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L’Élysée, machine à perdre ?

Nicolas Sarkozy sur les traces de Paul Deschanel

Publié le 09 avril 2010 à 6:00 dans Politique

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Paul Deschanel

Paul Deschanel.

On savait que déjà depuis les Grecs que l’exercice du pouvoir peut provoquer l’hubris, une démesure proche de la folie qui peut mener ceux qui en sont atteints au bord de l’abîme, et même au-delà.

On constate aujourd’hui, en observant le comportement de notre président de la République, qu’un autre danger menace les détenteurs de la charge suprême : devenir stupide, pour rester poli.

On s’était déjà interrogé, au moment du procès Clearstream, sur ce qui avait poussé Nicolas Sarkozy à tenter d’obtenir la mise à mort judiciaire d’un ex rival déjà politiquement terrassé.

Le plaisir de voir son pire ennemi pendu à un symbolique croc de boucher est éphémère et ne rapporte pas gros en terme d’estime de la part de ses concitoyens : la vengeance fait partie des passions tristes définies par Spinoza. Elle ne vous grandit pas aux yeux des autres, alors que la clémence appliquée avec discernement peut vous élever au dessus du commun des mortels et renvoyer au néant ceux qui ont cherché, sans succès, à vous détruire par de vils stratagèmes. On a pu voir le résultat de cette obstination procédurière : un Villepin relaxé par le tribunal et politiquement requinqué, susceptible de faire trébucher Nicolas Sarkozy en 2012 en le privant, au premier tour, de voix de droite bien nécessaires en ces temps troublés et incertains.

Le traitement de “l’affaire des rumeurs” par l’Élysée est un nouvel élément venant conforter la théorie du pouvoir-qui-rend-con (foin de précautions oratoires, car à ce niveau de cafouillage, un adjectif plus policé ne correspondrait pas à la gravité de la situation).

Un jeune crétin qui gagne péniblement son bifteck en bloguant pour un sous-traitant du Journal du Dimanche trouve subtil de balancer sur le site de ce journal la rumeur qui traîne dans tous les dîners en villes de la capitale sur de supposées infidélités conjugales réciproques du couple présidentiel avec des personnalités connues du show biz et de la politique. La rumeur fait le tour de la planète, et reçoit l’onction de journaux réputés sérieux dans les principaux pays européens. La presse française s’écrase, mais ne peut rien contre le buzz parti sur le web comme une fusée.

De l’Élysée, on n’entendra rien pendant plusieurs semaines, à l’exception d’une phrase de Nicolas Sarkozy en réponse à une question d’un journaliste-morpion anglais lors d’une conférence de presse commune, à Londres, avec Gordon Brown. “Je n’ai pas une seconde, même une demi-seconde, à perdre avec ces élucubrations”, avait-il alors déclaré. C’était le 12 mars 2010, et il eût été sage de s’en tenir là : quelle que soit la réalité de la relation conjugale qu’il entretient avec son épouse, il est parfaitement en droit de refuser de faire état publiquement de sa vie privée dans l’exercice de ses fonctions politiques. Mais en même temps que le président de la République prononçait ces définitives paroles, on s’activait dans l’ombre, en son nom, pour découvrir qui pouvait bien être à l’origine de ces rumeurs. Le premier à être mis sous la pression élyséenne, par l’intermédiaire de son grand patron Lagardère, fut Olivier Jay, directeur de la rédaction du JDD. S’il existe, dans notre profession, quelqu’un de moins préparé à ce genre d’embrouilles, c’est bien Olivier Jay, que j’ai connu jadis comme responsable du service de presse de l’archevêché de Paris au temps de Mgr Lustiger. Le pauvre a dû passer une semaine sainte plutôt morose. Le jeune crétin est viré, son chef direct démissionne, mais cela ne suffit pas pour calmer l’ire élyséenne. On invite avec une certaine fermeté la direction du JDD à porter plainte contre X pour introduction frauduleuse d’informations sur le site web du journal, ce qui semble en l’occurrence juridiquement hasardeux. Auparavant, le directeur de la police nationale, Frédéric Péchenard, avait demandé à Bernard Squarcini, directeur de la DCRI, le contre-espionnage français issu de la fusion de la DST et des RG, de mener une enquête sur l’origine de ces rumeurs. Comme les deux super-flics entretiennent des relations très étroites avec Nicolas Sarkozy (Frédéric Péchenard est même un ami d’enfance de ce dernier), il n’est pas pensable un quart de seconde que cette initiative ait été prise sans, au moins, le consentement du président.

La veille des fêtes pascales, l’Élysée ouvre la boite à gifles, en off et en on. Pierre Charon, intime du président lance la “théorie du complot”. La “firme”, comme se désignent eux-mêmes les inconditionnels de la garde rapprochée de Sarkozy (Pierre Charon, Frank Louvrier, Brice Hortefeux et quelques autres), laisse entendre que Rachida Dati ne serait pas étrangère à la diffusion de la rumeur.

Résultat : la presse française, qui jusque-là s’était efforcée de rester dans les limites de la tradition nationale en matière de traitement de la vie privée des personnages publics se sent déliée de tout devoir de discrétion. De crapoteuse, l’affaire devient po-li-ti-que, donc on fonce !

Pour essayer d’éteindre l’incendie, on envoie, mercredi 7 janvier Carla Bruni répondre aux questions de l’employé de Lagardère, Claude Askolovitch sur Europe 1, radio propriété de ce même Lagardère.

En substance, la first lady (ou prima donna, mais là ça le fait pas question voix) déclare qu’elle et son mari ont toujours traité ces rumeurs par le mépris, que c’est bien embêtant, mais qu’il faut bien vivre avec, que Rachida Dati reste leur amie, et que jamais il n’y a eu d’enquête policière sur cette affaire avant la plainte déposée par le JDD. Moyennant quoi, la belle Carla passe soit pour une menteuse, soit pour une conne : Squarcini confirme à tous les médias qui veulent bien l’entendre que, début mars, ses limiers de la DCRI ont bien enquêté sur l’origine des rumeurs apparues sur le site du JDD. On en est là. Question à un million d’euros : comment aurait-on pu gérer plus mal une affaire qui n’est ni la première, ni la dernière de ce genre à se développer dans les arrières-boutiques putrides des officines plus ou moins proches des lieux où s’exerce la puissance ? La réponse est peut-être à trouver dans l’immortel ouvrage de science politique rédigé il y a trente ans par Michel-Antoine Burnier et le regretté Frédéric Bon intitulé Que le meilleur perde !. Les auteurs développent de manière brillante que l’objectif des hommes politiques n’est pas de gagner les élections mais de les perdre. Ils déploient pour ce faire une énergie immense, qui n’est hélas, pas toujours couronnée de succès. Il leur arrive parfois d’être élu. Mais on ne les y reprendra plus.

NB : Paul Deschanel (1855-1922) occupa brièvement la fonction de président de la République du 18 février au 21 septembre 1920. Sa démission fut provoquée par un accident ferroviaire hors du commun : il était tombé du wagon-lit où il passait la nuit, et fut retrouvé errant hébété sur la voie par un employé des chemins de fer. La presse et la vox populi le firent passer pour fou, ce qui rendit impossible son maintien à l’Élysée. Néanmoins, l’un de ses biographes affirme que “Deschanel n’est visiblement pas le président fou que l’on croit. Si on détecte chez lui un désir de fuite dans le travail, une occupation effrénée, une angoisse de déplaire, ces éléments sont tous d’ordre névrotique mais ne peuvent être considérés comme maniaques. Il aspira longtemps à une carrière artistique (écrivain et comédien) et ses discours, tous fameux, trahissent un besoin de séduction et une inclination nette au théâtralisme, voire à l’histrionisme (attitude caractérisée par le besoin d’attirer l’attention sur soi et de séduire l’entourage)”. Toute ressemblance avec (…) ne serait que pure coïncidence.

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  • 11 April 2010 à 17h46

    Rotil dit

    @ sol invictus,

    La grande différence entre les trois:

    Celui que nous avons avait déjà montré son impétence et l’incommensurabilité de son ego, le béarnais semblait “jeune, beau et intelligent”, et notre Ségolène en faisait rêver certain.

    Paysage assez désertique en fin de compte.

  • 11 April 2010 à 3h56

    sol invictus dit

    Mais quel choix on avait ventrebleu .L atrabilaire de Neuilly apparaissait quand meme moins pire que la maboule du Poitou ou le ravi des Pyrénées!

  • 11 April 2010 à 1h23

    Budelberger dit

    Votre « mercredi 7 janvier » est à lire « mercredi 7 mars ». (Et à propos, vous entendez comment elle intervient à la radio, la Pute italienne ? Non mais, pour qui se prend-elle ? Moi, je serais en face, deux tartes je lui retourne, et tu causes sur un autre ton !)
    Quant à Paul Deschanel, un de ses descendants – direct ou collatéral – essaie de réhabiliter sa mémoire ; selon lui, Deschanel n’est pas tombé du train, mais en est descendu. (Hypothèse très tentante, si l’on réfléchit bien.)

  • 10 April 2010 à 23h49

    xly dit

    A propos de Deschanel…

    La garde-barrière qui a hébergé le Président Deschanel après sa chûte a déclaré “qu’à voir ses pieds bien propres elle avait deviné qu’il devait être un personnage important”

  • 10 April 2010 à 20h21

    Rotil dit

    @ Saul,

    Merci, je vais potasser tout ça…

  • 10 April 2010 à 17h22

    Saul dit

    bon j’ abandonne….Rotil, je ne peux rien faire de plus…

  • 10 April 2010 à 17h21

    Saul dit

    et mer….!!!!

    bon une dernière fois, si je coupe en deux :

    puis

    NOM DE LA PAGE QUE L’ON SOUHAITE LIER .

  • 10 April 2010 à 17h18

    Saul dit

    bon la formule n’ apparait toujours pas…mais comment se fait ce ?
    Rotil,
    allez voir ICI.
    la formule est donné par George WF dans son commentaire du 5 juin à 21h53, et vous faites comme j’ ai dit dans le post précédent

    ( bon je réessaye une dernière fois, en mettant pleins d’ espaces )

    NOM DE LA PAGE QU’ ON SOUHAITE LIER .

  • 10 April 2010 à 17h11

    Saul dit

    Rotil,
    ( j’ espère que ça va marcher…)
    voici la formule
    les points et les espaces que j’ ai mis sont là pour faire apparaitre cette formule, sinon elle n’ apparait pas et ça donne mes posts d’ hier de 22h50 et 22h53, donc ne pas les mettre ( sauf l’ espace entre le 1er “a” et “href” )

    …NOM DE LA PAGE QUE L’ON SOUHAITE LIER…

    c’ est à dire que à la place d’ “adresse du lien “, vous mettez l’ adresse internet ( en l’ occurence http://www.dailymotion.com/video/x5kl8q_bach-concerto-brandebourgeois-4-1_music ) et à la place de NOM DE LA PAGE QUE L’ON SOUHAITE LIER, vous mettez le mot que vous avez choisi ( en l’ occurence “ICI” )

    ce qui donne :

    “Vous pouvez écouter ce concerto ICI.”

  • 10 April 2010 à 14h59

    Chris dit

    @Black Jack
    en quelque sorte oui ! ou en tous cas , ce qui nous paraît être le meilleur de nous même .
    nous sommes au centre d’un monde qui nous ressemble et la représentation que l’on se fait de ce monde est pour chacun et chacune unique .D’ou des vérités très différentes mais peut-être complémentaires . Un consensus à trouver parmi les différentes vérités qui permettent un équilibre entre des forces qui paraissent contradictoires .

  • 10 April 2010 à 12h44

    rackam dit

    Renard,
    il fallait trouver la voie… mais , pour cela, il faut…

  • 10 April 2010 à 12h28

    Renard dit

    @ Rackam
    Xcuses. Je vous avais prêté un post tintinophile de l’ami Z.
    Il s’agit bien sur de l’épitaphe de Mitsuhirato in “Le Lotus Bleu”.

  • 10 April 2010 à 10h51

    Black Jack dit

    Peut être est ce de notre faute ??
    A force de faire confiance à des journaleux incapables d enquêter en dehors d internet, à force de se passionner pour l’écume de l actualité et à force de se laisser prendre pour des c.. et bien on fini par l’être et on met a sa tête le meilleur de nous même.

  • 10 April 2010 à 10h36

    Vingtras dit

    Bien vu Mister Luc… Mais je ne sais pas si notre président contemporain porte ou non un pyjama… Et de toutes façons, s’il y a complot, il faut absolument mettre hors de cause M. Le Reste de la CGT . D’une part, c’est l’absolu bordel dans les trains, même là où un “trafic normal” est assuré (tu parles !) et, d’autre part, parce que la suppression des trains de nuit a été décidée avant la rumeur… Il est donc, à Nicolas, impossible de descendre nuitamment sur les voies et de boire un chocolat chez un garde-barrières.

  • 10 April 2010 à 1h17

    Rotil dit

    @ Saul,

    Je ne pige pas encore bien.

    Prenons l’exemple suivant:

    Si je veux dire :

    Vous pouvez écouter ce concerto ICI

    Et envoyer le lecteur là:

    http://www.dailymotion.com/video/x5kl8q_bach-concerto-brandebourgeois-4-1_music

    Comment je fais ?

  • 9 April 2010 à 23h25

    caton dit

    Quel excellent billet!
    Peut-être aurait-on pu penser plutôt qu’à Deschanel à Felix Faure qui fut encore plus malheureux puisqu’il laissa la vie à l’Elysée.Mais foin des mânes de la Pompe funébre, Marguerite S., dont les bons soins achevèrent in situ ce coquin de Felix et revenons au “nôtre”.
    Sarkozy a trouvé une manière originale d’être confus: il a choisi deux proches- son épouse et son policier corse favori, Squarcini – pour se contrediredire en même temps dans les médias sur l’existence d’une enquête sur la rumeur.
    Le résultat est simple: plus personne ne peut croire que l’examen des “traces informatiques” évoqué par Squarcini, obéissant à son chef, ne se soit pas matérialisé par une note de police sans en-tête ni signature( ces fameuses notes blanches dont on nous a juré qu’ellesavaient disparu).
    Alors on nous la livre cette note qui a mis en mouvement dans un premier temps Charon et Herzog avant le rétropédalage final des intimes dans la semoule!

  • 9 April 2010 à 22h57

    Saul dit

    décidément….

    c’ est .

  • 9 April 2010 à 22h55

    Saul dit

    bon je ne comprends pas, ça fait toujours un raccourci :
    allez donc voir là :
    commentaire de George le 5 juin à 21h53

  • 9 April 2010 à 22h53

    Saul dit

    nom de nom ! j’ ai oublié les espaces, ça marche trop bien …je corrige

    “Pour mettre des mots en gras, ce qui n’est guère efficace, ce n’est plus i, mais b.
    Pour créer un lien, c’est (toujours sans espace, sauf entre le “a” et le “h” :
    NOM DE LA PAGE QUE L’ON SOUHAITE LIER.”

  • 9 April 2010 à 22h50

    Saul dit

    bon j’ y mets mon grain de sable aussi, je vous mets la leçon de George que j’ ai piqué au Quartier Général chaviste de Jérome Leroy

    “On peut insérer dans les commentaires des balises HTML, permettant de créer des italiques, de grasseyer ou de créer des “liens hyper-texte”, qui toujours sont encadrées par les caractères suivants (sans nulle espace) : et .
    Pour créer des italiques, il faut entourer les mots désirés (par exemple italiques) des balises suivantes (sans aucune de ces espaces que je suis obligé d’insérer ici pour que ces balises apparaissent) : et .
    Pour mettre des mots en gras, ce qui n’est guère efficace, ce n’est plus i, mais b.
    Pour créer un lien, c’est (toujours sans espace, sauf entre le “a” et le “h” : NOM DE LA PAGE QUE L’ON SOUHAITE LIER. “