Le bonheur, une idée neuve à Rennes ?
Publié le 26 mars 2010 à 8:33 dans Brèves
Si l’on sait, depuis la chanson de Barbara, que Nantes est une ville morose où, essentiellement, il pleut, Rennes réserve bien des surprises égayantes. La préfecture d’Ile-et-Vilaine a lancé, sur son site Internet, une vaste consultation citoyenne sur un thème qui n’a laissé indifférente aucune midinette bretonne à coiffe tradi : “Qu’est-ce que le bonheur ?” et cela dans le contexte d’un “forum” que Libé organise ce week-end. L’AFP, les yeux embués d’une dégoulinante mièvrerie, se plait à relayer les définitions du bonheur, tantôt sentencieuses tantôt triviales, sélectionnées par on-ne-sait-trop-qui et affichées dans les rues de Rennes… Le bonheur c’est footbalistiquement “la galette saucisse du Stade rennais”, c’est religieusement “être en paix avec soi et les autres”, c’est inévitablement “l’ici et le maintenant” ou encore c’est festivement “le Love+friends+chocolate+sex+rock’n'roll”… Yeah ! La mairie se félicite en ces termes de cet inquiétant record de participation : “On espérait entre 300 et 400 contributions mais nous en sommes à plus de 3.000 !” Ces aimables Rennais, n’ayant certainement guère d’autres chats à fouetter en attendant fébrilement les cycliques “Transmusicales”, se repaissent donc de bonheur et offrent l’instantané d’une société sans négativité, peuplée d’individus estimant connaître la recette de l’”homme heureux”. On sait que le sémillant Saint-Just, représentant du Comité de salut public utilisa cette fameuse formule “Le bonheur est une idée neuve en Europe” pour conclure et appuyer sa démonstration selon laquelle il fallait lutter sans répit contre les “ennemis” de la Révolution française. Et si, à Rennes, on commençait par afficher ainsi son bonheur, telle une quelconque “pride” passagère, et que l’on finissait par couper la tête de ceux qui n’ont pas d’idée de ce qu’est cet idéal incertain qui aide à vivre, mais pas à penser ? Et si le bonheur, c’était d’aller plutôt à Nantes ?
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L'auteur
François-Xavier Ajavon est chroniqueur et professionnel de la presse.
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Bérénice dit
@ Trotte-ski
Et les hyper fun protections urbaines environnementales avec les tramways qui interdisent les centre-ville au péquenot automobiliste ne sont que des politiques patrimoniales déguisées survalorisant la rente.
Trotte-ski dit
Merci à Yann pour sa pique aux faux socialistes. La boboïsation chicos des centre ville est hélas un must, tant à droite qu’à “gauche”. Mon fils vivait à Nantes, du côté de Saint-Nicolas, dans les combles d’un vieil immeuble hors normes de sécurité. La ville voulait l’expulser. Il répondit ok, mais dans le même quartier et au même prix. On ne s’abaissa pas à lui répondre : dehors les pauvres, dans quelque banlieue pourrie, que votre vue ne fasse pas tache aux regards des nouveaux riches adddôôrateurs de vieilles pierres et de poutres apparentes. Il est parti totalement de la ville et vit heureux dans un village de 300 habitants dont le maire n’est pas “socialiste”.
Ludovic Lefebvre, votre aversion pour vos origines est-elle liée à la Bretagne ou à votre histoire ?
Et deux mots à Monsieur Ajavon :
- M’excuser pour ma faute d’orthographe sur son nom.
- Lui signaler que mon texte ici censuré est depuis deux jours sur Rue89.
Si d’aventure il revient y poster, il sera accueil avec rires et fanfare !
Ludovic lefebvre dit
Aucun pontage n’a su m’enlever ce maudit sang de quarteron breton qui coule dans mes veines jadis trouées.
J’aime beaucoup ce passage dans Les Propos sur le Bonheur où Alain bouge lentement d’une pierre à l’autre pour contempler une rivière. Il se met parallèle avec ceux qui “se jettent un café bouillant dans le corps et sautent dans des avions pour courir le monde.” Je suis assez proche de cet état d’esprit.
Rien ne me rendit plus malheureux que la quête de bonheur perpétuel, l’hédonisme, chaque moment où il partait, je courrais après lui, effrayé du vide, de la peur, de la tristesse, de la colère. Aujourd’hui, je cherche la vérité et suis rarement désespéré. Le bonheur, bien qu’apprécié tout autant que le calme quand ils sont là ne sont plus les moteurs, il n’y a pas d’impatience à les retrouver.
Yann dit
Je suis breton, du trégor, puis rennais.
Le bonheur???? Pour poser la question il aura fallu à la mairie faussement socialiste dépenser 300 000 euros (le coût total environ 500 000) pour entendre le patron de total nous expliquer ce qu’était le bonheur. Alors que la même mairie ferme une école primaire dans un quartier sensible, une maison de quartier et 14 emplois s’y rattachant……
L’année dernière la même somme, pour inviter entre autre un ancien d’extrême droite qui cassait à l’époque du gréviste…..à venir nous faire la leçon.
On veut faire de rennes la banlieue bourgeoise de paris, et il me semble que même si je ne peux pas répondre tout de go à cette question, sur le bonheur, je peux quand même affirmer que je ne suis pas trop heureux, quand on me prend pour un con.