Le préfet était en Noir
Que deviennent les droits de l’homme invisible ?
Publié le 13 novembre 2008 à 12:23 dans Société
Après l’Arabe, le Noir. La France n’a pas encore son Obama mais elle peut au moins s’enorgueillir d’un “préfet visible”, curieuse expression, employée sur France Inter par Alain Genestar, et qui a dû emplir d’allégresse tous les autres préfets, et l’intéressé aussi. On l’aura compris : contre la triste France de l’uniformité, invisible de surcroît, minée par ses “fièvres obsidionales”, en proie à ses “détestables frilosités identitaires” comme a cru bon de le remarquer Le Monde, en grande forme, le jour où Goncourt et Renaudot étaient attribués à des écrivains d’origine étrangère, se dresse heureusement la France visible qui, coup de chance, est aussi celle de la diversité.
On ne savourera jamais assez le tête-à-queue sémantique qui conduit de pieux antiracistes à distinguer les individus et les groupes en fonction de leurs caractéristiques physiques. Pour faire court, plus t’es blanc, man, moins t’es visible.
Comme s’il ne suffisait pas de manier des catégories aussi déprimantes, certains visibles sont plus visibles que d’autres : c’est ainsi que les Asiatiques ont été implicitement éliminés de la course à la visibilité. On ne va pas tourner autour du pot : les “minorités visibles” dont il s’agit de favoriser la promotion pour réparer les crimes d’hier, ce sont les Arabes et les Noirs. À l’arrivée, les résultats de ce mic-mac sont croquignolets. On est raciste par antiracisme et discriminatoire pour lutter contre les discriminations. Ainsi quand certains commettent en toute visibilité des actes délictueux comme le brûlage de bagnoles, sociologues et journalistes se relaient pour expliquer en boucle que ces actes n’ont rien à voir avec la visibilité de leurs auteurs tout en réclamant d’un même élan que l’on réponde à ce malheur social par des mesures raciales – vous pouvez retourner la chose dans tous les sens, un avantage accordé en fonction de la couleur de la peau est bel et bien une mesure raciale1. Le “petit blanc” des cités a beau être aussi pauvre que ses copains, il n’a pas l’heur d’être issu de la diversité. Invisible. On vous dit qu’il n’y a rien à voir. Patrick Lozès, le président du CRAN, jure qu’il ne demande pas de discrimination ethnique mais il réclame “plus de couleurs” (sic !) sur les banc de l’Assemblée. Cherchez l’erreur. Au passage, sa réception à l’Elysée n’a pas manqué de déclencher une foire d’empoigne entre “visibles”, les “domiens” (Antillais en novlangue) s’énervant contre les “d’origine africaine” tandis que les associations maghrébines s’inquiètent d’un “monopole des Noirs en matière de visibilité”. On attend avec impatience que les “minorités invisibles” (juifs, homos, pratiquants du saut à l’élastique) se mettent de la partie. On se marre, non ? Même pas.
Le plus hallucinant est que les journalistes, grands pourfendeurs d’idées reçues, se sont emparés de ces nouveaux hochets sans la moindre distance. Les idées niaises accrochées aux mots “visibilité” et “diversité”, ils les ont non seulement reçues mais adoptées avec enthousiasme et manient maintenant ces concepts imbéciles avec le plus grand sérieux, incapables d’en percevoir la cocasserie. Dommage. Car tout cela se mesure, s’analyse, s’encourage. Ainsi peut-on lire sur le site du Nouvel Obs que “la diversité à la télévision n’a progressé que d’un point en dix ans”. Et dans l’entreprise ? Et dans la famille ? Que fait le gouvernement ? Comptez ! Combien de Noirs ? Combien d’Arabes ? Combien d’invisibles ? Il est vrai que le CSA qui, toujours sans aucun rapport avec le débat actuel, vient de pousser lui aussi sa gueulante, a cru bon de ramener les prolos dans la grande famille de la diversité. À en croire l’autorité de tutelle de l’audiovisuel public, non seulement il n’y a pas assez de ceux-ci et de ceux-là mais en plus, on manque de pauvres à la télé. Mais attention, la pauvreté, ce n’est pas un état (déplaisant) mais une origine. Ce qu’on veut, c’est des prolos qui causent prolo et qui sentent prolo. (page suivante)
- On dit généralement que le concept de race n’a aucune valeur scientifique. En fait, si : pendant longtemps, l’humanité s’est partagée entre plusieurs races, homo sapiens ceci ou cela. Mais cela fait quelques millions d’années qu’il y a une seule race humaine, aussi l’humanité est-elle à la fois une race et une espèce. Il y a une race humaine, pas une race indo-européenne. On se réfère ici au sens que donnent à l’idée de race racistes et antiracistes. ↩
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L'auteur
Elisabeth Lévy est journaliste et essayiste.
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Amelia dit
Yalta.
Vous pouvez vous procurer les documents qui l’attestent.
Mais si vous prétendez qu’il s’agit d’une auto-émancipation, libre à vous de le croire.
Mais il me semble que nous ne donnons pas le même sens aux mots.
Je veux dire tout simplement , que des lois, des batailles idéologiques, des combats, permettent de donner à des citoyens(qui ne l’étaient pas) les possibilités d’accéder à des postes dans les universités, au collège de France, de devenir des élites d’Etat et de Cour.
Comme vous le rappelez vous même, en 40, ont été “réhabilitées” d’autres lois par les antisémites, excluant de nouveau, les juifs de la république.
Trois figures:le juif, l’étranger et l’esclave n’ont cessé d’interpeler les lois de ce pays.
Lisez Abbé Grégoire sur les “noirs”.Je cite:” ceux qui ont voulu déshériter les négres, ont appelé l’anatomie à leur secours”.
Et Virey qui rappelle étrangement le discours de Dakar.
Enfin, depuis la révolution, l’émancipation des noirs a toujours été à l’ordre du jour, et aujourd’hui, il faut des mesures politiques pour que les intelligences servent la république, que les deux chambres se colorent un peu et que la Cour et l’Etat s’ouvrent aux minorités visibles comme on dit aujourd’hui.
Appelez cela comme vous voulez:discrimination positive ou autre chose.
Mais ne niez surtout pas qu’il y a un problème.
Bien à vous.
Pirée dit
Quand on a le mérite d’être intelligent, compétent et républicain, une juteuse carrière s’ouvre devant soi, précisément parce qu’on n’est pas honnête.
Yalta dit
Mensonge que d’affirmer :
“La France et la république ont toujours pratiqué ce qu’on appelle aujourd’hui la “discrimination positive”.”
Désolé Amelia, mais pouvez-vous citer un texte à l’appui de cette asertion ?
Par contre, les textes créant de vraies discriminations existent bel et bien (ex. la funeste loi du 3 octobre 1940).
Mérite, mérite, mérite, il n’y a pas à sortir de là ! Un préfet noir ou bleu d’accord s’il est intelligent, compétent, honnête et républicain.
La tendance actuelle est inquiétante à cet égard, le népotisme fait rage et on va supprimer le concours de sortie de l’ENA.
Pirée dit
Senghor est immortel. On distingue deux sortes d’académiciens : ceux à qui l’Académie a fait honneur (non, je n’en donnerai pas d’exemple), et ceux qui font honneur à l’Académie, comme Senghor. Ce fut le plus grand poète de son temps.
AS dit
Du temps où monsieur Gaston Monnerville présidait le Sénat, et était par conséquent le numéro 2 de la République, qui se souciait qu’il fût noir?
Il était petit-fils d’esclave, député, non des territoires d’outremer, mais tout bonnement du Lot, avocat fort brillant et grand résistant. Il s’opposa à de Gaulle, accusé de forfaiture.
On n’en faisait pas alors tout un fromage avec les minorités visibles. Mais en ce temps -là, on avait davantage le sens des valeurs républicaines.
PS : Senghor aussi siégea à l’Assemblée. Mais ni Chirac ni Villepin n’assistèrent à ses obsèques!
Amelia dit
Je voulais juste dire une banalité Ludo sur une question très sérieuse.
La France et la république ont toujours pratiqué ce qu’on appelle aujourd’hui la “discrimination positive”.
Et la méritocratie est venue par la suite.
La question: comment se sont émancipées les différentes commnunautés visibles, invisibles, transparentes ou translucides est écrite dans les livres d’histoire.
Une volonté politique contre la haine de groupes de pressions défavorables à cette émancipation.
Alors les bagnoles qui brûlent, c’est hors-sujet.Il s’agit de bien autre chose quand on est un responsable politique et non un journaleux.
Rajouter à la petite bibliographie que je vous proposée, cet ouvrage:” Les juifs de France: de l’émancipation à l’intégration” 1798/1812″, de Gerad Hamon.
L’entrée au Collège de France et la promotion sociale des juifs fut un combat digne de la république.
Il ne s’agit pas d’entrisme comme on l’entend aujourd’hui.
Et ne voyez pas de malice dans mon propos, j’essaie de comprendre le combat des républicains d’hier et d’aujourd’hui.
Une Dati ou Amara existaient hier.
Ils ont réprimé des travailleurs, des ouvriers fêtant le 1er mai en France à Fourmies en 1891.
Et qui fait dire à Drumont l’antisémite, sur cette fusillade “…le sous-préfet juif Issac, fils d’un naturalisé de Crémieux, a fait essayer le Lebel sur des ouvriers Français…”
“Un avantage accordé en fonction de la couleur de la peau”, lit-on sur Causeur.
Et Napoléon III, il a fait quoi madame Levy?.
Encore un petit ouvrage:” L’envers d’une fusillade” de Hardy- Hemery Odette.
Lisez sur cette journée(objet de colloques) et la littérature antisémite de l’époque.
Détestables frilosités identitaires, oui madame comme on pouvait le lire hier.
Amelai dit
Je voulais juste dire une banalité Ludo sur une question très sérieuse.
La France et la république ont toujours pratiqué ce qu’on appelle aujourd’hui la “discrimination positive”.
Et la méritocratie est venue par la suite.
La question: comment se sont émancipées les différentes commnunautés visibles, invisibles, transparentes ou translucides est écrite dans les livres d’histoire.
Une volonté politique contre la haine de groupes de pressions défavorables à cette émancipation.
Alors les bagnoles qui brûlent, c’est hors-sujet.Il s’agit de bien autre chose quand on est un responsable politique et non un journaleux.
Rajouter à la petite bibliographie que je vous proposée, cet ouvrage:” Les juifs de France: de l’émancipation à l’intégration” 1798/1812″, de Gerad Hamon.
L’entrée au Collège de France et la promotion sociale des juifs fut un combat digne de la république.
Il ne s’agit pas d’entrisme comme on l’entend aujourd’hui.
Et ne voyez pas de malice dans mon propos, j’essaie de comprendre le combat des républicains d’hier et d’aujourd’hui.
Une Dati ou Amara existaient hier.
Ils ont réprimé des travailleurs, des ouvriers fêtant le 1er mai en France à Fourmies en 1891.
Et qui fait dire à Drumont l’antisémite, sur cette fusillade “…le sous-préfet juif Issac, fils d’un naturalisé de Crémieux, a fait essayer le Lebel sur des ouvriers Français…”
“Un avantage accordé en fonction de la couleur de la peau”, lit-on sur Causeur.
Et Napoléon III, il a fait quoi madame Levy?.
Encore un petit ouvrage:” L’envers d’une fusillade” de Hardy- Hemery Odette.
Lisez sur cette journée(objet de colloques) et la littérature antisémite de l’époque.
Détestables frilosités identitaires, oui madame comme on pouvait le lire hier.
Pirée dit
Hadj Nasr-Etienne Dinet s’est converti à l’islam en 1913. Il a fait le pélerinage à La Mecque en 1929. Il a somptueusement illustré, souvent traduit et peut-être parfois même co-écrit les ouvrages de son copain Hadj Slimane ben Ibrahim. Longtemps considérée comme de la brocante nostalgérique, et vendue à l’avenant, sa peinture a retrouvé une cote en rapport avec sa qualité : la peau des fesses.
Ludovic Lefebvre dit
Le plus symptomatique ou drôle est tout de même que ses apologistes de la race continuent de se battre contre le racisme à la manière d’un obèse qui qualifierait un homme un peu enveloppé de gros lard. Nous avons en arrière- plan des personnes comme Taubira qui ne veulent pas que l’on reconnaisse le rôle des arabo-musulmans et des noirs dans la traite négrière, mais qui y vont à fond sur la culpabilité de la France et des ses âmes dont certains sont heureusement oubliés, d’autres qui dénigrent la valeur universelle du racisme. Sur des bases aussi truquées, aussi malsaines, je ne peux être favorable à un placement d’office de politiques et autres médiatiques sur une base racialiste. Le fameux “tous un peu frère” n’est décidément pas respecté. Et puis pourquoi l’Occident devrait céder au métissage lorsque l’assimilation est refusée, lorsqu’il n’y a aucune réciprocité venant de la part des pays d’Afrique, de l’Asie ?
Je crois que la loi du plus fort est toujours la meilleure et qu’elle devient celle du nombre obligatoirement à un moment ou un autre. Une immigration faible est un enrichissement, une trop forte deviendra une conquête et je n’oublie pas que nous allons être confrontés à ce sérieux problème bientôt.
Pour finir, nous voyons que les minorités invisibles pour continuer dans leur ridicule commencent à pâtir autant que la majorité invisible et qu’elle aura à subir de violentes attaques, c’est une évidence ! Je me moque volontiers de Delanoë ou Benamou qui le méritent bien, mais je me vois mal accepter qu’il y ait des expéditions violentes dans le Marais ou rue des Rosiers en fonction d’une orientation sexuelle ou d’une appartenance, ça se multiplie tout de même pas mal, mais comme les antiracistes ont jeté la focale sur le blanc et qu’il y a des enjeux économiques, les voici bien discrets, bien silencieux.
Il n’est pas souhaitable, je pense que notre mode de vie, notre culture soit avalés par ceux du Sud, car je la trouve tout aussi légitime que d’autres.
Lefebvre Ludovic dit
Amélie Agathe Thon,
“Vous aimez jouer pirée?.
Quel le premier député musulman de France.
Attention pirée, c’est un piège.”
Philippe de Villiers. Qu’est-ce qu’on gagne ?
Amelia dit
Entre citoyens, pas de mépris, que de la camaraderie et du tutoiement.
J’adore l’histoire de ce député musulman, c’est un converti.
Elle me fait mourir de rire.
Il arrivait en gandoura à l’assemblée.
Il s’appelait Philippe Grenier, en 1892.
Un médecin génial.
Une histoire dingue.
Lisez-la
Wiki si vous n’avez pas le temps mais on peut trouver mieux.
J’aime les histoire pirée.
Pirée dit
Bravo, citoyenne Amelia, tu m’as piégé (on tutoie les citoyens). Tu as démontré que je ne connaissais pas la liste des préfets du Second Empire. En fait je n’en connais qu’un seul, Haussmann. Quant au premier député musulman, je n’en ai pas la moindre idée.
Vas-y, triomphe!
Amelia dit
Pirée vous me décevez.
Emmanuel Lambert est le premier préfet israélite sous le second empire.
Cherchez bien au sujet de Hendlé Ernest.
Voici quelques pistes: “La républqiue sous le second empire de Léo Hamon et “les fous de la république” de Pierre Birnbaum.
Vous aimez jouer pirée?.
Quel le premier député musulman de France.
Attention pirée, c’est un piège.
Bon le rapport avec la Halde, les discriminations et les préfets pas “très blancs”, est toujours le sujet bien entendu.
Imaginez un instant pirée quad Lambert fut nommé, une journaliste écrivant…” Après les Indiens, les Israélites, les barbares.
La France n’a pas encore son…”.
ça serait moche non?.
Amelia dit
c’est bien pirée.
J’aime les gens honnêtes et cultivés.
Je vous gardais un yaourt, wiki était un leurre.
Lisez avec délice et gourmandise cet ouvrage:[L'aristocratie de l'épiderme, Le combat de la Société des Citoyens de la Couleur] de Florence Gauthier.
A la page 92, Grégoire est en colère
“Tel est l’empire des préjugés…”
Je vous laisse découvrir tout cela.
Et ni Grégoire ni Amelia ne sont des fanatiques révolutionnaires dangereux.
Dites à Emilie que je ne comprends rien à ses allusions à la symbolique grecque.
Bien à vous.
Emilie dit
Amelia-ex Agathon est un homme . Je le sais .
Pirée dit
A la citoyenne :
Sur le site Africultures, j’ai trouvé un article publié le 28-6-2004 sous le titre “La pratique des échasses au Togo”, par Emmanuel Lambert. Sur Hendié Ernest, mes recherches sur le net sont jusqu’ici restées infructueuses.
Three piglets dit
“Est-on encore sérieux dans ce pays ?”
Certains membres du public sont payés pour faire acte de présence, notamment, ceux qui sont “des français comme vous et moi mais discriminés à cause d’une culture si riche car métissée”.
Nous vivons dans un village Potemkine libéral et cosmopolite, un neo-socialisme en somme.
Pirée dit
La citoyenne est honnête et cultivée. Elle sait faire un copié-collé de Wikipedia (j’ai vérifié). Mais je ne suis pas un citoyen, même émancipé par décret. Je suis un monsieur.
robespierre dit
J’écrivais cela le 13/11:
robespierre • 13.11.08 à 13:56
Vous connaissez l’émission “Edition spéciale” sur Canal+ tous les jours entre 12h et 14h ?
C’est l’émission de la branchitude.
Et bien, sur le plateau de cette émission se passe un phénomène statistiquement très curieux : depuis plusieurs jours, juste derrière le présentateur, dans le public, une des deux spectatrices présentes est plus “visible”….La statistique et le hasard ne font pas ménage….
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aujourd’hui le 14/11 même phénomène. Ce qui veut dire que Canal+ considère que pour être ethniquement correct, il suffit de changer sa tapisserie.
Est-on encore sérieux dans ce pays ?
Ludovic Lefebvre dit
Pirée est un génie.
Amelia est Aga-thon.