Le nez dans le ruisseau, la faute à Bégo
Tombés par terre, la faute à Robert
Publié le 22 juillet 2010 à 13:00 dans Société
Mots-clés : Coupe du monde, François Bégaudeau, Sport

Raymond Domenech dans le collimateur. François Bégaudeau part en croisade contre les quinquagénaires.
C’est un texte dont Causeur, sous l’excellente plume de François-Xavier Ajavon, a déjà parlé, mais c’est plus fort que moi. Quand l’un de nos rebelles télévisuels, Bégaudeau en l’occurrence, s’en prend à son beau-frère, c’est-à-dire au beauf qui gît en moi, mon sang ne fait qu’un tour et j’ouvre mon ordinateur. Et plutôt deux fois qu’une ! Car Bégaudeau s’en est pris non seulement à son “beau-frère”, mais aussi à Finkielkraut, dont j’attends et dévore chacun des livres. D’ailleurs, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais François Bégaudeau semble souffrir d’un antifinkielkrautisme primaire. À chaque fois que le philosophe intervient sur un sujet d’actualité, vous pouvez être sûr que Bégaudeau viendra tenter un contrepied à la télé ou dans les journaux. La dernière fois que j’ai pu diagnostiquer cette bizarre obsession, c’était donc dans Le Monde du 23 juin, à propos de la déroute de l’équipe de France de football.
Ainsi, contrairement à ce que croient Alain Finkielkraut et le “beau-frère [de Bégaudeau lui-même] dans sa Laguna” (et moi aussi, d’ailleurs, qui pourtant roule en Scenic), ce n’est pas d’un manque d’autorité dont a souffert l’équipe de France, mais plutôt d’un excès d’autorité. Ça vous en bouche un coin, ça, hein ! Complètement contre-intuitif, comme propos, bien digne d’un empêcheur-de-penser-en-rond patenté ! Typiquement l’argument qu’on ne voit pas venir, genre tacle par-derrière. Tu veux plus d’autorité ? T’es un beauf en Laguna ; voilà le genre de chantage psychologique, à base de snobisme social, auquel se livre notre Bégo.
[...]
- Des “chiens” qui tombent “à bras raccourcis” : selon l’expression consacrée par saint Philippe, je précise que je sais que la métaphore est éprouvante, mais aussi que la chose ne l’est pas moins. Ajoutons en outre que ça évitera peut-être à tous ces “chiens”… de faire main. ↩
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Inédit
Article inédit
publié dans
Causeur n° 25Juillet/Août 2010

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L'auteur
Florentin Piffard est modernologue.
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L'Ours dit
robespierre ,
votre humour lapidaire et si parlant se fait trop rare.
guedj dit
Bonjour,
je partage votre analyse sur le cote “haine de soi”, peut etre particulierement pregnant chez les “bourgeois de province”, et chez Begaudeau.
Ceci etant, je trouve votre angle mal choisi. Ce qu il a dit, c est que cette generation etait difficilement cadrable, et encore plus pour des gens qui n ont rien frequente de cette culture. Il est loin d etre le seul a penser que cette “generation caillera” est incontrolable d ailleurs, et que n importe qui s y serait casse les dents. Je ne pense pas ds ce cas precis qu il s agisse de haine de soi, ou de mepris pour les beaufs, juste d une simple observation qui n a d ailleurs rien d original. Dhorasoo et d autres ont fait la meme.
robespierre dit
Bégo ? Vaste programme !
Marikiri dit
Le plus simple pour débattre avec Bégaudeau serait peut-être de le prendre au sérieux.
Puisque cette “culture des banlieues” en vaut bien une autre, donnons-lui l’occasion d’en faire la démonstration pratique: “C’est mon père qu’tu traites de beauf, bouffon?”
hathorique dit
très bon papier merci ,
mais l’auteur semble oublier le lourd bagage culturel classique de ces talentueux fouteux ; en fait l’explication qui eut lieu à la mi temps d’un soir de match dans les vestiaires était une tragédie Euripidienne et les deux antagonistes ou protagonistes victimes de leurs pulsions sportives faisaient seulement référence à la belle Déesse grecque du Triomphe et de la Victoire NIKE, qu’ils n’avaient pu honorée ;
les véritables propos échangés furent ceux ci :
” NIKE est amère ” dit Nicolas l’outragé
” Ma mère est NIKE” répondit Raymond l’insulté
L'Ours dit
maurau,
très juste!
L'Ours dit
PS
excellent article Florentin Piffard!
L'Ours dit
Quand je pense que ces “Raymond, Robert, etc. Bidochon” sont assez stupides pour sélectionner des noirs et des arabes. Il a raison le Bégaudeau, ce sont d’affreux réactionnaires has been qui ne connaissent rien au foot.
Bégaudeau n’a pas la haine de l’ouvrier quinqua, il a juste fait un film qui est une fiction qui passe pour une réalité car elle est dans le droit fil de ce chante la doxa, et comme le film a eu du succès, il surfe sur cette vague au maximum.
Là où un ancien sportif a eu des mots simples et justes avant même la compétition, Yannick Noah, pour définir ce qui n’allait pas en équipe de France, Bégaudeau vient faire le malin en disant que ce qu’il faut faire avec l’équipe de France, c’est ce qui n’a jamais marché dans l’Education Nationale.
Montecristo dit
Excellent papier ! Bravo !
Eric Dufour
maurau dit
Pour pousser encore plus loin, il me semble que c’est manquer totalement de considération pour ces “jeunes de banlieue” que de leur dénier le droit de bénéficier un temps d’une autorité sans laquelle tout homme en devenir se retrouve perdu, sans autre repère que ses désirs à assouvir.