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Le temps, c’est de la monnaie

Ceux qui croient échapper à l’argent-roi ne font que créer une nouvelle monnaie

Publié le 18 novembre 2012 à 6:00 dans Économie

Mots-clés : , , ,

sel monnaie espagne

Alipio, un Espagnol un peu baba cool et au demeurant fort sympathique, pense que la crise qui frappe si durement l’Espagne est l’occasion d’un retour à la terre et veut donc créer une « coopérative agricole autonome »1. Pour ce faire, il a réuni une petite équipe − composée notamment de Maria, une architecte au chômage et d’Alberto, un comptable qui a du temps libre − qui accepte de l’aider gratuitement à donner vie à son ambitieux projet. Quoique « gratuitement » n’est peut-être pas tout à fait le bon terme : Alipio paye les membres de sa petite équipe, mais il ne les paye pas en euros ; il les rémunère en temps. À noter qu’Alipio, Maria et Alberto ne sont pas de vieux amis ; ils se sont rencontrés récemment sur un site communautaire d’un genre nouveau : comunitats.org.

[...]

*Photo : epSos.de

  1. Cet exemple est tiré d’un reportage diffusé par Arte en début d’année (Tabea Tiesler, René Gorski et Robert Bohrer, « Espagne : des banques de temps communautaire »).
  2. À l’exception, peut-être, de Franck Fouqueray, qui avait créé un système équivalent au Mans en 1990 (« Troc Temps ») mais se gardait bien de parler d’autre chose que de « troc ».
  3. On rappellera ici et fort opportunément que l’État, par définition, contrôle la police et l’armée. Les marchés financiers, combien de divisions ?
  4. Puisque ces derniers n’ont pas d’autre choix que de conserver leur épargne dans la monnaie de l’État.
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  • 10 Décembre 2012 à 11h04

    SPQR dit

    avec un peu de retard je lis cet article vraiment excellent. je regrette que Saintex n’ait pas fait l’effort de le lire avec un minimum de bienveillance!! Il a meme cru que Georges Kaplan condamnait le concept des comunitats.org !

  • 20 Novembre 2012 à 22h41

    Raminagrobis dit

    Excellent.
    J’ai même compris.
    J’ai rigolé.
    Vous devriez lire du Pierre Boulle, spécialiste incontesté du paradoxe.

  • 19 Novembre 2012 à 16h32

    D.F. dit

    Petite question d’un béotien à l’auteur, à propos des SEL : ces systèmes ne prévoient-ils pas que leur monnaie, quel que soit son nom, ne peut être thésaurisée au-delà d’une certaine quantité par individu ? N’est-ce pas une différence tangible, pour le coup, avec la monnaie classique, officielle ?

  • 19 Novembre 2012 à 13h59

    saintex dit

    Je ne sais pas par quelle bête a été piqué M. Kaplan, mais le résultat est finalement beaucoup plus rigolo que si ça avait été une araignée radioactive.
    Il ne manque certes pas de connaissances, mais indiscutablement de bon sens. Il étrille les vérités qu’il énonce pour les faire entrer dans sa vision aussi certaine que floue.
    Voyons voir.
    Pourquoi les Espagnols ont-ils recours à l’échange de services, quantifiés sur une notion de temps ? Pour échapper à l’impôt ? C’est assez évident, ça ne peut donc pas suffire. Quel sera le problème pour que l’état taxe cette notion de temps ? La reconnaissance de la notion de temps comme monnaie parallèle ? Ouah, là c’est bien du Kaplan.
    Il doit faire appel pour cela à deux démonstrations.
    Démontrer que l’argent est du ressort de l’état. Une autre évidence,
    Démontrer que l’échange de services, dont la valeur est quantifiée en temps, est une monnaie. C’est là qu’il est beau et grand puisqu’il convoque légionnaires et samouraïs. Les samouraïs payés en riz bénéficient de la sorte d’une monnaie en ce que le riz a une valeur reconnue, peut-être mangé ultérieurement, et dépasse les difficultés inhérentes au troc.
    N’importe qui objectera que, justement cela ne dépasse pas les inconvénients du troc, sauf à revendre son riz en échange de… monnaie et en ce que le prix n’est pas reconnu mais fluctuant selon les saisons et la taille des poches se retrouvant considérablement alourdies.
    Ce n’est hélas pas tout. On peut en déduire qu’une personne fournissant un travail en échange de nourriture est payé. Ce qui est un chemin parfait pour abolir la notion d’esclavage.

    Et bien non, une reconnaissance de dette temporelle n’est pas une monnaie et sa traduction en terme de richesse se promène sur une telle échelle de variabilité qu’elle ne peut déboucher sur l’établissement d’une valeur monétaire.

    Elle se différencie du troc par la durée de validité, et s’apparente à l’argent par le capital confiance. Avec une grosse paille de différence, que la confiance accordée à l’un pour sa capacité à œuvrer dans un temps donnée n’est pas celle accordée à l’autre. L’ultra-libéraliste est en porte-à-faux. Il se réjouit que ceux qui tentent de lui échapper suivent les même travers pour tenter de lui échapper. Il a imposé sa pensée jusque dans sa négation. Et il se navre que d’aucuns supposent une égalité de travail et non de résultat.
    A la base, l’idée est un troc sur une base humaniste vieille comme le monde. Elle évolue suite aux manquements sur engagements. Mais elle ne restera que ponctuelle. Son extension ne serait d’ailleurs pas un problème monétaire puis indirectement politique, mais un problème directement politique. Ce serait une forme de partition des pays. C’est ce que cherche l’Europe, mais pour en sortir des pésètes.

    Rassurez-vous Kaplan, ce n’est pas du collectivisme, tout au plus du christianisme dévoyé. Et son origine n’est pas seulement dans la misère qui augmente, mais aussi dans le refus violent qui est fait aux européens de continuer à exister, avec des enfants qui parleraient leurs langues et leurs ressembleraient.

    • 19 Novembre 2012 à 16h06

      JeanBart dit

      Je sais pas si vous avez raison contre GK… Car si j’ai compris son billet, je n’ai rien compris au vôtre. Sans en appeler à Boileau, vous pourriez faire un effort.

  • 19 Novembre 2012 à 13h08

    pirate dit

    il devrait lire le rapport de Francois Aubas l’adepte de la dérégulation hystérique. Il y lira que plein de gens sont d’accord avec lui et que l’état gendarme, ne peut même pas les gendarmer, ni Tracfin, ni la COLB, ni Attac, ni Flair, n’en n’ont les moyens. L’ultra libéral pleurniche constamment qu’on en veut à ses sousous, mais qu’il ne s’inquiète pas trop, dans les faits ses sousous sont bien à l’abri des empêcheurs de frauder en rond.

  • 18 Novembre 2012 à 11h59

    L'Ours dit

    Faire de l’ultralibéralisme en revendiquant le contraire, vous leur avez fait très mal GK.

  • 18 Novembre 2012 à 11h36

    Chris3819 dit

    Les unités de temps sont soumises aux risques systémiques et de marché (risques de liquidité, de contrepartie, de taux si inflation) – Ils devraient améliorer le système avec une banque centrale des unités de temps, des banques du temps d’investissement et de crédit, des hedges funds (pour financer les retraites), une ou plusieurs chambres de compensation, des agents dépositaires (pour comptabiliser les valeurs mobilières temps des entreprises), d’intermédiation bancaires, des courtiers, des salles de marché, des traders de temps,….
    En réalité, l’argent n’existe pas car la banque n’a qu’une partie de l’argent qu’elle prête, et c’est le temps qui produit de la valeur avec les intérêts.
    Nos États existent uniquement parce que les administrés permettent à l’Etat d’exister en payant bon an, mal an l’impôt et les taxes puis respectent des lois et des règles (dans l’idée du contrat social), sinon vous avez le Tiers-monde (insécurité, corruption, précarité…).

  • 18 Novembre 2012 à 10h29

    D.F. dit

    Excellent article !

  • 18 Novembre 2012 à 7h46

    Eugène Lampiste dit

    Un libéral qui s’attaque à l’évasion fiscale.

    Voilà qui ne manque pas de SEL.