Le truc turc
L’adhésion de la Turquie à l’Europe, une question politique. Rien d’autre
Publié le 22 avril 2009 à 8:11 dans Politique
Mots-clés : Turquie
C’est une tradition si établie en France qu’on la croirait vieille de mille ans. Sitôt qu’est annoncée une élection européenne se profile la pointe discrète de babouches. Lully frappe les trois coups. Un turban fait son entrée au-dessus d’un grand manteau d’or, le cimeterre dépasse à peine : tiens, v’là le Grand Turc. Et, élection après élection, sans jamais craindre ni de se répéter ni de lasser leur entourage, nos Messieurs Jourdain de la politique française l’embarrassent de questions1. Certains lui promettent leur fille comme bru, d’autres réclament que le mamamouchi excipe de son certificat d’européanité. Tous sont là, subjugués. Rome n’est déjà plus dans Rome ; elle se perd au bord de la mer de Marmara en querelles byzantines.
Il y a bien un mérite à se demander si la Turquie est ou n’est pas européenne : divisant et échauffant les esprits, cette question élude toutes les autres et force chacun à prendre position dans des camps si retranchés que même la raison n’y a plus guère de place.
Les uns vous rappellent que cette nation prétendument si arriérée conféra aux femmes le droit de vote dès 1930, que Mustafa Kemal occidentalisa le pays dès 1923 et qu’aujourd’hui même lorsque certains religieux entendent autoriser le port du voile dans les universités, la Cour constitutionnelle d’Ankara oppose un veto sans appel, comme ce fut le cas en juin 2008. Puis, sérieux, ils vous sortent de la poche un livre d’Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature et néanmoins excellent écrivain, pensez donc.
Les autres vous font en boucle le remake de Midnight express. Ou alors, ils vous jurent que, dès que la Turquie aura rejoint l’Union, des hordes sanguinaires fondront des confins anatoliens sur l’ouest radieux pour égorger nos filles et nos compagnes, faire paître leurs troupeaux sur nos vertes prairies et convertir les rescapés à la foi du mahométan.
Malheur à celui qui aurait l’heur de sortir de ces positions-là, pour rappeler que l’affaire turque n’est pas une affaire française, mais avant tout la question de la Mitteleuropa, cet espace construit sur les décombres de l’Empire austro-hongrois, du Reich allemand puis, bien plus tard, de l’Union soviétique et dont la France s’est évertuée, de François Ier jusqu’à François Mitterrand, à contenir l’expansion.
Des innombrables sièges de Vienne par les Ottomans, la France a gagné le croissant, celui que tout bon Français trempe avec délectation dans son café matinal dans le seul but de provoquer le dégoût instantané de tous les autres Européens. Elle en a tiré aussi une relative stabilité géopolitique, lui permettant de conforter des siècles durant ses frontières extérieures et de construire son identité nationale, pendant que le Saint Empire s’inquiétait pour sa part de ses frontières orientales soumises à de multiples assauts et y confinait toutes ses troupes.
A dire vrai, notre pays n’a, dans son histoire, jamais fait la fine bouche ni refusé les loukoums ottomans lorsqu’il s’agissait de pactiser avec Soliman et de prendre en tenaille les Impériaux. Pour conclure une alliance contre le très chrétien Charles Quint, François Ier n’a pas demandé à son homologue de Constantinople s’il faisait bien ses Pâques et regardait dévotement le Jour du Seigneur chaque dimanche sur France 2 : il s’est contenté de signer en 1536 le traité des Capitulations, premier du genre entre une nation chrétienne et une nation musulmane.
Ce n’est pas non plus le fruit du hasard si l’inspiré Colbert fonda en 1669 l’Ecole des Jeunes de langues, que Lakanal transforma après la Révolution en école des Langues orientales. Ce n’est pas non plus sans raison que le général de Gaulle renforça les liens de la France avec le pays d’Atatürk, dont il admirait sincèrement l’œuvre. Dès 1963, c’est bien sous l’impulsion de De Gaulle et d’Adenauer que l’Europe signa des accords d’association, préparatoire puis transitoire, avec la Turquie.
Qu’elle soit une alliée multiséculaire de la France est un fait historique. Certes, cette alliance si fidèle et si longue ne fait pas de la Turquie un département français ni d’Ankara un chef-lieu d’arrondissement.
Ainsi va la marche du monde : on peut s’entendre, se parler et commercer ensemble sans pour autant croire qu’il est indispensable de se mettre à la colle.
Dans l’ordre géopolitique, la Turquie fait office de pont entre le monde occidental et le monde musulman. Pour le meilleur et pour le pire. Le jour, on y voit circuler les personnes, les idées et les biens. La nuit, on s’y livre, tous phares éteints, à des échanges plus douteux. Son appartenance à l’Otan, à l’OSCE et à l’OCDE arrime solidement la Turquie à l’Occident. En rejoignant demain l’Union européenne, il n’est pas dit que la position géostratégique du pays ne serait pas aussitôt affaiblie. Que vaudrait, aux yeux des autres pays de la région et du monde musulman, une Turquie devenue nouvelle province d’un Empire qui ne veut pas dire son nom puisqu’il n’en a pas la puissance ?
Bref, qu’il soit constantinopolitain hier ou bruxellois aujourd’hui, le byzantinisme, forme suprême de l’impuissance et du déni de réalité, menace toujours la stabilité de la région.
Les raisonnements spécieux sur la culture, la religion ou la géographie ne sont ici, au regard de l’histoire, que des billevesées. Un élève de 6e disposant des rudiments du savoir et d’un peu de catéchisme (je sais bien que ça n’existe plus) pourrait vous retourner en cinq sec tous les arguments culturels : de Paul de Tarse à Nicolas de Myre, en passant par le concile de Nicée, toute l’unité religieuse et culturelle de l’Europe s’est construite paradoxalement en Anatolie.
L’économie même, dont on prétend qu’elle gouverne le monde, n’est rien : le produit intérieur brut par habitant de la Turquie, s’il reste bien en deçà de la moyenne européenne, est supérieur à celui de la Bulgarie et de la Roumanie, pourtant membres à part entière de l’Union depuis 2007.
La seule question qui vaille est politique. Politique, et rien d’autre.
D’ailleurs, ceux qui croient que l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne est une affaire de civilisation ou de religion devraient tourner leur regard vers Strasbourg : Ankara est, depuis 1949, l’un des membres fondateurs du Conseil de l’Europe. Oui, bon, mais encore ? Depuis 1954 et la ratification de la Convention européenne des droits de l’Homme, la Turquie siège à la Cour de Strasbourg. Si un citoyen français pense que ses droits fondamentaux sont bafoués par son Etat et que toutes les voies de recours ont été épuisées dans son pays, il peut demander justice et réparation à la Cour européenne des droits de l’Homme et voir son affaire traitée par l’excellente Işıl Karakaş, ancienne doyenne de la faculté de droit d’Istanbul et actuelle juge turque à la Cour.
Admettons que ce justiciable soit un fan du président Sarkozy et, par-là même, un adversaire farouche de l’adhésion de la Turquie à l’Union. S’il obtient gain de cause contre son Etat, refusera-t-il le jugement de Mme Karakaş, au motif qu’il estime que la Turquie n’a pas sa place dans une organisation continentale, fût-elle paneuropéenne ?
Quel autre brevet d’européanité demander à la Turquie : elle adhère non seulement aux valeurs qui font le ciment de la civilisation européenne, mais les défend et les illustre.
Alors quoi ? Membre fondateur du Conseil de l’Europe depuis soixante ans, la Turquie est candidate depuis cinquante ans à l’entrée dans l’Europe intégrée. La laisserons-nous encore longtemps dans le vestibule strasbourgeois ? Peut-être bien que oui. Car il faudra l’assentiment des peuples, cette drôle de chose dont on ne s’embarrasse plus guère en Europe depuis longtemps. Sauf, précisément, lorsque l’on passe aux choses sérieuses et qu’il s’agit de faire entrer le grand Turc dans son salon.
- – Covielle : Le fils du Grand Turc, votre gendre ! Comme je le fus voir, et que j’entends parfaitement sa langue, il s’entretint avec moi ; et, après quelques autres discours, il me dit : Acciam croc soler ouch alla moustaph gidelum amanahem varahini oussere carbulath, c’est-à-dire : “N’as-tu point vu une jeune belle personne, qui est la fille de Monsieur Jourdain, gentilhomme parisien ?”
– Monsieur Jourdain : Le fils du Grand Turc dit cela de moi ?
– Covielle : Oui. Comme je lui eus répondu que je vous connaissais particulièrement, et que j’avais vu votre fille : “Ah ! me dit-il, marababa sahem” ; c’est-à-dire “Ah ! que je suis amoureux d’elle !” ↩
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L'auteur
François Miclo est rédacteur en chef de Causeur magazine.
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Saul dit
….en meme temps, leur petit déj, c’ est que du salé ( y a pas de croissants XD ), c’ est très dur de s’ y habituer…..
Saul dit
@ Nadia Comaneci ( désolé j’ avais oublié les majuscules, maudit copié/collé)
non, non , je vous jure ils en sont plus proche que l’ on ne croit. bon y a des cons aussi comme partout mais quand on voit comme j’ ai dit de belles turques se ballader l’ été dans les ;villes cotières, avec juste un paréo et un soustif de bain, quand meme ! ils picolent, leurs jeunes vont en boite de nuit etc etc
bon après dans les campagnes, c’ est sur que c’ est plus traditionnel, mais ça n’ est pas non plus le regne de la charia ! ( de ce que j’ en ai vu du moins )
leur alphabet est latin ( avec plein de mots français mais dont l’ orthographe est plus simple comme “garaj” )
et dans beaucoup de villes touristiques ( comme Bodroum) que des restaus à l’ occidentale où les personnels saisonniers prennent des prénoms européens ( combien de Billy, Steven…..assez déplaisant j’ ai trouvé, car obligé de renoncer à leurs prénoms pour complaire aux touristes )
z’ ont meme un code de la route semblable au notre ( mais bon dans la pratique sur la route, c’ est le véhicule le plus gros qui a la “priorité” ! )
Saul dit
@ nadia comaneci :
j’ ai oublié la partie “et s’ ils n’ adhèrent pas” :
on les pousse vers l’ islamisme ( bon meme si on s’ en fout et qu’ on ne va pas ceder à leur chantage, non mais ! )
une immigration de plus en plus massive mais pas que de turcs : kurdes, irakiens, afgans ( un m’ avait expliqué que lorsque notre assemblée avait reconnu le génocide arménien, rappelez vous hop de suite un bateau remplis de clandés kurdes avaient débarqués chez nous, : ils bloquent une partie de cette immigration chez eux ou à leurs portes( ce qui nous arrange quand meme ) et quand ils sont contrariés, ils les laissent partir vers chez nous )
ne parlons plus de chypre ! ( ils pourraient annexer le nord de l’ ile que je m’ en foutrais tout autant mais bon vu que c’ est un pays bien d’ chez nous (lol), ça la foutrait mal de ne rien faire, donc risque de tensions diplomatiques )
et on pourrait faire moins de business chez eux et nos relations commerciales dégradées voire diminuées ( 80 millions à qui on peut vendre notre café et nos croissants , quand meme….)
nadia comaneci dit
Saul, vous êtes délicieusement optimiste… et je ne suis pas loin d’adhérer à l’invasion des croissants beurre… Mais je bute encore et toujours sur ce facheux islamisme et l’impression que laTurquie n’adhère que de très loin aux “valeurs européennes”….
Saul dit
@ nadia comaneci :
je ne dis pas que les islamistes turcs sont “modérés” ( un peu paradoxal ” islamiste modéré” non ? ), disons qu’ ils leur ont mis la muselière.
pour l’ incidence, très franchement, je ne pense pas que ce sera une fantasmagorique invasion de janissaires sanguinaires armés de croissants beurre lancés à la reconquète de nos bols de café ( au fait Zix, meme si ce n’ est pas grand chose, le café comme contribution à notre civilisation, c’ est pas si mal….)
vu qu’ ils émigrent déjà en masse vers chez nous ( une vraie passoire notre europe ), je ne vois pas en quoi ce serait pire : leur adhésion n’ entraine pas forcément leur intégration au sein de schengen ou de la zone euro.
d’ autre part, un marché de 80 ( ou 100 maintenant ? ) millions d’ habitants, ce n’ est pas négligeable….on pourrait meme extrapoler sur un développement économique acceleré de ce pays du à cette adhésion et donc ……une immigration turque vers le reste de l’ europe en nette diminution !
amélioration des droits de l’ homme et de la situation des minorités religieuses ( ils y seront obligés pour pouvoir adhérer )
peut etre une résolution de la question chypriote…
une plus grande proximité géographique ( donc meilleur controle) pour l’ europe, des ressources énergétiques ( pétrole de la caspienne, mais aussi pipeline des champs pétrolifères d’ irak passant par la…turquie )
par exemple…
nadia comaneci dit
Saul, laTurquie n’est certes pas l’Arabie Saoudite, même si le concept d’islamiste modéré me laisse très sceptique, mais quelle incidence sur son entrée ou non dans l’UE ?
Saul dit
@ Eveillé :
non, pas une dictature militaire car il y a quand meme des élections avec des partis assez divers. beaucoup la considèrent comme un rempart contre des politiques excéssives pouvant mettre en péril la paix sociale ou le modèle kémaliste :
en 1982, l’ armée a pris le pouvoir du fait de la trop grande corruption qui avait pris des proportions énormes, 2 ans plus tard ( après avoir fait le “ménage” dixit des turcs), ils l’ ont remis aux civils.
dans les années 90, ils ont viré le 1er gouvernement islamique car celui ci allait trop loin dans ses intentions religieuses. cela explique pourquoi Erdogan n’ a avancé que l’ idée du voile et ne va pas plus loin et qu’ il a quasiment éffacé toute références religieuses dans ses discours ( chat échaudé craint l’ eau froide ! ).
disons que l’ armée ( très respectée là bas ) est une sorte d’ arbitre “musclé”
Eveillé dit
Sans l’armée, la Turquie serait déjà une république islamique, tout comme le GIA serait au pouvoir en Algérie.
Tu parles d’une démocratie laïque…une dictature militaire oui…
Eveillé dit
“Toutes les sociétés musulmanes ont été des sociétés intégratives, globales, globalisantes, totales,totalisantes, pour ne pas dire totalitaires.
Quand un musulman me dit ” l’islam est la religion de la tolérance”, je lui dis : “parmi les 57 pays musulmans de la planète, cite m’en un seul où la liberté religieuse existe”. La liberté religieuse est un mythe. Elle n’existe pas dans les sociétés musulmanes.”
****************
http://www.drzz.info/article-30363030.html
Saul dit
bien sur que la démocratie turque n’ est pas parfaite….n’ oublions pas que leur république n’ a été proclamée qu’ en 1922, soit il y a 87 ans.
chez nous elle a été proclamée en 1792, soit plus de 200 ans ! et il me semble que jusqu’ à une période récente c’ était encore très religieux par chez nous ! ( je me rappelle, par ex, dans les années 80, lors de la sortie de “la dernière tentation du Christ”, de ces intégristes dont certains n’ avaient pas hésités à balancer des bouteilles incendiaires dans les salles…)
alors oui tout n’ est pas parfait, mais il y a quand meme des évolutions….des intellos turcs ont lancé une pétition “nous leur demandons pardon” sur les arméniens, et pour la 1ère fois il n’ y a pas eu de poursuites judiciaires contre leurs auteurs.
Erdogan ( condamné et enprisonné en 98 ou 99 ? pour incitation à la haine ) souhaite depuis le départ une séparation de l’ état et des affaires religieuses ( les imams sont des fonctionnaires, imaginez si on faisait ça ici ! ),et il a inauguré en janvier dernier une chaine de tv kurde en parlant lui meme en kurde !…..
sur la cote sud ouest, l’ été on voit aussi des jeunes filles ( stanbouliotes ou citadines pour la plupart, il est vrai ) se ballader avec comme habits, juste un tissu autour de la taille et un soutien gorge de bain ( et pas que sur les plages ) et elles ne se font pas lapider pour autant !
en politique étrangère, ce pays est le plus sur allié d’ Israël dans la région ( ça fait pas très islamiste quand meme….)
etc, etc…..
alors c’ est sur, ce pays n’ est pas parfait, mais c’ est loin d’ etre l’ arabie saoudite !
armagedon dit
La “démocratie européenne” turque
Nedim Gürsel dans les mailles de la justice turque
Istanbul, Laure Marchand
http://www.lefigaro.fr/international/2009/04/18/01003-20090418ARTFIG00239-nedim-grsel-dans-les-mailles-de-la-justice-turque-.php
Le romancier franco-turc, auteur des « Filles d’Allah», est accusé d’avoir manqué de respect au prophètede l’islam.
Le tribunal de Sisli, à Istanbul, se spécialise dans les écrivains. En 2005, Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature, avait comparu à la barre pour ses propos sur le génocide arménien. Cette fois-ci, c’est au tour du romancier franco-turc Nedim Gürsel de se retrouver dans le collimateur de la justice pour son livre Les Filles d’Allah. À partir du 5 mai, il sera jugé pour avoir «vilipendé publiquement les valeurs religieuses d’une partie de la population», un délit qui peut «menacer la paix sociale», selon l’article 216 du Code pénal, et passible d’une peine de six mois à un an d’emprisonnement.
«Je respecte la foi des croyants mais, dans une société laïque et démocratique, on doit avoir le droit d’interroger la nature de l’islam», récuse ce directeur de recherches au CNRS, auteur prolifique d’une trentaine de fictions, récits de voyage et essais.
Dans son roman – qui sortira en France cet automne – Nedim Gürsel entrecroise ses souvenirs d’enfant fasciné par les versets du Coran et par son grand-père pieux, dans une petite ville d’Anatolie, avec une biographie romancée de la vie de Mahomet. «Pour un écrivain, il est très tentant d’en faire un personnage de roman, d’essayer de pénétrer son univers intime», glisse-t-il, avec ses grands yeux bleus pétillants de gourmandise. L’acte d’accusation n’a pas goûté la tentation du romancier, épinglant quarante et un passages des Filles d’Allah, jugés irrespectueux.
Il lui est reproché d’avoir qualifié Abraham, enfant, de «sans-culotte», dit de Mahomet qu’après son mariage avec Khadidja, «la riche femme d’affaires», il avait «réussi à être un homme riche mais pas un homme», évoqué ses «pantoufles »… «Comment un juge a-t-il pu estimer que cela valait un procès ? C’est ridicule. En plus, toutes les références se trouvent dans le Coran et dans la tradition islamique.»
Le romancier de 57 ans est un habitué des tribunaux turcs. En 1980, un coup d’État de l’armée l’empêche de rentrer au pays : son premier roman Un long été à Istanbul lui vaut d’être poursuivi pour «offense aux forces de sécurité nationale». Avec La Première Femme, il est accusé d’«offense à la morale publique». Ironie de l’existence, ses nouveaux démêlés avec la justice tombent au moment où il songe ouvrir une petite parenthèse dans son exil parisien pour venir enseigner à Istanbul.
«Insulte à l’identité nationale»
Il y a quatre ans, une cohorte d’écrivains et de journalistes avait été traînée devant les tribunaux, notamment au nom de l’article 301 du Code pénal qui réprimait «l’insulte à l’identité nationale turque». Sous la pression de l’Union européenne, il a été réformé. Mais les procès pour délits d’opinion n’ont pas diminué. En 2008, selon un décompte de l’agence de presse Bianet, 36 personnes ont été poursuivies pour insulte «à la nation turque», avec l’aval du ministre de la Justice, et 23 autres pour «incitation à la haine ou à l’hostilité».
Les écrivains sont cependant rarement accusés de blasphème. En 2006, en plein débat sur le port du foulard islamique, une spécialiste de la période sumérienne de 92 ans avait bien été jugée pour avoir écrit que les premières femmes à porter un voile initiaient les jeunes garçons à la sexualité dans des temples 4 000 ans avant Jésus-Christ. L’archéologue avait été acquittée. Mais, signe que la critique de l’islam demeure un sujet sensible en Turquie, aucun éditeur n’a encore osé traduire Les Versets sataniques, de Salman Rushdie.
Saul dit
@ Lisa :
je n’ ai pas dit que l’ usage du café avait été interdit par l’ église mais combattu par elle.
si je me rappelle bien, ce sont les vénitiens qui auraient été les 1er européens à le connaitre ( je crois qu’ ils en avaient acheté aux byzantins ou aux turcs, quelque chose comme ça ), puis les hollandais qui l’ aurait connu par les turcs, mais restait très peu utilisé car l’ église considérait que c’ était une boisson païenne, puisque bue par les musulmans.
elle pensait que c’ était le diable qui le leur avait fait connaitre ( la couleur noire aidant…) alors que Dieu avait donné le vin comme boisson aux chrétiens.
les prélats ont demandé au pape de l’ interdire mais on raconte que celui ci l’ a gouté et trouvant ça bon, décida au contraire de le baptiser pour le rendre bon pour la consommation par les chrétiens ! ( le pape était Clément je crois bien mais je ne me rappelle pas du n°, 7 ou 8 ou meme 9 ? vous vérifierez.)
toujours est il que c’ est à partir de la découverte des sacs de café lors du siège de vienne, que la pratique a commencé à se répandre.
je crois que Louis XIV, en recevant un ambassadeur musulman (turc ou perse ? ) l’ a adopté lui aussi et par la suite les français l’ implantèrent aux antilles. ( je crois aussi que ce sont les français qui ont pris l’ habitude de le sucrer )
désolé de ne pas etre plus précis, ne me rappelant que ce que j’ avais lu dans je ne sais plus quel bouquin ( et j’ ai du très certainement faire quelques erreurs ou inéxactitudes, pardonnez moi, n’ étant pas spécialiste de ce domaine,..)
Eden dit
Erdogan déclarait en 1999 : « Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées nos casernes et les croyants nos soldats.
Ben si on n’avait pas compris le bonhomme, aujourd’hui on peut vraiment dire que le mec est…islamiste tout court : La Turquie, seule alliée musulmane d’Israel fait des exercices militaires avec les SYRIENS !
Cata ? oui et non…Le turc est fourbe et surtout très influençable.
Au départ, la Turquie servait de médiateur entre Israel et la Syrie pour un dialogue de paix…Et maintenant, la Turquie adore les alalouites !
Pour faire simple et pour les gonzesses, c’est comme si on présentait une copine à son mec et que le mec se faisait la copine ! Arf ! Y a toujours des risques hein !
Lisa dit
@Jardidi
C’est quoi ce racisme allemand ?
Merci
Lisa dit
@Saul,
Vous avez des sorces pour l’interdiction du café par l’Eglise ?
Merci