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Le dandy dépressif qui brisa Hitler

Sir Winston sur France-Culture

Publié le 22 août 2010 à 16:01 dans Culture

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Du lundi 26 au vendredi 30 juillet, France culture a consacré cinq émissions à Winston Churchill, quelque 16 heures d’archives sonores, d’enquêtes, de conversations : une superproduction radiophonique, placée sous la direction de Pierre Assouline, avec l’aide d’Inès Ben Slama et de techniciens accomplis (le son, le mixage étaient parfaits). Les qualités que Pierre Assouline a depuis longtemps démontrées dans ses biographies écrites ont superbement servi son entreprise de «mise en ondes». Il frôle ses personnages, les contourne, les considère. Il ne peut s’empêcher de leur manifester la sympathie qu’ils lui inspirent. Ceux-ci, manipulés avec précaution mais sans déférence excessive, subissent un traitement « de ferveur ». Encouragés de la voix par leur confident, poussés sans agressivité dans leurs retranchements, ils finissent par nous confier leurs péchés sans nous livrer leur entier secret. Ils furent grands et le demeurent, mais consentent, pour la plupart, à être nos frères, nos semblables, connus de tous mais, comme nous tous, originaires du très grand mystère humain.

L’affront des Dardanelles

Winston Churchill donc : d’emblée, nous prenons la mesure du drame qui se joua dès les premières semaines de la Seconde guerre mondiale, et du rôle étincelant que s’y donna (et mérita) le Premier d’Angleterre. Au vrai, Churchill sentit le vent du boulet ! L’Europe, c’est à dire le continent, s’effondrait ; le grand large, c’est à dire l’Amérique, ne voulait que la paix. Ne demeuraient que l’Angleterre et Winston, personnage controversé, politicien maladroit, économiste médiocre, tacticien calamiteux, longtemps poursuivi par le fiasco des Dardanelles. Premier Lord de l’Amirauté britannique, il avait persuadé les Alliés d’ouvrir un second front en attaquant Istanbul par le détroit des Dardanelles, pour achever l’empire ottoman, alors à genoux. En février-mars 1915, la flotte anglo-française bombarde les défenses turques, qui ripostent avec précision. Les Alliés abandonnent la partie, alors que l’issue des combats, sanglants (près de 500 000 morts de part et d’autre) demeure incertaine.
L’affaire des Dardanelles a-t-elle eu pour conséquence dramatique de précipiter le premier génocide du XXe siècle, contre les Arméniens, chrétiens en terre d’Islam, rendus euphoriques par une éventuelle victoire des « infidèles », désignés comme ennemis de l’intérieur, et massacrés de toutes les manières ? Certains le pensent. Quoi qu’il en soit, Churchill, par ailleurs soldat courageux, trompe-la-mort même, capable de charger l’ennemi à découvert, subit le désastre d’un débarquement mal préparé, fondé peut-être sur la vision surannée d’une puissance navale ancienne, inappropriée à la réussite de son projet. Le front des Dardanelles, loin de lui valoir la réputation d’un Clausewitz, lui coûta un terrible affront.

Entre les barbares et la civilisation : la mer et Sir Winston

Or, vingt-cinq ans plus tard, le col rentré dans les épaules, l’homme au cigare entre les dents, scrutant l’horizon assombri et traversé d’éclairs, sut, comprit, pressentit l’immense tâche que lui confiait tout soudain l’effondrement de l’Europe, préfiguré par celui de l’armée française, dont se jouèrent les fulgurances du stratège Hitler, servies par des officiers supérieurs uniquement préoccupés de vaincre, d’envahir et de soumettre. Il sut, il pressentit, il comprit que l’imprécateur de Berlin incarnait le mal absolu, l’emprise du diable sur l’humanité hagarde. D’une certaine façon, les choses étaient claires : la victoire totale des nazis sur le continent le désignait lui, Winston Leonard Spencer-Churchill, descendant par son père de John Churchill, Ier duc de Marlborough, comme le chef de la guerre totale. Entre les barbares et la civilisation, il n’y avait plus que la mer et sa détermination personnelle, autrement dit la Manche et ce qu’il avait dans le pantalon ! Sa puissante nature, un peu gâchée jusqu’ici, appelait des circonstances exceptionnelles.

Le 4 juin 1940, à la House of Commons, il prononce l’un de ses discours «fondateurs», de cette voix si singulière, affectée d’une sorte de zézaiement gracieux, qu’entendirent pendant près de cinq ans l’Angleterre et les peuples vaincus : Guerre à l’avorton !
Le 21 octobre 1940, sous un bombardement, il s’adresse aux français dans leur langue, et d’une éblouissante manière, qui mérite d’être rappelée ! «[…] Ici, chez nous, en Angleterre, sous le feu du boche, nous n’oublions pas quels liens et quelles attaches nous unissent à la France. Nous continuons à lutter de pied ferme et d’un cœur solide, pour que la liberté soit rétablie en Europe et pour que le peuple soit traité en justice dans tous les pays – en un mot pour faire triompher la cause qui nous a fait ensemble tirer l’épée. […] Ici, dans cette ville de Londres qu’Hitler prétend réduire en cendre, et que ses avions bombardent en ce moment, nos gens continuent de tenir. Mais notre aviation a fait mieux que de faire face. Et maintenant nous attendons l’invasion promise de longue date. Les poissons aussi.[…] Je vous dis la vérité et il faut que vous me croyez : cet homme de malheur [Hitler], ce monstrueux avorton de la haine et de la défaite, n’est résolu à rien moins qu’à faire entièrement disparaître la nation française, qu’à désagréger sa vie même, et par conséquent à ruiner son avenir. Par toutes sortes de moyen sournois et féroces, il ourdit son plan de tarir pour toujours les sources de la culture et de l’inspiration françaises dans le monde. S’il lui est loisible d’agir à sa guise, toute l’Europe ne sera plus qu’une Bochie uniforme, proie offerte à l’exploitation, au pillage et à la brutalité des gangsters nazis. Si je vous parle aussi carrément, excusez moi, mais ce n’est pas le moment de mâcher les mots.[…] Allons, bonne nuit, dormez bien, rassemblez vos forces pour l’aube – car l’aube viendra. Elle se lèvera, brillante pour les braves, douces pour les fidèles qui auront souffert, glorieuse sur les tombeaux des héros.[…]

Un dandy dépressif

Pierre Assouline parle justement, pour de Gaulle et pour sir Winston, de la « rencontre d’un destin individuel au service de la nation en péril avec un destin collectif ». Celui-ci nous paraît plus proche, plus fragile également par sa rondeur, son alcoolisme, ses accès de dépression (« black dog »), alors que celui-là intimide et retient toute effusion. Churchill et de Gaulle pensent, agissent en hommes d’action mais ne se soumettent pas au réel ; ils se sentent, ils se savent en mesure de le mépriser. Ils se comportent en artistes. Tous deux formuleront supérieurement leur pensée, soit par l’écriture soit par la parole. Montant au front dans la guerre des ondes, Winston répond insolemment à Hitler, le défie en permanence et le moque ; il s’adresse aux populations, soutient le courage de ses compatriotes, en appelle au British Empire, et sollicite l’intervention de la grande puissance, située de l’autre côté de l’Atlantique, qui ne l’entendra qu’après l’attaque massive de Pearl Harbor (7 décembre 1941). Alors, Churchill, fils d’une Américaine, ne cessera plus de tourner son espoir vers l’Amérique, et, avec lui, toute l’Angleterre, qui regardera désormais vers le grand large, le dos tourné à l’Europe.
Enfin, les bombardements cessèrent, la guerre prit fin : des décombres environnées de brume et de poussière surgit un homme coiffé d’un haut-de-forme, portant un habit griffé Savile Row et chaussé de bottines taillées dans le meilleur cuir cousu d’Oxford street. Son ennemi intime finissait de rôtir lamentablement dans un brasier d’essence, allumé près de la taupinière où il avait passé ses derniers mois. Le gentleman victorien venait de donner le meilleur de lui-même, il pouvait à présent affronter l’ingratitude du peuple…

C’est ainsi qu’un dandy à face de bulldog, un dilettante intoxiqué entraîna après lui tous les cœurs d’une île peuplée de taciturnes et d’excentriques. C’est ainsi que Winston inventa Churchill !


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  • 26 August 2010 à 16h53

    Monsieur Rien dit

    Pour ce qui est des bombardements, voici une photo bouleversante : un bébé seul dans les décombres d’une gare, quelque part en Europe. Il semble blessé et il hurle.

    http://programmes.france2.fr/apocalypse-seconde-guerre-mondiale/IMG/arton95.jpg

  • 26 August 2010 à 16h33

    Monsieur Rien dit

    Je suis également partisan de relativiser les héros. Ils se sont généralement illustrés lors d’une période atypique, dans des circonstances extrêmes. Leur héroïsme est indéniable lors de ces situations – souvent lors d’une courte période, – mais il n’est pas forcément généralisable à toute une vie. Sont-ils des politiques ou des artistes ? On peut dire que ce sont des aventuriers, mais pas de première ligne, hormis des apparitions occasionnelles sur les champs de bataille.

    Churchill a participé, dans un rôle modeste, à la guerre des Boers, une guerre honteuse : des colons britanniques colonisaient la colonie des Hollandais qui avaient colonisé des Africains.

    Lors de l’expédition des Dardanelles, Churchill, qui en était l’initiateur, s’est montré au moins aussi incompétent et entêté que les généraux français qui envoyaient leurs troupes par milliers à une mort certaine, sans aucune utilité.

    Les Dardanelles sont le Trafalgar britannique, dans lequel les Français furent malheureusement entraînés. Les chiffres sont très variables selon les sources, on parle souvent de 250 000 morts pour l’ensemble des belligérants.

  • 26 August 2010 à 15h47

    Monsieur Rien dit

    @ Coriolan

    Vos propos sont seulement animés d’un anti-communisme primaire. Ça ne va pas plus loin.

  • 26 August 2010 à 14h53

    jk dit

    Quant à voir une époque avec les critères moraux d’une autre époque, c’est l’Histoire !

    Une excellente professeur de lettres classiques disait qu’aucun philosophe de l’antiquité ne contestait le principe de l’esclavage, afin de relativiser, et non de juger .

    Je n’ai que relativisé le ‘grand homme’ Churchill …

  • 26 August 2010 à 13h49

    coriolan dit

    “C’est sans doute sur le front russe que l’Allemagne a vraiment perdu la guerre en s’y épuisant.”
    On tient un scoop.

    Et tant que le facho rouge Staline copinait avec le nazi brun – et pendant que certains communistes français dénonçaient les résistants au tout nouvel occupant – il n’y en avait qu’un, de front, et ce n’est pas à l’Est qu’on le tenait. Nouveau scoop.

    Ah zut, il ne faut pas parler du comportement du “parti des fusillés” au début de l’occupation ? Oups, pardon…

  • 26 August 2010 à 8h14

    François Delpla dit

    Je déplore la dispersion du débat. Churchill ne serait-il qu’un prétexte ?

    Ce qui est intéressant, y compris lorsqu’on parle de Dresde, c’est de voir que Churchill, tant que Hitler vit, ne veut en aucune façon baisser la garde (même si ce bombardement est excessif à cet égard et sera, vu le scandale immédiat et les billes données à Goebbels, le dernier du genre). Alors qu’aux Etats-Unis, par exemple (ils sont innombrables sur toute la planète), un cardinal Spellman presse Roosevelt de refaire passer en tête de liste le danger communiste dès que la brute allemande est sérieusement mal en point.

    Nouvelle : le texte des émissions va sortir chez un grand éditeur.

  • 26 August 2010 à 3h39

    Monsieur Rien dit

    @ Coriolan

    « Tiens, demandez donc à ceux qui ne croient pas aux élites qui de la bourgeoisie ou du peuple a fait sociétalement progresser le royaume de France, libéré la pensée, provoqué Les lumières et enfin porté le pays jusqu’à la révolution, Moi, je renonce. »

    Vous pensez que les élites sont forcément providentielles et bénéfiques. Mais elles peuvent tout autant être fatales. On pense bien sûr à Hitler, Mussolini, Staline, Pol Pot, Pétain, Laval, Saddam Hussein, Khomeiny, Mao, etc.

    En cherchant un peu il y en a bien d’autres, à des degrés divers. Citons pêle-mêle : Georges Bush junior, les inquisiteurs, Arafat, les contradicteurs de Galilée, Édouard VIII éphémère roi du Royaume-Uni. La liste serait sans fin…

  • 26 August 2010 à 3h03

    Monsieur Rien dit

    @ Patrrick Mandon

    Vous avez titré votre article « Le dandy dépressif qui brisa Hitler ». Churchill fut peut-être l’unique dandy dépressif des opposants à Hitler, mais il ne fut pas seul à le briser !

    L’Histoire s’interprète en fonction des points de vue locaux. En France et en zone occidentale on considère que ce sont les Alliés qui ont gagné la guerre, pourtant l’armistice intervint seulement onze mois plus tard. On ne parle que très peu du front russe, mais c’est là qu’eurent lieu les plus gros carnages : environ 20 millions de morts en URSS, et 10 millions pour l’Allemagne (tous fronts confondus), soit environ la moitié du bilan de toute la guerre. Par comparaison, il y eut environ 560 000 morts en France, 450 000 au Royaume-Uni, 350 000 aux USA.

    C’est sans doute sur le front russe que l’Allemagne a vraiment perdu la guerre en s’y épuisant.

  • 25 August 2010 à 22h36

    jk dit

    C’est quand même incroyable que tant ici n’aient pas compris l’accroche de Causeur : surtout si vous n’êtes pas d’accord .

    Je vois encore une caricature !

    Je n’ai jamais dit que pour accéder à une fonction politique importante, il fallait être un grand scientifique .

    J’ai qu’il fallait avoir au moins une qualité : éthique (version abbé Pierre), scientifique, artistique, économique, sociale …

    Or, les cancres que les veaux ont élu depuis 1981 n’ont aucune qualité à part la démagogie et le racolage électoral !

    Et après certains s’étonnent du niveau …

  • 25 August 2010 à 20h32

    Alpin dit

    Mais finalement un des points de vue les plus intéressants sur Winston Churchill
    et son rôle durant la 2° GM ,comme chef de La G-Bretagne au combat est le
    texte de Sébastian Haffner.

    Celui ci ,tout jeune juge d’instruction écoeuré par le régime hitlérien et très conscient
    de la ruine qu’il promettait à l’Allemagne,préféra se réfugier en Angleterre en 1938,ou il
    participa par la suite à l’effort de libération de L’Europe.

    Auteur reconnu d’un autre témoignage majeur sur la nazification de l’Allemagne:
    “Histoire d’un allemand”(1914-1933),il a publié un des textes les plus intéressants
    sur W Churchill,lucide et appréciateur:

    “Un guerrier en politique”.

  • 25 August 2010 à 19h48

    coriolan dit

    “Il est vrai que, depuis une trentaine d’années, ceux qui constituent l’élite, semblent ne plus vouloir prendre leurs responsabilités”.

    C’est tout aussi véritablement vrai, comme on dit au Vatican, que le fait que les gens à courte vue n’arrivent jamais à dépasser leur expérience directe et à prendre le recul nécessaire pour appréhender l’Histoire. C’est ainsi que certains croient pouvoir juger les élites du tournant du siècle dernier à partir de ce qu’ils ont compris de leur propre époque, et/ou en prenant Sarkozy pour exemple…

    Tiens, demandez donc à ceux qui ne croient pas aux élites qui de la bourgeoisie ou du peuple a fait sociétalement progresser le royaume de France, libéré la pensée, provoqué Les lumières et enfin porté le pays jusqu’à la révolution, Moi, je renonce.

    Je crois que vous perdez votre temps, là.

  • 25 August 2010 à 19h45

    Alpin dit

    @valentin fiumefreddo,

    Ah,un petit détail,le bombardement de Dresde,horrible chose,ou le phosphore
    ruissela sur la capitale de la Saxe,et la Frauenkirsche ou Bach était kappelmeister,
    sauva Victor Klemperer ,parent du chef d’orchestre,éminent philologue juif et qui venait
    juste de recevoir son ordre de déportation(mariée à une “aryienne “qui n’avait pas
    divorcée,il avait été épargné jusque là).

    Dans la tourmente la Gestapo locale fut annihilée,le bombardement lui sauvant la vie,
    et lui permettant de nous donner après guerre,”LTI :la langue du III° Reich” et
    “Mes soldats de papier” ,ses mémoires de sa vie sous le nazisme,un des témoignages
    les plus importants sur cette période.

    Le manichéïsme n’est pas d’usage dans la compréhension des guerres,même si l’ennemi était clairement perceptible à cette époque.

  • 25 August 2010 à 19h26

    Patrick Mandon dit

    Monsieur rien, comme vous, les monuments aux morts m’évoquent des sacrifices, souvent inutiles. Mais, pour la Première guerre mondiale, l’«élite» française a également payé un lourd tribut : écrivains, artistes, médecins, ingénieurs… Cette élite-là avait-elle «failli» ? Je ne le crois pas. La bourgeoisie française a versé, comme on dit, le prix du sang. Dans une certaine mesure, elle «trahit» et se montra inférieure à son rang ainsi qu’à son rôle, pendant la Seconde guerre. D’ailleurs, de Gaulle ne le lui pardonna pas.
    Il est vrai que, depuis une trentaine d’années, ceux qui constituent l’élite, semblent ne plus vouloir prendre leurs responsabilités. Il n’empêche qu’un peuple est également «incarné» par son élite.
    Pour les immigrés, je crois en effet que se constitue, rapidement désormais, une forme d’élite, qui se soucie d’abord d’assumer un rôle éminent dans la société française, sans se référer systématiquement à leurs origines. Je connais certains de ses représentants. De la même façon, il se formera et s’agrègera une classe dirigeante neuve, peut-être plus apte à affronter le réel que la «bobourgeoisie» présente.
    Un homme d’état n’a pas besoin d’être un savant ; Einstein était un nain politique, ses idées dont d’une niaiserie confondante. Le gouvernement des hommes, dans les grandes circonstances, est certes rationnel mais ce n’est pas une science exacte.

  • 25 August 2010 à 19h26

    Alpin dit

    @valentin fiumefreddo,

    Vous suspectez l’abstraction face à la violence de la guerre,et ensuite vous faites la fine bouche en regard du poids de l’expérience,l’un est de trop.

    Quand au caractère de guerre civile avec ses ignominies bien typiques,vous ne m’apprenez rien,ni n’expliquez quoi ce soit de plus par vos exemples.

    Mon grand père maternel fut dénoncé à la Gestapo par un collaborateur local,qui
    lui, perdit la vie en 1944 d’une rafale de sten,dont le premier était innocent
    ,trop grièvement blessé au maquis dans le combat avec une unité rameutée par
    cette trahison.

    C’est le point de vue d’une famille,entrée parmi les premières dans la résistance.
    Point de vue informé par le recul de l’un des nôtres qui avait vu la nuit de cristal
    à Berlin,étant un officier de renseignement, avait vu venir cette guerre avec son
    impréparation issue largement de l’irresponsabilité pacifiste dont vous nous resservez une des formes tardives.

    Si à Rouen,chez vous on maudissait les anglais,à Lille on les respectait en général,
    car ils menaient souvent leur attaques à altitude modérée sous le feu intense de la
    Flak qui empêchait de dormir les lillois.
    Pour le sentiment général,l’Histoire tranche avec ses documents,ceux des allemands
    ,comme ceux de la police française dans ses rapports aux préfets qui soulignent
    avec réprobation sa tolérance aux erreurs alliées,par les fortunes de la guerre.

  • 25 August 2010 à 18h48

    valentin fiumefreddo dit

    @Alpin
    Ca y est: l’inévitable (mais compréhensible) exemple personnel.
    Pour le 20% du tonnage, je suis le premier à le dire et ça me parait même faible. Moâ, c’est tout le contraire. Ma grand mère, de Rouen, n’avait aucune sympathie pour les “Anglo-américains” qui bombardaient “nos” villes. Il est vrai qu’elle et ma tante se sont fait canarder, dans un train, puis dans les champs, par des aviateurs anglais qui, selon toute évidence, faisaient des cartons. Elles ont vu de leurs yeux une espèce de collège de jeune filles, ou il n’y avait que des bonnes soeurs, incendié au phosphore par deux avions alliés uniquement pour éclairer les rues du Havre. Donc mes grands parents ne faisaient QUE maudire ces “salauds” d’américains qui rasaient un quartier pour dégommer un “boche” comme on disait si bien à l’époque. Quant à ma mère, elle était très jeune fille, collait des petits drapeaux pour suivre l’arrivée des “anglais et des américains”, et rêvait de porter des lettres. Mais quand elle a vu la racaille FFI en 1944 tondre une nana rue de Picpus (Paris XIIème), fusiller des gens, tirer dans le dos d’Allemands qui se rendaient, elle a vite changé d’avis.
    Enfin, moi je n’y étais pas, je n’ai pas connu, et tant mieux.

  • 25 August 2010 à 18h20

    jk dit

    Monsieur Rien,

    Surtout quand ce sont des pseudo-élites sans éthique ni science (sciences exactes) ni intelligence économique ou sociale …

    Souvent deviennent politiques des egos bons à rien, les plus grands scientifiques, artistes, n’ont pas besoin de l’apparence du pouvoir …

  • 25 August 2010 à 17h56

    Monsieur Rien dit

    @ Coriolan (16 h 32) :

    « […] selon vous, une société évolue par ses élites, ou par sa base ? »

    @ Patrick Mandon (16 h 35) :

    « Le moment est douloureux, mais, des universités et des grandes écoles, sortent déjà et sortiront prochainement des garçons et des filles incarnant la réussite du système. Ils sont et seront définitivement d’ici ! Je crois à la formation d’une élite. »

    Je ne partage pas votre foi en les élites. Elles sont pour beaucoup à l’origine de l’énorme crise actuelle, par :
    – leurs positions et actions ne tenant compte que de leurs intérêts de caste, allant de pair avec leur ignorance et leur mépris de la population ;
    – leur incapacité à prévoir ;
    – leur incapacité à constater ;
    – leur incapacité à imaginer.

    De la 2e guerre les élites étaient aussi largement responsables. Les peuples ne décident pas les guerres, mais ce sont eux qui les font. Il faut se promener dans les villages et regarder le monument aux morts : des listes sans fins d’ouvriers agricoles, coiffeurs, mécaniciens, charcutiers, agriculteurs, etc. Ce n’étaient pas des élites, mais ce sont surtout eux qui ont laissé leur vie.

    Rien ne démontre que les évolutions impulsées par les élites soient par principe bienfaisantes : on pouvait être nazi et universitaire, fasciné par un Hitler plus fruste.

  • 25 August 2010 à 17h47

    jk dit

    Monsieur Coriolan, soignez-vous vous même …

    A votre niveau d’argumentation, c’est celui qui dit qui est …

    Par ailleurs j’ai dit anarchiste de droite par facilité, comme vous ne lisez pas correctement les commentaires, à quoi aurait-il servi que je détaille …

  • 25 August 2010 à 17h45

    jk dit

    Coriolan,

    Je n’attends pas que vous invectiviez davantage .

    Cela évitera de faire perdre du temps, tant mieux !

    Quand on est incapable de lire un commentaire et qu’on caricature de façon aussi grossière, on ne se permet pas de donner des leçons grossières, à quel titre d’ailleurs ?

    Monsieur Coriolan ne supporte pas la vision différente d’un Churchill qui est l’auteur d’un des désastres de la guerre de 14, n’a pas aidé un gouvernement républicain qui n’était pas un gouvernement rouge, a détruit la Venise du Nord, et créé le chaos en Grèce .

    Monsieur Coriolan, incapable d’argumenter sur ces réalités historiques, invective .

    Je croyais ce genre d’invectives réservées aux sites de gauche bien-pensante : erreur !

  • 25 August 2010 à 17h39

    Coriolan dit

    jk dit : “En tant qu’anarchiste de droite”
    Inutile d’en dire plus. Cela dit, ça se soigne peut-être.

    Stop et fin pour moi.