Le PS laisse pas béton Tonton
Radio Nostalgie à Solferino
Publié le 11 mai 2011 à 14:00 dans Société
Mots-clés : François Hollande, Jean Glavany, Lionel Jospin, Martine Aubry, Pierre Bergé, PS

photo : Parti socialiste
Dans la cour d’honneur de Solferino, au milieu des reproductions géantes des quotidiens du 11 mai 1981, les gens ont l’air un rien perdu. Militants plus que badauds, plutôt vieux, ils sont venus profiter des portes ouvertes au PS. Des affichettes les invitent à suivre un petit circuit qui monte dans les étages et slalome entre les bureaux, façon Journées du Patrimoine. Ils commentent à voix basse les affiches de la campagne électorale de l’époque, et s’extasient tous devant le chef d’œuvre des chefs d’œuvres, la table de travail en marbre de François Mitterrand.
Puis le peuple de gauche redescend par l’escalier d’honneur (à droite, chuchote notre guide, il y a le bureau de Martine) et se retrouve dans la cour. Direction la boutique qui vend des T-shirts à l’effigie du Mitterrand surpixélisé tel qu’il apparut à la télé à 20 heures, mais les philatélistes pourront aussi y trouver un carnet de timbres compilant les très riches heures du président.
Dans un escalier, attendant que Martine Aubry et les éléphants d’hier et d’aujourd’hui paraissent enfin, un étudiant lit un livre sur « l’éthique du capitalisme », c’est vrai qu’on n’est qu’à trois pas de Sciences-Po. Réflexion faite, il n’y a dans la foule que presque uniquement des militants, qui se reconnaissent, s’embrassent et causent boutique. Il y a aussi comme une gêne qui plane sur les lieux. Tout le monde se demande ce qu’il fout là finalement, comme s’il était difficile de trouver le bon ton pour cette célébration. Chacun sait bien que le vrai gros morceau arrive et que la première victoire présidentielle de la gauche d’après Mitterrand est loin d’être assurée. Alors, célébrer trop fort les exploits passés, c’est peut être un coup à se mettre les astres à dos. On devient vite superstitieux en politique, y compris à gauche -si vous ne me croyez pas, demandez à Elizabeth Teissier…
Peu avant 20 heures, tout s’agite d’un coup. Un clip commémoratif de trois minutes va être diffusé sur grand écran. Martine Aubry arrive, Lionel Jospin suit, François Hollande est là. Jean Glavany et Pierre Bergé assurent le quota de mitterrandistes historiques. Bizarrement peu de députés (sauf ceux de la Nièvre au grand complet, ça devait être contractuel), ni de Ségolène Royal. La vidéo rejoue le climax historique du l’Heure H du Jour J, ça applaudit un peu, mais mollement, en vérité. En revanche, le public s’enthousiasme au rappel de l’abolition de la peine de mort. Et c’est terminé. On apporte une brassée de roses rouges à la Première secrétaire qui les distribue gracieusement. Jospin, avec sa cravate mal nouée et son col de chemise qui baille, respire sa fleur avec contentement. Hollande, qui ne fait plus de blagues depuis qu’il est au régime, prend sa mine sérieuse n°4 et embrasse des filles. Harlem Désir et David Assouline causent avec Anne Hidalgo. Les encartés au MJS, qu’on reconnaît à leurs T-shirts commémoratifs, font mine d’être pressés d’aller écouter Yannick Noah à la Bastille. Les jeunes énarques du PS, qu’on reconnaît à leurs costumes mal coupés, repartent maussades chez eux travailler leurs dossiers.
Martine Aubry monte dans son bureau, l’air content et les chers amis et camarades se dispersent. Il n’a même pas plu. Derrière moi un monsieur râle parce que sa femme lui a fait porter un parapluie toute la journée, « sous prétexte qu’il y a 30 ans, il pleuvait ». Si ça se trouve, ça manquait à la journée…
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L'auteur
Aimée Joubert est journaliste.
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Alpin dit
Il s’agit d’un extrait d’un article.
Alpin dit
“-Nos élites ne sont pas la vraie élite du pays
Une autre hypothèse que l’on peut formuler est simplement que les élites actuelles qui dirigent le pays ne sont pas vraiment l’élite politique du pays. Il s’agit d’une hypothèse qui s’attaque directement à notre organisation démocratique et sociale. Car admettre cette hypothèse c’est admettre que notre système de sélection des élites est mauvais voir catastrophique. Par exemple, on peut affirmer que le fonctionnement des partis politiques ne permet en aucun cas de sélectionner les hommes les plus aptes à diriger le pays. En effet, les partis sélectionnent avant tout les personnes les plus aptes à prendre le pouvoir au sein du parti, ce n’est pas du tout la même chose. Tout se passe comme si notre système électoral sélectionne des gens sur des critères qui n’ont rien avoir avec les compétences nécessaires pour réellement diriger le pays. De sorte qu’en fait notre système démocratique garde les mauvais et élimine les bons, il fait donc l’inverse de ce qu’il faudrait faire. On sélectionne ainsi des gens qui ont une ambition personnelle et un égo démesuré, là où il faudrait au contraire des gens à l’ambition collective et au caractère humble.
J’écarte ici évidemment les critères purement scolaires qui n’ont rien à faire là, on en parlera dans une autre hypothèse. Le système électoral actuel semble favoriser les bonimenteurs et les escrocs du verbe, et défavoriser les honnêtes gens. On peut y voir probablement aussi l’effet non de l’évolution des mentalités, mais du système médiatique qui donne à l’image et à l’émotion un poids démesuré par rapport aux critères de rationalité. Enfin, on notera que dans le système électoral les élus passent plus de temps à défendre leur réélection qu’à défendre réellement l’intérêt de la collectivité. La nullité des élites serait donc simplement le fruit de la démocratie représentative basé sur l’élection des représentants comme nous en avions parlé avec ce texte sur la stochocratie. ”
“Le bon dosage.”
http://lebondosage.over-blog.fr/article-la-nullite-des-elites-73624578.html
Alpin dit
“-Nos élites ne sont pas la vraie élite du pays
Une autre hypothèse que l’on peut formuler est simplement que les élites actuelles qui dirigent le pays ne sont pas vraiment l’élite politique du pays. Il s’agit d’une hypothèse qui s’attaque directement à notre organisation démocratique et sociale. Car admettre cette hypothèse c’est admettre que notre système de sélection des élites est mauvais voir catastrophique. Par exemple, on peut affirmer que le fonctionnement des partis politiques ne permet en aucun cas de sélectionner les hommes les plus aptes à diriger le pays. En effet, les partis sélectionnent avant tout les personnes les plus aptes à prendre le pouvoir au sein du parti, ce n’est pas du tout la même chose. Tout se passe comme si notre système électoral sélectionne des gens sur des critères qui n’ont rien avoir avec les compétences nécessaires pour réellement diriger le pays. De sorte qu’en fait notre système démocratique garde les mauvais et élimine les bons, il fait donc l’inverse de ce qu’il faudrait faire. On sélectionne ainsi des gens qui ont une ambition personnelle et un égo démesuré, là où il faudrait au contraire des gens à l’ambition collective et au caractère humble.
J’écarte ici évidemment les critères purement scolaires qui n’ont rien à faire là, on en parlera dans une autre hypothèse. Le système électoral actuel semble favoriser les bonimenteurs et les escrocs du verbe, et défavoriser les honnêtes gens. On peut y voir probablement aussi l’effet non de l’évolution des mentalités, mais du système médiatique qui donne à l’image et à l’émotion un poids démesuré par rapport aux critères de rationalité. Enfin, on notera que dans le système électoral les élus passent plus de temps à défendre leur réélection qu’à défendre réellement l’intérêt de la collectivité. La nullité des élites serait donc simplement le fruit de la démocratie représentative basé sur l’élection des représentants comme nous en avions parlé avec ce texte sur la stochocratie. ”
“Le bon dosage.”
l’oiseau bleu dit
Le bousquet de fleurs pour fleurir la tombe de françois de Grossouvre
skardanelli dit
Et celle du Maréchal !
l’oiseau bleu dit
@ Bibi
Ils s’en moquent comme de leur première barbie
rackam dit
Bibi,
j’attends le Ellroy français qui publierait la trilogie Underworld Elysée,… portant sur ces années 81/95… Avec Mazarine Monroe.
Bibi dit
Personne n’a pensé au bousquet de fleurs?
Tssss…
l’oiseau bleu dit
@ marie ” La roche de Solutré il faut y monter il n’y a ni tram ni funiculaire :) et en cas de pluie… ”
En cas de pluie il y avait Laurent Fabius et son parapluie
” rainbow warrior “, à moins que Jack Lang la rapidité aidant…
rackam dit
Et dire qu’il a funiculé tout le monde!
Alpheratz51 dit
L’orgueil de cet homme et sa vanité, s’inscrivit , s’il fallait un exemple,
jusque dans la rédaction de son testament.
Je pense à celui qui fut écrit par De Gaulle, en 1953, avant qu’un quelconque exercice du pouvoir eut pu lui monter à la tête. Cinq lignes. Mais quel panache !
agatha dit
L’abolition de la peine de mort : si c’est tout ce qui reste à son crédit, c’est peu.
La mesure est importante en elle-même, mais pas forcément aussi audacieuse qu’on l’a dit. Il y avait encore une majorité contre, mais à mon avis, le pays était prêt à se laisser forcer la main.
L’évolution des mentalités a été à peu près la même dans des pays comparables.
L’époque le voulait.
lisa dit
Tout à fait, un président de droite l’aurait fait aussi.
L'Ours dit
Santo subito!
rackam dit
Attendez le miracle, c’est pour 2012.
lisa dit
Possible, ce sera quoi ?
Mitterand allaient voir les reliques de Sainte Thérèse à la fin de sa vie, alors….
Marie dit
@necretaux
La roche de Solutré il faut y monter il n’y a ni tram ni funiculaire :) et en cas de pluie…
Marie dit
Et ou la tontonmania subiste chez certains, faute de Colombey les Deux églises, la rue de Solférino a fait l’affaire …
ncretaux dit
Et la roche de Solutré, alors? Décidément Marie ferait une mauvaise socialiste !!! ^^
laborie dit
Ils attendent le Messie, “DSK”…