Au ministère de la Vérité, aussi connu sous le nom de ministère de la Culture en français ou Miniver en novlangue[1. Celles et ceux d’entre vous qui connaissent peu ou pas le 1984 de Georges Orwell risquent d’avoir quelques difficultés avec cette brève.], on ne chôme pas en ces temps de crise. Ainsi, sur le site Contrepoints, l’excellent h16 nous révèle l’existence d’un e-mail, pardon, d’un message électronique envoyé urbi et orbi par ledit ministère, grâce auquel les membres du Parti extérieur ont pu constater l’engagement total du Miniver dans le sauvetage de la zone euro et la lutte contre la spéculation. C’est officiel, la Commission générale de terminologie et de néologie[2. Qui existe vraiment !], en charge de la rédaction du 11ème dictionnaire de novlangue, vient de décider qu’il ne faut plus dire Eurobond mais Euro-obligation. Gageons qu’au Miniplein (Ministère du redressement productif), le camarade Arnaud Montebourg doit se réjouir de cette aide providentielle qui, soyez-en sûrs, permettra de décupler notre production annuelle de faucilles.

Mais ne croyez pas, camarades, que les efforts héroïques du Miniver s’arrêtent là ! Dans le même message, on apprend également que la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, aidée de la Commission générale de terminologie et de l’Académie française[3. Idem !] vient d’éditer deux nouvelles circulaires dans la collection Vous pouvez le dire en français : respectivement Faire des affaires en français et Employeurs, employés : l’entreprise responsable. Ce sont donc maintenant plus de 6 000 termes qui viennent enrichir la novlangue et qui éviteront à l’avenir aux prolétaires d’utiliser des mots, concepts et idées potentiellement incompatibles avec l’orthodoxie officielle FrancSoc.

Le Parti intérieur en profite pour rappeler à tous que le Miniver a été créé en 1959 afin de pallier le manque chronique de culture dont souffrait jusque-là la France. Rendez-vous donc sur vos télécrans pour découvrir à quoi servent vos impôts et n’oubliez pas que, désormais sur Internet aussi, Big Brother vous regarde.

Il est inutile de chercher de correspondance officielle pour « foutage de gueule » ; j’ai essayé, il n’y en a pas.

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