Cette campagne pour les élections régionales au cours de laquelle, pour « faire barrage au Front national », des juifs et des francs-maçons ont dénoncé sans nuance ni ménagement la démocratique progression des candidats du Front national, aura eu pour effet de ridiculiser définitivement ceux qui nous annoncent sans rire que les années trente sont de retour.

N’étant pas franc-maçon et ne connaissant ce mouvement – qui ambitionne d’œuvrer au bonheur de l’humanité mais réussit surtout de nos jours à contribuer aux ventes de L’Express, jamais avare de marronniers – que par ce qu’en disait François Cavanna (des petits vieux qui se réunissent pour faire joujou loin de leur bonne femme) je ne m’étendrai pas sur ce sujet. Je me pencherai plutôt sur les Juifs, enfin sur certains Juifs, communautaires et professionnels, qui vivent en France dans la chaleur rassurante de l’entre-soi, comme nostalgiques du ghetto, et dont les porte-parole prétendent me représenter quand ils collent des kippas sur la tête d’élus en quête de clientèle en leur arrachant des promesses de subventions.

Il y a six ans, lors des précédentes élections régionales, l’union des étudiants juifs de France (des couillons qui donnent des leçons à un âge où l’on est censé faire ses devoirs) lançait un appel au boycott dans une campagne intitulée : « Pas une voix juive pour le FN ! » Ne demandant qu’à être convaincu, je réclamais alors des arguments en annonçant que l’injonction ne suffirait pas à me détourner de mon intention. J’attends encore et j’ai beau tendre l’oreille, alors que le parti populiste devient de plus en plus populaire, je n’entends toujours que des slogans vides et des discours creux.

*Photo: Sipa.

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Cyril Bennasar
est menuisier.
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