“Le Monde” et les agents de conservation | Causeur

“Le Monde” et les agents de conservation

À propos de «la jeune génération conservatrice»

Auteur

Jérôme Leroy

Jérôme Leroy
est écrivain.

Publié le 11 janvier 2017 / Société

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L'enquête du "Monde" sur les émules de Jean-Claude Michéa est fort intéressante. Même s'il faut trier le bon grain décroissant de l'ivraie droitière parmi ces jeunes têtes bien faites.
michea limite eugenie bastie

Jean-Claude Michéa et Eugénie Bastié. Photo: Hannah Assouline.

Je viens de lire l’enquête du Monde sur « La nouvelle pensée conservatrice » à propos de la sortie du dernier livre de Jean-Claude Michéa, Notre ennemi, le Capital (Flammarion). À part le mot « conservatrice », d’emblée disqualifiant et connoté pour un lecteur de gauche ou même du centre, c’est très bien fait. Son auteur, Ariane Chemin, a le mérite d’attirer notre attention sur un bouillonnement intellectuel qui s’est cristallisé autour de Michéa, bouillonnement d’autant plus intrigant qu’il reste rétif à toute tentative de classement sur un arc droite-gauche et qu’il se caractérise par la jeunesse de ses participants.

Une société consumériste à bout de souffle

Il y a des noms cités que je m’honore d’avoir comme amis (notamment ceux de la revue Le Comptoir, « socialiste orwellienne ») et d’autres que je m’honore d’avoir pour adversaires ou avec lesquels je pourrais avoir de sérieuses divergences, notamment ceux de la revue Limite de notre consœur Eugénie Bastié. Mais eux se parlent tous, se rencontrent, échangent et semblent avoir renoncé à se poser la vieille question des années 70 : « D’où tu parles ? ». Qui sait si ce n’est pas cette méthode qui est la bonne ? En novlangue politique, on dirait qu’ils ont un diagnostic partagé sur la situation d’une société consumériste à bout de souffle, qui aspire à un hédonisme total pourtant manifestement réservé à une minorité de plus en plus minoritaire de l’hyperclasse.

Ils sont tous, nous précise-t-on, peu ou prou nés, au moment de la chute du Mur. Ils ont donc une autre histoire et ils ont, par exemple, toujours connu une gauche socialiste ouvertement convertie aux lois du marché. On pourra déplorer que l’enquête ne souligne pas toujours assez leurs divergences tactiques. Faire par exemple pour certains d’entre eux de la lutte contre le mariage pour tous un combat prioritaire de l’« écologie humaine » me semble tenir davantage du réflexe religieux, voire du réflexe de classe que d’une lutte pour l’émancipation globale d’une société soumise à des inégalités sans précédent sur le plan économique mais aussi culturel et environnemental.

Orwell et Pasolini restent à gauche

Ils ont des lectures qui sont les miennes depuis longtemps, Orwell ou Pasolini, mais certains d’entre eux ont quand même tendance à oublier que l’anti-stalinisme d’Orwell ou la critique de l’avortement par Pasolini, continuent malgré tout, à faire de ces deux écrivains des hommes de gauche et, horreur pour ces jeunes gens, des hommes de progrès si on entend par progrès non pas une adhésion béate aux derniers gadgets technologiques ou à l’extension indéfinie des droits individuels mais un désir conjugué d’égalité et de liberté qui ne s’opposent pas, au contraire, la liberté libérant l’égalité et ne se résumant plus à celle du renard libre dans la poulailler libre. Ainsi, ils lisent aussi Bernanos, une autre de mes grandes admirations mais je n’oublie pas pour autant que Bernanos, malgré sa condamnation des exactions franquistes pendant la Guerre d’Espagne, son opposition à la France des robots n’est pas pour autant un penseur anarchiste et qu’il serait ridicule de vouloir le « récupérer ».

Ils m’agacent cependant sur un point, ces jeunes gens qui “veulent baiser sans niquer la planète” (je les cite) : ils refusent la contraception ou la capote parce ce serait faire le jeu du marché et de sexualités calibrées. Là, pour le coup, il y a une question de génération. J’ai cinquante-deux piges et j’ai commencé ma trépidante vie amoureuse alors que le Sida, même pas encore identifié, faisait déjà des ravages. J’ai vu se refermer “la parenthèse enchantée” 68-80 avec des mots comme AZT et les colonnes nécrologiques de Libé où on mourait à trente ans jusqu’au milieu des années 90.

Changer de genre, un crime libéral?

On m’a retiré sous le nez le gâteau économique, social, libertaire de la “Génération lyrique” pour reprendre la terminologie de François Ricard. Et je n’ai même pas eu le temps d’y goûter ! Alors, vous m’excuserez, mais de ce côté là, ça coince… Il ne s’agit pas de vouloir retrouver le mode de vie de nos pères dans ces années-là, ce qui serait une nostalgie respectable littérairement mais ridicule politiquement. Néanmoins, je ne pense pas, notamment sur le plan des moeurs, qu’ils aient eu tout faux et je n’oublie pas qu’ils ont contribué, chacun à leur niveau, à la création d’un Etat-Providence qui a été capable d’assurer à la France de ces années-là une protection sociale et des niveaux de vie qui leur donnaient au moins l’impression de vivre tous dans le même monde, de l’ouvrier au patron, du toubib à l’instit.

Je ne suis pas non plus convaincu par l’automaticité du lien que fait Jean-Claude Michéa, le maître à penser de cette génération « conservatrice », entre libéralisme économique et libertés sociétales (sexuelles notamment). Je ne vois pas pourquoi une société communiste serait contradictoire avec, par exemple, le désir de changer de genre en cours d’existence si tel était mon bon plaisir.

Mais, et ce mais est de taille, sauf la très petite minorité intégriste qui flirte avec Marion Maréchal-Le Pen en oubliant ou en faisant semblant d’oublier que l’extrême droite n’est, à la fin, que la forme terroriste du capitalisme, ils sont radicalement et sincèrement antilibéraux et opposés à la bourgeoisie telle que la définissaient Marx et Engels, qui a fait ” de la dignité personnelle une simple valeur d’échange et substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l’unique et impitoyable liberté du commerce » avec “une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale”.

À ce titre, le vieux rouge que je suis, en cours de conversion écologique, voire décroissante, comme il y a des vins en cours de conversion bio, les considère comme des alliés objectifs, ces « conservateurs », afin d’éviter qu’on finisse tous à Zanzibar, pour reprendre le titre d’un célèbre roman de John Brunner qui décrivait dans les années 70 l’effondrement apocalyptique de ce que d’autres ont appelé « la société spectaculaire-marchande. » Après, quand on aura terrassé la Bête, il sera toujours temps de s’affronter joyeusement dans le temps libéré pour régler les détails.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 15 Janvier 2017 à 12h35

      Livio del Quenale dit

      La masturbation intellectuelle rend sourd, aveugle, développe la sensiblerie, un complexe de supériorité, de vertu accusatrice et sectaire au doigt tendu.

      Rend aussi, autoritaires, rigides, pasticheurs, niant la réalité, ou la tordant pour l’ajuster dans le verbe à des idéaux illusoires coûteux, dont ils présentent la facture aux autres.

       Leur esprit est envahi d’une distorsion planante des grandes idées des lumières pour satisfaire les besoins fondamentaux étendus, confondant l’esprit et la lettre.

      Ils peuvent aussi, sans gène aucune, c’est à la mode, leur faire payer l’invention d’un “revenu minimum garanti généralisé” sans travailler, qu’il ont “inventé” tout seul, en être assez fier pour s’en prévaloir aux élections présidentielles.

       Une sorte de partage sans compensation, confondant trop facilement égalité et uniformité espérant sans doute qu’un dieu y pourvoie.

       ”On partage tout ! moi j’ai rien et toi qu’est ce que t’a, une montre ! Donnes-la moi je te donnerai l’heure”. Il faut aller sauver le monde ! allez hop une commission, une agence, un ministère et de nouveaux impôts.

       L’inaptitude institutionnalisée, que dis-je, une culture de la dotation, réminiscence du foyer parental et de l’argent de poche facile, dont l’école ne pousse pas à en sortir, vu que les enseignants sont issus du même bain et le cultive avec application et ferveur, jusque dans les rues pour y soutenir des idées contre nature, au point de s’étonner de n e pas être compris dans leur fuite en avant,mais bien sur  progressiste.

      Il faut accueillir les migrants ! On les nourris , on les loge, on les flatte, on leur donne des droits, on leur donne de l’argent de poche, on oublie de leur laver les pieds,
      leur donner notre lit et nous coucher dehors
       Arrivés quelque centaines, par un prompt renfort
      nous les vîmes trois mille en arrivant au port …
      –  

    • 15 Janvier 2017 à 11h55

      a2lbd dit

      Après, quand on aura terrassé la Bête, il sera toujours temps de s’affronter joyeusement dans le temps libéré pour régler les détails.

      C’est une citation de Robespierre, non?

      • 15 Janvier 2017 à 12h34

        lisa dit

        a2lbd, ça faisait longtemps !

    • 12 Janvier 2017 à 21h07

      Lafaux dit

      Mme Bastié et Marion Maréchal Le Pen sont toutes les deux opposés à certaines lois et à une idéologie et théorie que les féministes et LGBT repris par la gauche et une partie de la droite approuvent ou laissent faire. Mme Bastié dans son livre a plutôt bien expliqué ses sujets tout en apportant un esprit critique négatif qui est plutôt mal perçu en plus des femmes critiquées le féministe pour beaucoup le féministe c’est être pour les femmes ne pas être féministe c’est inégalité, machiste, soumission,… . C’est malheureusement beaucoup trop simpliste.

      • 15 Janvier 2017 à 12h40

        Livio del Quenale dit

        oui, alors compliquons.

    • 12 Janvier 2017 à 20h40

      adelannoy dit

      Je n’ai rien non plus contre le fait d’appeler Madame un homme si ça l’amuse. J’ai déjà connu des travelos comme il y en avait d’antan à qui je faisais la bise (ce qui ne se faisait guère entre hommes, hors de la famille). Je n’ai même rien contre le fait que quelqu’un change de sexe mais le fait est que ce n’est pas possible, et que, chromosomes obligent, ce ne le sera probablement jamais. Or ce que racontent les médias mentant, c’est que cette option de changer de sexe, option qui n’existe pas, existe.

    • 12 Janvier 2017 à 18h39

      expz dit

      “je ne vois pas…si tel était mon bon plaisir” : bizarre pour quelqu’un se prétendant communiste d’avoir cette réflexion “petit bourgeois” . Dans une société communiste , chacun “œuvre” pour le “bien commun” . Les “désirs individualistes” et considérés comme superflus n’y ont aucune place . C’est pour cela qu’ils créent à chaque nouvelle version du communisme des camps de rééducations ou des hôpitaux psychiatriques pour les “esprits déviants ou bourgeois/corrompus”.
      La prostitution ou les sites porno n’existeraient pas si il n’y avait pas des clients qui , eux, ont la liberté du choix et la responsabilité de les financer . La nature humaine est laide et l’a toujours été,mais elle n’est pas liée au “capitalisme” , elle est intrinsèque. La grande utopie serait-justement- de vouloir la changer en la “rééduquant” (comme avec les khmers ou Staline ). Espérons que ce scénario ne se répètera pas…
      “Une société soumise à des inégalités sans précédents” : phrase passe-partout que l’on nous assène depuis 150 ans.C’est vrai qu’autrefois le niveau de vie des patriciens Romains était très proche des esclaves .
      Il paraitrait même que les patrons du 19e n’hésitaient pas à donner un coup de main aux mineurs! Et ne parlons pas du niveau de vie des seigneurs,très proche des serfs , très potes ,au fond…
      Ces pauvres littéraires dépassés par un monde qu’ils ne comprennent plus , ne maîtrisent plus.Certains espèrent encore la chute du capitalisme comme les juifs l’arrivée du messie…A force d’avoir asséné,matraqué à foison dans les médias des années 60/70 ces théories,le peuple (d’ailleurs qui peut prétendre le connaître?) ne l’écoute plus , il préfère se passionner pour le dernier…IPhone :Mais que faire ?le “rééduquer” ? Par la force?…

      • 12 Janvier 2017 à 20h46

        Wil dit

        expz dit
        ““je ne vois pas…si tel était mon bon plaisir” : bizarre pour quelqu’un se prétendant communiste d’avoir cette réflexion “petit bourgeois” .
        Bien vu.
        Je l’avais vu mais je suis parti sur le reste de la phrase et j’ai finalement oublié ça.
        “Ces pauvres littéraires dépassés par un monde qu’ils ne comprennent plus , ne maîtrisent plus.”
        Les “littéraires” n’ont jamais vraiment compris le monde parce qu’ils le vivent dans des livres,regardes les sociologues,et pas en réel.Et ils ne l’ont certainement jamais maitrisé.

        • 12 Janvier 2017 à 22h36

          Wil dit

          Rien ni personne ne maitrise le monde.

        • 12 Janvier 2017 à 22h39

          Wil dit

          Comment maitriser le monde alors qu’on ne maitrise pas sa vie?…

        • 15 Janvier 2017 à 12h53

          Livio del Quenale dit

          l’eau passe toujours, on ne la maitrise pas, on la guide tout au plus.

    • 12 Janvier 2017 à 16h31

      Wil dit

      “Je ne vois pas pourquoi une société communiste serait contradictoire avec, par exemple, le désir de changer de genre en cours d’existence si tel était mon bon plaisir.”
      Pour le changement de genre,rien n’est sûr mais vu ce que pensaient les “pères fondateurs” du communisme et ceux qui les ont suivi de l’homosexualité,on peut en avoir une bonne idée.
      “L’histoire du communisme international est, globalement, l’un des plus tristes chapitres de l’histoire de l’homophobie aux dix-neuvième et vingtième siècle. Les choses ne pouvaient plus mal commencer, puisque l’un des deux fondateurs du marxisme, Friedrich Engels, était farouchement homophobe. Dans une lettre à Marx de 1869, où il s’en prend violemment au sexologue allemand Ulrichs, il écrit :
      “On dira dorénavant : guerre aux cons, paix aux trous-du-cul. C’est encore une chance que nous soyons personnellement trop vieux pour avoir à craindre de payer de notre personne la victoire de ce parti.”
      Et dans L’Origine de la famille, de la propriété et de l’État (1884), il dénonce “la pratique répugnante de la pédérastie grecque”, dans laquelle il voit le résultat d’une déchéance morale.”
      La suite est encore plus édifiante.
      http://lmsi.net/Une-tradition-etrangere-a-la

      • 12 Janvier 2017 à 16h40

        steed59 dit

        le PCF, dans ses grandes heures des années 50, était réputé être plutôt conservateur en matière de moeurs

        • 12 Janvier 2017 à 17h17

          Schlemihl dit

          L’ homosexualité étant répandue chez les canards les bovidés et de nombreux groupes zoologiques dont les primates ( babouins macaques chimpanzés hommes ouistitis mandrills … ) , il n’ est pas certains qu’ elle ait un rapport avec le capitalisme le fascisme ou les arts . En se limitants aux hominidés , elle est signalée chez tous les peuples toutes les races tous les milieux sociaux et se voit chez les paysans les marins les musiciens mathématiciens peintres acteurs mineurs de fond grutiers rusquiers bergers éleveurs jockeys métallurgistes quincaillers scieurs de long philosophes fossoyeurs médecins maréchaux ferrants militaires et dit on antiquaires . on la retrouve dans toutes les religions , à toutes les époques , dans tous les sexes ( il y en a plus de deux ) , elle est répandue chez les fascistes communistes socialistes réactionnaires conservateurs anarchistes centristes et rien du toutistes , elle existe chez les vagabonds et les milliardaires , on dit même qu’ une célèbre Académie qui siège à Paris aurait eu en son sein … mais on dit tant de choses .

          Je crois que seuls les danseurs de ballet sont épargnés par ce fléau des temps moderne , triste exemple de la dégénérescence petite bourgeoise de nos moeurs .

          Des révolutions inouïes ont ébranlé ( si j’ ose dire ) le genre humain , des civilisations ont sombré , des cadavres se sont entassés par dizaines de millions , des villes antiques ont été pulvérisées , mais les prostituées continuent d’ exercer leur métier avec une parfaite régularités et les homosexuels des deux sexes et autres continuent de se ( censuré ) les ( censuré ) sans se soucier des anathèmes et des malédictions . Je soupçonne que ça durera plus longtemps que la mode des slips à rayures et que ça continuera après la fin de la civilisation européenne .

          Les personnes désireuses de s’ informer sur les rusquiers sont invitées à le faire

        • 15 Janvier 2017 à 13h02

          Livio del Quenale dit

          pas mal! Du moment que les animaux le font l’intelligence humaine doit s’y plier .

           Pas mal! pour une avancée progressiste.

        • 15 Janvier 2017 à 13h43

          Schlemihl dit

          A propos de l’ homosexualité entre personnes consentantes et au dessus d’ un certain âge ( lequel ? ) , il faut , immédiatement et sans délai procrastination attente répit , toutes affaires cessantes et sans plus de lantiponages ambages et détours , sur le champ et plus tôt que plus tard , sans tourner autour du pot ni muser à la moutarde , tout de suite , ne rien faire . Voila qui est dit clairement , brièvement et compendieusement , en allant droit au fait sans s’ égarer en paroles inutiles , avec une éloquence digne du laconisme tant prisé par les Anciens et si peu pratiqué par les Modernes , dit ouvertement , franchement , loin de circonlocutions fastidieuses oiseuses et  déplacées , qui ne seraient bonnes qu’ à nous écarter des fondements de la question .

    • 12 Janvier 2017 à 15h31

      Schlemihl dit

      J’ai écrit quelques opinions sur un article du Monde . Comme M Leroy a conçu quelques doutes , assez raisonnables du reste , sur mes facultés intellectuelles , je me permettrait quelques commentaires inacrimonieux sur son texte .

      Je commence par le féliciter de son intérêt pour l’ écologie , science jeune mais prometteuse . L’ étude des rapports entre les êtres vivants et leur environnement est un progrès pour les connaissances . Je déplore qu’ une secte religieuse se serve du mot ” écologie ” pour nous parler de tout autre chose . Un véritable écologiste ne cherche pas à sauver la planète , préserver la biodiversité et les écosystèmes , et la disparition d’ une espèce est pour lui un sujet d’ étude et non de lamentation

      M Leroy se définit comme un vieux rouge . Passons sur le mot vieux , bien qu’il soit peu plaisant pour certains décatis gâteux croulants séniles et bavoteux . Le sujet est délicat , je n’ insiste pas . Mais que signifie ” rouge ” ? Si il s’agit des communistes ou des socialistes ( ça a été Blum mais aussi Hitler , je m’en excuse et gagne un point Goodwin ) , l’application de leurs doctrine a causé la mort de plus de cent millions de personne depuis 99 ans , et à mon avis de beaucoup plus .

      Les tyrans conservateurs comme Franco Salazar Dolfuss Metaxas Pinochet ont tué infiniment moins . indignez vous …. mais faites des additions .

      Quant au terrassement de la Bête , prélude à de joyeux réglements de détails , il m’ inquiète un peu . La Bête a déjà été terrassée plusieurs fois et les joyeux lendemains ne sont pas encore arrivés . Le futur radieux auquel on a sacrifié des générations , c’ est maintenant . Pour que les victimes ne soient pas mortes pour rien , mangeons ferme et buvons sec !

    • 12 Janvier 2017 à 14h48

      enfer dit

      Le gros rouge qui tache (de sang) a encore pissé sa copie…
      Pieuse vaticination de comptoir qui lui vaudra l’éternelle reconnaissance de tous les planqués de notre société qui ne rêvent que d’une chose: que ceux qui bossent subviennent à tous leurs besoins, à ceux de leur descendance dégénérée et à ceux que leur fainéantise laisse envahir notre pays.
      Je ne sais pas combien Causeur le paie pour une telle miction; j’évaluerais bien le tout,encre et papier compris à une boite de Canigou chien castré.

    • 12 Janvier 2017 à 14h39

      golvan dit

      Si la “nouvelle pensée conservatrice” fait l’objet de tant d’articles et de pseudo-analyses, c’est probablement, et tout simplement, que la “vieille pensée progressiste” est totalement en bout de course, et désavouée par bon nombre de citoyens exposés à ses multiple bienfaits.
      La pensée terranoviste est passée par là avec sa haine d’une identité française d’ailleurs largement fantasmée, et cette “non-pensée” faite de la haine de soi de la pensée gauchiste ne peut que motiver l’expression de son contraire, une sorte de conservatisme qui tente de sauver ce qui reste à sauver de notre culture traditionnelle.
      Même si l’expression de ce conservatisme en fait sourire certains, ledit conservatisme n’est en réalité que le résultat de la totale perte de crédibilité d’une gauche qui n’a plus rien à dire, et d’une certaine façon, cet article en est la parfaite illustration.

      • 12 Janvier 2017 à 19h44

        Renaud42 dit

        La nouvelle pensée conservatrice n’est pas l’opposée de la pensée progressiste.
        Pour les progressistes progresser est une finalité tandis que pour les nouveaux conservateurs conserver est un moyen.
        Les nouveaux conservateurs seraient progressistes dans une société conservatrice.
        Le vrai apparait quand le faux s’effondre et non par l’éradication du faux.
        Le mensonge du progressisme se révèle, fuite en avant qui est une fuite du réel.

    • 12 Janvier 2017 à 14h15

      Sancho Pensum dit

      Oui, bon, pas la peine d’en faire tout un plat.
      Anti-MPT, contre la pilule, la contraception, et – horrescunt referens – contre l’avortement et l’euthanasie… Ces petits jeunes sont d’authentiques conservateurs de droite.
      Comme ils sont jeunes, ils sont, comme tous les jeunes, contre la “société de consommation”, et parce qu’ils ont des lettres, échafaudent des théories à la mord-moi-le-noeud sur le libéralisme. Ca leur passera.
      Les moins talentueuses d’entre eux, on les retrouvera mères de familles nombreuses, à pousser le caddy chez Auchan, pendant que leur mari sera bloqué au bureau pour un dossier urgent (une secrétaire à forte poitrine). Les autres, ceux qui savent pisser du slogan creux mais percutant, finiront pubards ou conseillers politiques de la droite dure ou extrême.

      • 12 Janvier 2017 à 14h23

        durru dit

        “conseillers politiques de la droite dure ou extrême”
        Parce que la gauche aura complètement disparu du paysage? Car pour l’instant, ce sont plutôt les “conseillers” de gauche qui ont pignon sur rue.

        • 12 Janvier 2017 à 14h26

          steed59 dit

          pareil je les verrais bien du côté de chez macron, vu que celui-ci ratisse plutot large.

        • 12 Janvier 2017 à 14h45

          Sancho Pensum dit

          Bastié conseillère politique de Macron, ou Rokvam de Taubira ? On y croit, on y croit.
          Et faites tourner, ça doit être de la bonne !

        • 12 Janvier 2017 à 14h47

          steed59 dit

          pourquoi, après tout, de Laurence Haïm à Xavier Thery, tout le monde se rallie à Macron

        • 12 Janvier 2017 à 15h35

          Sancho Pensum dit

          Tout le monde ? Non. Un petit village d’irréductibles “gaulois”, Conservatix extremix, résiste encore et toujours à l’envahisseur. Et la vie n’est pas facile pour les garnisons françaises des camps retranchés de socialistum, droitemoderum, homosexuelum, progressistum, liberalistum…

        • 12 Janvier 2017 à 15h49

          mogul dit

          Concernant Macron, j’ai bien peur que le casting plus ou moins prestigieux qui commence à s’agréger à lui ne se transforme en tête a claques pour le populo au moment de voter. Déjà que le programme n’a pas l’air de peser lourd… 

        • 12 Janvier 2017 à 15h50

          mogul dit

          ne le transforme 

        • 12 Janvier 2017 à 15h56

          steed59 dit

          arrête mogul, avec Laurence Haim et Brigitte macron c’est une touche sexy qui vient égayer cette candidature.

          Non je déconne

          ces deux-là feraient débander un bataillon de djihadistes sexuellement frustrés

        • 12 Janvier 2017 à 16h06

          lisa dit

          Steed59 tsss tsss remarques sexistes et déplacées, indignes de vous …

    • 12 Janvier 2017 à 13h58

      rolberg dit

      Pendant des siècles les gagne-petit ont pu produire l’impression de partager le même pays que les possédants. Ça ne marche plus. 

    • 12 Janvier 2017 à 13h09

      Phili dit

      ” Je ne vois pas pourquoi une société communiste serait contradictoire avec, par exemple, le désir de changer de genre en cours d’existence si tel était mon bon plaisir.”
      En connaissez-vous un exemple ?

    • 12 Janvier 2017 à 12h58

      Hannibal-lecteur dit

      Au vu du titre puis de l’auteur, on se précipite dans l’attente d’un exercice de haute voltige comme seul notre Jérôme peut en pondre.
      Et voilà, là, tout de suite, la catastrophe : les mots ” société consumériste à bout de souffle .” 
      Quelle aberration mentale grave peut-elle bien suggérer l’écriture d’une pareille sottise. Candidate à la Sottise Du Siècle à mes yeux. Les explications alambiquées ne changent pas la signification de l’assertion.
      Voyons, Jérôme, vous êtes consommateur, je suis consommateur volontaire et conscient et content de l’être, ma concierge consomme et la consommation est peut-être in fine la caractéristique essentielle de la société moderne .  
      Notez en passant les infinies possibilités de consommation sage , économe, respectueuse de l’environnement avant de s’en prendre à elle, mais la consommation reste le moteur essentiel de la société.
      La considérer comme à bout de souffle, incite à craindre que ce ne soit votre faculté de réflexion qui mérite ce qualificatif.
      Les méfaits d’une idéologie qui nie les faits pour survivre? Reprenez-vous, Jérôme, vous pouvez faire mieux. 

      • 12 Janvier 2017 à 13h02

        alain delon dit

        Dans ce dernier papier, on a eu en réalité le biopic sur et par Jérôme Leroy, lyrique, grandiloquent et excessif (c’est l’effet Olliwoude)

        • 12 Janvier 2017 à 16h22

          lisa dit

          Tant que c’est pas l’effet ouestlebar

      • 12 Janvier 2017 à 14h26

        Renaud42 dit

        “la consommation reste le moteur essentiel”.
        Le moteur essentiel qui meut le soleil et les étoiles?

        • 12 Janvier 2017 à 14h29

          durru dit

          “Rien ne se perd (consomme), rien ne se crée, tout se transforme.”

        • 12 Janvier 2017 à 16h02

          Hannibal-lecteur dit

          Exactement : le soleil consomme son hydrogène. 

        • 12 Janvier 2017 à 19h00

          Renaud42 dit

          “Exactement : le soleil consomme son hydrogène. ”
          Je ne savais pas que sa consommation d’hydrogène avait un rapport avec son mouvement.
          Et l’électron il consomme quoi pour ne pas s’effondrer sur le noyau?

        • 12 Janvier 2017 à 19h02

          Renaud42 dit

          Ca c’est nouveau que le soleil consomme de l’hydrogène pour se mouvoir.
          Et l’électron il consomme quoi pour ne pas s’effondrer sur le noyau?

      • 12 Janvier 2017 à 17h48

        Clairette de Sebago dit

        Pas le moteur principal de notre société, enfin je ne pense pas ou plutôt je n’espère pas, mais de notre économie, oui, assurément.
        On peut imaginer bien sûr des modèles décroissants, mais ils restent pour le moment au stade de douce utopie parce que, comme vous le dites très bien, Hannibal, vous êtes, je suis, nous sommes des consommateurs qui tapons sur un ordinateur, à côté d’un smartphone dont personne aujourd’hui, ne saurait se passer. Absolument personne (sauf moi qui résiste au téléphone intelligent !).
        Et sûrement pas ces jeunes baiseurs décapotés.

      • 12 Janvier 2017 à 18h39

        durru dit

        La société consumériste se définit par la consommation pour la consommation. Votre discours n’est pas exactement ce dont JL parle.

        • 12 Janvier 2017 à 19h11

          Renaud42 dit

          Quand on parle de limite à un progressiste il se voir déjà plonger dans le néant, c’est psychologique. Quel nouvelle transgression va pouvoir encore inventer le progressiste pour alimenter son tonneau des Danaïdes? Ca va devenir compliqué.

    • 12 Janvier 2017 à 12h30

      Guenièvre dit

      @ Jérome Leroy
      “Je ne suis pas non plus convaincu par l’automaticité du lien que fait Jean-Claude Michéa, le maître à penser de cette génération « conservatrice », entre libéralisme économique et libertés sociétales (sexuelles notamment).”

      Relire “l’Enseignement de l’ignorance “.
      Je vais essayer de résumé rapidement…
      Il ne peut exister , anthropologiquement parlant, de “société capitaliste” au sens véritable du terme. Celle-ci ne faisant appel qu’à la logique de “l’intérêt bien compris” elle ne peut en effet jamais constituer ce que l’on appelle une valeur, c’est-à-dire ce au nom de quoi un sujet peu décider de sacrifier tout ou une partie de ses intérêts et donner du sens à sa vie. Un système capitaliste n’est donc historiquement viable et même capable de généraliser certains de ses effets émancipateurs que si les sociétés où il est expérimenté sont suffisamment solides et vivantes pour contenir d’elles-mêmes ses effets potentiellement destructeurs. Ce qui était le cas jusqu’au milieu du XXe où, quoi que l’on en pense par ailleurs, le christianisme et l’école républicaine permettaient un ensemble de conditions anthropologiques et morales ( même si le pire pouvait côtoyer le meilleur ) capables de limiter et d’amortir l’impact dévastateur de “l’intérêt bien compris”. En décrétant partout et sans nuances, l’égal archaïsme de ces valeurs là, les mouvements de Mai 68 ont aboli tous les obstacles naturels au règne de l’économie ( en croyant, paradoxalement lutter contre le capitalisme ! ) . C’est ainsi que “Il est interdit d’interdire” se retrouva parfaitement en phase avec “Laissez faire et laissez passer” !
      D’autre part quand les interdits signifiés par une culture sont simplement déniés et que leur transgression devient la forme principale de leur acceptation ce qui est condamné à advenir n’est nullement l’heureuse Arcadie annoncée par les disciples de Reich mais au contraire la tyrannie de l’inconscient qui peut faire d’un être humain le dernier des esclaves .

      • 12 Janvier 2017 à 12h30

        Guenièvre dit

        de résumer…

        • 12 Janvier 2017 à 13h13

          steed59 dit

          guenièvre, pour moi le capitalisme n’existe tout simplement pas, et n’a jamais existé. C’est un concept inventé par des gens pour justifier leurs crimes de masse

        • 12 Janvier 2017 à 13h51

          elvin dit

          steed: vous voulez sans doute dire “inventé par des gens pour fabriquer un bouc émissaire pour leurs crimes de masse”

        • 12 Janvier 2017 à 15h13

          Guenièvre dit

          @ steed,
          Mon but était de présenter la façon dont Michéa relie libéralisme et pensée libertaire, façon qui me semble tout à fait cohérente en fonction de la définition qu’il donne lui, de la notion de capitalisme.
          Quant à définir ce qu’il en est exactement je ne suis pas assez compétente pour entrer dans ce genre de discussion. Les échanges de capitaux existent depuis longtemps mais le système féodal qui structurait les sociétés au Moyen-Age, avec ses liens de vassalité qui s’emboîtaient les uns dans les autres,l’autarcie des unités domaniales et les réseaux de prestations et de troc les réduisaient à des poches bien circonscrites avant l’explosion du XVIIIe siècle.
          Enfin ce terme n’a pas de connotation négative pour moi. Même Michéa d’ailleurs lui reconnait des vertus.

        • 12 Janvier 2017 à 16h02

          steed59 dit

          l”hommage du vice à la vertu

        • 12 Janvier 2017 à 18h07

          Guenièvre dit

          Dans “l’Enseignement de l’ignorance” Michéa a une analyse extrêmement judicieuse des dérives de l’EN depuis 30 ans.C’est lumineux pour qui a vécu cela de l’intérieur. Il n’y a que sur le côté “complot” que je ne le suis pas. Je crois que les initiateurs de toutes ces réformes étaient persuadés d’agir au contraire pour le bien des élèves.

    • 12 Janvier 2017 à 12h04

      L'Ours dit

      Le suffixe “phobe” a aussi le sens: “n’aime pas”, abhorre”.
      Ensuite si les idiots ont par commodité assimilé ce terme a du racime au sens large, c’est leur problème, pas le mien.
      Enfin je parle du libéralisme au sens économique, et pour le reste je suis libéral là où s’arrête la liberté des autres. Autrement dit, si quelqu’un déclare qu’il veut me tuer et fait tout pour, j’ai beau être libéral mais je pense que je ne lui dirai pas: “exprimez-vous et j’ai aussi des balles pour mettre dans votre pistolet”. C’est vrai qu’aux USA tout est permis même le nazisme ou le KKK, mais je crois que c’est leur pire erreur!