Lectures socialistes
Les éléphants préfèrent Orsenna à Flaubert. Misère !
Publié le 26 août 2010 à 6:30 dans Culture
Mots-clés : La Rochelle, Littérature, Parti socialiste, Université d’été

Bon, je vous fais un petit rappel si vous avez manqué un épisode : les méchants détestent la culture, détestent la Princesse de Clèves, et ne jurent que par les matraques pleines de morgue des CRS ; tandis que les gentils aiment la culture et l’humanisme citoyen ! C’est très simple. Au Parti socialiste – par exemple – on est très gentils, c’est pourquoi on fait longuement étalage de sa passion pour la culture. Ainsi, la question culturelle semble être au centre de l’Université d’été du Parti socialiste qui va se tenir à la Rochelle du 27 au 29 août… et entre des conférences aussi prometteuses que « Yes we can : comment mobiliser notre électorat », « Faire société » ou encore « Carte blanche au MJS avec Danièle Mitterrand » (non, ce n’est pas une blague), les militants pourront voir la pièce de théâtre Il marchait vers la terre promise, dont la thématique citoyenne fait chaud au cœur : « Un samedi soir, à la fête foraine, Désiré, un jeune noir de 22 ans, sourd-muet tente d’échapper à un contrôle de police. Il est sans-papiers. » Et même pas homo, Désiré ? Petit bras ! On imagine aisément la suite tragique : les méchants, c’est la police et les gentils font du théâtre subventionné.
Henri Weber se cite lui-même dans ses lectures préférées !
Plus piquant, les militants socialistes pourront retrouver dans une librairie de la Rochelle les livres préférés des cadres du PS, présentés sur le site web du parti. Car oui, les gentils lisent des livres, tandis que les méchants font du jogging et caressent des Rolex sur les ponts en acajou des yachts de milliardaires. Sans surprise, on voit que les dirigeants socialistes lisent Karl Marx, Albert Camus et se lisent parfois eux-mêmes. (Henri Weber citant parmi ses livres préférés l’un de ceux qu’il a signés, et Jean-Christophe Cambadélis un ouvrage d’Hubert Védrine). Certains font de la provocation, tel Medhi Ouraoui, secrétaire national adjoint à la coordination, qui n’a certainement pas été suffisamment coordonné en amont et cite Malraux, Mauriac et De Gaulle parmi ses lectures préférées.
Hormis cette dissidence, la plupart des choix ne surprennent pas : on retrouve beaucoup d’auteurs de la galaxie socialiste (Erik Orsenna, par exemple, est cité plusieurs fois), et beaucoup de littérature étrangère. On s’étonne – et s’attriste – par contre de ne retrouver dans les bagages des cadres socialistes que très peu de classiques. Certes Cervantès, Stefan Zweig, Gabriel Garcia Marquez ou René Char surnagent, parmi quelques autres. Mais le dirigeant socialiste, pour montrer qu’il est gentil et aime la culture, prend bien garde de ne pas trop citer les grands classiques de la littéraire française… de François Villon à Balzac, en passant par Hugo ou Flaubert. Même punition pour Ronsard et Aragon, et idem pour Péguy.
Rendez-vous à La Rochelle dans dix ans… leurs successeurs citeront certainement Marc Levy, Katherine Pancol et Guillaume Musso.
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L'auteur
François-Xavier Ajavon est chroniqueur et professionnel de la presse.
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Joëlle dit
Zantrop,
En ce moment, je suis en train de m’”occuper” de Michael Heizer, Nancy Holt, Walter De Maria, Jan Dibbets, Richard Long, Hamish Fulton, etc..etc… Je vous assure que je ne m’amuse pas. Mais si certains apprécient sincérement ces artistes, tant mieux pour eux.
Non, on ne met pas tout le monde dans le même sac, et on connaît les différences entre arts moderne, contemporain et actuel. Mais ici, on parle vite, on ne fait pas une thèse, on n’essaie pas de faire les malins, on essaie d’être un peu plus sincère que d’habitude. Avec le risque d’exagération, et même de bêtise (on s’en fiche un peu de ne pas faire intello hyper pointu et bien au-dessus du commun vulgaire).
Enfin, je parle pour moi.
Aventin dit
@ Zantrop,
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“”Confondant d’ailleurs allègrement art moderne et art contemporain”"
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Ah bon, et elle est où cette confusion me concernant ?
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Je pense que vous allez au-devant de grandes déconvenues mon bon Zantrop…
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Lisez donc Jean Clair, lequel fait un sort au Contemporain sans en faire un au Moderne, et je suis bien d’accord avec ce dernier.
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Bienvenue dans un monde d’artistes sans art, sans métier et sans style… un monde où les oeuvres n’ont aucune capacité d’évocation, et se trouvent être systématiquement accompagnées de mondains ridicules ou d’étudiants à la petite semaine, postés là pour expliquer une oeuvre qui devrait pourtant pouvoir tout donner par elle-même…
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Ce monde, c’est le vôtre mon pauvre Zantrop, celui des gogos et des précieux sans substance aucune…
Zantrop dit
Après avoir fait un sort à la littérature contemporaine, Aventin et consort, n’écoutant que leur courage, s’attaquent maintenant à l’art contemporain. Confondant d’ailleurs allègrement art moderne et art contemporain, ce qui témoigne de leur expertise en la matière.
Un peintre allemand prend un lavement au baryum et chie bleu sur une toile, c’est de la culture, coco ! (authentique…) (Coriolan dixit 26 août 2010 à 16:15)
Ah ah ah ! On rigole, on met tout l’art actuel dans le même sac, et allez donc. S’il est tout à fait légitime de donner son avis et de parler de ses goûts, les jugements péremptoires sont toujours un peu ridicules. Certains causeurs n’ont pas besoin de lavement : ce qu’ils font sur la toile est incolore.
Dandy de Grandchemin dit
Benjamin. “Ce n’est pas parce qu’on se moque de l’hypocrisie culturelle des caciques du PS que l’on est UMP. Soyez moins binaire”.
Il y a une réalité qui compte en politique, l’élection.
Or dans celle de 2007, TOUTES les droites (du centre droit à l’extrême-droite) se sont retrouvées derrière l’UMP.
Narko a été élu par vous. Narko est le préz le plus inculte de la Vème. Inculte au point d’avoir mis comme ministre de la culture un Gide au petit pied, un ludion télévisuel, un amateur éclairé de “tourisme sexuel”.
C’est ensuite assez malvenu de prétendre s’ériger en arbitre des élégances culturelles. Surtout avec des astuces de maternelles et des posts aussi truffés de fautes d’orthographe que le sont, c’est de notoriété publique, les notes de Narko.
Joëlle dit
PS : je n’ai pas noté Junon sur mes tablettes. Ai-je tort?
Non, vaut mieux que je laisse tomber : trop intelligent pour moi. Suis pas au niveau.
Joëlle dit
Merci du conseil, Aventin, je chercherai ce livre. Mais si vous saviez tout ce que j’ai à lire! Sur un autre fil, on conseillait “Le gène égoïste” de Dawkins, j’ai noté aussi, ça a l’air intéressant.
Aventin dit
Parmi les réponses qui pourraient se révéler être drôles, il y a à mons sens celles des dirigeants et militants d’Europe-écologie (et Verts…). Là, à mon avis, on va découvrir des trucs extraordinaires… les lectures de Cécile Duflot, tout droit sortie de HEC, cette usine à former des vendeurs de yaourts, ça doit être quelque chose…
cam dit
Ce genre d’article est très con. En quoi le fait d’appartenir à un parti politique vous oriente t-il forcément vers un type de lecture.
C’est très réducteur et simpliste comme point de vue. Ps ou UMP, écolo ou Modem peuvent avoir des gouts communs pour des auteurs.
alain jugnon dit
sur causeur les gens n’aiment pas les socialos
les socialos ils font bien rire les gens sur causeur
ils sont bêtes les socialos ils ne se doutent même pas que les gens sur causeur ils se moquent d’eux
les socialos d’abord ils sont bêtes et nous on rigole bien on dit des conneries sur les socialos et eux ils savent même pas qu’on rigole sur causeur des socialos qui sont bêtes
même que avajon lui il est philosophe alors c’est rigolo nous on en a un de philosophe qui aime pas les socialos
c’est drôle
Aventin dit
@ Joëlle,
Avez-vous le livre de Christine Sourgins “Les mirages de l’Art contemporain” aux Editions de La Table Ronde ? Si vous ne l’avez pas, courez l’acheter, vous allez vraiment rire…
Joëlle dit
Laurent Fabius publie un livre d’analyse d’œuvres de son musée imaginaire. Interrogé par Le Point, il ose une douce ironie sur l’art contemporain et surtout sur les performers et conceptuels anglo-saxons. Il “sauve” néanmoins les Picasso, Soulages, et même les panthéonise.
Moi, je dis, un jour viendra où même ceux-là seront revus à la baisse, suffit d’attendre.
Mais j’ai été ravie de voir le reste de son choix : Monet, Renoir (“Le déjeuner des canotiers”), Le Nain et ses paysans, Caillebotte…De la dignité et de la légèreté en même temps, pas de grandeur artificielle, pas de pompe, pas d’éclat, de l’humanité un peu onirique.
Heureusement que Fabius ne s’est pas demandé si c’était un choix socialiste. (Je dis ça pour me rattacher par les branches au thème 1er du fil).
Aventin dit
@ Monsieur Rien
Faire une toile bleue après le blanc de Malevitch, c’est être un perroquet, c’est-à-dire un mauvais élève, soit au final n’être ni un élève ni un maître… rien, Monsieur rien ! Encore que ne faire rien et vraiment rien, demande un talent génial… un perroquet ce monsieur Klein, moins que rien…
Et Paludes dans tout ça…
;-)
Monsieur Rien dit
@ ramonmercader
Une des plus grandes supercheries en art, à mon sens, c’est Yves Klein qui peignait tout en bleu, y compris des objets manufacturés, pour créer des œuvres d’art.
Il a fait breveter son bleu, un genre d’outremer. Évidemment quand on peint des monochromes (*) en enduisant la toile d’un aplat uniforme, on risque le plagiat !
En fait, Yves Klein, fils de peintres, était un passionné de judo qui ambitionnait dans ce sport une carrière qu’il n’a pas eue.
______________
(*) Un dilemme me taraude : si j’avais à choisir entre trois monochromes bleus (un 180 x 240 cm, un autre de 240 x 180, et un dernier de 150 x 270 cm), lequel choisirais-je ? Il y a des questions comme celle-là auxquelles on ne peut pas répondre.
Aventin dit
@ Lisa,
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Le temps est venu de témoigner au syndicalisme enseignant toute notre gratitude quant à ce travail remarquable, entrepris depuis plus de trente ans, aux fins de laisser une école qui donne envie aux parents de courir vers le privé.
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Tout, va, bien, le niveau ne cesse de monter.
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A ce propos, faites un test, prenez n’importe quel volume du “Largarde et Michard”, et comparez pour une même période avec les ouvrages contemporains : c’est à pleurer de rage !
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Tout, va, bien, SNES, SUD, UNSA, SNUIPP (on dirait les acronymes de services soviétiques)… s’occupent de tout…
ramonmercader dit
@ monsieur rien
pour la performance la tradition ne nous dit pas s’il est licite de l’immortaliser sur la pellicule ou sous forme de pixels
car si performance il y a la logique voudrait qu’elle puisse être performée ( et non perforée ) chaque fois de façon un peu différente un peu comme le vin ( mêmes ingrédients même terroir – qui semble si haïssable à bhl – même plant même ensoleillement et chaque fois résultat différent ou alors c’est du vin industriel . ça existe aussi )
à l’époque on disait “one man show” mais il est possible que ça recouvre des réalités différentes
la performance comme tout ce qui a trait à l’art comptant-pour-rien ( où chacun peut et surtout DOIT être tartiste ) suscite toujours un peu de commissération de ma part
les plus risibles sont celles d’olivier de sagazan ( dispo sur internet) où on le voit s’entortiller la tête de gaze se couvrir ensuite de platre feindre de se peindre des yeux là dessus ( deux verbes consécutifs pas du 1er groupe ! faut que j’aille consulter ) et se passer des brochettes ou des piquets de tente à travers en faisant ” ha ha ! haa!!! ha !”
pitoyable
Lisa dit
@Aventin
« Vous avez déjà causé littérature avec un prof de lettres de gauche (tendance socialiste) de moins de trente ans venant d’obtenir son Capes »
Cela me fait me rappeler que l’association “créer son école” va éditer une “bibliothèque idéale” en septembre, je vais leur faire plus confiance qu’aux profs, d’ailleurs vous savez, le concours est le même en public et privé….
Odilon dit
Aventin lit un livre! Sonnez trompettes!
Aventin dit
23h55,
je commence Clélie, de Madeleine de Scudéry. Pendant c’temps-là, à Paris, François Hollande reprend des pâtes, le parti est en marche…
Monsieur Rien dit
ramonmercader dit (21 h 33)
S’il le fait devant un public, il s’agit alors d’une performance. Artistiquement parlant, c’est bien aussi.
ramonmercader dit
pour la couleur bleue du baryum enema il est probable qu’il y a soit du cobalt dedans soit du bleu de méthylène soit du patent-blue ( qu’on utilisait avant pour les lymphographies et qu’on continue à utiliser pour certains cathétérismes per opératoires ) soit un réactif sur la toile
étant pourtant au fait de l’actualité de l’art comptant-pour-rien j’avais loupé ce truc
la question d’importance est ” le fait il en public”
on pourra vérifier s’il y a trucage ou pas
mais il le poste peut être sur internet