Le désarroi des parents topless
Laisser-faire ou savoir-vivre ?
Publié le 03 juillet 2010 à 13:45 dans Médias

Mon fils aîné vient de se coucher. Grand bien lui fasse, me direz-vous ; mais je précise qu’il vient de se coucher parce que je l’ai envoyé au lit. Sans manger. Pauvre chou. Que voulez-vous : l’heure du repas ayant sonné, je ne peux supporter qu’on ne vienne pas s’installer à table, après que j’ai appelé chacun des enfants un par un. L’aîné ce soir avait la tête dure. Il a traîné les pieds. Il a attendu le quatrième appel pour montrer le bout de son nez. Trop tard mon gars : le chemin de la chambre tu prendras.
Bien nourri, le chouchou n’en mourra pas de ce repas sauté. Mes parents agissaient de la sorte avec moi : pas de réponse immédiate à l’appel paternel, la sanction tombait. Le matin, j’étais plus détendu, oui, plus calme. Et je ne leur en voulais pas. Je ne leur en veux toujours pas, d’ailleurs. De temps en temps, un repas sauté, un coup de pied au derrière, ça vous remet les idées en place, comme disent les poivrots dans les cafés. L’amour, la tendresse eux, comme des grands, savaient faire l’impasse sur ces excès d’autorité. Ils n’avaient même pas à juger. Ils n’avaient même pas à pardonner. Ils étaient là, entre nous, et nous tendaient la main, dès le matin revenu.
La publicité Yaris ou l’apologie du renoncement
Envoyer son fils au lit sans qu’il ait mangé : j’ai bien peur que beaucoup, aujourd’hui, ne trouvent cela choquant. Que beaucoup soient choqués. Ce qui me choque, moi, ce sont au contraire tous ces parents qui ont renoncé à toute autorité. Ou qui, en cette matière, assurent le service minimal. Ce qui me choque, c’est par exemple cette affreuse publicité que nous inflige Toyota pour vanter les mérites de son modèle Yaris.
La scène ? Une mère et sa fille, au salon. La mère s’apprêtait à téléphoner et elle arrête son geste tandis que la fifille entre. Look impayable de punk décoiffé. Rose et noir, sur la tête en crête. Les deux personnages se toisent, en silence, et voici que fifille se dirige vers le chien aimable, voici qu’elle lui enlève son collier et se le passe autour du cou. Fifille finit par s’en aller, après que sa mère au regard méprisant que lui envoyait sa touffe belle a répondu par un regard de surprise indifférente. Et le commentaire qui accompagne la scène : “Certaines choses n’évoluent pas comme on le souhaite. D’autres, si.”
D’autres, si. Et voici la chose horrible : ce “D’autres, si”, accompagne le regard de la mère qui, sa fifille partie, se tourne vers sa Yaris, qu’elle contemple de sa fenêtre, avec un sourire. Avec un terrible sourire. La scène, qui pourrait être drôle, qui se voulait sans doute drôle fait tout simplement froid dans le dos. Car en trente secondes, les auteurs de cette publicité ont réussi le prodige de concentrer une image de notre monde : la démission d’une mère qui, au lieu de protester ou même d’interdire à sa punkette de s’emparer du collier du chien, se contente d’un regard de mépris, et aussitôt oublie la scène pour se réjouir de la possession d’une voiture, elle, docile. Une voiture qui a l’horrible avantage de simplement être là, à disposition, inhumaine, sans émotions. Une voiture dans la contemplation jouissive de laquelle on passe ses émotions. Une voiture consolation, miroir sans tain dans lequel la mère ne verra pas l’abandon de l’une de ses essentielles prérogatives. En trente secondes encore, la négation de la hiérarchie coutumière qui place les parents au-dessus de leurs enfants – mère et fille ici au même niveau, comme deux copines, égales dans le mépris – et deux individus qui sont renvoyés, chacun, dans son monde. Le monde des enfants et le monde des parents, aujourd’hui, dans certaines familles, irréconciliables. En trente secondes, quoi encore ?
Peut-être une inversion de cette hiérarchie familiale : dans cette publicité, c’est la fille qui agit, fût-ce de la manière la plus insupportable ou la plus dérisoire qui soit, tandis que la mère passive se réfugie dans le monde étriqué des joujoux dociles et technologiques. Elle contemple sa voiture et sans doute, après cela, reprendra sa conversation téléphonique autiste. C’est la mère donc, qui tient le rôle que les adolescents ont dans beaucoup de familles d’aujourd’hui : la mère qui se tient dans son salon comme si elle était une adolescente en rupture de communication. La mère que sa fille vient déranger, tandis qu’elle s’apprêtait à passer son coup de téléphone.
En trente secondes, le prodige de représenter le désarroi de ces parents topless, surpris tout nus dans le jardin faussement édénique de la vie technologique.
Mais en trente secondes, la publicité ne peut évoquer la suite de cette histoire et c’est à nous de l’imaginer.
Imaginez donc, s’il vous plaît, que vous ayez été présent, dans ce salon, en témoin de la scène. Imaginez que, parent normal, homme ou femme de bon sens, vous vous soyez permis de jeter un regard critique sur ce qui venait de se passer ; que vous vous soyez par exemple moqué gentiment de la punkette ou de sa maman. « Les jeunes, aujourd’hui, hein, on sait bien… adolescence, tralali tralala ». Pire, imaginez maintenant que vous ayez pris la scène au sérieux et que vous y ayez vu à peu près ce que tout à l’heure j’y voyais. Eh bien, que croyez-vous qu’il arriverait, que croyez-vous qu’il pourrait arriver ?
La liberté de jouer les rebebelles
Il pourrait arriver ceci, cette chose invraisemblable que la mère se mette à prendre la défense de sa fifille, oui ! Il pourrait arriver ceci qu’elle nie la réalité de sa démission maternelle et en appelle à la liberté, la fameuse liberté qui autorise fifille à jouer les rebebelles. Il pourrait arriver encore que, prise en flagrant délit d’absence d’autorité, la mère vous dénie à vous même ce droit, dans la mesure où vous prétendez l’exercer en parlant de sa fille ! Ce droit, pour la mère, il existe bien ; qui, dans son bon sens, pourrait refuser d’admettre que des parents doivent exercer une autorité sur leurs enfants ? Mais ce droit, dans la mesure où il est question de sa fille, il n’existe que pour elle. Il existe pour vous également, certes ; mais vous ne devez l’exercer que chez vous, pour vos propres enfants.
Je délire, j’exagère ? Un sondage récent, paru dans Le Figaro, posait la question suivante à des parents : accepteriez-vous que l’on interdise les téléphones portables dans l’enceinte d’un établissement scolaire ? A cette question, les parents répondaient “oui” à 80%. Mais ils répondaient négativement cette fois et dans les mêmes proportions à cette autre question qui leur demandait s’ils étaient près à interdire l’usage du téléphone portable à leur enfant dans son établissement scolaire.
En deux questions, un autre instantané de notre monde : des parents qui plébiscitent l’autorité exercée sur des enfants et qui refusent qu’on l’exerce sur leur enfant.
Parents topless, tout nus dans le jardin de l’individualisme auto-satisfait. Chacun chez soi et les démissions parentales seront bien masquées.
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L'auteur
Nunzio Casalaspro est professeur.
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Quad Pater dit
Tout le plaisir est pour moi, Mme Souris.
J’ai trouvé l’article intéressant.
On ne sait pas exactement ce que le cuistot a infligé comme punition. Ramper ? marcher à genoux ? Quoi qu’il en soit rien de pire que ce que faisait faire notre prof de karaté à ceux qui ne respectait pas les règles il y a 40 ans. Nous avons tous survécu, hein…
On a quelques vagues infos assez stupéfiantes sur le contexte (attends, qu’est-ce que c’est que cette histoire de permis à points ????)
Puis on aborde la classique notion de responsabilité collective, les plaintes à la gendarmerie, la “réunion pour faire le point”, le manque de formation du personnel…
J’ai demandé à mon fils – 19 ans, a animé des colos – ce qu’il en pensait.
“Y’a des parents vraiment moisis” a rit ce grand gaillard bien dans sa peau malgré les quelques torgnoles qu’il s’est pris durant son adolescence…
expat dit
@ Quad Peter ! heureuse de vous revoir ! il ne nous manque qu’Antonius – je pense (a priori) que si le chef de cantine a fais une telle bêtise, il y en avait à quoi. Pourquoi le faire alors ? Pour se faire renvoyer ?
ramon mercader dit
@ florentin piffard
l’inconvenient avec la police de l’autorité parentale ( acronyme ; PAP ) c’est qu’elle devra asseoir son autorité elle aussi
surtout lorsqu’un parent chopé en flagrant délit de manque d’autorité regimbera et ira partout en clamant “ci pas moi ! ci la poulice!”
on imagine d’ici le tableau
une couche de plus sur le mille feuille sociétal et citoilien ( tu es un dlole de citoilien toi ….me disait mon papé avec son accent de l’aveyron )
continuons à paver l’enfer moderne de bonnes résolutions/idées/lois/contraintes
Souris donc dit
Quad pater ! Contente de vous retrouver !
A mon humble avis, les drôles ont dû en faire voir au personnel de cuisine pour qu’ils en viennent à de telles extrémités. Pas très pédagogues, c’est sûr, mais demande-t-on à un cuisinier d’être pédagogique ou de faire de la bouffe correcte ?
Quad Pater dit
Bonsoir…
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/07/05/01016-20100705ARTFIG00576-vendee-un-cuisinier-humilie-des-enfants-a-la-cantine.php
encore un qui va être mis au pilori.
Pourtant je ne sais pas vous, mais si un jour j’avais appris qu’un adulte qui encadrait mes enfants avait dû les punir, c’est contre eux que j’aurais été en colère.
nunzio dit
“Les parents reprochent aux profs leur manque d’autorité jusqu’à ce qu’un prof colle un zéro à leur rejeton, et ils viennent alors geindre sur l’autoritatisme des profs de l’Education nationale.” Mais oui, Piffard, c’est un peu ce que je disais. Les parents qui viennent se plaindre qu’un professeur fasse des remarques à leur chouchou sur son attitude en classe sont parfois les mêmes qui reprochent au professeur son laxisme… ou qui exigent de l’autorité…mais pour tous les autres enfants, pas le LEUR. La confusion est totale, comme vous dites : comme j’ai imaginé qu’elle pût l’être dans l’esprit de cette mère de la pub qui copine avec sa fille dans le mépris et viendrait reprocher que ledit tiers en appelle à la hiérarchie mère-fille.
Quant aux rappels à l’ordre d’une prétendue police de la pensée : cette police existe bien, dans ses contradictions, comme vous dites : fessée dans certains pays pénalisée et dans le même temps, reproche à ces mêmes parents de démissionner. Il n’en reste pas moins que les cabinets de psychologues sont pleins de parents bien réels qui demandent de l’aide parce qu’ils sont dépassés par leur rejeton et ne savent plus comment s’en tirer. Et cela commence très tôt : tiens, la semaine dernière encore, une de mes collègues me demandait s’il pouvait être normal que son fils, âgé de deux ans, la frappe !!! Deux ans !! Je lui ai répondu : ben, euh, non, je crois pas…. et n’ai pas osé lui conseiller de consulter un psychologue…
marcel kébir dit
très bien vu: l’analyse des pubs est très révélatrice de comportements scandaleux parfois: à quoi sert le BVP!!!
je me souviens d’une série de sketchs publicitaires ayant trait au lavage en machine où l’on voyait une malheureuse mère de famille recevoir pratiquement à la figure le linge sale de sa progéniture sans y trouver en quoi que ce soit à redire!!!!
Comme une lettre à la Poste: mais que faisait le BVP!!!
On pourrait faire des économies dans le budget en supprimant cet organisme apparemment d’une inutilité plus que flagrante!!!!!!
Florentin Piffard dit
@ Souris donc,
S’il existe un “flagrant délit” de manque d’autorité comme le suggère l’auteur, je suppose qu’il existe une police pour le constater. Sinon c’est le bordel.
nunzio dit
“Les parents reprochent aux profs leur manque d’autorité jusqu’à ce qu’un prof colle un zéro à leur rejeton, et ils viennent alors geindre sur l’autoritatisme des profs de l’Education nationale.” Mais oui, Piffard, c’est un peu ce que je disais. Les parents qui viennent se plaindre qu’un professeur fasse des remarques à leur chouchou sur son attitude en classe sont parfois les mêmes qui reprochent au professeur son laxisme… ou qui exigent de l’autorité…mais pour tous les autres enfants, pas le LEUR. La confusion est totale, comme vous dites : comme j’ai imaginé qu’elle pût l’être dans l’esprit de cette mère de la pub qui copine avec sa fille dans le mépris et viendrait reprocher que ledit tiers en appelle à la hiérarchie mère-fille.
Quant aux rappels à l’ordre d’une prétendue police de la pensée : cette police existe bien, dans ses contradictions, comme vous dites : fessée dans certains pays pénalisée et dans le même temps, reproche à ces mêmes parents de démissionner. Il n’en reste pas moins que les cabinets de psychologues sont pleins de parents bien réels qui demandent de l’aide parce qu’ils sont dépassés par leur rejeton et ne savent plus comment s’en tirer. Et cela commence très tôt : tiens, la semaine dernière encore, une de mes collègues me demandait s’il pouvait être normal que son fils, âgé de deux ans, la frappe !!! Deux ans !! Je lui ai répondu : ben, euh, non, je crois pas…. et n’ai pas osé lui conseiller de consulter un psychologue…
Souris donc dit
@ Florentin Piffard
Vous évoquez la « police de la pensée » : qu’entendez-vous par là ?
Moi je n’ai jamais lu cette expression autrement que comme synonyme de terrorisme intellectuel de la gauche bien-pensante utilisant l’ intimidation pour empêcher l’autre de faire valoir ses arguments (dénigrement, insulte, attaques personnelles, ricanement)
Florentin Piffard dit
L’idée selon laquelle un parent pourrait être pris en “flagrant délit” de manque d’autorité par la police de la pensée prouve à quel point sauter sur sa chaise comme un cabri en criant “autorité, autorité” est vain. L’autorité dont se réclame l’auteur de cet article est au mieux un vague souvenir. Les parents sont l’objet de toutes les attentions et soumis à un ordre sociétal à base de juridisme (“flagrant délit”, “rappel à la loi”) qui les dépassent et qui un jour leur interdit de fesser leurs enfants et le lendemain leur reproche de démissionner. Les parents reprochent aux profs leur manque d’autorité jusqu’à ce qu’un prof colle un zéro à leur rejeton, et ils viennent alors geindre sur l’autoritatisme des profs de l’Education nationale. Nous crachons sur Domenech tout en faisant les étonnés quand les joueurs font la même chose que nous : la confusion est totale.
Minos dit
George dit :
4 juillet 2010 à 7:21
Ce que vous avez subi est terrible. Bien évidemment, personne (je l’espère!) ne prône ce genre d’”éducation” sur ce site…
Florence dit
Gwendan
laissez tomber avec Gilbert, vous voyez bien que je suis tombée juste : c’est un gros beauf raciste à éviter.
Sophie dit
J’ai du mal à comprendre l’objectif que poursuit Deroux.
Vous nous reprochez d’être vigilants dans l’éducation de nos mômes? C’est devenu une tare?
Gilbert Duroux dit
@ Gwendan (5 juillet 2010 à 5:07)
Je répondais sur l’utilisation facile du mot racaille à la dame qui confond l’éducation des enfants avec le dressage des animaux.
Minos dit
rackam dit :
5 juillet 2010 à 7:25
Ce qu’il y a de merveilleux, avec Bibi c’est qu’il trouvera toujours une video de Danny Kaye, même pour illustrer la cueillette des olives en Basse-Provence, la prise de la smala d’Abdel Kader, la soudure autogène, les cigares du pharaon Blanc…
:)))
nunzio dit
Cher Flo, tiens, je passais par là, justement, entre deux lectures et deux torgnolles à mes mouflets (ma nân !!!) : complètement saugrenue l’idée selon laquelle il pourrait être utile à l’autorité perdue des parents qu’un tiers les critique devant leurs enfants ? Il m’apparaît que c’est plutôt le bon sens : c’est un des principes même du rappel à la loi, symbolique ou judiciaire : si, professeur ou proviseur, je reçois par exemple des parents qui – comme cela arrive – justifient l’attitude insolente de leur enfant, en classe, je fais quoi ? je leur dis bravo, continuez ?? Pire, je ne leur dis rien ??? S’ils sont partis en cours d’année en pélérinage à La Mecque, laissant le petiot sous la responsabilité d’une grande soeur même pas majeure (ça arrive ! c’est arrivé cette année dans le collège de mon fils) je fais pareil, je ferme mon clapet ou je dis bravo ?? Et le juge, il doit se priver du rappel à la loi devant parents et mouflets ? Allons… Certains parents ont besoin de l’aide et du regard d’un tiers, encore une fois cela me semble le bon sens….Et la réalité, c’est que de nombreux parents ne supportent pas qu’un autre adulte prétende à exercer une autorité quelconque sur leurs bambins. Et puis, il ne s’agit pas forcément de faire la leçon : des conseils parfois, simplement des conseils.
Florentin Piffard dit
Cet article est excellent : comment ne pas être d’accord avec cette invocation rituelle de l’autorité, surtout lorsque l’auteur, faisant ainsi deux fois autorité, se met si brillament lui-même en scène?
Cependant, je ne peux m’empêcher de noter que selon un certain point de vue, ce même auteur semble participer au phénomène qu’il prétend dénoncer : l’idée selon laquelle il pourrait être utile à l’autorité perdue des parents qu’un tiers les critique devant leurs enfants me semble pour dire le moins paradoxale, pour ne pas dire complètement saugrenue. Je me demande la tête qu’aurait fait l’auteur des jours de l’auteur si un outsider, un invité par exemple, était venu lui faire la leçon chez lui sur sa façon d’éduquer ses enfants : sans doute lui aurait-il fallu à lui aussi rentrer chez lui sans manger, à coups de pieds dans le derrière!
L’autorité parentale est un bien difficilement partageable, et plus elle est partagée, moins elle existe. En tant que père de “famille recomposée”je suis bien placé pour le savoir.
expat dit
Rackam, c’est vrai Bibi est un vrai iconographe.
rackam dit
Ce qu’il y a de merveilleux, avec Bibi c’est qu’il trouvera toujours une video de Danny Kaye, même pour illustrer la cueillette des olives en Basse-Provence, la prise de la smala d’Abdel Kader, la soudure autogène, les cigares du pharaon Blanc…