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Le fantôme de Paul Valéry

Le carnet de Roland Jaccard

Publié le 12 février 2012 à 14:20 dans Culture

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Paul Valéry

Le « galérien de la nuance »

« Toute idée partagée me dégoûte; j’écris pour les hommes qui ont le courage de se sentir seuls. » Cette profession de foi un peu pompeuse est de Paul Valéry que Lacan, après lui avoir dédicacé sa thèse sur la paranoïa, qualifiait cruellement de « Mallarmé des nouveaux riches ». Cioran, lui, se moquait de ce « galérien de la nuance » plus obsédé par le dire que par ce qu’il avait à dire.

Bien qu’il prônât un apolitisme systématique, il accepta à deux reprises d’être reçu par Mussolini, nous apprend François Kasbi dans son Supplément inactuel au bréviaire capricieux de littérature contemporaine1 Le titre est bien plus long encore, mais je rassure le lecteur éventuel : le livre est bref, précis, intelligent et bien informé. Il réunit Aragon, Drieu, Berl, Barbey d’Aurevilly, Bloy, Claudel, Valéry, Toulet et Gobineau.

[...]

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  1. François Kasbi, Supplément inactuel au bréviaire capricieux de littérature contemporaine pour lecteurs déconcertés, désorientés, désemparés, éditions La Bibliothèque, 2011.
  2. Pour les uns et les autres, on apprend dans Wikipedia que « dans la nuit du 4 au 5 octobre 1892, Valéry connaît à Gênes ce qu’il décrit comme une grave crise existentielle dont il sort résolu à “répudier les idoles” de la littérature, de l’amour, de l’imprécision, pour consacrer l’essentiel de son existence à ce qu’il nomme “la vie de l’esprit”. »
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  • 14 February 2012 à 11h10

    Pierre Jolibert dit

    Parmi les profanateurs de Valéry, citons également N. Sarraute et son amusant “Paul Valéry et l’Enfant d’Éléphant” :
    sur la nuit de Gênes et la période intermédiaire qui en résulte :
    «Oui, décidément, au seuil de ces vingt années de silence, quelque chose de très effrayant a dû se produire… “L’objet, le terrible objet, devenant plus petit, et encore plus petit, se dérobe à ma vue intérieure…” s’était écrié M. Teste, peu avant de sombrer dans le sommeil.
    Et nous voici amenés à nous dire tout bonnement, qu’après tout, si Paul Valéry a “accepté le silence”, c’est peut-être que ce “délire” dont parle Platon, “qui est la source des plus grands biens et qui l’emporte en beauté sur la sagesse” l’avait abandonné.»