, tout cela est sans doute vrai, mais ça aurait été bien que les auteurs ne se contentent pas d’enfiler les perles et poncifs sur le rebelle gaucho de pacotille, et d’aller un peu plus au fond des choses, d’essayer de voir justement ce qu’il y a de différent (car vous m’excuserez mais une manif sans logos syndical, ou politiques ou altermondialiste, et avec des slogans parlant tout de même de la réalité et non les slogans poussifs que doit apprendre tout gaucho, j’ai quand même rarement vu…) car apparement là desus ils se sont plantés.
bref ils se sont contentés d’instruire à charge..
ils ont baclé quoi.
pirate dit
Saul pardonne moi, mais pour le moment il est préférable de se méfier des copies. Ce phénomène sans logo ni bannière nous vient d’Espagne qui vient lui-même de méditérrannée. De ceux qui sur ma page FB commentent l’exploit, ne vient que la vieille rangaine trop connue sur les patrons qui sont très très méchant et les nègres… euh les noirs, qui sont très très gentils. Police partout, justice nulle part. Benny Wiwi et son gig. N’étant pas sur place, je ne peux me prononcer sur la réalité ou la caricature. Mais je sais une chose. Que ce soit en Espagne ou pas, c’est et ce fut un mouvement massif qui ne débande pas, qui ne se fait pas gentiment chassé par les CRS, ni même méchamment parce qu’il est massif et pour le moment pacifique. Et c’est toute la différence. On ‘est pas dans le cadre d’un caprice de masse. Ici on est même pas au stade de la masse… par contre le caprice…
Saul dit
c’est vrai qu’ici, c’est pas encore massif Pirate, mais c’est en train d’essaimer un peu partout quand même.
j’apprends même sur le lien de Say Yes, qu’il y en a à Bordeaux !!! (ça devait être assez confidentiel car on ne les a même pas évoqué dans le cadre du boulot).
j’irais voir sur place s’ils font une autre action, et je te dirais ça
“en direct de la Démocratie Réelle, notre correspondant Saul…” :-D
Saul dit
Sausage,
selon vous quelle est donc l’idée principale ?
c’est quand même une manière de se foutre de leur gueule et de les discrediter, vous ne trouvez pas ?
le ton est plus que méprisant et condescendant…
(et je suis d’accord concernant Daoud, ça m’a fortement surpris de sa part, à un point que j’émets un gros doute qu’il ait réellement participé à ce billet)
Saul dit
un peu facile Sausage….
cette phrase ne justifie pas le texte, elle sert surtout à transformer l’intention des manifestants et à les discrediter.
car en cherchant un peu, ce n’est pas vraiment le portrait que nous peint ce billet : c’est surtout des gens qui expriment un ras le bol…
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1652;apres-le-printemps-arabe-l-ete-europeen.html
“Ils se comprennent car ils font face à une réalité très similaire : la crainte de ne pas trouver un emploi stable, de ne pas pouvoir payer son loyer ; de ne pas trouver de logement, de ne pas pouvoir payer ses soins de santé, la volonté de permettre une réelle égalité des chances à tous, de ne pas cumuler les petits boulots, de ne pas se retrouver à découvert dès le début du mois, ou bien encore de rêver de vacances qu’ils ne pourront jamais se payer pendant que ceux qui détiennent le pouvoir se font inviter sur des yachts ou dans des villas hors de prix.”
ou encore
http://www.midilibre.fr/2011/05/29/plusieurs-centaines-d-indignes-rassembles-place-de-la-bastille-a-paris-nouvelles-manifestations-en-espagne,326625.php
le slogan serait “le chômage, la précarité et la corruption”, ainsi que contre les “dérives de la démocratie”.
je sais pas vous, mais ça me semble “sensiblement” différent de la caricature du bobo qui s’encanaille en jouant au grand soir, comme nous le peint ce billet.
les auteurs auront beau faire toutes sortes de citations, il n’en reste pas moins qu’ils transforment une réalité, et ça c’est malhonnete….
sausage dit
Cette référence à Marx n’est qu’un faire-valoir pour appuyer une idée présente tout au long du texte, qu’on aura fait l’effort de remarquer pourvu qu’on s’attache à comprendre l’idée principale plutôt que de chercher l’élément qui va générer 50 commentaires de plus (d’ailleurs, ils ont peut-être des quotas, non? c’est assez à la mode en ce moment).
Sinon Saul, je vous trouve cruel avec l’article quand on connait les positions de sieur Daoud en ce qui concerne la mondialisation et ses dérives ultra-libérales. Si vous cherchez des sympathies entraînant les auteurs au-delà du constat objectif, c’est plus vers la “fin de l’histoire” d’un Muray qu’il faut regarder, encore qu’il faudra démontrer ensuite où ils pourraient s’égarer.
robespierre dit
D’habitude, les auteurs sont plutôt gentils. Mais là, quel cruauté !
say yes dit
O vous savez, pour moi, l’histoire est discontinue et cyclique, mais c’est vrai que Marx était un génie.
sausage dit
Saul, Say Yes et qui veut,
“On ne pouvait s’empêcher de penser à la remarque de Marx sur l’Histoire qui, après la tragédie, revient sous forme de farce.”
Il me semble que cette phrase justifie à elle seule ce texte. Vous pouvez continuer à chercher des éléments polémiques pour vous rassurer, conforter ou je ne sais quoi encore, ou bien vous pouvez lire. Et lire, ça ne veut pas dire s’arrêter sur chaque mot un peu tendancieux (palestienien, Hessel, & co ), c’est avant tout comprendre l’idée principale. Encore une fois, très bien résumée dans ce court petit paragraphe que les auteurs ont bien voulu glisser en fin d’article, par souci de clarté, j’imagine. Il reste encore un peu de travail, apparemment.
say yes dit
Si vous renvoyez les propalestiniens et les proisraéliens dos à dos, votre raisonnement ne me pose pas de problème.
say yes dit
merde!
Saul dit
(what’s happened ? :-)
désolé il n’y a plus rien sur votre lien (juste une phrase “pourquoi il n’y a plus rien ?”)
les renvoyer dos à dos ?
perso je penche plutôt pour le côté israêlien, mais les brancos type LDJ m’horripilent autant que les pros palestiniens…
disons que j’ai juste mon avis sur la question, mais que je les renverrais quand même dos à dos dans le sens où ce conflit nous est exterieur et que ceux qui veulent manifester dans notre pays pour tel ou tel camp n’ont qu’à aller plutot là bas pour aller au fond de leur engagement, au lieu de nous les briser menu avec ça (c’est d’un gonflant à force…)
say yes dit
Moi je suis pour les deux, c’est à dire pour une paix juste, mais comme vous dites, cette discussion n’a pas lieu d’être ici, en ce moment, d’autant plus que ce ne sont pas les propalestinienq qui ont importé le conflit en France, vous avez peut-être lu l’article de Basile de Koch à ce sujet.
say yes dit
https://framapad.org/ep/pad/view/pJQ4n8Ikpa/S8iOvGTJKY
Trouver, c’est pas dur. Mais comprendre comment ça marche…