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Le mariage gay, 5 ans après

Pour les couples LGBT, des lendemains qui chantent, forcément

Publié le 10 décembre 2012 à 17:30 dans Société

Mots-clés : ,

homoparentalite mariage gay

Imaginons ce que pourrait écrire un journal dit progressiste dans cinq ans, au sujet de la loi sur le “mariage pour tous”. Rubrique société, Inrocks (ou Libé…), janvier 2018.

Chez les Lardier-Pinson, c’est la fête. Aujourd’hui, la loi qui a permis aux lesbiennes, gay, bi et trans de se marier a cinq ans. Charlène se souvient de sa joie à l’annonce de la promulgation du texte : “avec Aurélie, ma compagne d’alors, on a hurlé comme des folles. On a été prévenues par Facebook d’un kiss-in géant devant Notre-Dame, pour montrer aux cathos qu’on avait gagné. On y a été. Les cathos rasaient les murs. On leur jetait des œufs et de la farine, car quand même, la religion, c’est l’intolérance. Tout le monde se roulait des pelles, c’était trop.” Peu de temps après, Charlène épousait Aurélie. Encore quelques mois, et elle accouchait de Lulu, conçu en Belgique par insémination artificielle, grâce à un don anonyme. Un adorable bambin aux cheveux tout bouclés.

“Quand on a eu son nom sur notre livret de famille, on était hyper fières, s’attendrit la jeune femme, en exhibant le document. Lulu, né de Charlène N. et d’Aurélie E., c’est classe, non ?” Deux ans après, le couple divorce. Le partage de la garde se fait sans trop de mal. Et puis Charlène est tellement accaparée par son travail de permanente LGBT : “heureusement, avec la crèche, l’allocation parent isolé, le relais de quartier subventionné par la mairie et mes parents, j’arrivais bien à m’en sortir. Finalement, Lulu et moi, on se retrouvait surtout pour les moments privilégiés, pour que je lui raconte des histoires avant de s’endormir, pour faire des câlins”.

L’année dernière, Charlène a rencontré Virginie, chargée de communication au ministère de la Culture. Le coup de foudre. “Il a fallu expliquer à Lulu que Maman Aurélie n’était pas remplacée, ça a été un moment un peu délicat à passer”, explique Charlène pudiquement. Les deux amoureuses comptent fermement se marier et avoir des enfants grâce à la PMA. “Le mariage, on est accro, disent-elles en riant. Lulu aura bientôt trois mamans et des tas de frères et sœurs, c’est formidable, hein mon chéri ?” Mais Lulu est reparti dans sa chambre, pour jouer avec son Kid-Ipad.

Hervé, Bébé Dad, Terry et Cam’

Au premier coup de sonnette, Hervé ouvre, sa petite Camille dans les bras. “Tu vas chercher ta casquette, Cam’, Bébé Dad t’emmène à Eurodisney.” Bébé Dad, c’est Bertrand, mari d’Hervé, papa lui aussi de Camille. Si Hervé ressemble à un trader, Bertrand fait plutôt dans les tatouages et les piercings. Un look qui détonne dans l’immeuble, un bâtiment cossu du quatrième arrondissement. Mais personne ne songe à s’en choquer, et surtout pas Takako, designer, qui habite en face avec son compagnon Julius (anciennement Juliette, précise-t-il sourire en coin). “Ici, tout le monde se connaît, a reconnu Takako croisé dans l’escalier. Mais on vit chacun sa vie, on se respecte”. Camille revient, jupette en cuir et tatouage carambar sur l’épaule. “Elle est dans sa phase Bébé Dad, en ce moment, plaisante Hervé. Elle veut tout faire comme lui. Mon lapin, Pap’Hervé doit se dépêcher aussi, il a un rendez-vous quelque part en ville. Fais bisou”. La gamine s’enfuit dans ses petites rangers cloutées.

Comme pour répondre à une interrogation muette, Hervé explique avec un petit rire : “cet après-midi j’ai un plan cul, comme au bon vieux temps. On est très ouvert entre nous, les sentiments sont très forts, et en même temps si on a envie de voir ailleurs, qu’est-ce qui nous en empêche ? De toute façon, on a Cam’, elle nous ramène toujours à la réalité, à ce qui nous unit.” Hervé nous laisse en compagnie de Terry, un garçon sérieux d’une vingtaine d’années, qui installe un plateau sur une table basse, chargé de tasses et d’une théière. Terry a d’abord travaillé chez Hervé et Bébé Dad comme jeune homme au pair, puis l’amour s’en est mêlé. “J’ai craqué pour les deux”, avoue-t-il, tout sourire. Une ombre de tristesse passe cependant dans ses yeux bruns : “mes amoureux sont mariés, et moi je voudrais bien me marier avec eux aussi, mais ce n’est pas encore possible. On a rejoint le Collectif pour l’Amour sans Limites, et on espère que la loi passera bientôt.”

Il ne supporte pas d’entendre les arguments des anti-loi : “la haine, c’est moche”, commente-t-il. Mais il se reprend bien vite. La jeunesse, c’est l’espoir.

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  • 21 Décembre 2012 à 10h29

    benoit dit

    Bonjour, 
    un brun caricatural, vous ne pensez pas ? évidemment,  il est toujours plus efficace de faire passer un message en utilisant des représentations un peu extrêmes. Malheureusement, il est bien connu que ceux dont on parle le plus sont rarement les plus représentatifs et j’ai bien peur que la représentation que vous vous faites des couple homosexuels soit bien loin de la réalité. C’est sûr, ceux qui vivent leur (homo)sexualité comme vous et moi sans en faire une communauté d’appartenance, on ne les entends pas, mais ils sont bien là et l’ignorer ou faire semblant de l’ignorer est un brun manipulateur. Malheureusement (pour vous comme pour moi comme pour tout le monde), les vices que vous présentez (tout en les faisant passer pour normal dans l’hypothétique société que vous présentez) existent déjà et ne sont l’apanage ni d’une sexualité ni d’une autre. La “bêtise” n’a ni de sexe, ni de parti politique, ni de religion, ne vous déplaise…

    Mais rassurez vous, tout ira bien …

  • 21 Décembre 2012 à 1h10

    MONCHERETBEAUPAYS dit

    Deux lesbiennes californiennes ont entrepris de tranformer le petit graçon qu’elle avaient adopté en fille….

    Au Brésil la notion de trouple ou je dis bien trouple en envisagée….

    La folie c’est maintenant…

  • 12 Décembre 2012 à 11h57

    Patrick dit

    @ Marie – 11 December 2012 à 14h58
    J’avais lu l’information dans la presse locale, un petit article pouvant passer facilement inaperçu. Et ces bien ce que je reproche à nos journaleux, complices des politicards qui se livrent à de telles pratiques.
    Je suggère au gouvernement de créer un “ministère de la destruction publique”. Au moins les choses seraient claires. On lui confierait entre autres les dossiers suivants :
    - recherche sur les embryons,
    - avortement de toutes sortes, notamment des enfants supposés naître malades pour éradiquer la maladie,
    - euthanasie des retraités, l’âge étant à définir en fonction de la situation économique, modifiable par simple décret,
    - mariage gay, adoption d’enfants et PMA pour gays,
    - les futures salles de shoot,
    - etc.
    Rien que tout cela, que du boulot en perspective !

    • 12 Décembre 2012 à 11h59

      Patrick dit

      Pardon :
      Et c’est bien ce que je reproche…

      • 12 Décembre 2012 à 12h06

        Marie dit

        mais les gens n’y voient que du feu, pour cacher les soucis de ce gouvernement de buses chaque jour on nous convie dans les médias à s’indigner, enfin du moment que cela va dans le sens du Bien…
        La victime de la semaine c’est Depardieu, il est tellement bon de pouvoir cristalliser ses frustrations sur tels ou tels… on oublie un peu beaucoup les autres “artistes” qui en ont fait de m^me sans que cela dérangent qui que ce soit…
        Il faut rappeler ceci
        http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20070730.OBS8706/l-affaire-bergman-et-le-fisc-suedois.html

        Et pendant ce temps là on ne parle plus sur les ondes des manifestants de samedi etc… on ne parle pas non plus de la lettre des médecins qui réfutent la PMA.

    • 12 Décembre 2012 à 14h41

      ferdibarda dit

      “recherche sur les embryons” : faut-il donc interdire aux chercheurs de travailler avec des embryons, peu importent les finalités ? 
      “PMA pour gays” : la PMA, ce sont les mêmes techniques utilisées pour les homos et pour les hétéros. Mais apparemment, pour vous, la bioéthique c’est à géométrie variable. Que ne demandez-vous l’interdiction de la PMA pour les couples hétéros ?

      • 12 Décembre 2012 à 15h01

        Patrick dit

        La PMA en soi est déjà problématique en soi, surtout lorsque l’enfant ne pourra jamais connaître son géniteur. Chez les homos, il rajoute un problème à celui de n’avoir soit pas de père soit pas de mère. On complique encore sa situation.

      • 12 Décembre 2012 à 20h24

        eclair dit

        @ferdibarda
        La PMA est interdite pour les couples héteros.

         Cela n’a rien avoir avec les homos. C’est la PMA en elle même qui pose problème.

  • 12 Décembre 2012 à 7h36

    JMS dit

    Simplement attendons un peu le premier divorce homosexuel…parce que c’est bien gentil le mariage, mais le mariage ça n’a rien à voir avec l’amour et encore moins avec le sexe.
    Le mariage c’est un pacte social.
    Attendons avec gourmandise la première demande de pension alimentaire…et à-fortiori en cas d’adoption !!!

    • 12 Décembre 2012 à 11h42

      Marie dit

      On a parlé de ce couple de lesbiennes qui se séparaient et de se déchirait pour la garde de l’enfant…

  • 11 Décembre 2012 à 16h01

    tioneb87 dit

    Tout à fait d’accord avec ferdibarda ! Ce texte n’a rien de très imaginatif puisqu’il décrit des situations déjà vécues dans bon nombre de couples hétérosexuels : séparation, nouvelle vie avec un autre compagnon, adultère…

    A force de n’utiliser que la caricature, on pourrait penser ce texte homophobe. Pourtant, son auteur est lui-même homosexuel, si on en croît son autre article sur le sujet : http://www.causeur.fr/mariage-gay-le-nouvel-ordre-moral,19973.
    Le sujet porte moins sur le mariage en lui-même que sur l’éducation d’enfants par des couples de même sexe. Le propos caricatural exposé semble vouloir convaincre que le cadre proposé à en enfant par un couple homosexuel ne pourrait être que néfaste à son éducation.
    J’ai pourtant l’impression qu’en dehors du cliché du gay moustache-cuir-tatouages des backrooms, il existe des personnes dont la vie est très similaire à celle du tout à chacun hétérosexuel, hormis le fait que leur compagnon de vie soit du même sexe.

    Pourquoi ce débat s’oriente-t-il systématiquement vers la course au plus imaginatif pour exposer les risques et les dangers supposés du mariage homosexuel pour la société ? Se servir de la peur comme forteresse contre la différence ? La question à se poser n’est-elle pas plus simplement : Au nom de quoi les homosexuels ne pourraient-ils pas avoir les mêmes droits que les hétérosexuels en matière de mariage et d’adoption ?

    Quand on sait qu’aujourd’hui une femme célibataire a le droit d’adopter un enfant alors que c’est interdit pour une femme vivant en couple avec une autre femme, c’est un peu le royaume de l’hypocrisie, non ? 

  • 11 Décembre 2012 à 15h27

    eddy12a dit

    M Bousquet,
    Il est grand temps que les stalinettes du gouvernement ouvrent des camps de ré-éducation où Noël Mamère vous inculquera le respect et la tolérance à grands coups de schlag dans la tronche ; parce que se gausser des espoirs d’une minorité opprimée, c’est mal.

    • 11 Décembre 2012 à 15h31

      Fiorino dit

      Comme cela a été écrit plus bas, c’est plutôt une description du vecu de la majorité hétéro…

  • 11 Décembre 2012 à 14h58

    Marie dit

    Encore un débat qui n’a pas eu lieu et pourtant …
    http://www.saladelle.fr/?p=10430 c’est vrai que passer des lois de cette importance la nuit, c’est aisé. Ce gouvernement nous bassine avec ses commissions Théodule ses observatoires , son dialogue permanent ( ce doit être juste entre ceux qui sont d’accord) mais la parole est confisquée, et ça commence a sacrement se voir!