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Le roman sauvé par la crise ?

Même après l’histoire on peut raconter des histoires

Publié le 18 septembre 2010 à 15:00 dans Culture

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François Taillandier

François Taillandier.

Philippe Murray, à l’honneur de ce numéro, l’avait bien compris : nous sommes après l’Histoire. Et ça commence à se voir dans le roman. Le roman, traditionnellement, était le refuge de l’Histoire. Sans même parler du roman historique qui, selon la définition de Dumas, savait la violer pour lui faire de beaux enfants, le roman était le genre même de l’Histoire, le genre fait pour l’Histoire et par l’Histoire.

Les géants du roman, de Tolstoï à Faulkner, de Balzac à Joyce, de Stendhal à Flaubert, de Proust à Thomas Mann, ont toujours été là pour rendre compte de basculements, de points de rupture, de changements d’époque. On lit trop souvent la Recherche en oubliant que les Zeppelin qui bombardent Paris ont autant d’importance que les séances d’onanisme dans le cabinet aux iris, que Saint-Loup meurt au front et que l’on entend la rumeur de l’artillerie allemande, après celles de l’affaire Dreyfus, à Combourg, du côté des sources de la Vivonne. Même un roman apparemment aussi dégagé de l’Histoire que La Chartreuse de Parme, se déroulant à une époque et dans un lieu imaginaires, ne parle en fait que d’elle. Fabrice commence son apprentissage à Waterloo, par une grande bataille. Waterloo aussi, vu du ciel, qui servira à inaugurer Les Misérables de Hugo. Chez Flaubert lui-même, dont le rêve était un roman pur, on sait bien qu’il lui faut 1848 comme réacteur nucléaire de L’Éducation sentimentale. Et les Rougon-Macquart de Zola ne peuvent être compris que mis en perspective par l’alpha et l’oméga de deux événements qui signent la naissance et la mort du Second Empire : le coup d’État du prince Louis-Napoléon dans La Fortune des Rougon et la défaite de 1870 dans La Débâcle.

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  • 19 September 2010 à 13h22

    livia dit

    La littérature, le roman, tous les genres de romans c’est la liberté et ça , à part des barbus mal intentionnés qui pourrait nous en priver.
    Quel réconfort et quel regret aussi nous n’aurons pas le temps de tout lire ce qui nous intéresse.

  • 18 September 2010 à 22h55

    laborie dit

    Vous nous y aidez, soyez en remercié, Taillandier a beau êrtre du côté de chez vous….et pour le reste……

  • 18 September 2010 à 19h47

    Jérôme Leroy dit

    Laborie, vous avez de bonnes lectures, je suis bien obligé de le reconnaître. Pour le reste…

  • 18 September 2010 à 19h20

    laborie dit

    “Option Paradis”, ma vie, nos vies, un désastre sur un air de triomphe. Des ruines qui ne valent pas mieux que Berlin en 45, mais avec la clim, la clé 3g, Paris-Rio le 31 décembre, tel est le le jardin des délices du monde postmoderne.

    Un régal…

  • 18 September 2010 à 16h10

    Impat1 dit

    Comprendre ce qui se passe par le roman. On peut voir là en effet une voie, ( la meilleure voie ?) vers la compréhension des évènements du monde. Meilleure, bien meilleure, que tout ce que peuvent raconter les politiques même sincères, les patrons même intelligents. Une sorte de démonstration par l’exemple. Les exemples peuvent être inventés, ils sont quand même des exemples.