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Laissez-nous notre part d’ombre !

Rien ne sera plus comme avant, hélas !

Publié le 27 juin 2011 à 13:00 dans Société

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image : Howard's Rock

Tu seras le flic de ton frère. Cette injonction paradoxale sera peut-être demain notre loi commune. Le soap-opera planétaire auquel nous avons assisté, avides et fascinés, passant du gros rire qui tache à l’effroi, de la compassion à la joie mauvaise, du boulevard à la tragédie, consacre en effet le triomphe du « voyeurisme du Bien »1.

Comme toujours après une beuverie collective, les commentateurs ont décrété que « rien ne serait plus comme avant », chanson qui annonce généralement un retour aux affaires courantes. Cette fois, il est possible que quelque chose change pour de bon. Et plutôt pour le pire. On dirait que sous le poids du scandale, une digue a lâché, nous projetant dans un monde sans pitié et sans pudeur. Désormais, nous n’exigeons pas seulement que nos dirigeants aient les mains propres, nous voulons qu’ils aient des vies propres. Et nous entendons vérifier par nous-mêmes. Prière de laver son linge sale en public.

« Le héros de notre temps est une balance »

Certes, nous n’avons pas attendu le scandale DSK pour ériger la transparence en vertu démocratique suprême, tandis que le secret était frappé de suspicion, qu’il fût celui des Etats ou des individus. Alors que la frénésie de l’inquisition et le goût de l’exhibition ont opéré leur jonction, on ne saurait avoir que des raisons inavouables de ne pas tout avouer. L’homme vertueux n’a rien à cacher. Muni d’un téléphone portable et d’une connexion internet, il est invité à dénoncer les « dérapages » de ses semblables et les crimes de ses supérieurs, les mauvaises blagues de ses voisins et les penchants coupables de ses élus. Le héros de notre temps est une « balance ». Quand il espionne une vieille dame trop riche, c’est parce que l’injustice sociale lui est insupportable. Quand il rapporte des propos tenus en réunion par les dirigeants du football, c’est pour lutter contre le racisme. Et quand demain, ce vigilant qui est souvent une vigilante, dénoncera le patron qui drague sa secrétaire ou le député qui a louché sur le décolleté d’une journaliste, il cherchera à faire progresser l’égalité entre les sexes. Qui oserait critiquer les moyens employés pour parvenir à d’aussi louables fins ?

[...]

  1. J’ai beau me torturer la cervelle, je ne sais plus à quel ami j’emprunte cette formule. S’il lit ce texte, qu’il se dénonce pour être remercié de vive voix
  2. Comme l’a remarqué l’excellent François Miclo, cette expression est absurde : la pédophilie est un crime perpétré sur des enfants, la partouze une sexualité de groupe entre adultes consentants
  3. Je finis par me demander si je devrais être vexée. Mais je crois bien n’avoir jamais rencontré DSK
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  • 4 July 2011 à 22h35

    BLANCHE dit

    Que les artistes (peintres, musiciens, sculpteurs, cineastes…) enculent les enfants, a la limite — A LA LIMITE ; c’est une demonstration —, ca n’est pas grave….

    Pas grave dans la mesure ou leur projet n’est pas de nous aider, hommes, groupes humains…

    En revanche, quand un politicien, un intello, un prof de philo, un cure, etc. n’accorde pas son discours — ” je vais vous eclairer” — avec sa conduite personnelle, alors…

    M’est d’avis qu’il faut le lyncher.