L’athéisme : une religion d’Etat? | Causeur

L’athéisme : une religion d’Etat?

La laïcité, c’est aussi la liberté d’exprimer sa foi

Auteur

Samuel Piquet
Professeur

Publié le 13 mars 2015 / Politique Religion Société

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Après les attaques contre Charlie Hebdo et le centre culturel de Copenhague, il est urgent de rendre à la liberté d’expression toute sa place et de réaffirmer l’importance de la laïcité. Mais il est tout aussi important de s’accorder sur le concept de laïcité.

Dans la foulée de ces attentats, confondant peut-être vitesse et précipitation, Reporters Sans Frontières (RSF) a proposé à tous les responsables des cultes de signer une « Proclamation pour la liberté d’expression ». Or, ce texte pose question.

S’il réaffirme avec force le droit au blasphème et évoque la liberté de conscience qui permet à chacun de pratiquer librement sa religion, il semble ne pas accorder aux croyants une liberté d’expression totale. Extrait : « La liberté d’information et d’expression, celle des journalistes comme des citoyens, ne saurait être contrainte ou limitée par les convictions ou les sensibilités des uns ou des autres. (…) Nul ne peut imposer sa conception du sacré à autrui. »

Si la conception du sacré ne « s’impose » effectivement pas à l’autre, on est en droit de se demander au nom de quoi un simple « citoyen » n’aurait pas le droit de parler de sa foi à d’autres. S’agit-il de limiter l’expression de la foi au nom de la laïcité ? La formule choisie pour définir le droit à pratiquer sa religion (« liberté de conscience » plutôt que « liberté d’expression ») semble effectivement aller en ce sens. Le croyant aurait le droit d’avoir la foi, mais à la seule condition que ce soit tout seul et dans son coin.

Puisque « chacun est libre d’exprimer et de diffuser des critiques, même irrévérencieuses, envers tout système de pensée politique, philosophique ou religieux », comme le précise le texte, n’est-il pas légitime que cette même liberté permette de réfuter ces critiques et de soutenir la thèse opposée ? Si l’on souhaite que la liberté d’expression soit la même pour tous, ne devrait-on pas refuser que le blâme de la religion l’emporte sur l’éloge ?

C’est peut-être un détail et on peut légitimement penser qu’en rédigeant ces lignes, RSF entendait surtout prévenir les réactions des croyants aux critiques de leur religion plutôt que limiter l’expression de leur foi. Pourtant, ces lignes traduisent également une tendance perceptible dans la société française, qui consiste à confondre laïcité et athéisme au risque d’en faire une religion, avec son lot de fanatiques.

La laïcité ne doit certes pas transiger avec l’extrémisme mais elle ne doit pas non plus privilégier l’athéisme au détriment de la foi. Le droit au blasphème doit pouvoir s’appliquer aussi bien à l’athéisme – car qu’est-ce que l’athéisme sinon une croyance en l’inexistence de Dieu ? – qu’aux religions.

Rien de plus évident, me direz-vous. J’ai pourtant souvent été surpris de constater que les professeurs croyants se gardaient bien de parler de leur foi à leurs élèves dans le cadre public de l’école, tandis que de nombreux collègues ne se gênaient pas toujours pour faire la publicité de leur athéisme, avec parfois force arguments.

La suspicion a priori vis-à-vis du fait religieux est une attitude très française. Pour preuve, la rapidité avec laquelle on qualifie de prosélytisme la simple affirmation d’une croyance, sans toujours prendre la peine de distinguer entre ce qui relève de la fonction et ce qui relève de l’individu. Pour Le Robert, le prosélytisme, c’est par extension « recruter des adeptes ». Selon Paul Valéry, c’est « vouloir que les autres soient de notre avis ». Or, toute proclamation de sa foi n’est pas nécessairement prosélyte. Elle a autant droit de cité que la profession de foi athée qui, depuis le fameux « je crois que deux et deux sont quatre et que quatre et quatre sont huit » de Don Juan, a fait beaucoup d’adeptes.

Le danger, ce n’est pas la religion comme expression d’une croyance, c’est la religion comme modèle commun. Et cela vaut autant pour l’athéisme que pour les autres croyances, car il serait bien naïf de penser que l’athéisme ne saurait influencer la société au même titre que la foi. « La liberté d’expression n’a pas de religion » écrit RSF. C’est exact. Il importe donc qu’elle ne promeuve pas l’athéisme.

L’enjeu dépasse peut-être le simple cadre des libertés individuelles. Car si l’on veut donner une chance aux croyants de tous bords d’adhérer à notre modèle, il convient avant tout de ne rien y ajouter. Obliger les croyants à choisir entre athéisme et religion, entre laïcité et croyance, c’est leur imposer des contraintes inutiles et prendre le risque de susciter une hostilité superflue. Or choisir de limiter la liberté d’expression des croyants pourrait contribuer à ce que celle-ci s’affirme sous d’autres formes, plus ostentatoires et plus offensives.

Ce qui est inquiétant, dans les réactions post-Charlie Hebdo, ce ne sont pas celles des radicaux, dont il n’y a rien à attendre, ce sont celles de certains soi-disant modérés. Il convient face à cette attitude, nous le répétons, de ne pas céder un pouce sur la laïcité, de réaffirmer avec force le droit au blasphème. Mais il convient également de ne pas se laisser emporter par certaines tendances laïcardes et de ne surtout pas laisser croire que la laïcité serait, par essence, contre les religions.

Dans ce contexte, il paraît opportun de rappeler, à l’heure où l’on érige Voltaire au rang d’étendard de la liberté d’expression et de symbole de la laïcité, que celui-ci, souvent très critique à l’égard des religions, était un théiste convaincu, pour qui le dogme du croyant devait se résumer à quelques éléments essentiels : « Sa religion est la plus simple et la plus étendue ; car l’adoration simple d’un dieu a précédé tous les systèmes du monde. […] Il compte tous les sages pour ses frères. [...] Faire le bien, voilà son culte, être soumis à Dieu, voilà sa doctrine. » (Le Dictionnaire philosophique, article « Théiste »).

On reproche parfois à certains croyants, à raison, la certitude avec laquelle ils affirment l’existence de Dieu. On est en droit d’attendre la même chose de ceux qui penchent pour sa non-existence. Car, au risque d’en décevoir certains, cette question n’est pas tranchée.

Or il y a, de la part de certains intellectuels ou auto-proclamés comme tels, des postures qui frisent le manque d’humilité et la condescendance à l’égard des croyants. Il serait dommage que le soupçon de foi constitue un défaut de pensée, près de deux siècles après qu’on a cessé de considérer l’athéisme comme un défaut de l’esprit.

Dans un article paru sur le site Slate.fr, Eric Leser explique qu’« il y a trois siècles, la croyance en Dieu était universelle y compris parmi les savants et les instruits » mais que « tout cela a changé à la suite du développement de la science moderne et de la capacité de l’homme à dominer et comprendre la nature par l’usage de la raison ». Ce faisant, il semble à la fois tirer un trait sur tout un pan de l’histoire de la philosophie et oublier que de nombreux philosophes ont essayé de prouver l’existence de Dieu par la raison, à commencer par Platon (dans le Phédon notamment). Voltaire lui-même définissait sa croyance comme le simple effet de l’usage de celle-ci : « Qu’est-ce que la foi ? Est-ce de croire ce qui paraît évident ? Non : il m’est évident qu’il y a un Être nécessaire, éternel, suprême, intelligent ; ce n’est pas là de la foi, c’est de la raison. » (Dictionnaire philosophique, article « Foi »). Il oublie également que le relativisme n’a rien de moderne et que Socrate critiquait déjà, il y a plus de deux millénaires, celui des sophistes, notamment Protagoras et Gorgias.

Ce serait un comble que le fait de s’interroger sur l’existence de Dieu devienne le tabou de ceux qui prônent la liberté d’expression !

Pour que la laïcité cesse d’être en crise, il faut réaffirmer notre attachement à celle-ci, il faut rappeler ses principes, son intransigeance, mais également rappeler qu’elle est l’aboutissement de la réflexion de croyants autant que d’athées. Il faut peut-être enfin qu’elle cesse d’être, pour une certaine catégorie de citoyens, une sorte de religion. Il faut que la foi et le fait religieux s’inscrivent de nouveau dans le débat public et qu’ils y trouvent leur place autant que l’athéisme. La laïcité, et c’est là toute sa grandeur, ne distingue pas entre le croyant et l’athée, elle les accueille et les protège de la même façon et ne considère pas l’un comme supérieur à l’autre. C’est sans doute aussi à ce prix que les religions cesseront d’être intolérantes.

*Image : wikicommons.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 11 Mai 2015 à 18h09

      zelectron dit

      La confusion subreptice et sciemment entretenue entre athéisme et agnosticisme fait des ravages auprès des enfants. En termes très simples: être agnostique c’est le fait de croire et tout à la fois ne pas croire à l’existence de dieu, avec la possibilité d’un nombre infini de positions entre les deux !

    • 22 Mars 2015 à 12h28

      Sarasvati dit

      Pour ma part, j’ai du mal à comprendre pourquoi la critique des symboles de la république ne constitue pas un crime aussi imaginaire et sans victime que le blasphème, pourquoi on peut insulter une religion et pas un magistrat. Le blasphème et l’insulte n’ont d’ailleurs rien à voir avec l’esprit critique, ils en sont même la négation, car ils n’articulent aucune pensée mais le seul sentiment du mépris ou de la haine. Il serait donc parfaitement possible de les discriminer, d’autoriser la critique et d’interdire le blasphème.

    • 20 Mars 2015 à 8h59

      trolleon dit

      Foutaises, ce n’est pas la liberté religieuse qui est menacée en France, mais bien la laïcité et la légitimité de l’incroyance. Il n’y en a que pour les religions et ce n’est pas la liberté religieuse qui est garantie par la laïcité mais la liberté de convictions.

    • 20 Mars 2015 à 1h06

      jetoc dit

      Pour moi la laïcité  c’est le respect de toutes les formes de pensée, religieuse ou philosophique, de toutes les cultures dans la mesure où aucune ne veut imposer SES RÈGLES  à l’Etat RÉPUBLICAIN OU MONARCHISTE.
       Dire que l’Athéisme est actuellement majoritaire en FRANCE me semble prendre ses désirs pour une réalité qui est encore loin d’exister. Une des preuves en est que plus de 60% des funérailles font encore appel à un culte religieux. La baisse de la pratique du culte catholique ne doit pas être confondue avec la culture chrétienne sinon catholique qui existe encore largement ( fêtes de tradition chrétienne avec jours fériés, coutumes de la galette des rois, chandeleur, carnavals, feux de la St Jean etc…attachement aux monuments chrétiens ( églises, calvaires et croix )  et aux pèlerinages qui connaissent un regain. 
      Enfin  QUELLE SOCIETE bi-millénaire en France est capable de réunir chaque semaine plus de 3 millions de gens et chaque mois plus de 7 millions ???
      ALORS  n’enterrons pas trop vite une réalité capable de baptiser catholiques encore chaque année des milliers d’adultes en FRANCE.

    • 18 Mars 2015 à 16h41

      thesee33 dit

      “car qu’est-ce que l’athéisme sinon une croyance en l’inexistence de Dieu ?” Voilà une remarque bien perverse intellectuellement! La France des Lumières ne doit-elle pas marcher avec le flambeau de la raison? L’inexistence de Dieu relève de la conviction raisonnée basée sur l’absence de preuves. Rien à voir avec la croyance religieuse, qui s’appuie sur la foi, par nature étrangère à la raison.

    • 16 Mars 2015 à 17h30

      charlay01 dit

      a ma connaissance l’athéisme n’est pas organisé , ce qui fait une différence fondamentale avec la religion. I l n’a aucun représentant légal parlant en son nom, aucune envie de vouloir faire partager son état à d’autres citoyens par des moyens médiatiques ou autres contrairement à l’église qui dispose de la possibilité de présenter la messe à la télévision.
      immaginons le tollé si des athées disposaient d’un temps d’antenne pour faire partager leur avis.il serait accusé de faire de la propagande.

      • 17 Mars 2015 à 22h13

        Schiczu dit

        Ben non, les anti-religions ont tous les temps d’antenne de toutes le chaines, sauf deux heures le dimanche matin, et pourtant, pas de tollé.

      • 20 Mars 2015 à 1h15

        jetoc dit

        et pourquoi pas une émission pour les athées ? A eux de la réaliser dans la mesure où ils SONT CAPABLES de respecter la foi des croyants sans la combattre…

      • 20 Mars 2015 à 14h18

        keizer dit

        une émission pour dire que l’on croit pas au ciel. cela s’annonce palpitant

    • 16 Mars 2015 à 12h09

      Hélène dit

      Merci pour cette analyse qui exprime bien le grand malentendu sur la laïcité. Ainsi se trompe-t-on lorsque l’on fait donner au mot “laïc” la signification “non religieux”. Les personnes ayant une religion sont laïques comme tout le monde, la laïcité étant une règle sociale qui donne à chacun la possibilité de vivre selon sa conscience. On se trouve souvent également lorsque l’on nomme “neutralité” le fait d’expulser toute croyance d’un lieu. La neutralité n’existe tout simplement pas et ceux qui pensent être neutres en agissant ainsi ne font qu’imposer leur propre univers philosophique. La laïcité par contre dicte un comportement d’ouverture à la diversité des pensées dans la sphère publique et de tolérance de ces pensées. L’interdiction d’évocation de la spiritualité entraînerait l’interdiction d’évocation du néant ou de l’absurde. Exit donc de l’univers public la pensée de Sartre, de Camus, d’Onfray, entre autres. La tristement célèbre publicité qu’a connu le prozac dans les années 1990 recouvre une idéologie qui confère au corps l’aptitude à modifier votre état de bonheur, ce qui est tout à fait matérialiste. Ainsi l’athéisme ou le matérialisme sont-ils présents dans la vie ordinaire sans que nous en ayons toujours l’exacte mesure. Sauf que les personnes ayant une spiritualité penseront naturellement différemment et reconnaîtront la limite de ce type de pratique.

    • 16 Mars 2015 à 11h44

      AdLib dit

      Tout à fait d’accord avec cet article, bienvenu en cette époque d’extrême intolérance – mais aussi une époque où d’aucuns voudraient éradiquer de notre société toute prétention à une vie spirituelle en dehors des choix politiques qui la gouvernent !

      Chacun doit être libre de croire ou de ne pas croire, et la laïcité, ce n’est pas de tirer à boulets rouges sur la foi de l’autre, c’est, dans la sphère étatique, de ne promouvoir aucune religion, fût-ce celle qui dit que Dieu n’existe pas, qui est une croyance comme une autre, bien sûr : vous le contestez ? Prouvez-le ! Vous aurez raison contre Pascal, et vous figurerez sans nul doute au Panthéon des grands penseurs de l’humanité..
      Je trouve, comme l’auteur de cet article, très préoccupant que certains enseignants se permettent de racoler à bon compte des gamins immatures captifs et facilement influençables, en mésusant de leur autorité d’enseignants pour leur mettre en tête qu’il serait absurde de croire en un quelconque Dieu. Ce n’est pas leur rôle, et ils n’ont pas à intervenir là-dessus.
      Les enseignants n’ont pas à s’exprimer sur la religion de leurs élèves ni de leur famille, ni en bien ni en mal. Et ils n’ont pas à faire de la pub, non plus, pour l’athéisme : ce à quoi croient ou ne croient pas leurs élèves ou leurs parents, ça ne les regarde pas, et ce à quoi croit ou ne croit pas l’enseignant, ça ne regarde pas non plus les élèves !
      L’enseignant n’a qu’un devoir : affirmer les valeurs de la République, qui n’ont rien à voir avec des “croyances”, ni même obligatoirement avec des “convictions” personnelles, mais sont des choix politiques établis en règles, qui s’imposent à tout citoyen – parmi lesquels : la laïcité, qui permet que chacun croie en ce qu’il veut et que sa croyance soit respectée pour autant qu’il n’en fasse pas la publicité en des endroits où elle est interdite – école et services publics.
      L’enseignant peut ainsi fort bien avoir des convictions personnelles royalistes ou anarchistes, et faire respecter les valeurs républicaines en classe : ce qu’il enseigne n’a rien à voir avec ses convictions personnelles, dont il n’a pas à faire état devant sa classe.
      @GHMD : qu’est-ce qui vous permet de juger “stupide” la conviction d’autre que vous ? ET en quoi serait-il plus “stupide” d’honorer un Dieu, si ça chante à celui qui le fait, que de n’en honorer aucun, si ça vous chante à vous ?
      En quoi serait-il plus “stupide” de tuer, même, au nom d’un Dieu ou d’une croyance, que de tuer au nom d’un champ de pétrole ou d’une expansion territoriale ?
      Et pouvez-vous citer UNE SEULE civilisation qui ait jamais existé, qui n’aurait pas été portée par une religion ou qui n’y aurait pas été directement liée, une seule civilisation qui n’exprimerait pas AUSSI des croyances religieuses ?
      Pour moi, l’être humain a un grand besoin de spiritualité, et je ne me trouve pas plus stupide que vous en affirmant cela, qui se confirme tous les jours. Partout dans le monde on peut constater que, à peine a-t-on voulu éradiquer une croyance religieuse qu’une autre prend sa place, pas forcément préférable… : toutes les religions, étant mises en oeuvre par des humains comme vous et moi, présentent les défauts des humains aussi, sinon dans leurs textes fondamentaux, au moins dans leur mise en pratique ! 
      Mais “croire”, c’est simplement humain, et vous en priver en ne croyant “en rien”, sinon en votre petite intelligence limitée à la taille de votre cerveau, je trouve que c’est plutôt étroit et que ça laisse tout un pan de votre humanité inexploré.
      Si étroit, du reste, que vous l’avouez vous-même en ne vous relisant pas, car vous ne connaissez pas le doute, vous ne connaissez que la certitude coupée à votre taille :
      “ L’athéïsme n’est qu’un aveu d’ignorance” – je crains que vous n’ayez raison.

    • 15 Mars 2015 à 21h45

      GHMD dit

      Et pour moi, cet article est cul-cul, pour ne pas dire con-con. C’est quoi le droit de blasphème appliqué à l’athéisme ? Un blasphème outrage la religion. L’athéïsme n’est pas une religion. L’athéïsme n’honore personne. C’est le constat qu’aucun Dieu n’a prouvé son existence et ce constat se renforce avec le développement des connaissances de l’homme au sujet de la nature. L’athéïsme n’est pas une croyance en “aucun dieu”, ce qui serait une stupidité. L’athéïsme n’est qu’un aveu d’ignorance et le refus de suivre tel religion plutôt que telle autre. Aucun athée n’a jamais tué au nom se doute fondamental. En revanche, combien de croyants ont assassinés au nom leur version de Dieu, plutôt que celle de leur voisin ? Des milliers…..Aussi, le débat soulevé par l’auteur me semble complètement stupide. Et pour conclure, je dirai que l’athéïsme est préférable à la religion, laquelle n’est qu’un archaïsme de la pensée, les religions du livre étant (un peu) moins archaïque que les anciennes religions polythéistes. Je mets à part le Boudhisme, qui mériterait d’être à nouveau regardé.

      • 15 Mars 2015 à 21h59

        Flo dit

        Staline était athée et voulait détruire la religion. Hitler, athée,  voulait détruire les Juifs. Combien de millions de morts déjà ?  A part ça les athées sont doux comme des agneaux … La bonne blague. Les athées sont des êtres comme les autres et n’ont rien de supérieur. Ils sont tout comme les autres, capables de toutes les atrocités. 

        • 16 Mars 2015 à 11h36

          Osydius dit

          Hitler était catholique et ça ne fait aucun doute. Je sais qu’un biographe a prétendu qu’il ne croyait pas en dieu mais cela est contraire à tous ses discours et tous ses écrits. Il était en conflit avec l’église, certes, mais cela ne fait pas de lui un non-croyant. 
          Staline était bien athée, mais notez qu’il avait reçu une éducation catholique et était passé par le séminaire pour devenir prêtre. Pour s’imposer comme tyran, il a tout simplement repris le chemin tyrannique déjà tracé par l’église orthodoxe russe qui avait déjà fait fuir de nombreuses personnes aux USA…
          Au final, ce qui est terrible avec cet argument, c’est que vous semblez croire que si vous pouvez prouver qu’un seul athée était un monstre, alors cela invalide l’idée que l’atheisme cause dans l’ensemble moins de violence que les croyants… drôle de logique que celle qui fait de l’exception une règle… 
          Aucun athée ne niera qu’il existe des monstres venant de tous les horizons (religieux ou non), mais regardez le monde aujourd’hui. Combien de gens meurent tous les jours au nom de Dieu, et combien au nom de l’athéisme ? Quand vous entendez qu’une bombe a explosé quelque part, est-ce que vous pensez aux athées ? Si vous entendez qu’un pays a décidé de bannir les préservatifs ou l’avortement, est-ce que vous pensez que cette décision a été prise sous l’influence des athées ? 
          Pouvez-vous me citer un seul despote actif aujourd’hui qui tue au nom de l’athéisme ?
          Allez sur le net et regardez les études réalisées sur le rapport en athéisme et non-violence. Vous verrez qu’aujourd’hui, les pays les moins violents au monde son ceux qui ont le plus d’athées… et c’est logique. Personne n’a la moindre raison de se tuer au nom de l’absence de croyance en dieu, pas plus que vous n’avez la moindre raison de tuer au nom d’une absence de croyance dans les licornes…
          L’athéisme c’est tout simplement le triomphe de la raison, chose qui fait cruellement défaut à une trop grande partie de la population.  

        • 17 Mars 2015 à 22h30

          Flo dit

          C’est ça Osydius, l’homme athée est une race supérieure. Mort de rire.
          Quant à Hitler catholique, c’est vraiment de l’ignorance crasse. Re mort de rire.
          Quant aux totalitarismes de tous les bords, ils s’attaquent toujours à la religion pour la simple raison qu’ils ne supportent pas que Dieu leur fasse de l’ombre. 
           Vous savez bien bien que l’on ne peut pas servir deux maîtres à la fois.

          Un petit conseil pour finir, un peu d’humilité vous ferait du bien. Le coup de l’athée-être supérieur, c’est vraiment très très lourd. Les agnostiques sont beaucoup plus ouverts. Les gens sectaires, y compris les athées intégristes, sont difficiles à supporter avec leur certitude et leur arrogance. 

      • 15 Mars 2015 à 22h03

        Flo dit

        Et puis faites gaffe, ce sont les musulmans qui parlent de “religions du Livre”. C’est une expression de musulmans ou d’ignorants qui reprennent  comme des perroquets cette expression. Les athées devraient tout de même faire gaffe de ne pas être les idiots utiles de l’islam qui les méprise plus que tout. Rien de plus vil pour un musulman qu’un  athée. Alors évitez de répandre leur vocabulaire comme des toutous sans cervelle.

      • 17 Mars 2015 à 22h18

        Schiczu dit

        Euuuh, vous avez entendu parlé de la Terreur, la grande peur, … tous ces chouettes événements pendant la révolution? Et la guerre civile espagnole? Dans les deux cas, il y a eu massacres de croyants pour défaut d’athéisme.
        Y-a-t-il lieu de se plaindre ? Non, c’est fort ancien, et il y eu bien d’autres victime, mais se draper dans la vertu au nom de l’athéisme ne démontre que votre ignorance.

    • 15 Mars 2015 à 15h39

      L’endormi dit

      Merci pour cet article qui exprime ce que j’éprouve et pense depuis longtemps.
      Monsieur Jeff, lui, n’y comprend pas grand chose ou fait mine de n’y rien comprendre. Pour l’aider à se dégager de l’ornière, je l’invite à lire ou relire le court témoignage de MOGUL (15 mars à 12h34) que je ne connais “ni des lèvres ni des des dents”.

    • 15 Mars 2015 à 9h23

      smanyach dit

      Oui. Il faut toujours éviter de confiner la religion dans le seul domaine de la liberté de conscience, dans le “for intérieur”. D’ailleurs, que vaut la liberté de conscience sans liberté d’expression, sans possibilité d’exprimer publiquement sa foi. Rappeler que la laïcité n’est pas anti-religieuse devrait être une banalité. Et pourtant…

    • 14 Mars 2015 à 23h25

      jeff dit

      J’avoue avoir un peu de mal à comprendre l’article et les arguments des uns et des autres.

      L’athéisme n’est pas religion d’Etat en France (ou ailleurs). Il n’y a aucune émission d’athéisme à la télévision le dimanche et l’on n’a appelé aucune autorité religieuse athée à manifester le 11 Janvier. Soit dit en passant, pour moi, les religions sont des tissus d’aneries et je ne vois pas pourquoi on qualifie les chefs religieux d’autorités morales.
      Il y a de nombreux posts sur les preuves scientifiques ou non de l’existence de Dieu. Je suis bien d’accord que la science ne peut pas infirmer ou confirmer de façon absolue les salades religieuses. Mais elle peut tout de même dire quelque chose. De la même façon que l’on peut étudier scientifiquement si les cuillères se tordent à distance et les soucoupes volantes existent, on peut examiner scientifiquement les “miracles” qui ne s’expliquerait que par une volonté divine. Exemple:le suaire de Turin, les visions de Bernadette et tutti quanti. Si aucune de ces manifestations divines n’est convaincante, alors on peut dire avec confiance qu’il n’y a pas de preuve de l’existence de Dieu. Ce n’est pas la même chose que de dire que Dieu n’existe pas, mais c’est comme pour les fantômes, les soucoupes volantes et le complot judéo-maçonnique.

      • 15 Mars 2015 à 7h10

        i-diogene dit

        Tout simplement…

        Les croyances font partie du domaine de l’ imaginaire, or, le bug, c’ est qu’ elles veulent intervenir dans la gestion du réel…

         

      • 15 Mars 2015 à 12h34

        mogul dit

        L’athéïsme n’est pas une religion d’état, c’est vrai.
        L’athéïsme n’est pas une religion du tout… quoique ! Pour avoir fréquenté de près les amicales laïques de la région nantaise ( l’équivalent inversé des patronnages cathos), je peux vous garantir que, pour certains, la laïcité en pratique quotidienne est un véritable sacerdoce. Je me souviens d’un éminent représentant qui sappliquait à ne prononcer aucun mot du registre religieux, comme “saint” ou “sainte” par exemple (essayez, avec toutes les fêtes et les villes et villages qui honorent des saints, je vous garantis que ça exige une discipline de fer) et tout à l’avenant. Bien sûr on y retrouve tous les défauts que l’on moque volontiers chez les cathos (sectarisme, bigoterie etc…), et j’assure que les laïcards intégristes ne sont pas plus fins que les calotins de la même eau.
        N’est ce pas Idiogène ? ;)) 

      • 17 Mars 2015 à 12h04

        saintex dit

        On peut toujours dire qu’il n’y a pas de preuve de l’existence de dieu que cela ne change rien à l’affaire. Ne serait-ce que parce que l’homme se définit dans sa différence avec l’animal, ni dans sa conformation physique, ni biologique, ni dans sa faculté de langage, mais dans l’expression de son questionnement métaphysique. Et ce n’est surement pas par hasard.
        Vous dîtes quelque chose d’intéressant à propos de Lourdes. Il faut d’abord en extraire Bernadette qui est tout de même un peu morte. L’Eglise ne crie pas au miracle lors d’une guérison sans avoir au préalable l’avis de la science. Sont déclarées miraculeuses les seules guérisons pour lesquelles un comité scientifique laïc a déclaré au terme d’une enquête de plusieurs années, ne pas avoir d’explication scientifique.
        Et encore feriez-vous une opposition entre science et religion, explication scientifique et intervention divine quand cela n’est ni forcément nécessaire, ni forcément pertinent, ni forcément convaincant.
        Et pourquoi adopter cette position ? Vous écrivez salades religieuses… et tutti quanti. Expression d’un refus, accessoirement d’un mépris, d’un pré-requis de fermeture par principe. C’est totalement à l’opposé de l’esprit scientifique qui n’existe que hors de toute idée préconçue et hors de tout affect. Si Einstein, croyant convaincu, avait décidé d’écrire ses équations en fermant les yeux, nous ne saurions pas qui il était.

    • 14 Mars 2015 à 23h01

      jeff dit

      J’avoue avoir un peu de mal à comprendre l’article et les arguments des uns et des autres.
      @P.Bories
      L’athéisme n’est pas religion d’Etat en France (ou ailleurs). Il n’y a aucune émission d’athéisme à la télévision le dimanche et l’on n’a

    • 14 Mars 2015 à 21h45

      Patrick dit

    • 14 Mars 2015 à 21h39

      Aristote dit

      L’athéisme n’est pas une religion, mais il n’est aucunement une évidence scientifique.

      Dieu “n’explique pas” le monde. La science non plus. Pourquoi quelque chose plutôt que rien ? Pourquoi la relativité générale ? Pourquoi la mécanique quantique ? Pour un darwinien conséquent, l’homme est comme il est parce qu’il est comme il est. Point barre.

      Un peu court comme “explication”. Mais l’éventuelle existence de Dieu n’améliore en rien “l’explication”. pourquoi donc Dieu existe-t-il alors ? Pourquoi a-t-il voulu le monde tel qu’il est ?

      Dieu comme “explication du monde” ne sert à rien. De là à en conclure qu’il n’existe pas, c’est une autre histoire, et même une longue histoire… 

      • 14 Mars 2015 à 23h36

        jeff dit

        Si la science (en particulier la mécanique quantique) n’expliquait pas le monde, il n’aurait pas de transistors, donc pas de portes logiques, pas d’ordinateurs, pas d’Internet et pas de discussions sur Causeur..

        • 17 Mars 2015 à 11h54

          saintex dit

          Jeff, la science n’explique pas le monde. Relisez attentivement Aristote… celui du dessus.
          La science décrit le monde, en observe les effets, les modélise mathématiquement, c’est la physique.
          A partir de ces modèles elle utilise les effets de façon pratique, c’est la technologie.
          La mécanique quantique est du domaine de la physique, ni plus ni moins que les travaux de Pascal sur la pression atmosphérique. Et les pompes à dépression sont une application technologique de ces travaux non moins importante que les applications établies sur la mécanique quantique.
          Mais en tout cela il n’est pas question d’explication du pourquoi des lois qui régissent l’univers. Le plus génial des humains peut se prendre une pomme sur la tête tout les jours, qu’il ne saura toujours pas pourquoi deux corps s’attirent de façon proportionnelle à leur masse et inversement proportionnelle à leur distance.

      • 17 Mars 2015 à 11h45

        saintex dit

        Aristote, c’est même une base spirituelle essentielle. L’univers est infini en temps, en espace et en matière (sauf incompréhension du big bang). Il faut déjà accepter cela et accepter que cela nous dépasse. Mais il n’est pas facile de baisser la tête devant cette évidence de notre limite.

    • 14 Mars 2015 à 19h15

      i-diogene dit

      Golvan dit :

      -”  Mais c’est là que ça se corse, parce que l’islam n’est pas une religion mais un système totalitaire qui ne peut partager le pouvoir.”..

      Bé, non, c’ est juste une propagande ridicule..!

      Je vis actuellement dans un pays où l’ Islam est la religion majoritaire, et personne ne bouffe personne…
      L’ Islam est multiple, comme le christianisme, et le christianisme ne se définit pas sur les propos haineux et intolérants de Mgr Lefèbvre..!
      Suivant les pays, on trouve toutes sortes de tendances qui vont de l’ Islam à caractère politique pur et dur, à un Islam pacifiste et tolérant…
      ….Bien plus tolérant que le sieur Golvan, qui  généralise  en s’ appuyant sur des extrémismes…. Ce qui le place dans les extrémistes anti-musulman, en symétrie parfaite avec les barbus intolérants..!
      L’ écrasante majorité des gens, dans le monde, qu’ ils soient chrétiens, musulmans, bouddhiste, ou athées, n’ aspirent qu’ à vivre en paix et bonne intelligence…
      Il suffit d’ une poignée d’excités mystiques, nationalistes, racistes, (ou les trois à la fois), qu’ ils soient barbus ou Golvanisants, pour semer la haine entre les communautés..
      A propos du sens de la vie et de leur ” spiritualité”, je crois que tout ces pseudo-croyants devraient se remettre en cause..!^^
      Quand à moi, je ne crois en rien… Même pas en l’ humain et encore moins en l’ humanité..!^^  

    • 14 Mars 2015 à 15h48

      gigda dit

       La foi n’est pas le problème, le dogme religieux si. La France a fait le choix de laisser les dogmes aux croyants, et la politique aux citoyens. Aucun dogme religieux ne viendra imposer ses lois à nos lois et nos vies. Mais la métaphysique, religieuse ou pas,  pourrait être d’une grande aide à penser le monde, quand elle ne se mêle de régler les rapports civils.  L’athéisme est hypothèse comme l’autre, il n’y a ni raison d’un côté ou de l’autre, là n’est pas le problème. La laïcité est autre chose. Le refus qu’aucun dogme religieux, aucune théologie ne s’impose à une société politique. Non pas qu’elle n’entende pas les arguments inspirés par cette foi sur des questions diverses de morale et de de vie.
      Le problème est embrouillé désormais par la résistance à des religions qui ont des visées politiques et missionnaires venues d’ autres temps et d’autres histoires. Et qui nous imposent  de brandir la laïcité comme arme à nouveau contre l’obscurantisme. Mais il n’y a plus personne sur ce front là de la raison non contre la foi, mais contre des superstitions, des pratiques et des traditions contraires à  nos valeurs républicaines.
      Ce n’est donc même pas religion contre laïcité … simplement une résistance à une subversion de  notre contrat social.

      • 14 Mars 2015 à 19h16

        Lector dit

        erratum : refus qu’un quelconque dogme s’impose (ou impose sa loi)

      • 16 Mars 2015 à 12h05

        AdLib dit

        Je pense que vous soulignez bien le problème ici : la religion est chose intime qui a à voir avec notre vie spirituelle, et le reste, ce qui règle les rapports entre les membres d’une société, leur manière de se conduire dans cette société, leurs droits et devoirs à l’égard de cette société, ça s’appelle de la politique.
        Diverses religions, dont jadis le christianisme et aujourd’hui l’islam, ont évidemment servi de supports à des visions politiques, ou de prétextes à justifier une politique. Parfois avec bonheur (nos lois actuelles, que nous disons “républicaines” et uniquement “républicaines”, sont d’évidence souvent teintées des valeurs judéo-chrétiennes – “Tu ne tueras pas”, par exemple…), d’autres fois pour le malheur du plus grand nombre, quand telle religion imposerait que tous n’adorent qu’un seul Dieu : celui qu’elle proclame, et tuent éventuellement tous ceux qui en adoreraient un autre ou aucun.
        Ce qui fait qu’il faut se garder en même temps d’éradiquer toute religion, porteuse de valeurs, mais qu’il faut aussi se garder de transformer une religion en système politique, qui ne peut qu’être, alors, qu’intolérant. “Croire”, c’est, par définition, laisser la place au doute, or la loi, elle, ne peut se le permettre.
        Nos ancêtres, je trouve, en faisant le choix de la laïcité de l’Etat – et rien que de l’Etat – ont été sages, en laissant chacun choisir de croire ou de ne pas croire, et en réaffirmant en tant que choix politiques certaines des valeurs prônées par des religions, tout en n’en prenant que le meilleur ! “Tu ne tueras pas”, je prends, “Tu tueras tous les mécréants”, je ne prends pas – et ça, ça s’appelle, aujourd’hui, des choix politiques assumés.
        De même la laïcité, qui n’est et ne doit rester qu’un choix politique, préservant la liberté de chacun.