Le sourire retrouvé des Beach Boys
Une symphonie adolescente à Dieu
Publié le 21 janvier 2012 à 15:00 dans Culture
Mots-clés : Beach Boys, Brian Wilson, Smile

L’histoire de la pop music ne manque pas d’exemples de musiciens que la plongée dans la drogue, l’alcool ou la folie a durablement écartés du processus créatif − quand elle ne les a pas tout simplement tués. L’histoire de Brian Wilson, le génie qui se cachait derrière les sourires niais et les chemises de surfeurs des Beach Boys, et de Smile, son album maudit, est rigoureusement inverse : c’est ici le processus créatif, sous les espèces d’un perfectionnisme se transformant peu à peu en névrose, qui va conduire le musicien à la folie − tout en donnant naissance à une des plus fascinantes Atlantide du rock.
Parler de délire créatif à propos des Beach Boys semblera délirant à beaucoup de lecteurs pour qui ce nom n’évoque que quelques chansons entraînantes et superficielles. C’est oublier que Brian Wilson, le compositeur du groupe, qui n’avait pas 20 ans à l’époque des premiers succès, vite lassé par les canons de la pop optimiste californienne, se mit en tête de rivaliser avec l’inventivité des Beatles. Début 1965, épuisé nerveusement par la production stakhanoviste qu’on lui impose, Brian décide de laisser le reste du groupe partir en tournée sans lui et de se consacrer entièrement au studio. Impressionné par le Rubber Soul des Beatles, c’est sans les autres Beach Boys, qui se contenteront d’y plaquer leurs harmonies vocales, qu’il enregistre sa riposte, Pet Sounds, un album sorti en mai 1966. Chef-d’œuvre de sophistication mélancolique, le disque connaît un succès critique doublé d’un échec commercial.
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Inédit
Article inédit
publié dans
Causeur n° 43Janvier 2012

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L'auteur
Laurent Dandrieu Après avoir vainement tenté de faire fortune dans le trafic de vistemboirs, Laurent Dandrieu se tourne vers le journalisme. Il est actuellement rédacteur en chef du site internet de Valeurs actuelles, où il est également chargé de la critique cinéma, de la rubrique Débats, de l’actualité religieuse et de la pop anglaise. Il est l’auteur de Woody Allen, portrait d’un antimoderne (CNRS éditions) et prépare un dictionnaire personnel du cinéma.
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3rackam dit
Plus heroes que villains en somme…
Reste qu’un soir de grisou mental, sur une route chargée de gens et de pluie sans qu’on sache lesquels on hait le plus, ou depuis le plus longtemps, il suffit d’un air des Beach Boys (au hasard: Cottonfields, Help me Rhonda, I get around, Sloop John B.,…) et on croit au soleil et à la vie. C’est bien une symphonie adolescente pour le Big Boss!
Dio Gêne dit
Comme qui dirait dans les Beach boys y’a à boire et à manger, mais n’est ce pas là le propre de l’artiste d’explorer tout les territoires et toutes les textures possibles, de passer du sombre au clair des rires aux larmes de l’enfant à l’homme? Sans quoi on risque fort de s’austériser les ouies, et n’est il pas dis que le génie frôle souvent la folie, à chacun d’être équilibriste pour rester sur la corde. Sinon je ne suis pas fan des beach boys mais y’a du bon quand même!
Marie dit
http://www.youtube.com/watch?v=n1GXdk_W4M0
Le retour de mon adolescence!
http://www.youtube.com/watch?v=b-n83crO0rY&feature=related