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Le noir me va si bien

Violent, réaliste, pessimiste : le polar est éternel

Publié le 31 août 2010 à 14:01 dans Culture

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Cet été, les amateurs de cinéma ont eu le choix entre le virtuel et le réel, entre un blockbuster qui prétendait montrer que notre vie est peut-être un rêve et un polar hargneux et violent, dans la plus pure tradition du film noir qui se contentait de dire la vérité : notre vie est un cauchemar et un nid de névroses comme il y a des nids de serpents. Pour résumer, on a eu le choix entre Inception de Christopher Nolan et The Killer inside me de Michaël Winterbottom.

Le succès programmé d’Inception

Pourquoi vouloir opposer ces deux films qui appartiennent finalement à grande famille du cinéma dit de genre, même si Inception joue dans les parages du fantastique et de la SF, tandis que The Killer inside me, adapté d’un roman de Jim Thompson, renoue avec la tradition du film noir des années 1950 façon En quatrième vitesse de Robert Aldrich.
Pour commencer, le public a tranché : Inception est un énorme succès commercial alors que The Killer inside me a été projeté dans des salles où se retrouvaient quelques aficionados désabusés du polar à l’ancienne.

Cette victoire par KO s’explique aisément: avec son budget et son casting, Inception avait tout d’un succès programmé. Il fallait éviter une catastrophe financière. Leonardo di Caprio et Marion Cotillard, sans oublier les effets spéciaux, ça vous met tout de suite un budget à 160 millions de dollars. La critique a suivi jusque sur Causeur où le film a été brillamment défendu car elle suit toujours au bout du compte, comme l’intendance : Inception était un chef d’œuvre, d’une originalité visuelle et thématique époustouflante, sauf pour Télérama qui n’aime que les films kirghizes. Bref, un « film du siècle ».

Le problème n’est même pas d’avoir un « film du siècle tous les ans », le problème est que c’est toujours le même. Et là, j’entends les protestations se lever. « Tu ne comprends rien, ce film a un véritable sens philosophique, et puis ça devrait te plaire, il peut se voir comme une fable anticapitaliste, la marchandisation du rêve, l’espionnage industriel poussé à son extrême. »

Bien sûr, bien sûr mais quoi de neuf dans Inception depuis Matrix ? Et dans Matrix depuis la Caverne de Platon, les romans de K .Dick, le Spectacle de Debord et les Simulacres de Baudrillard ?

À se demander si ces films, en généralement admirablement fabriqués, n’ont pas réussi à trouver le nombre d’or du marketing pour attirer un public massif (pas loin de 4 millions d’entrée en France en un été) tout en s’offrant une légitimité intello, du fait de la complexité apparente du scénario, de sa problématique très postmoderne de l’indécidable. Ce fut le cas pour Matrix qui vit notamment en France avec Matrix, machine philosophique1, un collectif de philosophes dont Alain Badiou, s’intéresser très sérieusement au contenu du film et pas seulement à son caractère de phénomène sociologique.

The killer inside me : la revanche de la tragédie

En face de ces films multilégitimés (public, critiques, intellectuels), comme il y a des aliments multivitaminés, mon petit polar de l’été fait pâle figure. La critique a assez sauvagement et unanimement descendu The killer inside me, décrété trop violent. C’est en général la même qui trouvait l’inspecteur Harry facho avant d’en faire un humaniste.

C’est assez drôle, quand on y pense. Implanter des rêves chez quelqu’un, les lui voler, rendre son monde complètement incompréhensible serait moins violent que tuer des femmes à coup de poing comme le fait le sheriff psychopathe de Michaël Winterbottom. Ou alors, mais ce serait plus grave, nous en sommes arrivés au point où la pire des tyrannies virtuelles sera toujours préférable à l’horreur ordinaire de la condition humaine.

Casey Affleck, qui incarne ce policier qui déraille, a une tête de bon garçon du Sud, qui fait son ménage et est bien vu de son quartier. Il ne s’occupe pas des rêves de ses contemporains mais quand l’un d’eux le gêne, il se contente de lui tirer une balle dans la tête. Pour faire simple, il incarne parfaitement la « banalité du mal ».

En sortant de la projection d’Inception, le spectateur n’a rien appris même si on lui a fait habilement croire qu’il avait vu un film riche de significations. On lui a posé une question légèrement éculée : dans quelle réalité vit-on ? Message subliminal : puisqu’on ne sait pas dans quelle réalité on vit, puisque tout est manipulé, il est inutile de prétendre changer les choses. Le spectateur d’Inception, dans le meilleur des cas, en restera au stade de l’herméneutique vaguement dépressive.

À l’inverse, The Killer inside Me est un véritable film noir en cela qu’il renoue avec la dynamique propre de la tragédie. Une petite parenthèse : il ne faut pas confondre le film noir, qui est en train de disparaître, avec le thriller ou l’actioner qui misent tout ou presque sur la pyrotechnie. Dans le film noir en général, et celui-ci en particulier, des personnages de Sophocle portent des bottes mexicaines et roulent en Studebaker. Enfermés dans une petite ville, dans une époque et dans une obsession (la règle des trois unités…), ils sont universels, bien plus que les cadres supérieurs d’Inception dont les préoccupations apparaissent très datées.

Avez-vous déjà essayé de regarder un film de science-fiction qui a plus de trente ans ? Sauf pour les amateurs du genre, l’épreuve est cruelle et le ridicule jamais très loin. Rien ne vieillit plus vite que la modernité technologique et les problèmes philosophiques qu’elle pose. Inception n’échappera pas à cet enfer du kitsch. Question de temps. En revanche, je suis convaincu que The Killer Inside Me continuera, comme Quand la ville dort de John Huston, à me parler du désir, de la folie, de la passion et de la mort en des termes qu’apparemment plus personne ou presque, par les temps qui courent, ne veut plus entendre.

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  • 5 September 2010 à 0h59

    Monsieur Rien dit

    …/…

    Vertigo : cette troisième image est la suite des deux précédentes :

    http://www.filminamerica.com/Movies/Vertigo/vertigo21.jpg

    Et voici Le troisième homme. Carol Reed :

    http://www.teignmouthfilm.org/images/Third%20man.jpg

  • 5 September 2010 à 0h56

    Monsieur Rien dit

    …/…

    Vertigo (Sueurs froides). Alfred Hitchcock (d’après un roman français de Boileau-Narcejac) :

    http://blogs.elsweb.org/itsthepunisher/files/2007/04/vertigo-1.jpg

    http://www.li-an.fr/blog/wp-content/uploads/2008/03/gavin-bond01.jpg

    Ces deux images trouvent leur suite logique dans l’image qui va suivre.

    …/…

  • 5 September 2010 à 0h54

    Monsieur Rien dit

    Pour les amatrices et amateurs de belles ambiances et de belles images :

    Asphalt jungle (Quand la ville dort). John Huston :
    http://3.bp.blogspot.com/_Zd2GgYqvYQI/S8UWviM58zI/AAAAAAAAAZs/9DLlrRmo8EY/s1600/AsphaltJungle2.jpg

    Double Indemnity (Assurance sur la mort). Billy Wilder :
    http://media.photobucket.com/image/Double%20Indemnity/giancarletto/FILM/WILDER/500/500DoubleIndemnity1.jpg

    …/…

  • 5 September 2010 à 0h40

    Monsieur Rien dit

    …/…

    — le psychédélisme s’est peu vu au cinéma et à la télé. Il y a une brève scène ratée dans le film Vertigo (Sueurs froides), d’Hitchcock : les flashes d’hallucinations ; il y a des scènes d’Easy Rider (drogue-partie) et aussi les scènes finales (pas les meilleures) de 2001, l’odyssée de l’espace Mais l’exemple-type est le dessin animé Yellow submarine de George Dunning, sur les Beatles (film moyen, mais graphisme exceptionnel). Le psychédélisme était plus l’affaire de la musique et des arts graphiques.

    Je parle de puissance poétique, parce que les meilleures de ces séries (des années 60) étaient des tragédies montrant des héros obscurs aux prises avec la fatalité de crimes sordides, évoluant dans des décors d’une beauté sinistre. L’action était magnifiée par une photographie exceptionnelle, des éclairages quasi expressionnistes, une musique envoûtante. Beauté et émotion allaient de pair.

    Affirmer la supériorité des séries actuelles, c’est comme dire que Woody Allen est forcément meilleur que Buster Keaton, Max Linder, Jacques Tati ou Pierre Étaix. Ou que Matrix est meilleur que Métropolis. Peut-être aussi bon, mais pas meilleur.

    La technicité ne fait pas un film : Titanic en 1997 n’est pas par principe meilleur que Vingt Mille lieues sous les mers en 1954. L’imagination et l’émotion n’ont pas de rapport avec la technologie.

  • 5 September 2010 à 0h39

    Monsieur Rien dit

    @ Jérôme,

    Votre jugement a évolué : vous affirmiez que les séries des années 2000 étaient en tous points supérieures à celles des années 60. Et voici que vous faites la fine bouche sur les séries 2000 à grand succès que je vous cite.

    Soit dit en passant, les séries 2000 sont hors sujet par rapport à l’article de J. Leroy qui oppose le noir et le polar à la science-fiction.

    Sous cet angle, les séries 60 sont souvent raccord avec le film noir, précisément. Par exemple : Alfred Hitchcock présente, Johnny Staccato, Les incorruptibles, La quatrième dimension.

    Vous me dîtes que la nostalgie vient avec les années. Mais pour ce qui vous concerne, vous êtes déjà ou presque, dans la nostalgie de The wire, série actuelle : paradoxal !

    Vous croyez que je confonds la puissance poétique avec le psychédélisme et le kitsch. Objection, votre honneur :
    — le kitsch (le très bon kitsch bien sûr) est délectable, comme les films ratés d’Ed Wood, célébré par Woody Allen. Mais King Kong, Frankenstein, Dracula, La belle et la bête sont aussi des chefs-d’œuvre kitsch, et de très grands et beaux films.
    La science-fiction se démode vite, mais le kitsch est lè pour la sauver.

    — le psychédélisme : voir le message suivant

    …/…

  • 5 September 2010 à 0h19

    nadia comaneci dit

    Devlin, il faut toujours adorer les brunes, par principe.

  • 4 September 2010 à 20h51

    Devlin dit

    Gamin j’adorais au coeur du temps et puis les drôles de dames ……Surtout Kelly la brune ….

    Bogart-Bacall en photo semble logique pour évoquer le film noir, mais je préfère le couple Ladd-Lake…

    Bon à quand un sujet sur les westerns ? ? ?

  • 4 September 2010 à 19h26

    jerome dit

    Sex and the CIty c’est franchement mediocre et Nip/Tuck, hormis le debut, c’est au-dela du nullissime, Monk est un simple procedural sympathique, Desperate Housewives est un soap de luxe et seule la premiere saison vaut quelque chose. 6FU est la seule serie de qualite dans la liste et encore, pas la meilleure.

    Commencez juste par The Wire. C’est tres dur d’entrer dedans. On ne comprend rien les premiers episodes. Il ne se passe pas grand chose. Et ensuite c’est genial. Surtout les saisons 3 et 4, de vrais chefs d’oeuvre.

    “Le problème de ces séries est leur faible puissance nostalgique et poétique”

    La nostalgie ca vient avec les annees. Et c’est la nostalgie de vos jeunes annees, pas des series elles-memes. La preuve, vous citez “Les Envahisseurs”, serie B en etant gentil. J’aimais quans j’etais enfant. Ca fait juste rire aujourd’hui. Quand a la “puissance poetique” je me demande si vous ne confondez pas avec “psychedelique” et “kitsch”.

  • 3 September 2010 à 21h10

    nadia comaneci dit

    Vous avez parfaitement raison Mister Rien, Sex and the city et Desperate housewifes sont de charmants produits de consommation, bien faits, bien vus, rigolos comme tout. On passe un bon moment… et on les oublie aussi sec. Comme un vin sympa mais sans nez. Je ne pense pas qu’on en parlera encore dans cinquante ans, ni que Wisteria lane fera l’objet d’un culte particulier… Ce n’est d’ailleurs qu’un studio, pas un village né de la folie d’un milliardaire gallois mégalo qui mélangeait les styles et les époques. Toute la différence est là.

  • 3 September 2010 à 20h53

    pirate dit

    Une série que je reverrais et la série “avorté Profit. Le personnage principale oscillant constamment entre l’homme d’affaire impitoyable et le psychpathe (il dort dans un carton) série arrêté en raison de son caractère résolument pessimiste qui ne plut guère aux spectateurs. perso je ne suis pas accros au série parce que même excellent un appetizer reste un appetizer pour me planter à heure fix devant ma télé, et je déteste la télé. Au bout du compte Oz, Soprano ou Dexter, ou Weed, utilisent un ressort précis sur quoi va orbiter les épisodes et on a souvent (Oz excepté) a des soap d’un nouveau genre. Perso il n’y a plus qu’un show (vu sur le net en ce qui me concerne) qui me ferait encore regarder la télé à heure fixe c’est les Mighty Boosh, sorte de Monthy Python sous acide.

  • 3 September 2010 à 18h03

    Monsieur Rien dit

    Jérôme.

    Vous me dîtes : « Il est clair en vous lisant que vous ne connaissez pas les bonnes series actuelles».

    Moi, m’abonner au câble pour voir des séries télé ? Jamais ! Il est bien plus intéressant d’aller au cinéma.

    Je connais quand même quelques séries des années 2000 :
    — Sex and the city : charmant, drôle, sympathique, belles actrices, mais ce n’est pas mythique.
    — Monk : celle-là est formidable. Le héros, un privé ancien flic, est un phobique bourré de TOC. Le caractère est extrêmement original, le personnage est attachant, avec son assistante-nounou. On pense un peu à Colombo.
    — Six pieds sous terre : excellent, très fort dans l’humour noir.
    — Nip Tuck : très bon aussi, plus cynique qu’humoristique, je préfère Six pieds sous terre.
    — Desperate Housewives : très bonne série, belles actrices, mais on reste dans le banal, pour les personnages comme pour les intrigues et les décors. C’est de la très bonne télé-réalité.

    Le problème de ces séries est leur faible puissance nostalgique et poétique : elles sont à consommer dans l’instant. Certes, décors, photo et musique sont réalisés à la perfection, mais ils ne font pas fantasmer : on n’atteint pas la dimension sublime du Prisonnier, des Envahisseurs, de La quatrième dimension, et de bien d’autres…

    Mais je vous l’accorde : Amour, gloire et beauté ou Les feux de l’amour, c’est nul.

  • 3 September 2010 à 18h01

    Monsieur Rien dit

    Double modération, même après quelques signes en moins !
    Pénible !

  • 3 September 2010 à 17h55

    Monsieur Rien dit

    Quoi ! Encore une modération !</b

  • 3 September 2010 à 17h54

    Monsieur Rien dit

    @ Jérôme.

    Vous me dîtes :« Il est clair en vous lisant que vous ne connaissez pas les bonnes series actuelles […] ».

    Restons sérieux, je ne vais pas m’abonner au câble pour voir des séries télé ! Il est bien plus avantageux et intéressant d’aller au cinéma.

    Je connais quand même quelques séries des années 2000 :
    — Sex and the city : charmant, drôle, sympathique, belles actrices, mais ce n’est pas mythique.
    — Monk : celle-là est formidable. Le héros, un privé ancien flic, est un phobique bourré de TOC. Le caractère est extrêmement original, le personnage est attachant, avec son assistante-nounou. On pense un peu à Colombo.
    — Six pieds sous terre : excellent, très fort dans l’humour noir.
    — Nip Tuck : très bon aussi, plus cynique qu’humoristique, je préfère Six pieds sous terre.
    — Desperate Housewives : très bonne série, belles actrices, mais on reste dans le banal, pour les personnages comme pour les intrigues et les décors. C’est de la très bonne télé-réalité.

    Le problème de ces séries est leur faible puissance nostalgique et poétique : elles sont à consommer dans l’instant. Certes, décors, photo et musique sont réalisés à la perfection, mais ils ne font pas fantasmer : on n’atteint pas la dimension sublime du Prisonnier, des Envahisseurs, de La quatrième dimension, et de bien d’autres…

    Mais je vous accorde qu’Amour, gloire et beauté ou Les feux de l’amour sont nuls.

  • 3 September 2010 à 17h24

    Devlin dit

    @Monsieur Rien

    J’ai vu rue sans issue .

    Ouaip pas mal, le film noir dans toutes ses caractéristiques.

    Je trouve la griffe du passé de Tourneur RKO 45 envoûtant et Traquenard de Nick Ray MGM 58 aussi tres intéressant car filmé en Technicolor… et puis les danses de Cyd Charisse…

    Je ne condamne pas entièrement la machine hollywoodienne bien évidemment…

    Il y a beaucoup de film qui mérite d’être découvert ou redécouvert…

    @Grandgil

    Joan Bennett ne figure pas au casting d’espion sur la tamise , c’est Marjorie Reynolds qui fait équipe avec Ray Milland .

    Gloria Grahame ? Un film noir a elle toute seule …….

    Flamboyante capable de faire souffrir n’importe quel gus , pourtant dans ses films c’est toujours elle qui morflait…….

  • 3 September 2010 à 10h17

    Grandgil dit

    Pour parler de technique et de finalement son inutilité sans écriture ni imagination, je je me rappelle d’une scène d’”Espions sur la Tamise” de Fritz Lang, réalisateur également de “The Big Heat” avec Gloria Grahame, superbe rousse, et Glenn Ford.
    Joan Bennet discute avec un agent anglais, ils sont sensés être sur un des ponts de Londres. Lang n’avait pas de sous pour reconstituer tout le pont, comme décor il y a un muret et un lampadaire, avec une machine à fumée et des projecteurs, il reconstitue le pont et donne une atmosphère.

  • 3 September 2010 à 8h04

    jerome dit

    Monsieur Rien,

    Il ne s’agit pas juste de criteres techniques. Il s’agit de qualite et d’ecriture et les emotions sont bien plus justes aujourd’hui. Mais je ne meprise pas la qualite technique. La mise en scene, la musique, les decors, les objets, les exterieurs sont effectivement des details majeurs qui permettent de rentrer et de croire dans l’histoire.

    Sur le reste, vous n’avez pas repondu sur l’argument majeur. Les bonnes series modernes ont un propos – intellectuel, social, politique, artistique etc… Les vieilles series n’en avaient generalement aucun. La television etant jusqu’a recemment considere comme un media inferieur et presque honteux par les “vrais” acteurs et realisateurs.

    Ensuite, je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de temps a autre de bonnes series dans le passe. Je dis que:
    1. La qualite moyenne generale est nettement plus elevee aujourd’hui.
    2. La qualite des bonnes series est nettement plus elevee aujourd’hui.
    Aucune des series que vous avez cite ne s’approche des meilleures series actuelles. Certaines sont franchement mauvaises d’ailleurs: Les Envahisseurs, Mannix, soyons serieux… Et Alfred Hitchock presente n’est pas une serie, c’est un cadre pour la presentation de telefilms.

    Il est clair en vous lisant que vous ne connaissez pas les bonnes series actuelles, americaines ou anglaises comme quelqu’un le disait avant.

  • 3 September 2010 à 1h50

    Monsieur Rien dit

    Pour quitter la télé et revenir au cinéma, le film Dead end (Rue sans issue en VF), de William Wyler en 1937, avec Bogart, est un pur film noir.

    Sa particularité est son extraordinaire décor : le film se déroule, si je me souviens bien, presque entièrement au même endroit. Il s’agit d’une rue en impasse, à New-York, se terminant sur l’Hudson. Le lieu est en grande partie sordide, mais le quartier s’embourgeoise et de beaux immeubles s’y construisent.

    Pour l’intrigue,c’est assez théâtral (*) et moralisant. Mais quelle ambiance !

    En me documentant je viens de voir que le chef-décorateur, RIchard Day, avait obtenu sept Oscars et treize nominations ! Un tramway nommé désir et Sur les quais, c’est lui.

    Voici la bande annonce, un délice de gourmet :
    http://www.youtube.com/watch?v=O7qOnx1gQ8Y

    Je risque une définition personnelle du film noir : dès les premières images, on comprend qu’on est déjà, ou qu’on va bientôt être dans la merde. Au bout d’un moment on devine qu’on ne va sans doute pas s’en sortir.

    _________
    (*) Normal : le film est tiré d’une pièce de théâtre.

  • 3 September 2010 à 1h08

    Monsieur Rien dit

    Voici la chronologie des séries dont il a été question. Certaines ont été reprises après de longues années, parfois dans un esprit différent.

    Alfred Hitchcock présente 1955/1962 — 1985/1989
    Mike Hammer 1958/1959 — 1984/1986
    Johnny Staccato 1959/1960
    Les incorruptibles 1959/1963
    La 4e dimension 1959/1964
    Chapeau melon et bottes de cuir 1961/1969 — 1976/1977
    Les mystères de l’ouest 1965/1969
    Mission impossible 1966/1973
    Le prisonnier 1967/1968
    Les envahisseurs 1967/1968
    Mannix 1967/1975
    Colombo 1968 — 1971/1978 — 1989/2003
    Les rues de San Francisco 1972/1977

    Pour moi ce sont toutes des séries des années 60 : en 1970 le monde n’avait pas changé. Mais en 1973, premier choc pétrolier et changement d’époque !

  • 3 September 2010 à 0h53

    Monsieur Rien dit

    @ jerome (8:09)

    Nous n’avons pas la même manière de goûter les séries.

    Vous les voyez sous l’angle de la technique, en les démontant comme un mécanisme (ou en les dépeçant, comme dans X-Files ?).

    Pour ma part je les considère avant tout sous l’angle de l’émotion et de la suggestivité.

    Entre les séries des années 60, et celles des années 2000 les différences sont énormes :

    — La violence : c’est l’argument majeur. Mais en 60 elle était symbolisée : ni perversité, ni sang, on meurt proprement. En 2000 la violence est hyperréaliste (*) avec un luxe de détails. Cruauté, perversité, hémoglobine, on meurt salement.

    — L’intrigue. Années 60 : c’est une tragédie, les personnages, obscurs, sont des héros qui affrontent la fatalité. En 2000, il s’agit de télé-réalité avec des personnages ordinaires qui ont des interactions entre eux et de complexes drames domestiques.

    — Le style. En 1960 : petits budgets, mais grande virtuosité artistique (décors symboliques, musique obsédante, éclairages et photographie d’une grande expressivité) ; les intrigues comme la réalisation sont simples et efficaces. En 2000 : gros budgets, effets spéciaux, réalisation complexe ; les décors sont ceux du cadre quotidien, s’accordant à des personnages ordinaires. La musique est un accompagnement.

    La grande force des séries des années 60 est leur puissance nostalgique et poétique.

    (*) Pas au sens pictural.