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Le protectionnisme européen existe déjà

Gare à l’arnaque au taux d’ouverture

Publié le 17 janvier 2012 à 14:30 dans Économie

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Photo : Damon Green

Parmi les questions qui vont structurer le débat politique au cours des prochaines années, le protectionnisme occupe une place centrale. N’étant bien évidemment pas tranché, il met en jeu des propositions contradictoires autour de la question plus générale de la mondialisation.

Parmi les arguments échangés, il en est un qui semble incontournable : « toutes les économies, développées ou en voie de développement, sont largement ouvertes à la mondialisation ». A l’appui de ce fait réputé incontestable, le taux d’ouverture. Ce ratio indique la part des exportations d’un pays rapportée à son PIB (Produit Intérieur Brut). A l’échelle mondiale, le taux moyen d’ouverture calculé par l’OMC est de 28%. Près d’un tiers de l’activité économique moyenne des Etats serait donc exportatrice. Autrement dit, engagée dans la mondialisation. En France, ce chiffre est de 25% : à sa lecture, on imagine que près d’un quart des Français travaillent pour l’exportation.

Mais, comme nous le signale Gilles Ardinat dans Le Monde diplomatique, c’est une supercherie. Car dans le calcul du taux d’ouverture, les exportations sont comptabilisées en termes de chiffre d’affaires (cumul des prix payés par les consommateurs étrangers), alors que le PIB comptabilise uniquement la valeur ajoutée de l’économie (la marge brute dégagée par les industries et les commerces), sans les chiffres d’affaires. Pour preuve, Singapour dispose selon l’OMC d’un taux d’ouverture de 196 % et exporte pour 357 milliards de dollars alors que son PIB n’atteint que les 182 milliards de dollars. On comprend là les limites d’un tel chiffre.

En fait, les entreprises exportatrices dégagent en moyenne une valeur ajoutée de 25% sur leur chiffre d’affaires exporté. La part de la valeur ajoutée dans les exportations rapportée à l’ensemble du PIB est donc 4 fois inférieure au taux d’ouverture officiel. On ne peut comparer que des choses comparables et le vrai taux d’ouverture des économies mondiales est en fait 4 fois inférieur à celui qui est utilisé dans les statistiques internationales. En d’autres termes, pour la France, le vrai taux correspond à 25% / 4 soit environ 6%.

Cela signifie que l’activité produite en France concerne à 94 % le marché intérieur français. Ce chiffre s’avère très proche de ceux des autres pays européens. Si l’on considère par ailleurs que parmi les 6% d’exportations françaises, plus de 70 % d’entre elles s’effectuent sur le marché européen, le taux d’ouverture extra-européen de la France n’est plus que de 2% (soit 30% de 6%). Autant dire que 98% de l’économie française concerne une activité interne au marché européen.

On peut remercier Le Monde diplo de nous avoir rappelé ces informations précieuses pour juger des débats futurs sur l’intérêt ou le prétendu danger d’un protectionnisme européen.

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  • 17 January 2012 à 22h11

    Alain Briens dit

    L’essor du commerce international a été, avec l’innovation technologique, un des deux piliers de la formidable progression de l’espèce humaine au siècle dernier. Progression qui a permis de nourrir 7 milliards d’hommes contre 1 milliard en 1900, avec un taux de pauvreté drastiquement réduit. A noter que la concurrence accrue née du commerce est aussi l’un des principaux moteurs de l’innovation, les deux concepts étant donc étroitement liés. La France a besoin d’accroitre sa compétitivité en baissant le poids des dépenses de l’état et en se débarrassant des bureaucrates harceleurs et pondeurs de règlements absurdes qui entravent sa créativité. Un repli frileux dans nos frontières, même européennes, entrainerait une régression et une paupérisation sans précédent.
    Malheur à ceux qui, en guise de nouvelles frontières, ne nous proposent que le racornissement.
    Si Monsieur Théry pense que le protectionnisme puisse faire avancer les choses, il faut lui suggérer d’immigrer en Corée du nord, qui en est le parangon (dans ce pays, le protectionnisme s’appelle le Juché). D’ailleurs, cela devrait constituer une destination de rêve pour un homme qui cherche ses sources intellectuelles dans le Monde diplo.

    • 17 January 2012 à 22h20

      eclair dit

      @alain briens
      L’innovation technologique très drôle elle a fait un bond grâce à la seconde guerre mondiale et aux differentes guerres qu’il y a eut après.
      Combien d’innovation du spatial de l’armement se sont retrouvés adaptés au civil?
      Les avions à réaction issu des recherches militaires. le laser du spatial et de l’armement.
      l’ordinateur issu de la seconde guerre mondiale.
      le radar developpement militaire seconde guerre mondiale.
      la fusion nucléaire issue des recherches sur la bombe H.
      La communication par satelitte issue des recherches militaires.
      GPS, issue de programme militaire.
      Tissu sy,thétique issu de recherche militaire.
      La majeure partie des innovations de la seconde moitié du vingtième siècle sont issus de programme spatial ou militaire.
          

      • 17 January 2012 à 22h27

        eclair dit

        Même internet est à l’origine issu d’un programme militaire.
        Comme quoi faudrait peut être voir la réalité ce monde s’est innové non à cause de la concurrence commerciale mais à cause de la concurrence militaire. 

    • 17 January 2012 à 22h39

      eclair dit

      @alain briens
      Et le commerce mondial s’est developpé grâce au pétrole une énergie bon marché mais on est arrivé au pic de production. Cette époque vas bientôt finir les échanges intra régions du globe vont diminuer dans la prochaine décennie c’est inévitable.
      Et des régions qui ne seront plus autonome alimentairement connaitront des famines. 

       

    • 17 January 2012 à 22h46

      eclair dit

      Et une dernière chose, le taux d’équipement des ménages est de 95%aux USA , en france de l’ordre de 75%

      C’est une donnée qui permet de voir la saturation d’un marché.

      Et pour la compétitivité 100 millions de chinois exportent pour autant que 10 millions d’américains.
      Et oui les chinois n’ont pas automatisé leurs chaines comme en occident.

      Vous raisonnez dans les paradigmes d’un modèle depassé avec une vision libérale des choses qui en plus est incorrecte vu que c’est les états qui ont initiés les plus grand bond technologique. 

  • 17 January 2012 à 19h54

    vt35 dit

    La France à un déficit budgétaire élevé. Pour le couvrir elle s’endette, c’est-à-dire vend des créances. 60% des acheteurs sont étrangers. C’est une de ses exportations majeures.
    La balance des paiements est équilibrée par définition.
    Si la France exporte beaucoup de créances il faut par conséquent qu’elle exporte moins de biens et de services.

  • 17 January 2012 à 19h17

    ferdibarda dit

    Je ne comprends pas comment cet article prétend parler de protectionnisme en ne mentionnant que les exportations…
    Oui la France exporte peu, et c’est même un problème, vu qu’elle importe beaucoup plus qu’elle n’exporte. Il me semble que ce constat apporte au contraire de l’eau au moulin des partisans du protectionnisme.

  • 17 January 2012 à 17h48

    Alain Briens dit

    Le protectionnisme n’est jamais qu’un moyen de domination d’un groupe sur un autre, en l’occurrence des capitalistes nationaux sur les consommateurs du même pays. Si un téléphone est produit en France 80% plus cher qu’en Chine, c’est le consommateur français qui paiera la différence et l’industriel français qui encaissera la marge. Pas besoin de sortir de Harvard pour comprendre ça. En outre un protectionnisme européen est idiot, ça n’empêchera pas Renault de produire ses voitures en Roumanie mais ça lui interdira, du fait des rétorsions, de les exporter au Brésil. Résultat : le consommateur français paiera ses voitures plus chères et l’ouvrier français sera au chômage.
    Kaplan reviens, ils sont devenus fous !

  • 17 January 2012 à 15h00

    red benjamin dit

    Les vertus du protectionisme (ou celles qu’on lui prête) résident surtout dans les importations.
    Non le marché européen n’est pas protectionniste. Il est le plus ouvert de la “triade”. Bruxelles se vante même de signer des accords de libre-échange déséquilibrés en notre plus grande défaveur (voir l’ALE avec la Corée du Sud sur l’équipement automobile l’an dernier).