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Le Clézio, écrivain dégagé

C’est Philippe Sollers qui aurait dû avoir le Nobel. Mais il ne l’aura jamais

Publié le 12 octobre 2008 à 0:10 dans Culture

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Depuis que l’on a décidé que dix-huit Suédois devaient se réunir chaque année à Stockholm pour faire autre chose que diriger le conseil d’administration d’Ikea et déposer sur les épaules d’un écrivain qui n’avait rien demandé un prix qui a fait chavirer bien des têtes, la France s’est taillée la part du lion. Pas moins de quatorze prix Nobel placent le pays à la tête du palmarès de ce que Goethe désigna le premier sous le nom de Weltliteratur (littérature mondiale) et qu’Etiemble passa sa vie à théoriser sans toutefois jamais, de son propre aveu, y parvenir.

Ne poussons pourtant pas trop vite de cocorico. Les jeux pourraient bien être pipés d’entrée. Pour trois raisons au moins. La première est que la Svenska Akademien, fondée par Gustave III, est calquée sur le modèle de l’Académie française, dont le fort n’est pas la littérature mais le dictionnaire – cela relativiserait bien des choses si l’Académie suédoise ne comptait dans ses rangs serrés un écrivain comme Torgny Lindgren, auquel il ne sera jamais accordé de Nobel puisque c’est lui qui malheureusement les accorde. La deuxième raison est que l’affaire du Nobel commence comme l’histoire de France : avec un vase cassé – ce n’était certes pas celui de Clovis, mais le non moins célèbre Vase brisé de Sully Prudhomme, premier prix Nobel de littérature1. Enfin, Pierre Lepape nous l’a rappelé dans un remarquable essai, la France demeure, par-dessus tout, le pays de la littérature2. Comme l’Israël biblique a été choisie par Dieu pour connaître Son dessein, la France aurait été élue de la littérature pour l’accomplir et la parfaire. Dès lors que naît la langue française, lorsque Charles le Chauve et Louis le Germanique se prêtent serment d’assistance mutuelle en février 842 à Strasbourg, tout ce qui est politique devient, dès lors, littéraire et tout ce qui est littéraire devient politique.

Quel pays autre que la France aura vu sa représentation nationale se disputer sur les écrits d’un philosophe jusqu’à en venir aux poings ? Depuis le transfert des cendres de Jean-Jacques au Panthéon en 1794 jusqu’au tout début de la Grande Guerre, c’est-à-dire tout au long du XIXe siècle, le monde politique français s’écharpe à rythme régulier pour savoir si l’auteur du Contrat social est, comme l’affirmait Lakanal, l’inspirateur de la Révolution. La classe politique française est sens dessus dessous : on voit des hommes de droite se rallier à la gauche jacobine pour défendre Rousseau, tandis que Jaurès n’a aucun mot assez dur pour le condamner. Oui, la littérature est en France un sujet politique, tout comme la politique est un sujet littéraire. Sujets passionnants pour lesquels il n’est jamais de baïonnettes assez aiguisées.

Mais tout cela ne s’entend que si l’on adopte le point de vue romantique : tout ce qui est politique est littéraire, tout ce qui est littéraire doit être politique – accommodation de la formule par laquelle Robespierre inventa, selon Arendt, le totalitarisme : “Tout ce qui est moral est politique, tout ce qui est politique doit être moral.” De la même manière que la France a appris à faire correctement la Révolution et la Terreur au reste du monde, elle lui a appris ce qu’était la littérature. Une longue lignée court depuis 1789 pour jalonner l’histoire du monde : 1917, 1933, 1949… Moscou, Berlin, Pékin, leur héritage – n’en déplaise au René Char des Cahiers d’hypnos – est précédé d’un testament complété de multiples codicilles. Il n’est pas étonnant que, dans ces conditions, les écrivains français soient les chouchous du Nobel de littérature.

Seulement, les Académiciens suédois ne sont pas romantiques. Le pays est pacifique au point de ne pas avoir fait la guerre depuis 1814. Face aux choses du monde, il exhibe depuis près de deux cents ans une neutralité qui siérait à tout citoyen helvétique. Et si l’on regarde de près la liste des quatorze Nobel français depuis 1901, on a devant soi un tableau assez fidèle du principe qui guide l’Académie suédoise : ce que Hannah Arendt appelait dans La Condition de l’homme moderne, la vita contemplativa, une manière de dégagement et d’abstention, de retrait et de neutralité. Dans tout le XXe siècle, qui fut le siècle de la vita activa, les Nobel choisirent Sully Prudhomme, Frédéric Mistral, Romain Rolland, Anatole France, Henri Bergson, Roger Martin du Gard, André Gide, François Mauriac, Albert Camus, Saint-John Perse, Claude Simon et Gao Xingjian. Aucun de ces écrivains ne peut être accusé d’activisme politique effréné ni même d’engagement public outrancier. Et même, en 1964, lorsque les Nobel désignent Jean-Paul Sartre comme lauréat, celui-ci refuse d’être “réifié” ou, si vous préférez, “rangé au magasin des accessoires”.

Qu’on regarde un peu le palmarès du prix Nobel de littérature de l’immédiate après-guerre. En 1945, l’Académie suédoise accorde le prix à Gabriela Mistral, diplomate, féministe et poétesse, quelqu’un en somme d’irréprochable mais d’un peu éloigné et de détaché des deux ou trois bricoles qui étaient advenues au monde civilisé au cours des précédentes années. En 1946, c’est Hermann Hesse qui, naturalisé suisse et immunisé par conséquent contre la deutsche Vergangenheit, est distingué. En 1947, c’est André Gide qui, malgré son Retour d’Urss, professe une foi en “l’intellectuel dégagé de l’actualité”. C’est qu’on préfère tenir,quand on est à la Svansken, Gide et Romain Rolland comme des apôtres du veule renoncement. Dans ces années-là, où tout se cristallisait, Malraux ou Gary étaient des écrivains potablement nobélisables. Le problème est qu’ils avaient – ou presque – porté les armes. La neutralité et le dégagement ne pardonnent pas.

En 2004, Elfriede Jelinek, qui reçoit le Nobel de littérature sans juger bon de se déplacer jusqu’à Stockholm pour le recevoir, envoie une cassette vidéo à l’Académie suédoise dans laquelle elle déclare : “Evidemment, en Autriche, on voudra exploiter l’honneur qui m’est fait, mais il faut rejeter cette forme de réclame.” Il n’y a pas ici à l’œuvre que la critique du provincialisme autrichien qui est la latitude des écrivains viennois depuis Thomas Bernhard. Il y a, surtout, le refus de la territorialisation, de la localisation, de la détermination national geographic de la littérature. L’idée que l’écrivain est apatride est somme toute assez française. Elle nous vient du Projet d’un traité sur l’histoire écrit en 1714 par Fénelon : “Le bon historien n’est d’aucun temps ni d’aucun pays” et mise au goût du jour par Fustel de Coulanges en 1870. Cela étant, ce fut Mommsen – qui professait à peu de choses près la thèse inverse – qui reçut en 1902 le prix Nobel de littérature. Et pas Fustel. Mais il faut dire qu’à l’époque, après avoir célébré le génie de Sully Prudhomme, la neutre Académie suédoise cherchait un Allemand pour compenser.

Aujourd’hui, que penser de Jean-Marie Gustave Le Clézio ? Qu’il a un prénom trop long. Certes. Mais ce Nobel lui va comme un gant. Il est le prototype de l’écrivain post-moderne, entièrement dévoué à la littérature. Sa vèc, pour remployer l’expression de Jan Patočka3, c’est la littérature et rien d’autre. Il le fait bien. Excellemment même. Du Procès verbal à L’Africain, quelque chose se passe chez lui qui a rapport avec la question de la littérature, comme dirait mon vieux maître, Philippe Lacoue-Labarthe. N’empêche. N’empêche que nous avons deux écrivains en France qui ont des œuvres derrière eux (pardon pour les autres) : Le Clézio et Sollers.

Pourquoi Philippe Sollers n’aura jamais le prix Nobel de littérature ? Parce qu’il a l’heur de s’intéresser au reste du monde et à considérer que la littérature, quoi qu’il en dise et quoi qu’il s’en défende, reste, en France, un geste politique. Lorsque, dans Le Monde, il écrit un article comme on ne fait plus, justifiant le choix de Le Clézio par le rejet d’une France moisie à Vichy et pourrie à Moscou, il brûle, notre Philippe Sollers national. Il brûle. Mais il oublie Pékin.

Que saint Jürgen Habermas me pardonne si je cite un vil lecteur de Heidegger – quoi ! comment ose-t-il und so weiter ? –, mais le plus allemand et le plus heideggérien des philosophes qui soit, Peter Sloterdijk, s’étonne toujours lorsqu’il rend visite à des amis français que leur intérieur ressemble – ou tente de ressembler – à un musée. Et si nous avions en France l’idée de faire littérature et politique comme si nous vivions dans un musée ? Et si nous faisions comme si le romantisme politique était encore un genre littéraire ? Et si nous faisions comme si la France ne s’était pas retirée de la marche du monde ? Cela se peut – on le déplore. Mais hors les murs de ce musée imaginaire se trouve assurément, comme un prophète mal assuré, JMG Le Clézio.


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  1. Enfants des écoles, laissez Guy Môquet en paix et ânonnez après moi :
    Le vase où meurt cette verveine
    D’un coup d’éventail fut fêlé ;
    Le coup dut l’effleurer à peine,
    Aucun bruit ne l’a révélé.
    Mais la légère meurtrissure,
    Mordant le cristal chaque jour,
    D’une marche invisible et sûre
    En a fait lentement le tour.
    Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
    Le suc des fleurs s’est épuisé ;
    Personne encore ne s’en doute,
    N’y touchez pas, il est brisé.
  2. Pierre Lepape, Le pays de la littérature, Grasset, 2003. Entre nous, Lepape a toujours raison : cela s’appelle le dogme de l’infaillibilité pontificale.
  3. Jan Patočka, L’écrivain et son objet, traduit par Erika Abrams. Paris, POL, 1990.
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  • 15 October 2008 à 18h37

    Agathon dit

    @Patrick
    On se fiche après tout des prix. Les histoires, toutes, sont à lire.
    Sensibles, ouvertes sur les autres, passionnées par l’Altérité et ses blessures(sortir de la matrice), cherchant le commun et non les différences, pretextes au rejet et aux fantasmes.

    On me propose la lecture d’un manuscrit.
    L’auteure est une femme:M.J.C.
    Elle commence ainsi son histoire, par une citation ” Je ne suis pas un historien, je ne pas un archiviste mais j’ai comme tout à chacun une nécessité de passé, de mémoire…d’histoire”. Rémy Puyelo.

    ça commence par une correspondance, Sarah écrit à sa famille.
    Drancy, le 22 mars 1943.
    Et moi j’ai proposé mon manuscrit.
    Voilà, en 2008, nous nous parlons dans un cercle d’amis, juifs,athés,dominicains, musulmans, catholiques, athés…..
    C’est cela que je veux vous faire entendre depuis un petit moment.
    Mais, vous êtes bien compliqué pour moi.
    Peut-être que M.J.C aura un jour un prix.
    Je sais que cela,lui est égal. Et moi aussi.
    Et Le Clézio n’y pensait jamais. Il écrivait.

  • 15 October 2008 à 3h56

    Adam Pollo dit

    “A mon sens, écrire et communiquer, c’est être capable de faire croire n’importe quoi à n’importe qui.”
    J.M.G. Le Clézio (Le procès-verbal)

  • 13 October 2008 à 15h03

    P._Y. D. dit

    L’engagement ce n’est pas seulement ruer gentiment dans les brancards comme le fait si bien Philippe Sollers, l’archétype de l’écrivain faussement engagé, maoiste par procuration, balladurien un jour, papiste le lendemain ! Sollers s’intéresse au Monde plus qu’au monde. Il parle du monde, mais il a une tendance nette à tout rapporter à son égo littéraire, comme si dire et montrer que l’on est un membre brillant de la République des lettres suffisait à faire de lui un citoyen. Soller vaut sans doute mieux que ce que je viens d’en dire, mais ne se complait-il pas dans son petit univers littéraire duquel il observe le monde comme si, lui, n’était pas du monde.

    Ce qui fait la force d’un texte littéraire ce sont les perspectives qu’il ouvre, la vision qui s’en dégage. Or, dans un monde où la laideur et la violences sont devenues des valeurs esthétiques en soi, n’est-ce pas la prose qui permet de voir la beauté du monde, qui est la plus révolutionnaire ? N’est-ce pas tout aussi révolutionnaire que de s’engager corps et âme pour une cause militante ? A cet égard, le prétendu “dégagement” de Le Clézio, n’empêche nullement celui-ci de militer à sa manière pour la cause écologique et le respect des cultures du monde. Il a traduit des textes de la culture amérindienne, vécu même parmi un peuple trois ans durant, lui donnant à vivre et sentir un autre monde. Or notre monde court à sa perte s’il ne sait pas voir sa folie. Le Clézio ne cesse de dénoncer, mais il n’a nul besoin pour de jouer à l’écrivain engagé. Sa prose et ce qu’elle dit sont déjà un refus du monde tel qu’il va.

  • 13 October 2008 à 10h50

    François Miclo dit

    Cher Alexis Trezier. Il y a, chez Claude Simon, “La Route des Flandes”, mais aussi “Palace” sur sa Guerre d’Espagne. Il y a la Résistance mais, surtout, la Grande Guerre.

    Sauf que lorsqu’il reçoit le Nobel, Claude Simon cite Barthes : “Si le monde signifie quelque chose, c’est qu’il ne signifie rien.”

    Qu’est-ce donc que la “vita contemplativa”, sinon la tentation du retrait d’un monde qui ne signifie plus rien ? Cela n’a rien à voir avec la gesticulation médiatique – ou plutôt si chez Claude Simon, puisqu’il reprend l’idée de Kant suivant laquelle l’histoire se présenterait à nous comme une succession inintelligible d’événements “colorés et bigarrés”. L’événement, matière du médiatique, est dénué de sens…

    On peut dire que le “Procès Verbal” est un “grand roman politique”. On peut le dire. Mais on est un peu loin de l’idée française et romantique de “l’écrivain engagé” à laquelle les Nobel préfèrent le “désengagement” littéraire…

  • 13 October 2008 à 8h11

    Alexis Trezier dit

    Merci de votre réponse, M. Miclo, mais je dois dire qu’elle ne m’a guère convaincu : revoyez par exemple la biographie de Claude Simon (en particulier les années trente et quarante), vous constaterez qu’il n’a pas vraiment été un apôtre du “retrait” et du “dégagement”. En fait, je me demande si vous ne confondez pas engagement et gesticulation médiatique, et si votre distinction entre “vita contemplativa” et “vita activa” n’est pas trop schématique : si l’on considère les oeuvres, il me semble par exemple que “La Route des Flandres” est aussi un grand roman politique, profondément engagé dans son époque, et je dirais la même chose du “Procès-verbal” de Le Clézio.

  • 13 October 2008 à 2h02

    Rotil dit

    @ L’équipe de causeur
    @ Tous les contributeurs

    Je présente mes excuses pour le hors sujet qui suit:
    J’ai créé un blog il y a peu, où je veux parler de la musique que j’affectionne…
    Je voudrais savoir s’il est possible – et comment procéder, d’y intégrer certains des morceaux que j’affectionne.
    Sur ce point je nage.

    J’ai une discographie conséquente, je peux enregistrer des morceaux sur mon PC.

    Resterait à les transférer sur mon blog… ce que je ne sais pas faire.

    Si quelqu’un peut me guider, il serait très aimable.

    Note à l’équipe de Causeur:

    Je l’autorise à transmettre mon e-mail à qui voudra me donner la marche à suivre pour cela.

    Et je transmets à toutes et tous mes amitiés.

    FR.

    P.S.: c’est à dessein que je mets ce post sur plusieurs fils.

  • 13 October 2008 à 1h42

    Ludovic Lefebvre dit

    Vous êtes bien trop brillant et sympathique pour la philosophie et l’Alsace, François. D’autant plus que la conjugaison des deux est l’accident cérébral assuré. La première vous fragilise par égotisme qui ne se nomme pas, la seconde vous achève par le cholestérol et les triglycérides.
    Et puis, nous ne pouvons plus être philosophe de nos jour, c’est interdit, juste prof de philo qui se qualifie philosophe et il y en a tellement. Vous connaissez des gens qui ont tenté d’émetttre le vrai, le bien, le beau( ou dans un autre ordre) cette année, qui ont créé un concept de pensée ?

    Il y a eu Sénèque, Marc-Aurel, Diogène, Jacques Lefevre d’Etaples, Spinoza, Victor Cousin, Nietzche, Heidegger, Lévinas, quelques autres pas en mémoire. Que reste-il à dire, à trouver, à vivre comme philosophie ?

  • 13 October 2008 à 0h07

    Ludovic Lefebvre dit

    Oui la Suède n’est pas le bon endroit. Mais reste-il un endroit dans ce monde s’extrayant de la convenance littéraire hors politique et hors modernisme ?

  • 13 October 2008 à 0h01

    François Miclo dit

    Cher Alexis Trezier : c’est fort aimable de m’accuser d’écrire n’importe quoi, mais je puis assez convenablement vous retourner le compliment en vous disant que vous lisez n’importe comment.
    Je ne dis pas que Gide était un apôtre du renoncement, je parle même du “Retour d’Urss”… Ce que je dis simplement c’est que l’Académie de Suède n’a pas choisi d’honorer le Gide du “Retour”, mais plus certainement celui des “Nourritures” ou des “Caves”. (Encore que l’on pourrait se poser une petite question : je ne crois pas que l’on puisse dire qu’André Gide ait armé moralement la jeunesse française dans les années 1930… Il est mignon tout plein Nathanaël face aux panzer. Mais c’est une autre histoire.)
    Sur le reste, je voulais simplement noter que sur les 14 écrivains honorés depuis 1901 par le Nobel la plupart ne s’inscrit pas tout à fait dans “l’idée romantique” de la littérature, mais plutôt dans une idée du retrait et du dégagement. Ce qui se manifestait en 1985 avec Claude Simon et aujourd’hui avec JMGLC.

  • 12 October 2008 à 23h36

    Mlle Bürstner dit

    Pour information : certains écrivains ont un rapport à leur art proche de celui des musiciens. Qui aurait la bêtise de s’attaquer à Debussy parce que ses pièces ne sont pas assez engagées ?

  • 12 October 2008 à 22h53

    Audrey Malran dit

    Et Christine Angot ? C’est pour quand son Nobel ? C’est bien parti je crois, vous l’avez entendu, ce dimanche soir, sur… France Culture !??!!! (atelier de création radiophonique, sans rire).
    Ahlalala…
    AM

  • 12 October 2008 à 22h04

    Alexis Trezier dit

    Je me demande comment on peut considérer Gide comme un apôtre du renoncement quand on connaît “Corydon”, le “Retour d’URSS” et le “Voyage au Congo”… D’autre part, Mauriac n’a pas attendu 1952 pour s’intéresser à la politique : rappelons-nous ses articles publiés au moment de la Guerre d’Espagne et son “Cahier Noir” écrit sous l’Occupation. Je ne parle même pas de Camus que vous rangez parmi les écrivains non-engagés ! Et Gao Xingjian, a-t-il choisi de vivre en France pour des raisons touristiques ? Il devrait tout de même y avoir des limites au droit d’écrire n’importe quoi…

  • 12 October 2008 à 21h47

    Nofre dit

    OK, bien lu : avec mes excuses pour l’insinuation.
    (on pourrait ratiociner sur Rolland : le pacifisme forcené, menant au munichisme, est une forme d’engagement, mais il est vrai qu’elle ne vaut pas d’être défendue).