Le retour de la fiancée de Frankenstein
Quand Almodovar rencontre Jonquet
Publié le 28 août 2011 à 16:00 dans Culture
Mots-clés : La Piel que habito, Pedro Almodovar, Thierry Jonquet

Pour des cinéastes comme Tarantino ou Almodovar, le cinéma est un art essentiellement superficiel. La bonne nouvelle, c’est qu’ils en font presque toujours le sujet de leurs films. De références en patchworks génériques, l’extériorité devient le principe de toute expérience intérieure. L’exemple du dernier film de l’Espagnol en constituerait presque la théorie : la peau, surface par excellence, permet de glisser d’une référence à une autre, d’un genre à un autre, d’un sexe à un autre, puis d’une émotion à une autre. Adapté du roman Mygale de Thierry Jonquet, La Piel que habito raconte l’histoire d’un chirurgien esthétique (Antonio Banderas) tenant en captivité une ravissante créature (Elena Anaya) dont l’apparence extérieure a été entièrement refaite par ses soins. Ce personnage, qui renaît le jour où il change de peau, ressemble à une définition lisse et paradoxale de la personne, chez laquelle, comme Valery le disait déjà, « la peau est ce qu’il y a de plus profond ».
Du livre de Jonquet, Almodovar retient notamment la pulsion scopique qui hante le chirurgien et alimente l’ambivalence de ses sentiments. Le personnage d’Antonio Banderas, Robert, aime avant tout contempler sa créature.
Ce voyeurisme est matérialisé par le grand écran qui relie sa chambre à celle de Vera. Surface où la captive se montre, surface par laquelle le geôlier observe. La plupart des plans ont l’ambiguïté de cette intimité à la fois étalée et tenue à distance. Une hésitation entre la pudeur et l’épanchement que l’on retrouve dans beaucoup des films d’Almodovar. Dans Volver déjà, il était question d’une sordide histoire de famille finalement préservée des révélations cheap d’une émission télé – mais que le cinéaste se gardait bien, lui, de tenir secrète. Au passage, l’obscénité était dans Volver du côté d’une figure paternelle, et il s’agissait de s’échapper pour revenir au cinéma chaleureux et bienveillant de l’univers maternel. On retrouve ce même schéma dans La Piel que habito, où la créature doit fuir le regard déviant d’un simulacre de père. C’est l’éternelle hypocrisie du moralisme d’Almodovar, qui consiste à fabriquer du monstrueux pour ensuite faire l’ange en plaçant arbitrairement des limites au montrable. Mais c’est aussi l’intérêt de son cinéma qui fait du regard et de l’apparence une question existentielle.
Il est vrai que cette question est partout dans le film. Jusque dans la structure : des différents narrateurs qui étaient utilisés par Jonquet, Almodovar fait des points de vue incomplets sur la généalogie des événements. Il semble en cela redevable de ces films d’enquête où les scènes de crime sont réinterprétées par tous protagonistes : de L’Ultime Razzia de Kubrick à Snake Eyes de De Palma, c’est devenu une véritable figure du film policier. Et pourtant, la structure en éclats fait aussi penser à un film d’un tout autre genre, plus dramatique : All about Eve. Dans le film de Mankiewicz, le personnage de Bette Davis est au centre de toutes les attentions, au cœur de toutes les histoires, à tel point qu’elle devient une nouvelle Eve, addition des regards qui se sont portés sur elle. Nous suivons le chemin inverse dans La Piel que habito : la nouvelle Vera ne se construit pas mais se déconstruit à travers les points de vue qui la fragmentent sans retour.
Fétichisme
Le fétichisme, névrose cinéphilique par excellence, est au centre du film d’Almodovar. Il est curieux de voir la manière dont un fétichisme malsain – en gros, celui du chirurgien – le dispute à un fétichisme bon enfant fait de poupées de pailles et de figurines en tout genre. Il y a là une infernale structure en abyme : notre docteur Frankenstein observe sa poupée qui elle même-fabrique des formes humaines à partir de chutes de tissus. Les gestes de la captive ne sont d’ailleurs pas dépourvus d’ambiguïté : on se souvient de la vénéneuse candeur de Vicente, alors qu’il habille un mannequin ou alors qu’il rhabille Norma, la fille du chirurgien.
Écrans et éclats sont autant de surfaces lisses sur lesquelles tout le film se joue. L’une des scènes les plus significatives à ce titre est celle où l’héroïne, dans sa combinaison intégrale (sa « seconde peau »), fuit en vain d’un bout à l’autre de la maison, glissant légèrement sur le sol à chaque changement de direction. Dans le film d’Almodovar, tout fonctionne par glissement, sur des plans sans aspérité.
Aussi le reflet devient-il imperceptiblement le lieu de communication entre tous les antagonismes : la vie devient la mort, la haine devient l’amour, un homme devient une femme (ou inversement) et le film policier devient un mélodrame. Avec de la peau, avec des plans, Almodovar essaie de nous parler de vraies personnes.
Et s’il échoue, c’est de la même manière que ses personnages échouent à jamais se retrouver eux-mêmes : Almodovar a beau changer la fin du livre de Jonquet, Vera a beau dire tout haut son ancien nom, c’est du vide qui noue sa gorge et embrume ses yeux.
-
L'auteur
Timothée Gérardin est l'auteur du blog cinéphile Fenêtres sur cour.
-
Plus










La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés
49Nos offres
1 an : 59 € ............................................ >
1 an : 34,90 € ....................................... >
boucabeille dit
C’est du très grand cinéma mais votre critique parle très peu de cinéma.
BLANCHE dit
livia,
jetez un oeil au “Waterloo” de S. Bondarchuk (1970)
livia dit
@ Pirate
Le Van Gogh de Pialat est pour moi un très beau film
Non je pensais à ceux qui rendaient hommage dans leur film, l’air de ne pas y toucher ;-)
Je repense à ceux que vous avez mentionnés et que j’ai vu, mais quand….???
livia dit
Merci Pirate !
Le chien Andalou étant ma seule référence à ce jour en ce qui concerne les arts plastiques, pour cause de mémoire qui flanche. S’il vous vient d’autres références… juste pour revisiter grace à vous les milliers de films que j’ai vu depuis que j’avais l’age de les voir !
J’ai à la maison un tas de livres sur le ciné, : Sadoul etc.. mais pas seulement, j’ai honte de l’avouer : Pour moi, les critiques ciné = du temps perdu, je préfère le sentiment des spectateurs.(Quelle horreur ! leur sentiment sur un film )
.Oui je sais c’est peu intello, mais le ciné , la peinture et la musique sont une accoutumance dans chaque famille aussi n’est-il pas ?
L’amour de la lecture est à mon avis , trans-culture ;-)
pirate dit
Je n’aime en réalité par énormément les critiques de cinéma, parce que dénigrer un film en expliquant savamment pourquoi c’est nul et ce qu’il aurait fallu faire… quand on remarque que la plus part des critiques ne savent même pas si un comédien est bon ou non, puisqu’ils n’ont jamais pratiqué la direction d’acteur, et qu’il se réfère exclusivement à la mise en scène ou au scénario. Par exemple tout ces messieurs seront dithyrambique avec le Parrain, loueront l’idée génialissime du montage alterné qui clos le film, et du coup Coppola et son génie technique faisant du cinéma opératique (ce qui est vrai) mais passerons sur le fait que Bob Evans, producteur du film a expliqué que l’idée n’était pas de Coppola, complètement à sec à ce moment là, mais de la volonté conjugué du producteur et le talent du monteur. Sans compter toutes les fois, où à force de suranalyse, les critiques réinvente totalement la volonté de l’auteur. Ce dont ce moc très volontiers Takeshi Kitano. Tient à propos de référence picturale, Takeshi Kitano dans Hana Bi, se servant de ses propres peintures comme intercalaires entre les scènes. Et sinon, j’y pense, Barry Lindon, Kubrick emprunte à l’école Flamande, si intéressé par reproduire la lumière des bougies qu’il inventa un type d’éclairage pour le film (désormais d’usage au cinéma). A la limite il serait plus facile de recenser les films parlant de peintre (il y en a pas mal quand même) parce que par exemple, sans faire référence directement à Turner, il est tout à fait évident que Peter Weir, dans Master and Commander s’est très clairement inspiré de sa peinture. Sinon, si c’est pas déjà vu, je vous recommande le Van Gogh de Pialat, avec un Dutronc solaire et minérale, sans doute le plus beau film concernant ce peintre.
livia dit
Le film ne m’a ni émotionnée ni déplu. Propre en ce qui concerne l’image et ce n’est pas si mal.
Les obsessions de P.A. on les connait depuis le temps : cela nous interesse et nous parle ou pas.
J’ai bien aimé son hommage à l’oeuvre de L Bourgeois (qui vient de mourir) mais c’est très personnel, j’aime aussi bcp certaines de ses créations…
Et là Pirate le cinéphile peut-il nous parler des films où le chef rend hommage , en douce, à un artiste plasticien ?
pirate dit
Au débotté, on pourrait commencé par Rêves, où Kurosawa fait un hommage direct à Van Ghog, mais si on doit faire dans l’hommage confidentiel, ça risque d’être très long vu l’inspiration généralement picturale de tous les réalisateurs…
True Grit, des frères Coen, référence picturale évidente : Frédéric Remington.
Gangs of New York avec ses références à l’art pompier américain, on pense notablement dans certaine composition à l’illustrateur Norman Rockwell, l’humour en moins
L’oeuvre complète de Peter Greenaway (disons plusieurs école de peinture)
Come and See de Klimov dont les comédiens et certaine scène dans leur grotesque font penser très directement à Otto Dix (mais j’ignore si c’est voulu)
Le Rebelle qui est un hommage plus qu’appuyé à l’architecte Frank Lloyd Wright
The Cell qui est un petit film de tueur en série avec Jennifer Lopez qui multiplie les références visuelles (Dali, Bacon…) puisqu’on illustre ici l’intérieur tordu d’un tueur en série.
Et surtout le Chien Andalou de Bunuel, carrément fait avec Dali.
Pour le moment, de tête, c’est tout ce que je vois. En ce moment c’est plutôt l’hommage à la BD avec référence graphique direct, comme 300 ou Sin City ou The Spirit.
Pierre Jolibert dit
Àl’auteur : «l’éternelle hypocrisie du moralisme d’Almodovar». Bravo. Très bien noté, même si je le prends dans un sens beaucoup plus planplan que vous sans doute.
Je suis un peu interloqué par le passage sur “All about Eve” ; c’est plutôt Eve la blonde, qui est au centre de tous les regards et des histoires racontées par chacun, dont B. Davis, non ? ou alors je n’ai pas compris ce que vous avez écrit.
timgerardin dit
Je m’aperçois avec horreur que vous avez raison. Je me suis emmêlé les pinceau, l’erreur a été signalée, merci!
rackam dit
pirate,
puisque ce fil t’est dédié, je te félicite pour ton 19h03. Tous les mots y sont. J’ai compté. Mais pourrais-tu les mettre dans un ordre qui facilite la compréhension du crevard chrétien de base que je m’efforce d’être? Merci pour lui.
saintex dit
Pourquoi ? Vous brâmez, ma biche ? Non ? Vous bichez ? Bah, ce n’est pas un brâme !
pirate dit
ils sont dans l’ordre condescendant que j’octroie à mes deux rats de laboratoire, tu veux en être ?
Tony Truand dit
@rackam
Pour vous que je devine amateur d’éloquence, un petit florilège de la star du bistrot.
En hors-d’oeuvre, deux “réparties cinglantes”:
“Saluuut les deux couillons ! Alors vous vous êtes pas encore pendu ? Quel dommage.”
“Pauvre cloche.”
Ensuite, une “tartine vengeresse”:
“Quand on perd son temps on le devine immédiatement, le plat navet évite de vous répondre, puisqu’il vous ignore et ne sait même pa la nature de la réponse, il est au dessus, c’est pourquoi il n’est pas qu’un légume de forum, anonant comme un enfant “même pas mal” mais donc un homme. Dans votre cas, bien entendu, votre réponse démontre que je n’ai pas perdu mon temps à vous ramenez à plat ventre dans vos féçés, apparement c’est le seul endroit où vous vous épanouissez. Attention ma petite nouille, à force de manger de la merde on fini par le syndrome de Pica.”
Je savais que ça vous plairait.
saintex dit
Et ça c’est soldé par, “Le Retour de la Fiancée du Pirate”.
Salut Lapin.
pirate dit
J’ai une fiancée ??? Je savais que j’avais deux caniches tout disposés à servir de dummy en crash test, qui en redemande à chaque fois qu’on leur taille un short, mais une fiancée j’ignorais…
pirate dit
sinon bonjour Saintex
Guenièvre dit
@ Pirate,
“Le cinéma n’est PAS pour eux une chose superficielle, ça c’est Luc Besson. C’est un art de l’artifice et du superficiel dont ils se servent pour injecter des choses pas du tout superficielle. La grande question d’Almodovar c’est le sexe, et l’identité sexuelle, comme l’apparence. La grande question de Tarantino c’est la morale et la présence du Mal. ”
La première phrase du billet m’avait effectivement interloquée. Merci d’avoir rectifié et merci de vos analyses sur le cinéma en général, j’apprends beaucoup à vous lire !
pirate dit
De rien m’dame
laborie dit
Il y a plusieurs Pirate. L’un qui à une culture cinématographique et qui écrit à peu près lisiblement et l’autre (ou les autres qui défèque(ent) à longueur d’anus… Docteur Jeckyll et Mister Hyde?
pirate dit
Par contre, ce qu’il y a de bien, c’est qu’il n’y a qu’un seul Laborie, un papy vissé à son écran comme un kapo incontinant devant un gogue fermé, le tout au milieu d’une île, où si j’y vivais j’aurais un million de chose de mieux à faire que de m’emmerder la vie avec ce même gus obsédant qui vit à 8000 kilomètres de chez moi et dont l’incidence sur ma vie est proche de l’absolu du zéro. A moins que le gus en question en ai plus qu’il ne le pense et que papy devant son ordi est chaque fois bourré de Xanax pour pouvoir rester tranquillement devant ces écris, sans sortir le fusil et aller buter des autochtones.
Tony Truand dit
@laborie
Moi, je l’aime bien, Pirate Il écrit parfois des trucs intéressants, surtout sur le cinéma. Et quand un gus dont l’incidence sur sa vie est proche de zéro le provoque un tout petit peu, il se met à chier sous lui, pousse des petits cris stridents et nous pond cinquante lignes d’un pensum vengeur. Du coup, Fiorino part se cacher dans l’armoire. J’adore ça.
pirate dit
Moi aussi j’adore ça, j’ai toujours un petit crevard pour me tenir chaud quand je m’ennuie devant mon écran, tout comprimé de jalousie, désespérant de trouver une SEULE phrase à peu près bien écrite pour ressembler à un début de vanne piratienne dans sa petite forme. J’adore ça parce que ça me fait un public tout acquis, non seulement le crevard qui bramera à la première occasion que hein même pas, et en plus il me lit pas, et même si ça se trouve dans un bistrot je me ferais rétamer le zizi à répartie cinglante tellement en fait je suis pauvre. Mais en plus tout ceux qui ne diront rien, liront et se marront de mes conneries, même si c’est pas chrétien, et même si ça leur arrive eux aussi d’être victime de mes tartines vengeresse. Pour une fois que c’est sur une cible toute désignée que ça tombe, pourquoi ne pas se marrer.
Tony Truand dit
Qu’est-ce que je disais. Il peut pas s’empêcher.
pirate dit
ah bah je me sents obligé devant de tel fan, faut pas décevoir son public, même les bulots.
Tony Truand dit
Vous avez bien raison. Ce message de 19h03 est superbe. Dans le rôle du raté qui se la pête, vous êtes incomparable.
Lady dit
Almodovar comme tous les grands artistes a ses obsessions, ses manies, ses refrains, bref, son matériel d’expression. Dans chacun de ses films, il réussit à nous entraîner et nous faire marcher dans l’inacceptable, tous les tabous sont présents et sciemment ou inconsciemment transgressés pour irrémédiablement aboutir à la haine, la violence et la mort. Même si de temps en temps une lueur d’humanité peut nous laisser espérer très fugacement, un retour à la vie. Le tout signé par son esthétique bien à lui, pinceaux trempés dans les trois couleurs primaires.
J’ai vu ce film hier. J’en suis ressortie assez “glacée” et cafardeuse…Mais éblouie par la maîtrise du réalisateur qui, au delà de la sophistication de son œuvre, guérit à tout jamais de la tentation de vouloir “fabriquer” la nature, sa nature, son identité, bref, se prendre pour Dieu. J’aurais plutôt titré le film: “Who is Pedro?”
pirate dit
J’aime bien les critiques qui ont bien compris un réalisateur, même s’il n’apprécie pas leur film, ou leur travail en général. A ceci près que je dirais une chose, vous n’êtes d’une part pas un cinéphile pur et dur sans quoi plutôt que de citer Jonquet vous auriez citez l’inspiration véritable du cinéaste ici, à savoir les Yeux Sans Visages de George Franju, qu’ensuite en parlant de l’Exercise de style version cinématographique vous n’auriez pas cité le piètre film de De Palma, mais la Soif du Mal de Welles par exemple, ou 12 hommes en colère de Lumet, où même d’ailleurs puisque nous y arrivons, des pans entiers du cinéma de Tarantino qui adore faire du Queneau sans le savoir, parlant d’un même évènement de différent point de vue. Enfin, vous n’avez peut-être pas bien saisi un truc d’Almodovar ou de Tarantino. Le cinéma n’est PAS pour eux une chose superficielle, ça c’est Luc Besson. C’est un art de l’artifice et du superficiel dont ils se servent pour injecter des choses pas du tout superficielle. La grande question d’Almodovar c’est le sexe, et l’identité sexuelle, comme l’apparence. La grande question de Tarantino c’est la morale et la présence du Mal. L’un et l’autre se servent du cinéma comme d’un objet superficiel afin de faire passer dans le léger des choses graves. Si vous observez le cinéma de Tarantino il subvertie et tord le cinéma populaire pour y injecter son propre raisonnement sur les femmes, le mal, les hommes, la violence… et jamais le sexe. Almodovar n’utilise pas la figure cinématographique (sauf ici puisque donc la référence c’est Franju) mais le monde des apparences et le théatralise à l’extrême, pour parler aux femmes (et non des femmes) de sexe et d’identité idoine, d’apparence, mais sur plusieurs niveau. Et le vide, le creux en fait partie. Si vous regardez Talons Aiguilles vous trouverez déjà la question de l’identité multiple, des apparences et de ce creux issu du tragi-comiques qui tant à rendre finalement tout dérisoir. En somme je dirais que pour ces deux cinéastes, le cinéma est plus tangible, moins superficiel et plus réel que la vie elle-même.
pirate dit
Autre chose, la notion de voyeur. Comme Tarantino, inspiré par de Palma du reste, Almodovar reste à sa condition de voyeur qui cherche sur la surface son propre intérieur, voir ici le génialissime film de Powell
timgerardin dit
Bonjour Pirate,
Merci pour vos remarques, il faut lire bien sûr la seconde phrase dans ce sens : à partir du moment où c’est un sujet d’analyse, leur cinéma n’est évidemment pas bêtement superficiel…
Quant à Franju, Almodovar le cite dans toutes les interview, nul besoin d’être un “pur et dur” (ce que je ne suis peut-être pas en effet) pour noter la référence!
pirate dit
De rien, je ne sais pas je n’ai pas lu ou vu le moindre interview récent d’Almodovar. Et puis de toute manière les purs et durs m’emmerde, mais c’était juste le fait que vous ayez choisi Snake Eyes qui est quand même un des pires films de De Palma, à savoir une commande pour faire un film à vendre estampillé “grand réalisateur” avec un scénario cousu de fil blanc. Ca m’avait un peu choqué, d’autant d’ailleurs que votre analyse ne relève pas de la raideur orthopédique qu’ont généralement les “cultivés” du cinéma quand il cause d’un film qu’il n’aime pas.
grincheux dit
Je suis d’accord, le cinéma d’Almodavar est rasant.
Ce garçon est bien tourmenté, et, s’il a du succès c’est qu’il n’est pas le seul à l’être à un tel stade, mais ça ne me console pas pour autant.
Je m’amuse à le voir presque chaque année sortir son film au moment des sélections du festival de Cannes espérant la consécration, bof !
pirate dit
Grincheux au risque de vous faire tomber de votre arbre, mais d’une part la consécration Almodovar l’a depuis bien longtemps, les prix, il les collectionne, mais, qui plus est, remporter aujourd’hui la Palme d’Or n’est absolument pas signe avéré d’une consécration d’aucune sorte. Je doute que vous ayez jamais vu le film If, MASH n’est pas particulièrement un film renversant, Conversation Secrète ne doit absolument pas vous parler, et pourtant son réalisateur a éé primé deux fois, la Leçon de Piano est un mélodrame lourdingue, romantique et sans plus d’inventivité que la Mission, et Farhenheit 9/11 unr brllr rscroquerie intellectuel. Pourtant tout ces films sont Palmes d’Or et en dépit du fait que j’aime beaucoup Tarantino, la Palme qui lui a été remit par Clint était surestimée. Tout comme Barton Fink qui est avec le Grand Saut un des films les moins aboutis des Coen et où ils s’imitent beaucoup. Si vous regardez la programmation, le festival est soumit aux effets de mode comme les autres et consacre parfois des gens qui vont rapidement être oublié parce que le film est dans l’air du temps (If est à ce sujet un bon exemple). Richard Lester qui n’est pas un cinéaste mémorable (Superman 1 et 2) a quand même reçu la palme pour un petit film, une comédie de moeurs sans grande profondeur.
rackam dit
Bon on avait Grincheux, voici Prof, Simplet était là il y a peu, encore quatre types à gros nez et au lit!
grincheux dit
Précision : comme d’autres le font avec l’argent, Almodovar lui, recherche toujours plus la consécration dans le sens de “reconnaissance” ; ce qui, effectivement et en l’occurence, n’est pas synonyme de qualité.
pirate dit
Y’avait pas Jaloux dans la bande ?
Sinon Grincheux je crois surtout qu’Almodovar fait du cinéma, le sien, et que question reconnaissance, il l’a depuis 20 ans. Qu’on aime ou pas, qu’on accroche ou pas (je n’accroche pas) c’est un cinéaste de la couleur, de l’artifice, un enfant de la Movida et il reste fidèle à lui-même. Quand on recherche les lauriers, on ne l’est pas, on est fidèle à ses suivants.
laborie dit
Tout y passe chez les nains…
Il manquait Sentencieux, Pirate l’a inventé, merci…
Mangouste1 dit
Jrock (si vous me permettez cette familiarité),
L. Leuwen,
Merci, je me sens moins seul. Je dirai aussi que le succès d’Almodovar est dû au fait qu’il est né au bon moment au bon endroit : ça paie toujours de voler dans le sens du vent.
Mangouste1 dit
Jrock,
”C’est ça qu’on appelle une pulsion scopique : la dialectique entre vouloir communiquer et être payé ?”
Toute interprétation est possible, comme avec tout bon texte ésotérique…
Jrockfalyn dit
Faites faites, Magouste…Permission accordée
L.Leuwen dit
Almodovar ne raconte toujours qu’une seule chose : les hommes sont tous des salauds, sauf maman et les pédés. C’est terriblement lassant et d’une superficialité épidermique. Au fond, ce qui fait le succès de ce cinéaste affligeant, c’est le sentimentalisme à la guimauve qui baigne toute son œuvre. On est dans le registre de « Intimité » ou « Nous deux » avec, en prime, la vulgarité de l’Espagne de la movida. Bon appétit.
laborie dit
Et heureusement qu’il y a du Rouge, du Vert, du Bleu, primaires en somme comme son Cinéma…et en mélangeant du jaune ou du caca d’oie….
laborie dit
….et à force de copier Johannes Itten il ne fait que du kitsch
Jrockfalyn dit
Si ce film est aussi chiant, pourquoi ne pas le dire plus simplement ?
Mangouste1 dit
Pour lui être assorti, je suppose.
Mangouste1 dit
Ou parce que “Ce film est chiant, n’y allez pas!” est peut-être moins bien rémunéré que l’article existant. :o)
Jrockfalyn dit
C’est ça qu’on appelle une pulsion scopique : la dialectique entre vouloir communiquer et être payé ?
skardanelli dit
Purée ! J’ai tout lu !
skardanelli dit
C’est quoi une pulsion scopique ?
Mangouste1 dit
http://dictionnaire.reverso.net/francais-definition/scopique
Pour vous servir, Ska.