Le Marché, ça a eu marché

La somme de tous les égoïsmes

Publié le 11 août 2010 à 6:30 dans Économie

Mots-clés :

Wall Street

Les marchés financiers sont-ils bons pour la société ? Le progrès technologique, l’augmentation ininterrompue de la productivité et l’amélioration incontestable de nos conditions de vie de ces dernières décennies sont, après tout, redevables au marché libre. Celui-ci n’a-t-il pas, de surcroît, engendré la concurrence, et avec elle la baisse généralisée des prix ?

Le marché se vend au plus offrant

Pourtant, la spécificité même de ce marché le rend également insupportable. Dépourvu de toute idéologie, il se vend au plus offrant : autrement dit, il est sans conscience. Bien que prises en toute liberté, les décisions et actions des individus n’en sont pas moins orientées en fonction de leurs seuls intérêts matériels, forcément inversement proportionnels aux intérêts de la société. Le jeu du marché étant un jeu à somme nulle, l’individu ne maximisera ses profits qu’au prix des pertes de la partie adverse, c’est-à-dire de la société. Du coup, le marché libre devient la plate-forme de tous les égoïsmes, une sorte de Dieu gourmand et capricieux ne cessant de réclamer toujours plus de sacrifices humains ou, plus prosaïquement, le vecteur idéal de toutes les manipulations…

[...]

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  • 12 August 2010 à 12h47

    livia dit

    @ Fatback
    ..Votre 10.58

  • 12 August 2010 à 12h46

    livia dit

    @ Fatback

    Tout à fait juste.

  • 11 August 2010 à 13h52

    laborie dit

    C’est Béré qui en 88 a encouragé et légalisé la titrisation en 88 et ça n’avait pas si mal fonctionné pendant 20 ans……

  • 11 August 2010 à 10h59

    fatback dit

    « C’est ainsi que l’augmentation du prix de ces actifs attire d’autres investisseurs […] »
    .
    Eh bien Michel, si vous avez été trader ce n’était manifestement pas sur des titrisations. Ce sont des produits de taux, essentiellement à taux variables : le gain en capital est un non-sujet, on les achète pour leur taux de rendement. Or – pour info – quand le prix d’un instrument de ce type monte, son taux baisse.

  • 11 August 2010 à 10h58

    fatback dit

    « Le jeu du marché étant un jeu à somme nulle, l’individu ne maximisera ses profits qu’au prix des pertes de la partie adverse, c’est-à-dire de la société. »
    .
    Vous achetez un crayon à papier à 50 centimes. Qui a perdu ?

  • 11 August 2010 à 10h58

    fatback dit

    « […] les décisions et actions des individus n’en sont pas moins orientées en fonction de leurs seuls intérêts matériels, forcément inversement proportionnels aux intérêts de la société. »
    .
    Traduction : si on les laisse faire, les gens se comporte de manière purement égoïste (sauf Michel Santi, ça va sans dire). Il faut donc que l’état contraigne les gens à travailler dans le sens de l’intérêt général. Mais, comme les gens sont égoïstes, ils refuseront de voter pour des politiciens qui défendent cette idée. Il faut donc priver les gens de leur liberté de choisir leurs dirigeants en instaurant une dictature éclairée et bienveillante. Mais ceux qui dirigeront cette dictature sont des gens eux aussi… leurs décisions et actions seront donc orientées en fonction de leurs seuls intérêts matériels.
    .
    Notons aussi cette surprenante idée selon laquelle les intérêts individuels sont forcément contradictoires avec ceux de la société. En d’autres termes, plus nous sommes heureux individuellement, plus la société dans son ensemble est malheureuse et inversement…