La volute finale
Pour en finir avec la fumophobie
Publié le 02 janvier 2008 à 1:19 dans Société
La guerre engagée contre le tabagisme, la tabacomanie, le fumage, la fumigation, le fumisme, la fumance, les fumerolles fumigènes et autres fumophilies nicotiniques pratiquées isolément ou en réunion, par personnes ayant autorité ou pas, avec préméditation ou non, bat son plein. Nonobstant certaines hésitations ou marches arrière généralement dues, selon les fumophobes, au terrorisme buralistique, la France semble s’être engagée avec détermination sur la voie du non-fumage intégral et même absolu ou complet. La proportion de fumeurs et fumeures, d’intoxiqués et intoxiquées, d’accrocs et accroques, ainsi que la consommation moyenne de tabac et tabaque, sont en train de diminuer de manière spectaculaire. Certes, les gouvernements successifs, jugés d’ailleurs par beaucoup de fumophobes trop frileux sur ce point, ne se sont pas encore enhardis jusqu’à franchir l’étape décisive et décréter l’interdiction radicale du tabac dans tous les lieux privés, qu’il s’agisse d’endroits, de sites, de parages ou d’environs de parages et même de périmètres ; mais un tel programme, dont on discute actuellement les modes d’application, fait partie d’un processus historique inévitable, nul ne doit se faire d’illusions sur ce point. D’autant que cette mesure est aussi prévue par la convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé pour la lutte antitabac et tabaque signée par la France et les autres pays européens le 62 janvril 2003 avant Jésus-Christ, ce qui prouve bien que l’inéluctible a partie liée avec l’irréversable.
Dans une telle situation, où les fumeurs sont en passe d’accéder au statut de minorité à part entière, il devient urgent de faire valoir leurs droits, d’exiger l’extension de ceux-ci et de réclamer un certain nombre de lois qui les protégeront.
La reconnaissance du fumage, et le respect qui lui est dû comme il l’est à toute activité minoritaire, est une première priorité. La seconde consiste à tout mettre en œuvre pour obtenir au plus vite une loi extrêmement répressive contre les actes et les propos fumophobes.
C’est dans cette double perspective que vient de se constituer La Volute finale, mouvement citoyen qui, en liaison étroite avec l’Observatoire de la fumophobie (www.sosfumophob.net), se présente à la fois comme un réseau de vigilance contre la fumophobie, un espace d’écoute ouvert aux victimes anonymes des fumophobes qui souffrent en silence, une association de surveillance et de dénonciation des actes, propos et autres manifestations fumophobiques, ainsi qu’un centre d’action pour la prévention de la fumophobie dans les écoles, sur les plages et dans les transports en commun. Pour chacun de ces objectifs, des commissions de travail sont en place, composées de bénévoles hétéroclites, et chaque personne souhaitant s’investir à nos côtés dans la lutte contre l’antifumage, la fumophobie et l’antitabacocentrisme peut y jouer un rôle. Toutes les bonnes volontés les plus diverses seront les meilleures. Le combat ne fait que commencer contre la fumophobie sous toutes ses formes, discriminations, violences ou rejets liés à l’orientation fumesque, et pour la reconnaissance des droits fondamentaux de la personne fumante.
Certes, le chemin sera long avant que l’on comprenne que les actuelles victimes d’antifumage ou d’antitabacocentrisme le sont exactement comme les femmes, par exemple, furent victimes pendant des siècles d’androcentrisme, les Bretons victimes d’une politique barbare d’assimilation linguistique et de biniouphobie francocentriste, les enfants victimes d’adultocentrisme, pour ne rien dire des sorcières de Salem ni des moutons à cinq pattes, des canards émissaires ou des brebis boiteuses. Mais le temps précisément se chargera, en éclaircissant nos rangs d’année en année, de démontrer que nous appartenons bien à une minorité qui se minorise. C’est d’ailleurs le sens du nom que nous avons donné à notre association, et il indique aussi le peu d’illusions que nous avons de redevenir jamais majoritaires. Minorité nous sommes, minorité de plus en plus minoritaire nous serons, et c’est à ce titre que nous devons avoir accès à ce statut de dominés minoritaires qui ouvre sur de nombreux privilèges dérogatoires, droits particuliers, quotas, dégrèvements fiscaux, réparations, promotions spéciales, petits soins, tarifs préférentiels sur certaines compagnies aériennes, compensations compassionnelles et compensatrices, possibilité d’emmerder le monde jusqu’à la fin d’icelui et au-delà.
De manière plus générale, il est clair que si nous revendiquons l’égalité afin d’avoir autant de droits que les autres, nous revendiquons également la différence afin d’en avoir davantage. Comme tout un chacun.
“Pas de tolérance pour la fumophobie !”, tel est notre credo, et telle sera la doctrine qui dictera nos luttes, étant entendu que nous comprenons par le terme “fumophobie” toute manifestation avouée ou non de discrimination, d’exclusion, de forclusion ou de violence à l’encontre d’individus fumants, de pratiques ou de groupes tabagiques ou perçus comme tels.
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Vitelloni dit
Le défunt professeur Choron disait à peu près la même chose que le regretté Muray,mais d’une manière plus lapidaire:
“Je fume,je bois et je vous emmerde!”.
Ludovic-Lefebvre dit
Il est beau Philippe Muray, il a une véritable allure.
Difficile d’avoir été obligé d’arrêter la came et la “dive bouteille” (dixit Rabelais), il y a maintenant longtemps, j’ai l’impression d’être un agent involontairede cette société hygieniste de petits flics, de notaires. Et en plus, je cours comme un abruti autour d’un lac, même pas après les femmes, pour perdre le bide que j’ai pris en écrivant trop et chasser les angoisses que me génère la solitude. Mais je suis entrain de fumer une Craven A sans filtre en vous écrivant ce post, c’est déjà ça. Bien sûr, le produit ne fait pas l’idée et ce n’est pas demain qu’on me verra me rendre à un emploi dans la publicité ou le design en trottinette à moteur, en roller, porter les couleurs du culturalisme mondain “qui a gagné sur la terreur d’hier” , boire un lait de Yack tibétain avec Noël Mamère dans une ancienne boucherie transformée en nouveau n’importe quoi !
Je n’ai que deux regrets dans la vie : ne pas avoir rencontré Muray et Balzac. Le reste, c’était bien, je crois.
NosLibertes dit
Bonjour,
Un commentaire très en retard :
90 jours d’enquête sur le tabac nous ont convaincus que ce décret anti-fumeur n’est qu’une vaste mascarade…
Pascal Adam dit
Je suis un peu en retard, mais je viens de voir que Christian Besse-Saige avait répondu le 6 janvier à mon commentaire du 3. J’ai eu du mal à reconnaître mon nom, il faut le dire, dans l’othographe qu’il en donne (volontairement?).
Un mot encore pour vous dire, cher Christian, que mon commentaire était exclusivement ironique : j’avais pensé que la première phrase, commençant par “Personnellement, je…” et la dernière, signée “Un garçon versatile” permettraient de comprendre cette ironie. Je vois qu’il n’en est rien. Tant pis.
Un petit texte titré Vivre tue, sur le tabac, ici : http://theatrummundi.hautetfort.com/archive/2008/01/26/vivre-tue.html
Jacques Carbou dit
Il sera beaucoup pardonné à Philippe Muray et je suis certain qu’il est déjà pardonné de nous avoir laissé avec les problèmes qu’il avait si parfaitement “désaccordés”. Quant à Elisabeth Lévy, avec le T shirt Badiou
(Il faut nous donner “l’adresse du T shirt!) en miitante écolo, cela aussi a dû ravir Philippe Muray.
Serge Provost dit
Nous aimions tant Phillipe Murray que nous voudrions lui faire « pan sur les doigts ! » à sa fumophilie pour ainsi, rétrospectivement, faire tomber de ses doigts nicotinés toutes les cigarettes qui ont eu raison de lui .
Serge Provost
PS : Veuf inconsolable de ma femme en allée, car trop avide fumeuse devant l’éternel
George-s dit
Non, ne vous dérangez pas pour moi, j’avais seulement envie d’inviter Elisabeth Lévy à dîner avec moi, chez moi. Elle aura le droit de fumer, et moi de la regarder faire.
Ludo Lefebvre dit
Réunissons-nous en collectif entre fumeurs de pipe, de blondes, de brunes, de narguilé, de roulées, de cousues. Organisons des marches silencieuses avec des bonshommes déguisés en cigarettes et des banderoles. Enchaînons-nous aux grilles de l’elysée. Faisons-nous appeler résistants comme ceux de 40. Créons un lobby des fumeurs. Faisons des discours télévisuels où la mine grave, nous nous exprimons avec sérieux. Organisons un coup d’éclat à l’assemblée en l’envahissant, cigarette allumée au coin des lèvres. Dénonçons enfin l’inadmissible privilège des alcooliques pouvant encore s’approvisionner au supermarché du coin ou se pommer la cafetière au bistrot en guise de compétition victimaire. Puisque le ridicule ne tue plus, tuons le ridicule !
William dit
“De manière plus générale, il est clair que si nous revendiquons l’égalité afin d’avoir autant de droits que les autres, nous revendiquons également la différence afin d’en avoir davantage. Comme tout un chacun.”
Quel génie ! Le plus grand humoriste de notre époque, certainement.
Sans aucun doute : il doit s’esclaffer, là-haut, des imbéciles à oeillères incapables de sasir le second degré er l’hilarante ironie de feu Philippe.
Je suis désormais un emmuray (pour s’amuser au néologisme dont il était friand).
Dommage de l’avoir découvert si tard !
Ludo Lefebvre dit
Christian,
Je vous remercie beaucoup, mais ce n’est pas moi sur le coup. Mon écriture est sarcastique, drôle, j’espère parfois, mais bien différente, plus colérique, moins talentueuse.
Là, il s’agit du tableau dressé avec talent par Philippe Muray que je n’ai fait que reprendre pour taquiner son amie Elisabeth en la grimant le temps d’un post en militante écologique accroc aux thérapies de groupe, à l’humanitaire et à la world-culture qui veut changer Paris.
Rendons à Muray ce qui appartient à César !
Ludo Lefebvre dit
Va pour Badiou, je ne les ai pas trop regardés ces derniers temps nos chers rebelles à rollers (beau champ lexical de monsieur Muray), ils se sont tous transformés en résistants (mais pas trop quand même) non-anonymes ! Il faut dire qu’ils sont moins amusants et que le spectacle est ailleurs en ce moment !
Faites- nous vos bons articles quand vous le pouvez, nous en sommes tous là. Dernièrement, j’ai distribué des prospectus et des annuaires pour m’aider financièrement le temps que ce livre à venir se finisse ! Lorsque j’écrivais et montais des pièces de théâtre sur Paris pour me moquer d’eux, il y a dix ans déjà, je travaillais à la bibliothèque en sous-sol avenue du Maine près du Point… Je pourrais faire un guide du travail alimentaire, c’est toute une moitié de vie (oui, je compte bien passer la quatre-vingtaine, maintenant qu’il y a le viagra) !
Elisabeth Lévy dit
Non! Non! Non! je n’ai pas de T Shirt à l’effigie du Ché mais de Badiou, c’est quand même plus tendance. Et vous avez oublié de mentionner mon activité militante en faveur du développement jetable.
Si je n’ai pas écrit sur le bal des fayots, ce n’est pas parce que je m’autocensure (malheureusement, je ne fais peur à personne) mais parce que je n’ai pas eu le temps. La triste vérité est que j’arrive à écrire un article sur les dix que je rumine, tout simplement par manque de temps mes activités alimentaires étant assez prenantes. Mais cela changera bientôt grâce aux milliers de visiteurs de ce salon.
Inspecteur dit
Muray l’intarrissable
Il est mort mais il vit une vie humaine. Muray l’homme qui court plus vite que Muray, l’homme qui a dépassé Muray le réactionnaire sur sa gauche. Après Muray, c’est La volute finale de Muray sans fin.
Ce Muray là c’est J.Hendrix passant au swing !
Ludo Lefebvre dit
Non Florent,
Un perturbateur est passé par là pour dire que Sarkozy avait quelque chose à l’intérieur de son anatomie. Ce gus n’était pas pêcheur, et quand bien même, il le fut, il ne représente que lui même. Je n’approuve évidemment pas ce genre d’insulte vis-à-vis d’un représentant démocratique et Sarkozy a eu raison de l’inviter à venir s’expliquer. Je ne parlais pas de cet épisode, mais d’un autre. Etant originaire de Boulogne sur mer(Pas de Calais) et ayant fait du théâtre à Paris, je ne peux qu’approuver le passage où le président explique que les bretons sont des têtes de cons (Il pleut souvent ici… vous vous souvenez ?), il m’a fait rire même, mais là encore dans la sphère privée ou en n’étant pas chef d’Etat devant une télévision.
Florent dit
“Ce président parle aux pêcheurs comme s’ils étaient des moins que rien” :
Certes, mais il faut aussi reconnaître que les pêcheurs ont parlé au Président comme s’il n’était rien non plus !