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Le Rom n’est plus dans Rome

Quand Roms et Tsiganes se détournent du pape

Publié le 24 août 2010 à 12:30 dans Société

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Après la formule alambiquée du pape et la déclaration polie de l’archevêque d’Aix et d’Arles, le père Arthur Hervé de Lille a mis les points sur les « i » : l’Eglise catholique condamne la politique « rom » du gouvernement français. Cette intervention assez rare de l’Eglise dans un débat hautement politisé n’est-elle pas la marque d’une mauvaise conscience du clergé catholique ? Personne ne doutera de la sincérité de ces ecclésiastiques face aux images troublantes qui remplissent nos écrans depuis quelques semaines. Mais ces bons sentiments et ces non moins bonnes paroles viennent un peu tard. La messe a déjà été dite : sous le nez de l’Eglise de France, au su et au vu de Rome, les Pentecôtistes ont déjà évangélisé un très grand nombre de Roms et de Tsiganes.

En regardant l’histoire de cette communauté depuis la Guerre, force est de constater que les Tsiganes et les Roms n’ont pas été au top des priorités de l’Eglise catholique ces soixante dernières années. Or, si l’Eglise les a, en quelque sorte, abandonnés, cela n’a pas été par manque de cœur, mais parce qu’en tant qu’institution bureaucratique l’Eglise s’est heurtée au même problème que l’Etat : comment « caser » ces nomades ? Concrètement, l’Eglise n’a pas su inventer une pastorale adaptée à cette population : depuis des siècles, elle s’est habituée à conduire (quand elle en conduit encore) des troupeaux fixes et sédentaires.

Conversions massives au pentecôtisme

À partir des année 1950, les difficultés de l’Eglise catholique à prendre en compte ces populations ont ouvert un boulevard au pasteur pentecôtiste Clément Le Cossec. Pour ce jeune Breton, élevé dans la misère et la marge sociale, appartenant à l’Assemblée de Dieu (ADD), institution confédérative de Pentecôtistes, il n’y avait ni pape ni évêque à qui rendre des comptes. Il a profité de cette liberté et « le pasteur des Gitans » a créé une Eglise ambulante à l’image de ses ouailles nomades, une paroisse qui accompagne ses paroissiens à travers l’Europe et même outre-mer. Autrement dit, en s’installant chez ces « lépreux sociaux », le pasteur Le Coussec les a amenés corps en âmes à sa foi. Résultat : des conversions massives.

« Vie et Lumière », l’association qui continue l’œuvre du pasteur Le Coussec, décédé en 2001, revendique plus de 100 000 adhérents en France ; les dizaines de milliers de Tsiganes qui assistent, chaque année à la fin août, au grand rassemblement qu’elle organise montrent que ce chiffre est crédible et témoignent du poids du pentecôtisme au sein de cette communauté en France.

Le défi majeur des catholiques

Le succès du pentecôtisme parmi les Tsiganes n’est pas un cas isolé. En Amérique du Sud et surtout au Brésil, les Eglises inspirées du modèle pentecôtiste ont su attirer et convertir beaucoup de catholiques. Pour Rome, ce phénomène est aujourd’hui un défi majeur à relever. Plusieurs décisions de Benoît XVI, comme de son prédécesseur, s’expliquent uniquement par leur volonté d’y faire face. En tout cas, comme l’avait démontré Clément le Cossec, pour conquérir les cœurs et les âmes des Tsiganes – tout comme les habitants des favelas – il faut plus que des bonnes paroles. Il faut la souplesse et l’énergie d’une Eglise jeune, où le charisme n’est pas encore complètement figé par les institutions.

La question n’est donc pas de savoir si l’Etat rejette les Roms et les Tsiganes, mais si l’Eglise catholique est capable de ne pas les faire fuir loin d’elle.

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  • 26 August 2010 à 10h00

    Pneumatis dit

    Bonjour,

    @Roger Pauget : je comprends votre position pour l’avoir partagé pendant longtemps. Ancien athée, élevé dans une mentalité à cheval sur un athéisme nietzschéen militant et quelques sursauts spirituels vaguement voltairiens, en hommage à l’admiration sans borne que la bonne pensée moderne voue à ce dernier, je sais qu’on peut faire montre d’une certaine culture, et même d’une certaine intelligence en se revendiquant de cette filiation philosophique. Puis, par une aspiration constante à dépasser le moi-même, ma passion pour les sciences a laisser la place à une passion pour les sciences humaines (psychologie, sociologie et histoire, en particulier), puis de quête en quête, à une passion pour les sciences occultes et le monde invisible. Croyez-moi, pendant tout ce temps, je n’ai jamais manqué de me sentir supérieur à tous ces bigots qui vont à la messe tous les dimanches comme des moutons sans comprendre le quart du commencement des profondeurs de l’esprit.

    Et puis j’ai rencontré le Christ et suis tombé brutalement de mon pied d’Estal. J’ai fait un petit bilan culturel et philosophique et je me suis soudain rendu compte que les a priori que j’avais sur les hommes de foi ne résistaient guère à la confrontation intellectuelle. Lisez Pascal, St T. d’Aquin, De Lubac. Lisez les encycliques des différents papes, comme Fides et Ratio, et dites-moi là si vous y trouvez quelque prétexte à voir en Jean-Paul II, par exemple, un homme dont la foi limiterait son intelligence.

  • 26 August 2010 à 1h27

    Sophie dit

    Oui.

    Parlons de Marie Madeleine.

    Parce que la vierge Marie et Eve, on a fait le tour (si je puis dire).

    Et ensuite nous parlerons de Marthe et Marie, parce que j’ai l’impression que Jésus préférait celle qui faisait la causette à celle qui faisait la vaisselle, ce qui prouve que ce n’était pas un mauvais bougre.

    Bon, alors, Marie Madeleine, elle avait fauté. Mais avec qui? Quelqu’un a une idée?

  • 25 August 2010 à 23h42

    Roger Pauget dit

    Salut Pneumatis,

    Merci à vous de prier pour moi, je prierai pour vous également. Sachez, pour votre paroisse, que je suis déiste…
    Bref, pour moi les religions rendent les hommes plus faibles voire idiots, je pense même que le nouveau testament est une imposture, un bon gros bouquin macho qui oublie totalement, par exemple, de parler de Marie Madeleine et de son importance capitale auprès de Jesus.
    Je vous épargne mes commentaires concernant l’ancien testament, bouquin de juif pour les juifs…
    Enfin bref, disons que Dieu m’ interesse davantage que le commerce religieux pratiqué à Lourdes et toutes les contradictions religieuses qui sont à déplorer face à la parole divine…
    C’est pour cette raison que la seule vue du pape me fait hérisser les poils, j’ai l’impression de voir en lui un gourou comme un autre…
    Je n’ai pas une vue dualiste des choses, le bien et le mal ne sont pas forcément des opposés, Dieu est pour moi froid comme la justice et je pense que Kim-Jong-il est un enfant de Dieu au même titre que Benoit 16 et je ne sais pas lequel des deux est le plus proche de Dieu…
    Bref, pour moi les prêtres sont des hommes intelligents mais surtout malheureux, loin de Dieu car soumis aux valeurs religieuses, valeurs trop souvent opposées au bon sens que chacun pourrait trouver en s’adressant directement à Dieu.
    Sur ce, bonne nuit et a+

  • 25 August 2010 à 23h16

    Bibi dit

    Tzigane, de Maurice Ravel.

    http://www.youtube.com/watch?v=h93gmCGfyGU

    Par Maxim Vengerov, violoniste israélien.

  • 25 August 2010 à 20h04

    coriolan dit

    Et donc, catho inc° perdant des parts de marché face à Evangelists Unlimited, grosse opération marketing ciblée sur la clientèle vivant sous la tente, histoire de reconquérir la clientèle. J’ai bon ?

  • 25 August 2010 à 20h00

    Shadok dit

    La gauche, comme d’habitude a la mémoire oublieuse et sélective.

    Le 6 janvier 1981, L’Humanité publiait la lettre qu’adressait Georges Marchais au recteur de la mosquée de Paris à propos de l’immigration :

    “J’approuve le refus de Paul Mercieca de laisser s’accroître dans sa commune le nombre, déjà élevé, d’immigrés ; en raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membre de leurs familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables. La cote d’alerte est atteinte […]

    C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. Je précise bien : il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. Il faut résoudre l’important problème posé dans la vie locale française par l’immigration. Se trouvent entassés dans ce qu’il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes. Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficile leurs relations avec les Français. Quand la concentration devient très importante […] la crise du logement s’aggrave ; les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles immigrées, plongées dans la misère, deviennent insupportables pour les budgets des communes.”

  • 25 August 2010 à 17h54

    Grandgil dit

    Les mots en-dessous sont de monseigneur Centène, Livia, pas de moi. C’est bien, d’aimer les gens du voyage dans leur totalité, mais c’est bien aussi de les aider. L’UE c’est nous, nous en sommes citoyens.

  • 25 August 2010 à 17h04

    livia dit

    @ Grandgil
    Je ne comprends rien à vos comparaisons, mais ce que je sais c’est que
    j’aime bien les tsiganes et les Roms qui n’ont comme culture qu’une culture orale et dans le monde tel qu’il est depuis longtemps ne leur laisse pas beaucoup plus plus de possibilités que les peuplades d’Amazonie, sauf si UE s’en occupe.

  • 25 August 2010 à 16h29

    Grandgil dit

    la suite
    Pourquoi les Gens du voyage attachent-ils autant d’importance à leurs racines et à leur famille ?

    Les Tsiganes sentent que leurs valeurs sont attaquées par la société moderne. En particulier les valeurs relatives à la famille et à la communauté qui heurtent notre hyper individualisme. Leur sens – extrême – de la solidarité ne cadre pas avec les impératifs de performance. Dans ces domaines-là, les autres catholiques pourraient s’inspirer des valeurs des Gens du voyage.

    Mais leur nomadisme n’est-il pas contraire à nos valeurs ?

    Leur mode de vie traduit quelque chose de notre situation de pèlerin, toujours en marche vers la Patrie. Il constitue pour nous une sorte de parabole, il nous rappelle le mode de vie des patriarches de l’Ancien Testament toujours en marche vers la Terre promise. Comme le soulignait Charles Péguy, nos cités de la Terre sont le corps de la cité de Dieu. L’âme reste ailleurs !

  • 25 August 2010 à 16h28

    Grandgil dit

    déclaration de Mgr Centène aumônier des gens du voyage dans Famille chrétienne, pas vraiment un hebdo bobo
    L’Église catholique peut-elle esquiver les polémiques qui entourent, depuis plusieurs semaines, les Roms et les Gens du voyage ?

    Le rôle de l’Église n’est pas de prendre parti pour les associations ou pour le gouvernement. Ni angélisme, ni amalgame. Mais la récupération est inévitable dans le contexte actuel. Tout est blanc ou noir, et on peine à trouver des nuances… L’aumônerie des Gens du voyage refuse les généralisations hâtives. En clair, ce n’est pas le mode de vie des Tsiganes qui est facteur d’exclusion. La délinquance est liée à la marginalisation. Plus les Tsiganes seront marginalisés et plus ils auront tendance à s’installer dans les marges. Ils seront tentés d’avoir recours à des moyens d’existence peu orthodoxes… Je crois que la sécurité ne peut venir que de relations réciproques. La répression, seule, ne fait que cristalliser les choses.

    Pourquoi les Gens du voyage attachent-ils autant d’importance à leurs racines et à leur famille ?

    Les Tsiganes sentent que leurs valeurs sont attaquées par la société moderne. En particulier les valeurs relatives à la famille et à la communauté qui heurtent notre hyper individualisme. Leur sens – extrême – de la solidarité ne cadre pas avec les impératifs de performance. Dans ces domaines-là, les autres catholiques pourraient s’inspirer des valeurs des Gens du voyage.

    Mais leur nomadisme n’est-il pas contraire à nos valeurs ?

    Leur mode de vie traduit quelque chose de notre situation de pèlerin, toujours en marche vers la Patrie. Il constitue pour nous une sorte de parabole, il nous rappelle le mode de vie des patriarches de l’Ancien Testament toujours en marche vers la Terre promise. Comme le soulignait Charles Péguy, nos cités de la Terre sont le corps de la cité de Dieu. L’âme reste ailleurs !

  • 25 August 2010 à 15h45

    Lisa dit

    @Sophie,
    Je suis en train de lire le dernier Zemmour, il parle de la Belgique, j’ai appris plein de choses, en fait c’est sur, vous devriez être française, mais en gardant l’accent des bruxellois surtout.

  • 25 August 2010 à 15h33

    Sophie dit

    Oui, c’est elle qui rentre à la fac. Elle a 17 ans, dans ma tête elle en a trois. Dans la sienne aussi, d’ailleurs, parfois.

    Et effectivement, si point de vue rattachement, vous pouviez m’arranger ça, ce serait pas mal, ils deviennent de plus en plus fous entre les gauchistes décérébrés et les nationalistes flamingants!

  • 25 August 2010 à 15h28

    Lisa dit

    Trop mimi, mais après complie, c’est le grand silence, alors pas de rigolade en faisant du toboggan.
    Et c’est elle qui rentre à la fac. Fac à séelection par examen d’ailleurs, vivement qu’on vous rattache, on va arranger cela.,

  • 25 August 2010 à 14h01

    Sophie dit

    A propos de parc, de mots d’enfant et de clergé, une anecdote. Lorsque j’emmenais au parc ma fille aînée, alors âgée de trois ans, il s’agissait une mignonne plaine de jeu, installée dans l’ancien jardin du presbytère. Elle s’amusait gentiment puis m’a demandé ce que c’était cette grosse maison. “C’est ‘ancien presbytère, répondis-je”. Evidemment, elle me demande le sens du mot et je lui explique que c’est la maison du curé.

    Réponse instantanée “Wahooo! Il avait trop de bol, le curé! Toutes les balançoires pour lui tout seul!”

    Imaginez! “Bon, c’était un peu lourd, toutes ces confessions, maintenant je vais me détendre, allez zou, un bon coup de balançoires. Et après complies, je me ferais bien un petit coup de toboggan!”

  • 25 August 2010 à 13h40

    Lisa dit

    @Sophie,
    Tout à fait ce modernisme “pote” et les chants qui vont avec, bof.
    Vous avez des photos dezs monseigneurs froufrou, ce serait rigolo.
    Et comme chantait Georges Brassens, “sans le latin la messe nous emm…”
    Sinon c’est marrant tous ces nombres, l’autre jour nous sommes allés dans le parc Jean XXIII vers ND de Paris, mon petit dernier croyait que c’était le Cardinal qui avait déjà son parc.
    Il est très bien d’ailleurs Centaine, pas du tout Froufrou..

  • 25 August 2010 à 13h14

    Sophie dit

    Monseigneur 23, monseigneur 100aine, …

    On les numérote, maintenant?

    ;-)

  • 25 August 2010 à 13h01

    Gil Mihaely dit

    @Yvan: merci pour vos remarques ! je vais lire et/ou relire les textes que vous mentionnez

  • 25 August 2010 à 12h23

    livia dit

    Ciao les filles !

    A propos des français nomades ils vont encore tous les ans aux Sainte Marie de la Mer ? et ils sont cathos non ?

  • 25 August 2010 à 12h01

    Sophie dit

    @ livia et Lisa,

    Sans compter qu’à mon goût, l’église catholique s’est déjà suffisamment modernisée avec Vatican II, les messes des jeunes et les monseigneurs frou-frou.

  • 25 August 2010 à 10h35

    Yvan dit

    Bonour, cher monsieur Mihaely,

    Je vous invite à lire attentivement ce que le pape a vraiment dit lors de cet angelus, et non ce que l’AFP a reproduit de ses propos. De plus entre la voix du pape et ce que certains évêques et prêtres ont pu dire récemment il y a un monde.
    D’autre part il me semble qu’une monumentale et sans doute volontaire confusion est faite dans cette affaire. On parle complaisamment de Rom, mais on oublie que ce peuple est multiple, qu’il n’est pas que catholique ou pentecotiste comme vous l’avancez. Les tziganes français le sont, mais étant français depuis, pour certain, le XVe siècle, il serait difficile de les renvoyer dans un pays dont certains ne connaissent pas l’existence.
    Il me semble que les “rom” en question sont simplement des clandestins roumains ou bulgares, qui comme la plupart dans ces pays sont orthodoxes (et pour certains evangelistes ou musulmans).
    Je m’étonne que vous donniez dans cette confusion facile, vos interventions sont habituellement plus sérieuses, et vos propos doux amers sur l’Eglise et les tsiganes me semble singulièrement manquer de nuance et d’à propos.

    Je vous invite à lire la déclaration de Mgr Centène évêque de Vannes ou qui demandz de ne pas prendre parti politiquement et ne font que dire avec d’autre mots (et moins d’esbrouffe) la même chose que le gouvernement, à savoir que les nomades doivent être acceptés tant qu’ils respectent la loi.

    Mais pendant que quelques roms font un tour en avion, les banlieues brûlent