Macron président? Sarko contre-attaque! | Causeur

Macron président? Sarko contre-attaque!

Petit essai de présidentielle-fiction (2/3)

Auteur

David Desgouilles

David Desgouilles
Blogueur et romancier.

Publié le 03 avril 2017 / Politique

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Nicolas Sarkozy en meeting à Paris, octobre 2016. SIPA. 00775954_000025

>> A lire aussi: Dimanche 23 avril, 20h: la droite explose. Petit essai de présidentielle-fiction (1/3)

Lundi 24 avril 20h12, Siège des Républicains, Paris

En fait, Laurent Wauquiez était soulagé que Nicolas Sarkozy reparte à l’assaut. Dans l’après-midi, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes était aux abonnés absents pour tous les journalistes de France, de Navarre et d’ailleurs. Deux heures avant, il avait eu Marine Le Pen au téléphone. Elle lui promettait Matignon en cas de victoire, à condition qu’il annonce son soutien dans les deux jours. L’ex-disciple du démocrate-chrétien Jacques Barrot avait été flatté, même s’il se doutait que Le Pen avait essuyé dans la journée les refus de Guaino et de Dupont-Aignan à qui elle avait proposé le même poste. Malgré cette désagréable sensation d’être un troisième choix, il avait été tenté. Mais la déclaration de Nicolas Sarkozy changeait évidemment tout. Dans ces conditions, il pouvait lui-même appeler aussi à voter Macron et s’engager à fond dans la bataille pour l’alternance que l’ex-président se proposait de mener pour les élections législatives. Après tout, mieux valait un Beauvau probable qu’un Matignon très hypothétique.

*

Jeudi 26 avril 13h47, Drancy

Jean-Christophe Lagarde hurlait dans le bureau, ses collaborateurs ne sachant que faire pour calmer sa colère. Il venait de découvrir que Nicolas Sarkozy avait décidé de passer outre toutes les investitures négociées avec l’équipe Fillon entre LR et l’UDI. L’ex-président avait décidé de contourner l’obstacle en créant un label « Pour l’alternance » qu’il distribuerait lui-même et qui supplanterait de facto les investitures LR-UDI. Ainsi la centaine de sièges accordée par François Fillon après l’épisode du Trocadéro partait en fumée. D’autre part, il savait qu’Emmanuel Macron ne serait plus si généreux, loin s’en faut, et accorderait chichement des investitures En Marche aux élus UDI les mieux implantés, sans même passer par lui. Il était coincé. Lagarde savait qu’il n’était plus à cette heure que le président d’une coquille vide.

*

Dimanche 30 avril, 13h37, Studio de LCI, Boulogne-Billancourt

Après avoir salué Olivier Mazerolle, Christophe Jakubyscyn et Guillaume Roquette, Bernard Accoyer reprit l’ascenseur, assommé. Il avait bien dû finir par convenir que son titre de secrétaire général des Républicains, n’était plus qu’un titre honorifique. Mis en place par le candidat Fillon désormais éliminé après le score le plus faible de toute l’histoire de son parti, fruit de la fusion du RPR et de l’UDF quinze ans auparavant, il n’avait en fait aucune légitimité. Nicolas Sarkozy avait réussi en quelques jours un putsch soft, auquel personne n’avait pu s’opposer. Fillon, bien entendu mais aussi NKM et Juppé. Ces deux derniers avaient dû convenir que l’ancien président était le seul à empêcher l’éclatement définitif de la famille, qui n’aurait profité qu’aux deux finalistes de la présidentielle. Sauver leurs sièges ainsi que ceux des amis était désormais la priorité. Accoyer avait donc reconnu à demi-mot n’être plus là que pour sauver les apparences. Tout désormais serait fonction des trois prochains tours, celui du dimanche suivant, et plus encore ceux qui auraient lieu mi-juin. Il ne serait d’ailleurs pas le dernier à faire figurer le logo « Pour l’alternance » sur les affiches collées du coté d’Annecy-Le-Vieux. Sa docilité serait certainement récompensée le moment venu. A ce moment, que pèserait alors cette brève sensation honteuse qu’il avait ressentie en croisant le regard moqueur d’Olivier Mazerolle ?

*

Jeudi 4 mai, 0h18, Rue de Miromesnil, Paris

Nicolas Sarkozy avait pris sa décision. Il ne pousserait personne d’autre à aller à Matignon à sa place. Il avait pourtant quelques idées : Pécresse, Bertrand, Larcher. Tandis qu’il se préparerait pour d’autres échéances plus intéressantes. Mais le traditionnel face-à-face qui venait d’avoir lieu l’avait convaincu. Lui à Matignon, Emmanuel Macron n’existerait pas à l’Elysée. Il le mangerait. Il le digérerait. Comme Marine Le Pen avait mangé et digéré le candidat d’En Marche pendant le débat. Bien entendu, ce dernier serait élu dimanche mais avec une marge beaucoup plus étroite que prévue. Cette impression « d’homme qui ne fait pas le poids » allait coller d’emblée au nouveau président. Le Grand Collier de la Légion d’Honneur, qu’Emmanuel Macron souhaitait revêtir sur la photo officielle, pour la première fois depuis 1969, serait beaucoup trop lourd pour un président si faible dès son entrée en fonction. Il fallait désormais obtenir une majorité absolue pour les candidats portant le label « Pour l’alternance ». Et obtenir Matignon, que Jacques Chirac lui avait refusé quinze ans auparavant, lui préférant « Raffarien ».

Le dernier épisode arrive bientôt…

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 7 Avril 2017 à 10h28

      Calixta dit

      Monsieur David Desgouilles écrivez des romans, votre analyse politique de café du commerce semble se nourrir de rancœurs

    • 5 Avril 2017 à 13h25

      lafronde dit

      Le retour de Sarkozy n’est pas plus crédible que celui de Juppé.

      Si Fillon ne devait pas se qualifier pour le second tour, j’espère au moins qu’il fera un recours en annulation de cette élection auprès du Conseil Constitutionnel, au motifs que les Institutions de l’Etat se sont départies de leur impartialité durant la campagne, altérant la sincérité du scrutin. Preuves par le CSA, le PNF, et Bercy au moins.

      Les_Républicains doivent se préparer à faire face à toute éventualité. Un nouveau Chef pour les Législatives doit être trouvé au cas où.

      Je vote Eric Ciotti. Pour sa fidélité au combat même dans les heures où nombreux se sont planqués. Pour sa pugnacité (sur LCI/BFM le soir même de la manif du Troca). Pour sa connaissance des dossiers.

    • 5 Avril 2017 à 4h28

      Livio del Quenale dit

      Macron président? 
      “On ira tous au paradis, même lui.”
      S’il se présente, c’est qu’il y croit.
      Alors, il racole pour être élu.
      Et il y prend peine. 

    • 4 Avril 2017 à 16h57

      Lania dit

      Politique fiction .. ou futur proche et probable…? 
      Fillon ne pourra rattrapper son retard , et comment pourra t’il imposer une cure d’austérité qu’il semble ne pas s’appliquer à lui même ? A cause de lui , la droite qui avait un boulevard va s’effondrer . Alors rêvons s’il
      Vous plait et que la fête  continue !!

    • 4 Avril 2017 à 16h55

      naaj dit

      Intéressante comme fiction. Un gouvernement de cohabitation ? Oui c’est sans doute cela qui arrivera. Un gouvernement composite dans lequel la droite sera majoritaire, puisqu’elle sera majoritaire à l’assemblée. C’est le plus probable. Je voterai Fillon mais je ne prendrai pas des paris sur sa victoire. Il risque même d’être devancé par Mélenchon, auquel cas le vote utile sera Macron. Car si Mélenchon siphonne les voix de Hamon (espérons qu’il lui restera encore 5% pour ne pas être ruiné)il devancera Fillon et deviendra possible pour le second tour !
      Imaginez un second tour Mélenchon/ Le Pen ! Ça va être la folie.
      Non, la droite n’est pas si bête. Du moment où Mélenchon aura devancé Fillon dans les sondages, beaucoup de gens de droite se lanceront directement dans le vote utile et appelleront à voter Macron, à commencer par Estrosi, Fenech et bien d’autres qui participeront ainsi au pouvoir.
      La gauche solférinesque sera balayée, Fillon qui ne sera arrivé à peine à dépasser les 10% sera oublié. Aux élections législatives, le parti de En Marche ne réussira pas à constituer un vrai groupe, la droite sous la reprise de Sarkosy, Estrosi et autres remportera la victoire pour venger la défaite de Fillon (et parce qu’ils auront eu chaud aux fesses). Le parti de Mélenchon sera la première force de gauche qui remplacera le PS.
      Et Macron sera président avec un premier ministre de droite.
      Vous en pensez quoi de ma fiction ?

    • 4 Avril 2017 à 14h08

      fox23 dit

      Il est romancier, qu’il y reste et nous lâche un peu, mais n’est pas Victor Hugo qui veut !
      C’est quoi cette soudaine avalanche de blabla signalant l’arrivée du Macron comme président ? Un début de retournement de veste ?
      Une réponse claire serait la bienvenue, trop, c’est trop !
      Allô, Causeur ?

    • 4 Avril 2017 à 13h29

      Gbaug dit

      INTOX, INTOX, INTOX! Notre candidat est François Fillon et pour l’instant tout baratin de rechange est indécent!

    • 4 Avril 2017 à 11h46

      bilou dit

      pas pu poursuivre cet article indigent… sans intérêt… désolée

    • 4 Avril 2017 à 11h28

      Lafayette78 dit

      lamentable cette mascarade dont le résultat réel ne peut être qu’une tentative de démobilisation de l’électorat de François Fillon, il ne s’agit pas d’une fiction puisque nous sommes bien dans une campagne présidentielle réelle à 19 jours du scrutin, il s’agit beaucoup plus platement d’une intox et d’un bien inutile coup de pied de l’âne. Personnellemnt plus grand chose ne m’étonne et je suis persuadé que cette embrouille connaîtra le même sort car nous les gens de Droite on veut le changement pour changer pas pour se reprendre un ancien président qui nous a saoulé avec son faux changement du temps de son époque !!

    • 4 Avril 2017 à 7h17

      radagast dit

      Si brillant soit-il M Desgouilles ne semble se préoccuper que de ce que font ou feraient les partis et leurs appareils et pas des électeurs.
      Les gens qui votent à droite sont bien moins sensibles aux consignes venues d’en haut et votent surtout en fonction de leur tradition , de leurs intérêts ou de leurs sentiments .
      Cela fait des années que les vedettes de l’U.M.P. ne représentent plus que la faction centriste et européiste (aujourd’hui mondialiste) de leur électorat .
      Mais grâce au “prôooogrès” si cher au petit télégraphiste de la banque Rothschild , les réseaux , l’internet etc. les enfumer et les endoctriner devient de plus en plus difficile .
      Je ne sais pas ce qu’il adviendra mais je ne pense pas que le retour de Sarkozy qui décidément ressemblerait alors de plus en plus aux personnages incarnés par L de Funès ou à un marchand d’aspirateurs soit crédible.

      https://www.insolentiae.com/2-2-5-repetez-le-ou-vous-serez-execute-ledito-de-charles-sannat/

      Résistez !

    • 3 Avril 2017 à 23h57

      lumièr dit

      La possibilité d’une sorte de cohabitation est ouverte du fait que l’élection de Macron serait le résultat négatif de l’échec de Fillon et du blocage dit républicain de Lepen et après de l’aura du jeune premier surtout du côté d’électrices qui ne suivent pas l’actualité et qui se font rouler par les médias!

      Si Sarkozy est un -fou- de pouvoir, la manœuvre est jouable d’autant que l’ébranlement majeur de la force législative socialiste et la force qui reste à déterminer du FN qui reste incertaine peut permettre à la droite libérale de remporter les législatives avec un Sarkozy plutôt qu’un Fillon éliminé.

      Le cadenas mis sur le Front national par les médias et le système semblerait tenir à part au premier tour de la présidentielle. Si néanmoins, la majorité des français se rapprochait des britanniques du Brexit, tout serait sens dessous, dessous et Hollande aurait des sueurs froides.

      Parce que si Macron est faiblement élu président. Le FN s’il sortait de sa cage de fer, pourrait faire la cohabitation.

      Il pourrait y avoir un scénario de Marine Lepen, première ministre de Macron président qui inaugurerait des jardins pendant que Matignon sous le FN serait le lieu du pouvoir. De quoi choquer la majorité de la France bien pensante! Et envoyer dans les oubliettes hors médias, les figures publiques qui oseraient imaginer cela.

      En attendant, par cette présidentielle toujours sinistre à cette heure par son impossible alternance. Les oubliettes vont atteindre le pays plus que jamais.

    • 3 Avril 2017 à 23h27

      lumièr dit

      Sarkozy, premier ministre -président- à Matignon faisant le tour à Macron que Jospin a fait à Chirac. Ingénieux.

      Cela prive les socialistes du maintien de leur pouvoir par l’entremise de leur agent double Macron. Macron à l’Élysée ne serait quasiment qu’un président honorifique.

      Quoique sur le plan des politiques. Sarkozy sait danser la valse avec Merkel comme Macron lui le ferait en jouant au prince charmant.

      Le changement majeur en France n’y serait pas avec Sarkozy, premier ministre d’un président Macron.

      En termes de politique fiction. Voir un Dupont d’Aignan premier ministre d’un gouvernement des souverainistes unis dont Marine Lepen serait présidente conviendrait mieux. Avec oh révolution! Un Asselineau, ministre des affaires étrangères. Un Mélenchon, responsable ministre d’une liquidation de l’euro et d’un ultimatum final à Bruxelles.

      On peut rêver en sachant que cette unité des souverainistes serait l’équivalent de la plus grande révolution que la France ait connue depuis mai 68!

      Le propre de l’homme est de lutter contre le retour de la tyrannie ou des conditions de son émergence. Par l’islamisme, par l’Union européenne qui est l’ébauche du gouvernement mondial. Nous en sommes au refus du retour de la tyrannie et du despotisme sous le prétexte toujours d’un universalisme libéral ou islamiste qui comme l’église catholique intégriste d’avant hier a écrasé l’humain de tout son poids dans ses pires moments.

      Un néo-despotisme en émergence c’est ce qui tente de revenir par la diabolisation des nations depuis 50 ans. Il faut en sortir.

    • 3 Avril 2017 à 20h38

      Malg dit

      Quelle erreur d’avoir laissé la clé du cabinet noir à l’ancien locataire… la vengeance se déguste brun froide

      • 3 Avril 2017 à 20h39

        Malg dit

        Bien froide 

      • 3 Avril 2017 à 22h37

        i-diogene dit

        Autrement dit:

        - la vengeance est un plat cuisant qui se déguste glacé..!^^

        • 5 Avril 2017 à 2h35

          Livio del Quenale dit

          la vengeance est un plat de pauvre …
           …d’esprit, qui y perd liberté et santé.

    • 3 Avril 2017 à 19h46

      jst dit

      Et si le futur vrai patron était à Matignon?
      oui, sarko est sans doute le seul à pouvoir nous sortir de ce merdi..

      • 3 Avril 2017 à 22h26

        gnu dit

        Je suis assez d’accord, dire que cet enf… de Troufion l’a descendu à la primaire et lui a volé sa place.

    • 3 Avril 2017 à 18h51

      IMHO dit

      Sarko, maintenant ! Ce n’est pas croyable, quand même ! Mais il est à la retraite !
      Il n’a pas dit un mot depuis les primaires et il irait s’embarquer dans une galère comme Matignon, où il a fait travailler Fillon comme une nègre pendant qu’il se la coulait douce ou voyageait . Il n’en est pas capable et n’en a pas envie .
      Allez, on torche : David Desgouilles Premier Ministre relégué à saint-Anne .

      • 3 Avril 2017 à 23h13

        i-diogene dit

        - Sarko, Fillon même traitement: le goudron et les plumes..!^^

        - Hollande, Hamon à l’ asile..

    • 3 Avril 2017 à 18h43

      Sadim dit

      Tres credible!

      Je me force d’ecouter les discours de Macron: ce type est creux et il ferait un president aussi inexistant que son maitre!

      • 3 Avril 2017 à 22h24

        gnu dit

        Ca doit être ça, il a gagné brillamment plus de 3 millions d’euros en 2 ans et il serait creux, celui qui a gratté 1 millions d’euros sur le dos de l’état en plus de 10 ans ne le serait pas : on n’a vraiment pas les mêmes valeurs.
        Vous n’avez pas compris qu’une large majorité de citoyens en a assez de tous ces ronds de cuir de politicards qui n’ont jamais rien fichu d’autre dans leur vie ?

        • 3 Avril 2017 à 22h47

          durru dit

          Vous n’avez toujours pas compris que les millions de Macron sont un investissement sur l’avenir, qu’ils se préparent à faire fructifier cette année? Toutefois, ils risquent d’être déçus par leur retour sur investissement. Je me demande s’il va être capable de respecter les clauses du contrat, le pauvre…

    • 3 Avril 2017 à 18h30

      Alexandrebaal dit

      Mille bravos pour cette mini-série, très “House of Cards” franco-française… Mais, si l’on réfléchit bien, qui peut être sûr qu’il s’agisse vraiment de politique-fiction ?

    • 3 Avril 2017 à 17h45

      Alain M. dit

      Super ! La politique fiction est plus drôle que la politique ressassée par les grands médias. J’espère que la chute au 3e épisode aura un caractère imprévu, voire saugrenu :-)