Le faucheur du Champ de Mars
Une oeuvre de Diebo Velasquez

En 1622, l’explorateur Josselin de Lachignolle ensemença le Champ de Mars (alors propriété de l’abbaye Sainte-Geneviève) d’une plante qu’il ramenait de l’un de ses voyages aux Amériques : le blé d’Inde, pas encore connu sous le nom de maïs. Les jeunes pousses furent fauchées en une nuit par Nicéphore Lacastagne, qui soutenait que le maïs transmettait la peste à l’homme. Cela lui valut de passer à la postérité sous les traits du Faucheur du Champ de Mars.
Diebo Velasquez, Le Faucheur du Champ de Mars. Huile première pression sur toile sans OGM, 1623, musée Mosanto. A lire, l’ouvrage de G.-M. Benamou : Le Faucheur du Champ de Mars.
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L'auteur
Raúl Cazals est critique d'art.
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Patrick dit
Ludovic,
Vous allez en apprendre de belles et de fameuses, lorsque sortiront les cahiers intimes de l’impératrice Eugénie, en particulier pour tout ce qui touche à ses relations avec le baron Oskar von Grosse Monamur. Vous verrez alors que, mes «salades», comme vous le dites de ce ton méprisant qui signale l’aristocrate imbu de sa particule pourtant élémentaire, ont poussé dans le «jardin de la réalité», comme aurait pu l’écrire Alexandre Jardin, authentique écrivain du sentiment amoureux et de la salade niçoise réunis.
Quant à GMB directeur de la villa Médicis, cela fut, un temps, pire que vrai : cela fut possible !
Je vous salue tout de même, malgré vos insultes, parce que nous sommes du même monde, mais la prochaine fois, je vous envoie mes témoins.
Reconnaissance infinie à l’immense Raùl qui, à force de patience et de savoir, «fait sa toile», à la manière de l’araignée.
Ludovic-Lefebvre dit
Et moi qui en était resté à Parmentier faisant garder ses patates par des Suisses afin que le peuple jaloux les dérobe et que le tubercule se démocratise. J’ai toujours un légume de retard, je ne suis qu’une courge capable de croire les salades de Patrick ou d’aller voir des navets à Cannes (à sucre). Voila que j’apprends en plus par Raùl que G- M Benamou est devenu finalement directeur de la villa de Mhédi VI. Ce que la vie peut être insupportable parfois. Il ne manquerait plus que Nicolas Sarkozy soit élu avec un gouvernement de gauche et que Juliette Binoche expose ses tableaux.
Raúl Cazals dit
Cher Monsieur Patrick, merci de vos appréciations. Mais je ne puis vous suivre : le maïs se fauche et ne se fume point.
Patrick dit
Cher Raùl Cazals,
Non, voyez-vous, je n’ai pas encore lu
“Le Faucheur du Champ de Mars”, de l’immense écrivain et penseur fondamental qu’est GMB (célébré pour l’éternité par le fameux poème qui commence ainsi :
«Ô ! GM,
Que tant j’aime,
Toujours je t’encenserai
Pour m’avoir ensemencer ! ).
Pourtant, GMB est l’un de mes écrivains de référence, avec Marc Lévy (plus romancier, certes, mais moins philosophe) et Christine Angot (la fille de Mme Angot) : mais vous me donnez une furieuse envie de me précipiter chez Villemorin afin de me procurer cet opus.
Mais l’essentiel est ailleurs ; en effet, j’ignorais tout de cette affaire rocambolesque, que vous nous révélez : ainsi donc, l’Impératrice Eugénie aurait confié l’œuvre de Diebo Velasquez à des Gitanes ! Cela se passait sans doute la veille de Sedan… Fut-elle alertée par cet instinct typiquement féminin des risques d’une défaite des troupes françaises, ou bien informée de la supériorité stratégique et tactique de l’infanterie prussienne par celui qu’un nombre grandissant d’historiens considère comme son amant, le baron Oskar von Grosse Manamur, qui ne paraît dans le journal, encore inédit, de l’impératrice que sous ses initiales, OGM ?
Mais alors, l’empereur, dont on sait de source sûre, qu’il ne se séparait jamais du tableau, était-il au courant de la manœuvre, ou fut-il berné par une copie qu’on aurait glissée dans ses bagages ? Enfin, le hobereau Oskar von Grosse Manamur se trouvait-il dans la confidence ou fut-il, lui aussi, la dupe d’Eugénie ? Et qui a bien pu «allumer» l’une des «gitanes maïs» pour que, par son filtre, nous connaissions cette fumeuse affaire ?
Soudain, cher ami, il m’apparaît tout à la fois que vous avez trop parlé et que vous n’avez pas assez dit !
Raúl Cazals dit
Cher Monsieur Patrick, je vois que vous avez consulté, pour être aussi doctement documenté, l’excellent livre de GM Benamou, “Le Faucheur du Champ de Mars”. Néanmoins, ce qui m’étonne chez le directeur de la Villa Medicis c’est le mépris pour la thèse de mon vieil ami Gombrich sur la disparition du tableau durant la période 1873-1957. L’Impératrice française avait confié l’oeuvre à des gens du voyage, car chacun le sait : il n’y a que les Gitanes pour savoir s’occuper du maïs.
Quant au conservateur en chef du musée Mosanto, je ne pense pas que l’on puisse lui témoigner autant de gratitude. Ils ont des gardiens terribles (aucun n’est alcoolique !) et je n’ai pu découper au cutter qu’une partie du tableau. Je préfère franchement le musée du Louvre où ils boivent tous et où j’ai pu remplacer la semaine dernière cette infection de “Joconde” (le tableau le plus moche depuis Lascaux) par un poster d’assez mauvaise qualité.
pixel dit
Magnifique ce repos du guerrier qui vient de se réveiller après avoir échappé à la grande faucheuse. ( je m’appui sur le commentaire de Patrick)
vitelloni dit
@ Patrick
A mon tour de rester pantois et coi.
Comment avez vous pressenti,à travers ce raccourci,que j’espère calculé et volontaire, que c’était Bové qui perçait sous Bismarck ou ,pour mieux dire, qu’un faucheur d’empire enfanterait un faucheur d’oléagineux?
Patrick dit
Alors là, Raoùl Cazals, vous démontrez aux yeux du monde que vous avez accès à des collections non seulement privées, mais encore secrètes ! «On» savait que cette toile existait, puisqu’elle se trouvait sur les cimaises d’une exposition consacrée aux oléagineux, qui se tint sous le Second Empire, à l’instigation de l’Impératrice, laquelle, d’origine espagnole, répondait ainsi aux suppliques des producteurs d’huile d’olive de l’Estramadoure (superbe région également connue pour le caractère jaloux de ses hommes). Pour la remercier de ce geste publicitaire, les agriculteurs lui offrirent l’œuvre. Mais, depuis, on ne l’avait plus jamais revue. On rapportait qu’elle avait été dérobée, avec les bagages de l’Empereur -qui ne se séparait jamais du Faucheur-, après la terrible défaite de Sedan… On la disait détruite, lapidée, mise en pièces par un couteau prussien. D’autres prétendirent qu’elle dormait au fond d’un coffre de la succession de Howard Hugues…
Et voilà que, par votre entremise, ce tableau de la maturité du grand artiste Diebo Velasquez (n’est-ce pas lui qui se faisait appeler Diebolo Menthe afin qu’on ne le confondît point avec Diego Velasquez, qu’il méprisait ouvertement ?) paraît sur le site de causeur : c’est un prodige, c’est un miracle ! Quelle preuve de confiance de la part du conservateur en chef du musée de Mosanto !
Je reste coi, je m’incline, je m’efface : serviteur, monsieur !