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Le souverainisme à la petite semaine

La nation, c’est pas un jour sur deux

Publié le 17 septembre 2010 à 12:00 dans Politique

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Photo : iko

Soyons clairs : je n’ai jamais éprouvé aucune sympathie pour l’Europe telle qu’elle se construit. Pour être un internationaliste conséquent, encore faut-il qu’il y ait, étymologiquement, des nations. À mon âge, je n’ai pas grand-chose à reprocher à la nation. À la mienne, en tout cas. Elle a tout de même gratuitement ou presque veillé sur ma santé, assuré mon éducation et ma sécurité. Elle a également tenté de le faire pour les plus pauvres ou les plus faibles que moi, même quand ils n’étaient pas forcément français, ce que je trouve très chic de sa part, un chic républicain qui a connu des hauts, des bas et même une brève éclipse entre 40 et 44 mais qui reste quand même assez unique en son genre.
En échange, ma nation m’a finalement demandé assez peu de choses : douze mois de service militaire, le paiement régulier de mes impôts et le respect du code de la route.

Tout s’est brouillé

Alors quand je me suis aperçu comme la plupart des Français que l’Europe existait, c’est-à-dire au moment du référendum de Maëstricht, tout est devenu beaucoup plus compliqué. Par exemple, j’ai commencé à trouver que le clivage gauche-droite n’était plus aussi clair.
Avant, je préférais toujours un social-démocrate même rose très pâle à un centriste même très progressiste. J’étais du genre à croire qu’il y avait, pour les plus anciens de nos lecteurs qui se souviendront de qui je veux parler, une véritable différence entre Bernard Stasi et Michel Rocard. Et voilà que tout se brouillait : je me sentais soudain plus proche de Séguin que de Mitterrand.
J’ai demandé autour de moi si c’était normal. Comme autour de moi, il y avait surtout des communistes, ils m’ont répondu pour la plupart que oui, c’était normal, mais que ce n’était pas non plus la peine de le crier sur les toits, qu’on avait assez d’ennuis comme ça en ce moment avec ce qui se passait à l’Est. Certains me rappelaient même que les gaullistes et nous, on avait toujours été d’accord sur l’Europe qui était une construction supranationale voulant imposer un modèle économique définitivement capitaliste sur le continent. Simplement, les gaullistes insistaient un peu plus sur les dangers du supranational et nous sur ceux du modèle économique.

L’Europe, la France et moi

Les années ont passé et ce n’est pas allé en s’arrangeant.
Ni pour moi, ni pour la France, ni pour l’Europe.
En plus d’être communiste, je suis devenu souverainiste. Il m’est même arrivé de voter pour Chevènement et de trouver le Pasqua de 1999 sympathique. Des amis de trente ans cessent alors de vous parler et au bout du compte, on finit par écrire à Causeur, vous voyez le genre.
La France a trouvé le moyen de perdre sa monnaie, sa croyance en un vouloir-vivre ensemble (il y eut une époque où cette expression ne faisait pas forcément rire et ce n’était pas plus mal) et de préférer les débats sur les sujets de sociétés aux sujets de débats sur la société. En gros on s’est s’étripés sur le Pacs et les drogues douces pendant qu’on liquidait l’Etat-Providence. Vous voyez de quoi je parle, là, avec l’Etat-Providence ? Vous savez, la grosse bête qui achève de cracher ses poumons ces jours-ci entre un mini-putsch parlementaire et une propagande généralisée à la télé, à la radio et dans presque tous les journaux. On remarquera au passage que tout cela est allé d’autant plus vite et plus facilement que les gaullistes ont pratiquement disparu du paysage et que les communistes… non plus.

L’Europe, enfin, avait promis la paix et elle a fait la guerre en Yougoslavie, au Kosovo et maintenant en Afghanistan (Je sais, c’est l’Otan mais depuis que la France a réintégré l’Otan, UE et Otan, c’est kif-kif le bourricot taliban.). Elle s’est élargie à des pays pauvres en se disant qu’il serait plus facile de s’aligner sur eux pour le social. D’ailleurs, les pays riches comme la Norvège qui ont du pétrole et des grandes filles blondes qui ont un an de congé-maternité, ils ont dit non, merci, sans façon. Pour finir, comme elle ne demande pas son avis aux peuples, les peuples se mettent à voter à l’extrême droite un peu partout ce qui permet aux news magasines de faire des dossiers citoyens et récurrents sur la question.

Nation sans nationalisme

Ce qu’il y a de bien avec le souverainisme, justement, c’est qu’il permet d’aimer sa nation sans être nationaliste. Le souverainiste, et notamment le souverainiste français, pense que la nation, c’est encore pour l’instant le seul cadre qui protège, qui permette d’assurer un minimum de cohésion sociale en résistant à la mondialisation. Seulement, quand on est souverainiste, il faut aller jusqu’au bout de sa logique.
Et les postures adoptées par le pouvoir actuellement face à la question rom, c’est tout de même du souverainisme à la très petite semaine. On dit merde à l’ONU, au Pape, aux Roumains, à la Commission Européenne et au Luxembourg via cette même Commission Européenne. Il faut la voir, rouler des mécaniques, cette droite de gouvernement qui bande ses petits muscles en disant : « On fait ce qu’on veut, on est chez nous, non mais… »
Il y a juste un petit problème. C’est que c’est la même droite qui a fait voter en catimini parlementaire le traité de Lisbonne malgré le référendum de 2005 et la même qui ne cesse aujourd’hui de nous citer le monde entier en exemple sur les retraites pour nous faire honte devant notre archaïque feignasserie de Gaulois qui refusent d’admettre que l’allongement de l’espérance de vie suppose l’allongement de la durée de travail.

Alors on voudrait juste leur rappeler que le souverainisme, ce n’est pas un jour sur deux, quand ça arrange sur des questions de roulottes mal garées. C’est aussi une volonté économique de rester les maitres chez soi et d’affirmer la prééminence d’un modèle social, fusse contre le monde entier et sa cinquième colonne des experts autoproclamés.

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  • 21 September 2010 à 16h30

    Yul dit

    @Alain Jugnon

    “à part les pseudos de droite et les fachos tout le monde sait ce qu’est le réel, il sufiit d’être un ouvrier conscient : être de droite c’est ne pas aimer la vérité et donc faire la guerre au réel avec des mythes et des mensonges”

    LOL

  • 21 September 2010 à 16h24

    alain jugnon dit

    yul
    à part les pseudos de droite et les fachos tout le monde sait ce qu’est le réel, il sufiit d’être un ouvrier conscient : être de droite c’est ne pas aimer la vérité et donc faire la guerre au réel avec des mythes et des mensonges

  • 21 September 2010 à 16h00

    Yul dit

    tenez, un article des Echos sur la saine gestion syndicale et le CE d’EDF, selon un rapport de la Cour des Comptes. Nos syndicats, pourris ? Mais noooooonnn

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/020791325656-comite-d-entreprise-d-edf-les-ennuis-recommencent.htm

  • 21 September 2010 à 15h58

    Yul dit

    @Saul

    “exactement, c’ est ce que je vous dis, mais ils ne les comptent pas sur tout le cortège mais sur une distance donnée”

    non non, sur tout le cortège. Et ce n’est pas bien terrible, vu que les cortèges raccourcissent d’année en année (tandis que les chiffres des syndicats grimpent jusqu’à la stratosphère…).

  • 21 September 2010 à 15h54

    Yul dit

    @Alain Jugnon

    “sachez qu’il existe dans le réel de très nombreuses personnes équilibrées souveraines qui sans vanité sans prétention sans hyperbole sans gonflette et sans ego surdimensionné peuvent parler et penser avec d’autres personnes de ce qu’ils font dans le réel sans chercher à dominier, sans mentir et sans tricher”

    je n’en doute pas, et je suis certain que vous n’en faites pas partie. Une histoire d’hyperbole, de gonflette, d’ego… Déjà, pour que vous puissiez parler de réel, il faudrait que vous sachiez à quoi il ressemble…

  • 21 September 2010 à 14h37

    alain jugnon dit

    mais vous êtes cons les causeurs et seuses ou quoi ?
    avec qui vous parlez dans la vraie vie ? vous ne rencontrez jamais des vrais gens dans la vraie vie qui savent ce qu’ils disent, qui assument ce qu’ils pensent et font, qui quand ils parlent et quand ils font sont responsables et donc peuvent dire que cela est bien fait et cela est bien pensé etc ? vous me donnez l’impression de ne parler ici (la petite vingtaine que vous êtes, c’est-à-dire très peu par rapport à tous ceux qui lisent causeur sans y causer) que pour exposer votre frustration et votre esclavage volontaire : sachez qu’il existe dans le réel de très nombreuses personnes équilibrées souveraines qui sans vanité sans prétention sans hyperbole sans gonflette et sans ego surdimensionné peuvent parler et penser avec d’autres personnes de ce qu’ils font dans le réel sans chercher à dominier, sans mentir et sans tricher

  • 21 September 2010 à 14h14

    Souris donc dit

    Un peu prétentieux votre rôle dans la naissance de la tragédie ? Ne vous prenez pas pour Dionysos pas plus que pour Friederich car Borgo va arriver avec la camisole.

  • 21 September 2010 à 14h05

    alain jugnon dit

    je suis un homme de théâtre saul
    lorsque dionysos arrivait sur scène dans la tragédie les grecs ne réagissaient pas
    ils cartharsisaient à fond

  • 21 September 2010 à 13h57

    Saul dit

    Souris Donc,
    l’ autre différence avec l’ Allemagne, est que chez eux les syndicats sont directement associés à la conception d’ une réforme, et meme, si j’ ai bien compris, ont leurs bureaux au ministère du travail…
    mais je ne suis pas sur que ça marcherait chez nous, le copinage serait trop flagrant…question de mentalité sans doute, on est trop latins

    Sol Invectus,
    100 % d’ accord avec votre analyse de cette petite comédie uniquement là pour distraire le populo,
    votre proposition est assez interessante

    Jugnon,
    un peu trop gros comme entrée sur scène, non ?
    puisque ça ne prend pas…

  • 21 September 2010 à 13h39

    Lisa dit

    @Alain Jugnon
    “je parle dans le vide”
    Essayer de nous convaincre sans insultes et sans salmigondis, on essaiera peut-être de vous lire.

  • 21 September 2010 à 12h29

    alain jugnon dit

    bien vu la souris
    je parle dans le vide

  • 21 September 2010 à 12h23

    Alpin dit

    Un très remarquable article de Paul Thibaud dans le dernier N° de la revue:
    “Commentaire” (n°: 131 Automne 2010);

    “Besoin d’Europe,besoin des nations”.

    Il sera publié en allemand,en Octobre 2010,dans l’annuaire collectif que publie la
    fondation:”Einundzwanzig.Jarhundertchanchen-Jarhhundertgefahren.”

    “Sortir l’Europe de l’abstraction suppose donc de repartir d’un autre pieds.
    Non pas ignorer les nations mais les porter à s’accomplir,au-delà d’elles mêmes,en les engageant dans une grand projet historique.”

  • 21 September 2010 à 12h14

    Alpin dit

    @Souris dis donc,

    Bien le bonjour.

  • 21 September 2010 à 12h04

    Souris donc dit

    Non non, il est stable, Borgo. Il cherche même à commercer. En parlant dans le vide avec de grands gestes.

  • 21 September 2010 à 11h31

    Borgo dit

    J’étais parti pendant deux mois et je m’aperçois qu’Alain Jugnon est sorti de l’HP ? Il n’est pas dangereux au moins ?

  • 21 September 2010 à 10h15

    Grandgil dit

    Sol Invictus,
    “Il faut un grand syndicat unique avec un secrétaire national élu au suffrage universel des travailleurs sur la base des listes des prudhommes”
    Tout à fait, et gràce à cela les syndicats auraient un vrai poids et une vraie représentativité mais ils ne le veulent surtout pas.
    Car les petits responsables locaux qui mettent les copains et copines à telle poste, leur famille, y perdraient les quelques miettes de pouvoir qu’ils ont réussi à grapiller. Et les idéologues seraient raillés par la base et n’auraient plus autant d’influence, influence qu’ils ne veulent surtout pas perdre, aveugles qu’ils sont quant aux conséquences.
    Pour ceux qui ont vu ou lu “Uranus” c’est un peu la différence entre le prof d’histoire, idéologue, et le militant communiste, plus pragmatique.

  • 21 September 2010 à 8h56

    alain jugnon dit

    salut les fachos !
    jeudi, contre la grève générale et contre le pouvoir démocratique de la rue je vous conseille une contre-manifestation fasciste, reformez les factions, vous êtes prêts je vous dis : l’Europe vire facho ex nazi (Suède), la France grosse pute républicaine a son mot à dire dans ce concert là des nations ! encore un effort les républicains qui souverainisent d’abord leur sang et leur sol, osez agir puisque penser vous ne savez rien en faire !

  • 20 September 2010 à 22h41

    SOL INVICTUS dit

    Donc jeudi rebelote. On défile :il va faire beau ,pancartes homoristiques et bannières syndicales Thibault et sa coiffure de compétition ,Chérèque qui lui volé un cheveu pour se mettre sur la langue ,et Mailly qui nous la fait lion de Belfort .Le comptage habituel : 83 selon la police ,10 millions selon les organisateurs.Et puis quelques centaines de sans papiers qui dans cette affreuse dictature peuvent manifester en toute tranquillité.Et vendredi matin aprés les incantations d usage on repart comme si de rien n était.Alors à quoi çà sert ?
    à rien.Une gauche ridicule et des syndicats impuissants que reste-il aux travailleurs ?le suicide du vote front national?Il faut un grand syndicat unique avec un secretaire national élu au suffrage universel des travailleurs sur la base des listes des prudhommes.Utopique?peut etre mais c est l unique moyen de redonner de la force au monde du travail.

  • 20 September 2010 à 22h33

    Quad Pater dit

    Dandy de Grandchemin :

    [...] Qui, bordel de merde, est responsable de cette grève ?

    Vous posez la mauvaise question.
    Deux mots sur la responsabilité : un responsable, c’est celui qui est à blâmer/condamner/cogner quand ce dont il est responsable pose un problème grave. On n’est pas “responsable” d’une grève, ça n’a pas de sens. On est responsable des conséquences de la grève, c’est à dire de ce que va entraîner l’arrêt du travail et de la production.

    Dans votre exemple, si suite à la grève la boîte perd des clients et est en difficulté – voire ferme – ce sont les grévistes qui auront créé le problème en cessant la production. Ce n’est pas parce que ce ne sont que des prolétaires qu’ils ne sont pas responsables de leurs actes, n’est-ce pas ? Vous ne pouvez pas les considérer comme un troupeau de victimes irresponsables, il faut respecter un minimum les gens.

    En amont il y a la raison de leur grève. À vous lire, si vraiment la direction a fait ça je suis d’accord, ils ont raison de s’indigner et de crier au scandale. Et je leur souhaite d’avoir gain de cause. Mais je le répète, si la boîte ferme, ce sera leur faute et pas celle du patron.