Le peuple contre les pipoles

Dans la France d’en bas, pas de pitié pour Polanski

Publié le 02 octobre 2009 à 14:00 dans Médias

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Roman Polanski

Le tir rapide de Bernard Kouchner et Frédéric Mitterrand, dégainant plus vite que leur ombre leur déclaration indignée à propos de l’arrestation à Zurich de Roman Polanski, a profondément choqué les Français. Grâce à la Toile, on a pu voir en temps réel le rejet profond provoqué dans le pays par la mobilisation, en faveur du cinéaste franco-polonais, du ban et de l’arrière-ban des élites culturelles françaises. Quel que soit le média répercutant la nouvelle et faisant état des réactions officielles, les commentaires postés étaient, dans leur écrasante majorité, empreints de colère, voire de dégoût : comment peut-on ainsi réclamer que la justice soit entravée au motif que le justiciable est un artiste de grand talent ? Roman Polanski est peut-être un génie, mais ce génie a abusé d’une fille de treize ans en la faisant boire et en la droguant, tels étaient les principaux arguments de ces commentaires.

Les modérateurs du Point.fr n’avaient jamais vu cela, et se sont fendus, sur le site de l’hebdomadaire, d’une analyse de contenu des 482 messages reçus sur cette affaire en l’espace d’une seule journée, celle du 28 septembre, dont 97% étaient défavorables à Polanski et ses soutiens. On y fustige “la meute germanopratine”, la “crypto intelligentsia de notre pays”, “l’élite politico-bobo-culturelle” qui a pris la défense du cinéaste.

Ceux qui, comme Marine Le Pen et Dany Cohn-Bendit, ont attendu de sentir d’où venait le vent pour s’exprimer à ce sujet n’ont eu qu’à se laisser porter par l’aquilon des protestations pour se livrer à leur numéro habituel de démagogie.

On aurait tort, pourtant, de ne voir dans ce soulèvement moral de la France d’en bas qu’une nouvelle et désolante manifestation d’un anti-intellectualisme proto-fasciste, résultat de la fascination-répulsion qu’exerce sur la foule la contemplation quotidienne des riches et célèbres.
Dans le cas Polanski, même l’anti-américanisme instinctif des Français n’a pu lui attirer la compassion d’un public qui ne voit dans son affaire que celle d’un homme qui a fui la justice, et qui demande aujourd’hui qu’on le dispense de rendre des comptes dans le cadre d’un procès équitable.

On peut discuter de l’imprescriptibilité en matière de crimes sexuels, résultat de la sensibilité de l’époque face à ce type de criminalité, dont les mouvements féministes et de protection de l’enfance n’ont de cesse de demander un châtiment toujours plus rigoureux. Le droit à l’oubli, sauf en matière de crime contre l’humanité, est un acquis de la civilisation qui permet de vivre ensemble et ne devrait exclure aucune des formes de la sauvagerie humaine.

Mais on ne peut pas demander que cette loi, qui est celle qui s’applique à tous, puisse souffrir d’exception, fût-elle culturelle. Ce message là devrait être entendu par ceux qui ont la charge et l’honneur de parler au nom du peuple qu’ils représentent.

On peut être certain, en revanche, que Roman Polanski pourra retrouver le chemin du cœur du public s’il comparait devant un tribunal de Los Angeles. Sa vie ne se résume pas à cet épisode condamnable. Evadé à neuf ans du ghetto de Cracovie, alors que ses parents étaient déportés et que sa mère ne reviendra pas d’Auschwitz, il ne supporta pas de voir son père refaire sa vie avec une autre femme. Laissé à lui même dès sa première adolescence, il se découvre cinéaste dans la Pologne communiste, et révèle très tôt un talent qui sera internationalement reconnu. A 29 ans il devient célèbre avec son premier long métrage Le couteau dans l’eau, ce qui lui permet de mener une carrière internationale entre Paris, Londres et Los Angeles.
C’est dans cette ville qu’un nouveau drame s’abat sur lui : le sauvage assassinat, en 1969, de son épouse Sharon Tate, enceinte de huit mois, par les membres d’une secte sous l’emprise de Charles Manson.

En dépit de sa notoriété mondiale, Polanski connaît des hauts et des bas dans sa carrière, alternant de grands succès, comme Rosemary’s Baby ou Chinatown avec des échecs retentissants. Sa vie privée, qui n’avait jamais été un long fleuve tranquille, connaît alors des débordements mieux acceptés à l’époque qu’aujourd’hui1. Son attirance pour les femmes très jeunes a été une constante que les psys renvoient au traumatisme de la perte de la mère dont l’image idéalisée s’était fixée en lui alors qu’elle avait trente ans. Tous ceux qui ont côtoyé Polanski, comme l’actrice Mia Farrow, on noté son mal-être avec les femmes qui avaient dépassé le seuil de l’adolescence…

Pendant près de trente ans il aura été un fugitif, de luxe, certes, mais un fugitif tout de même. Un destin tragique, sublimé dans une activité artistique que le malheur nourrit et féconde. Cela se plaide, pour autant que l’on accepte de rendre des comptes à une justice rendue par des hommes qui ont eu la chance de mener des vies ordinaires.

  1. C’était le temps où la police et la justice française fermaient les yeux sur le comportement sexuel d’un Charles Trénet pas trop regardant sur l’état civil des jeunes gens qu’il fréquentait, et où un Jean-François Revel pouvait se vanter, dans ses Mémoires, d’avoir, par un faux témoignage, sauvé la mise d’un de ses condisciples de Normale sup traîné en justice pour pédophilie…

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  • 5 October 2009 à 9h49

    Che dit

    @têtuniçois
    “Si la loi établit une injustice ou une discrimination , il faut la combattre , ce n’est pas simplement un droit c’est surtout un devoir .”

    Tout à fait refusons le mariage homo par devoir. Rappelons que les homos peuvent se marier avec qqun de sexe opposé comme tout citoyen (certains l’ont fait avant ou après avoir assumer leur sexualité). Il n’y a donc pas lieu de favoriser la création de privilège discriminatoire pour une communauté particulière aussi bourgeoise soit-elle.

  • 5 October 2009 à 9h41

    Che dit

    @Anatole Belgique
    “Ce n’est pas parce que c’est interdit que c’est forcément du viol. Des adolescents amoureux qui ont des relations sexuelles ne se violent pas forcément…”

    Oui et comme Polanski l’avait droguée on ne saura jamais si elle aurait donné son consentement de son plein gré. Mes salutations à la Belgique.

  • 5 October 2009 à 4h13

    Budelberger dit

    Vous êtes répugnant, Rosenzweig.

  • 4 October 2009 à 21h48

    Idith dit

    Ce qui me gêne dans cette affaire, c’est que justement je ne suis pas sûre que Polanski soit un justiciable comme un autre et que je m’interroge sur la justice suisse, cette même Suisse prête à s’excuser de ne pas avoir laissé le fils Khadafi maryriser en paix ses domestiques. Je ne suis pas assurée que sa notoriété n’ait pas agi en sa défaveur. Par ailleurs j’ai lu que la loi qui rend les crimes sexuels imprescriptibles en Suisse n’a fait l’objet d’une votation qu’en 2008. Mais ces réserves ne signifient pas que le talent excuse l’immoralité: si la pétition allait en ce sens c’était une mauvaise défense, mais je ne peux pas m’indigner d’un texte que je n’ai pas lu.

  • 4 October 2009 à 21h39

    hervé remiremont dit

    Cette affaire commence à me faire un peu mal aux côtes.
    Je crois que les Suisses n’ont apprécié de compter au nombre des boucs émissaires de la crise économique actuelle. Ils ont tout simplement coopéré avec la justice américaine, comme on leur a demandé de le faire. A mon avis, ça sonne comme un avertissement : Si on leur met un peut trop la pression, pour coopérer ils vont coopérer…
    Avez-vous idée du nombre d’affaires politico-financières qui peuvent démarrer à partir de la Suisse? Je découvre que la dissuasion peut ne pas être que nucléaire.

  • 4 October 2009 à 21h25

    Photine dit

    “Vous êtes dans un salon : une tenue correcte est exigée.”

    Vous êtes de grands comiques ! Parce qu’étaler autant de vulgarité avant cet avertissement, c’est vraiment du 40e degré.

    Je suis de la France d’en haut, je suis intellectuelle et je vous emmerde. Défendre le viol d’une enfant de 13 ans par élitisme, c’est se rouler dans la fange de la connerie la plus immonde.

    Ah, le bon vieux temps ou les bourges ne se faisaient pas emmerder par les bas peuple…

  • 4 October 2009 à 21h04

    Pirate dit

    Jacques, contrairement à ce qu’on tendance à penser les français, le monde ce n’est pas la France, et non je n’appartient pas à ce pays, en revanche oui, en tant que citoyen il m’appartient. Je ne lui appartient pas parce que je ne lui doit rien, et il doit à ma famille, il m’appartient parce que je vote, je paye des impôts, je travaille, j’en constitue l’opinion et la force, et s’il y avait une guerre on me demanderait encore de verser mon sang pour lui. Tout comme vous. maintenant si vous préférez présenter votre échine, libre à vous, en l’occurence ça vous appartient.

  • 4 October 2009 à 21h03

    ramon mercader dit

    ha je vois que tétardniçû a fait ses crottes !
    pour ceux qui sortent le troll…………
    merci de ramasser

  • 4 October 2009 à 21h02

    ramon mercader dit

    @ grandgil
    “une histoire de la prostitution” par laure adler………..
    si vous pensez que ce qu’elle écrit est vrai et documenté……….
    vous êtes un peu naïf
    tout est faux en elle
    à commencer par son nom
    elle s’apelle pas plus lauradler que moi giscardovic……..
    son vrai blase c’est germaine macheprot
    comme votre concierge

  • 4 October 2009 à 20h08

    jjacquesb dit

    @ Pablico
    “La France ne nous appartient pas, on lui appartient.”

    Eh bien oui…
    Et le monde n’est pas non plus à vous, mais vous à lui.

  • 4 October 2009 à 19h10

    Pirate dit

    Sauf qu’Anatole vous spéculez de la même manière, le viol est le motif même de la plainte, et non reconnu parce que arrangé au terme de tractation en simple détournement de mineur. Nous n’étions ni vous ni moi sur place, et je n’observe qu’une seule chose : dans une affaire de viol sur mineur (motif de la plainte donc) un homme à la faveur de sa célébrité est défendu jusque dans les ministère, là où le lambda, pour le même fait serait totalement ignoré, voir conspué. Dois je vous rappeler l’hystérie dont fait preuve Sarkozy sur le terme des délinquants sexuels récidivistes ? Ici pas de bellitres pour nous assommer de leur scandale. Point non plus pour s’offusquer qu’un homme qui s’est venté de payer pour des garçons (adolescents et mineurs) soit ministre de la culture. Ici la droite regarde ailleurs avec soin. Ca s’appel deux poids, deux mesures, c’est un des motifs de la révolution française…

  • 4 October 2009 à 18h58

    pablico dit

    ‘État de droit est en train de disparaitre petit à petit. Il se transforme en état d’élite

    L’état de droit c’est pour le bas, l’état d’élite pour le haut.

    La France n’est qu’une entreprise tout compte fait, formée d’une multitudes de petites entreprises. Les élites dirigent, et les autres bossent.

    la France ne nous appartient pas, on lui appartient.

    Un peu comme les cerfs du moyen age, on appartient à l’élite.

    Ce sont des demi-dieux..comme les seigneurs d’antan.

    Rien n’a changé tout compte fait. La FORME a changé, mais pas le FOND.